jeudi, juin 28, 2007

Objectif : Fidel Castro

Au début des années 1960, la CIA a tenté d'assassiner le président cubain, Fidel Castro, avec des cachets empoisonnés grâce à l'aide d'un membre de la mafia. L'agence avait pris contact, en 1960, avec Johnny Roselli, un membre de la mafia à Las Vegas, qui avait des relations indirectes avec des Cubains. 150 000 dollars furent proposés mais Roselli refusa l'argent. Six cachets contenant un poison mortel furent livrés à un responsable cubain Juan Orta, qui avait accès à Castro. "Après plusieurs semaines de tentatives, Orta apparemment a eu peur et a demandé à se retirer" du projet, peut-on lire dans le dossier.

Un autre Cubain fut recruté, le Dr Anthony Verona, un des principaux chefs de la "commission des exilés cubains". Contre 10 000 dollars, il se déclara prêt à organiser l'assassinat. Mais le projet fut annulé après l'épisode de la Baie des Cochons, une tentative ratée d'invasion de Cuba en 1961 par des exilés cubains soutenus par les Etats-Unis. "Verona fut prévenu que l'offre était retirée et les cachets furent récupérés", souligne le dossier.

LA CIA DÉVOILE SES « BIJOUX DE FAMILLE »

JAMES SCHLESINGER, A ÉTÉ DIRECTEUR DE LA CIA DE FÉVRIER À JUILLET 1973, AVANT DE DEVENIR SECRÉTAIRE D'ETAT À LA DÉFENSE SOUS RICHARD NIXON, PUIS SECRÉTAIRE D'ETAT À L'ÉNERGIE, SOUS JIMMY CARTER. PHOTO STEPHEN JAFFE

Le document, baptisé family jewels (bijoux de famille) par la CIA, était attendu par les historiens. Il a été rendu public, mardi 26 juin, et recense les activités illégales de l'agence de renseignement américaine. Pendant les heures chaudes de la guerre froide, la CIA n'a pas hésité à recourir à toutes sortes de "coups tordus" pour lutter contre ceux qui étaient perçus comme les ennemis des Etats-Unis, qu'il s'agisse de régimes adverses ou d'opposants politiques. 

Le dossier avait été commandé en mai 1973 par le directeur de la CIA de l'époque, James Schlesinger, après qu'il avait découvert l'implication de l'agence de renseignement dans le scandale du Watergate. Jusqu'à présent, seules quelques dizaines de pages, fortement censurées, avaient été déclassifiées. Au cours des années 1970, la presse et des enquêtes parlementaires en ont dévoilé les principaux traits et le scandale avait entaché la réputation des services de renseignement américains, entraîné une réforme de la CIA et du FBI et un contrôle accru de leurs activités par le Congrès.

Le dossier publié mardi contient encore quelques éléments censurés, pour des raisons de sécurité, a précisé un porte-parole de la CIA, George Little. "Le document fournit un aperçu d'une période très différente et d'une agence très différente", a estimé, la semaine dernière, le directeur de la CIA, Michael Hayden, quand il a annoncé la déclassification du dossier.

mercredi, juin 27, 2007

La Bolivie accroche le Vénézuéla

Copa America 2007, les présidents du Vénézuéla Hugo Chávez et de la Bolivie Evo Morales donent le coup de pied initiale du mach entre le Vénézuéla et la Bolivie, au stade Peuple nouveau de San Cristobal.

Groupe A : La Bolivie accroche le Vénézuéla
Le premier match du Vénézuéla s’est terminé sur le score nul de deux partout.

Diego Armando Maradona a donné le coup d’envoi de cette rencontre qui s’est achevé sur un résultat nul (2-2). Les hôtes ont pourtant pris les devants en inscrivant le premier but de la rencontre pas l’intermédiaire de Giancarlo Maldonado (21e). Les Vénézuéliens ont conservé cet avantage pendant un peu plus d’un quart d’heure, à la 38ème minutes de jeu, Jaime Moreno a remis les pendules à l’heure.

En seconde période, le Vénézuéla a repris les devants grâce à une réalisation de Paez à la 56ème minute de jeu. Mais encore une fois, les Boliviens sont parvenus à rétablir la parité en toute fin de rencontre. Arce permet aux hommes de Sanchez de prendre un précieux point.

Vénézuéla – Bolivie : 2-2
Buts
: Maldonado (21e), Paez (56e) ; Jaime Moreno (38e), Arce (84e)


lundi, juin 25, 2007

Pastèques carrées

[Cliquez sur la photo pour agrandir l'image]
Pastèques carrées japonaises une femme examine les pastèques carrées avant que celles-ci soient embarquées en Zentsuji, dans l'ouest du Japon. Environ 80 fruits ont été envoyés depuis de petites coopératives de régions, vers de grandes villes comme Tokyo et Osaka. Son prix fluctúa entre des USS137 et USS202. Photos : AP

INTERVIEW DE RICARDO NÚÑEZ SUR L'ARMÉNIE


GENOCIDE

Une interview exclusive du Sénateur chilien Ricardo Núñez Muñoz

lundi 25 juin 2007,
Stéphane/armenews

Le sénateur chilien Ricardo Núñez Muñoz, à l’origine de la résolution reconnaissant et condamnant le Génocide des Arméniens par le Sénat chilien, le 5 juin 2007, a bien voulu répondre aux questions de aux questions de Stéphane et de Jean Eckian pour ArmeNews.

Armenews : Vous avez pris l’initiative de faire voter une motion au parlement chilien sur le génocide des Arméniens. Pourquoi avez-vous pris cette initiative et pourquoi maintenant ?


Sénateur Ricardo Núñez Muñoz : Le Chili a vécu une dictature. Celle de Pinochet. Il a souffert comme d’autres pays du Cône sud de l’Amérique latine (Chili, Argentine, Uruguay), de la violation systématique des Droits de l’Homme. Cela a été une raison forte qui a poussé à prendre une décision de haute tenue éthique comme celle qu’a prise le Sénat Chilien par rapport au génocide Arménien. Il est évident aussi que, vu l’importance qu’a pris le sujet des Droits de l’Homme dans le monde actuel, qu’un pays souverain et d’une institution démocratiquement constituée se sent responsable et se doit de dénoncer les violations de tels droits dans toutes les parties du monde où ils sont violés ou ont été violés comme cela fut le cas pour le peuple Arménien.


Armenews : Est-ce que le vote à l’unanimité de cette motion vous a surpris ? Comment pouvez-vous l’expliquer ?


Sénateur Ricardo Núñez Muñoz
: Il est certain que le vote unanime m’a surpris. Je ne pourrais le dissimuler. Spécialement parce qu’au sein du Sénat chilien subsistent encore des personnes qui ont été très attachées au régime dictatorial. Toutefois, je dois dire qu’au Chili, le sujet des Droits de l’Homme, comme dans beaucoup d’autres régions du monde, est spécialement sensible. Notre pays a mené durant les dernières années une concertation entre partis démocratiques qui ont courageusement combattus le régime autoritaire, ont condamné toutes les instances multilatérales, y compris les Nations Unies, pour ce qui est des génocides, épurations éthniques ou tout autre barbarie commise contre la race humaine à l’heure actuelle ou par le passé. En conséquence, nous avons essayé d’apporter à nos relations internationales la vision que nous avons du monde contemporain, par un sens éthique et moral supérieur. Les chiliens, en outre, spécialement ceux qui ont été persécutés par le régime de Pinochet, n’oublient pas l’immense solidarité que notre lutte a généré aux quatre coins de la planète.


Armenews : Est-ce que la société chilienne est au courant de la question du génocide des Arméniens


Sénateur Ricardo Núñez Muñoz
: Sincèrement le cas du génocide commis contre le peuple arménien est encore inconnu de la grande majorité de la société chilienne. À la différence de la République Argentine, il n’existe pas au Chili d’émigrants d’origine arménienne dans une proportion suffisante pour que le cas arménien se soit installé au sein de l’opinion publique chilienne. Ce qui a en outre maintenu l’ignorance, est le fait qu’un tel génocide, connu par tous les arméniens, et qui a été perpétré au début du siècle passé, correspond à une époque où notre pays n’avait pas d’influence internationale et une grande préoccupation pour les sujets ou les problèmes qui étaient constatés loin de nos frontières. Cependant, nous chiliens assumons actuellement comme nôtre la signification profonde qu’ont les conventions et les traités internationaux qui protègent et condamnent la violation aux Droits de l’Homme.


Armenews : Pensez-vous que cette reconnaissance sera suivie par le gouvernement chilien ?


Sénateur Ricardo Núñez Muñoz : Malheureusement les compromis des gouvernements ne reflètent pas toujours les sentiments des peuples. Je dois, par conséquent, être très honnête. La difficulté du moment est que le Gouvernement du Chili fait partie de la résolution de la Sous-commission de Prévention des Discriminations et Protection aux Minorités des Nations Unies de l’année 1985. Néanmoins, je pense qu’en dépit de la forte colère suscité au sein des autorités gouvernementales turques, la décision souveraine du Sénat chilien, un pouvoir de l’État élu démocratiquement et autonome par rapport au pouvoir exécutif, devra être entendu à un certain moment par ceux qui conduisent notre politique étrangère.


Armenews : Le gouvernement turc a réagit négativement à votre initiative au travers d’une déclaration de son ambassadeur à Santiago, Osman Ulukan. Pensez-vous que cette reconnaissance aura des répercussions sur les relations entre le Chili et la Turquie ?


Sénateur Ricardo Núñez Muñoz :
La résolution adoptée souverainement et légitimement par le Sénat chilien n’a pas l’intention d’affecter les relations avec la Turquie. Il n’a pas non plus l’intention de compliquer les relations économiques que nous avons souscrites avec ce pays. Le Chili est un pays respectueux des principes de l’autodétermination des peuples. Par conséquent, les expressions induites dans notre pays par Monsieur l’ambassadeur de Turquie nous paraissent démesurées. Condamner la violation des droits de l’homme quelque en ait été le lieu exalte les relations internationales de tous les pays, gouvernements et peuples qui comprennent que l’humanité demande que soit définitivement aboli tout signe de barbarie qui subsisterait ou qu’on prétend encore justifier
.

dimanche, juin 24, 2007

Disparition d’un lac gelé au Chili


U
n lac gelé au sud du Chili a disparu, laissant derrière lui un cratère sec et un mystère scientifique. Les gardes-forestiers de la province de Magallanes, un désert isolé situé à environ 2000 kilomètres au sud de Santiago, capitale du Chili, ont été surpris de découvrir que le lac gelé n’existait plus. Quand il avait été vu pour la dernière fois il y a trois mois, il avait une surface de 101200 m² et étaient rempli d’eau glacée sur 30 mètres de profondeur.
« En mars nous avons patrouillé dans la zone et tout semblait normal. Nous y sommes retournés en Mai et à notre grande surprise, nous avons constaté que le lac gelé avait complètement disparu » a déclaré Juan José Romero, directeur régional de la Corporation Forestière du Chili. «La seule chose qui restait c’était un gros morceau de glace dans le lit du lac sec, et une énorme fissure. Nous ne parlons pas d’un petit lac gelé, il était au contraire plutôt grand. Personne ne sait ce qu’il s’est passé».
Une rivière large de 40 mètres qui s’écoulait sur cinq miles à partir du lac gelé jusqu’à l’Océan Pacifique a été réduite à un ruisseau et peut maintenant être facilement enjambée. Pour l’instant, cependant, le suspect principal n’est pas le réchauffement climatique ou toute autre forme de changement climatique. Une équipe de géologues et d’autres scientifiques, après avoir survolé le site, ont imaginé qu’un tremblement de terre avait pu faire fissurer la terre sous le lac, et vidé l’eau comme si un bouchon avait été enlevé.
Ricardo Jana, un chercheur de l’Institut Antarctique du Chili a déclaré au journal El Mercurio que si un tremblement avait causé l’effondrement, alors les scientifiques devraient être capables de déterminer exactement comment ça s’est produit. Le Chili du sud a enregistré des centaines de tremblements mineurs cette année. Un tremblement assez important en avril est suspecté d’être à l’origine d’avoir fait disparaître le lac gelé, mais les scientifiques insistent sur le fait que ce n’est qu’une supposition.
Le lac gelé qui était rempli principalement par les eaux provenant de la fonte des glaciers, était si isolé et éloigné qu’il n’avait pas été nommé et qu’il n’était indiqué sur aucune carte du Chili. Les gardes forestiers qui ont constaté sa disparition l’ont fait par hasard. Ils patrouillaient pour surveiller une espèce de cerf.
On fait souvent référence à la province de Mallaganes au Chili comme étant la fin du monde étant donné que c’est l’un des endroits du monde les plus au sud habités par les humains. Malgré le mystère de Magallanes, le réchauffement climatique est plus qu’une menace pour les lacs glaciers d’Amérique du sud. Des températures plus élevées ont forcé le retrait et parfois la disparition de lacs en Argentine, en Bolivie, au Chili, en Equateur et au Pérou.

samedi, juin 23, 2007

La droite chilienne toujours malade de Pinochet

(De Santiago du Chili.) Les récentes déclarations de Carlos Larrain, président du parti Rénovation Nationale (droite), ont donné une preuve de plus que les relations entre l'ancien dictateur et les partis qui l'ont soutenu demeurent troubles. Dans une interview à Radio Cooperativa, M. Larrain a comparé la recherche aujourd'hui des personnes disparues pendant la dictature "à une recherche de restes archéologiques". Une déclaration qui a fait du bruit, et que les associations de défense des Droits de l'homme n'ont pas tardé à critiquer, par la voix de Lorena Pizarro, présidente de l'association des familles de disparus.

Mme Pizarro a estimé dans un entretien au quotiden La Nacion que "si M. Larrain croit que lorsque quelqu'un perd un proche et le recherche, il réalise une fouille archéologique, cela veut dire que son sentiment d'humanité est très bas !". Avant d'ajouter : « Ce que l'on cherche, ce sont des hommes et des femmes assassinés par la dictature d'Augusto Pinochet, crimes dont bien des militants de Rénovation Nationale sont responsables, au moins comme complices ».

Ces déclarations de M. Larrain, président d'un parti de droite, certes, mais d'un parti démocratique, montre bien que les blessures de la dictature ne sont pas refermées au Chili, loin de là. Et que la droite a encore du mal à faire son auto critique. Lors des obsèques de l'ancien dictateur, en décembre dernier, M. Larrain était présent, aux côtés de nombreux parlementaires de droite, mais surtout de la majorité des entrepreneurs du pays, et notamment des plus puissants. Tous ou presque avaient tenu à rendre un dernier hommage à leur "Général", le "sauveur du peuple chilien, dernier rempart contre le marxisme".

L'éditorialiste Jaime Riera note que dans d'autres pays les mouvements de droite ont un comportement différent face à l'histoire, notamment en France. Observant que Nicolas Sarkozy "Président français, chef de la droite dans son pays, vient d'inaugurer son mandat en rendant hommage à une figure mythique de la lutte antifasciste, un jeune martyr communiste". Une situation hautement improbable au Chili. Et M. Riera de poser la question suivante : " Aujourd'hui encore, les européens doivent-ils nous enseigner le sens de l'histoire et les secrets de l'archéologie ?".

vendredi, juin 22, 2007

Bonne année !

Nouvelle année Aymara ou Machaq Mara,
pour vénérer le Tata Inti et la Pachamama.
Cérémonie dirigée par le "yatire" Fortunato Manzano
Photo Manriquez - El Mercurio

Le 21 juin marque le début de l'an 5515 pour des milliers d'Indiens en Amérique du Sud. Pour les Quechuas, le solstice d'hiver se dit Inti Raymi, les Aymaras parlent de Mara T'aka et les Mapuches de We Tripantu, rappelle le quotidien argentin Página 12. L'épicentre des festivités célébrant le retour du soleil se trouve à Tiwanaku (Tiahuanaco), la cité sacrée des Aymaras, en Bolivie. D'autres cérémonies auront lieu dans toutes les communautés indiennes des Andes. Mais la fête traditionnelle organisée à Tiwanaku est l'une des plus importantes de la culture andine. Près de 30 000 personnes y assistent chaque année depuis que la cérémonie, qui se déroule dans les ruines de l'ancienne cité, est ouverte à tous. Elle attire ainsi de nombreux touristes étrangers. Le rituel débute, après une nuit de veille, lorsque les premiers rayons du soleil traversent la Porte du Soleil, une pierre sculptée. L'anthropologue Milton Eyzaguirre, cité par le quotidien mexicain La Jornada, relativise cependant l'importance de la cérémonie, allant jusqu'à affirmer qu'elle n'a été créée qu'à des fins touristiques dans les années 1980. Se fondant sur des données archéologiques, il affirme que les Aymaras ne peuvent pas célébrer l'arrivée de l'an 5515 car "Tiwanaku n'existait pas il y a cinq mille ans, et encore moins les Aymaras".

Au Chili, un lac disparaît mystérieusement

Lac Chilien Témpanos, avant et après la disparition de l'eau. - Photos Conaf, Reuters

Un groupe d'experts chiliens est arrivé dans la région de Magallanes, dans le sud du Chili. Leur mission : comprendre pourquoi le lac Témpanos, situé à 2 000 kilomètres de la capitale, Santiago, s'est subitement asséché. Il n'en reste plus qu'une dépression de 30 mètres de profondeur. La disparition du lac pourrait être l'une des conséquences du tremblement de terre qui a secoué l'extrême sud du Chili en avril dernier.

jeudi, juin 21, 2007

UN ANCIEN CHEF DE LA DINA CONDAMNÉ EN FUITE

RAÚL EDUARDO ITURRIAGA NEUMANN

La rebellion d'un des ex-chefs de la DINA (police politique) qui a refusé de se présenter devant la justice et maintenant fugitif, a déclenché une vague de remises en cause des procès pour la vérité de la part des secteurs militaires chiliens. À nouveau les militaires retirés se défendent publiquement et assurent qu'ils "ils ont sauvé le pays du marxisme". Hier ces groupes se sont affrontés dans la rue avec les familles d'assassinés et de disparus par la dictature, qu'ils ont nommés "terroristes". "La situation est très dangereuse", a prévenu Lorena Pizarro, la présidente du Groupe de Familles de Détenus Disparus.

Raúl Iturriaga a dirigé, avec le désormais détenu général Manuel Contreras, la police sécrète de la dictature de Pinochet, plus connue comme la DINA. Il y a quelques jours, la justice l'a condamné pour la disparition d'un étudiant et militant de gauche, Luis San Martín. Iturriaga, a qualifié la sentence d' "arbitraire, inconstitutionnelle et contraire au droit", a décidé de s'enfuir et d'éluder les années de prison. "Si le ministre (le juge Alejandro Solís) m'a inculpé pour séquestration, il doit démontrer que le miriste (du Mouvement de Gauche Révolutionnaire, MIR) Luis Dagoberto San Martin Vergara est en vie et séquestré par moi", a-t-il expliqué dans un message postérieur à sa fuite.

Comme Iturriaga, le reste des officiers retirés qui sont inculpés et condamnés ont réitéré hier que les exécutions et les détentions ont été des missions "réalisées en accomplissement du service", responsabilisant de toutes les crimes les hauts commandements militaires de ces années. "L'institution a sauvé le Chili du chaos dans lequel il se trouvait avant 1973", a assuré le président du corps d'officiers supérieurs, Arnoldo Latorre, faisant revivre le fantôme marxiste. Les militaires retirés ont aussi remis en cause les déclarations "insolentes" de la présidente Michelle Bachelet et de ses ministres. Tout le cabinet et les législateurs de la Concertation ont serré les rangs ces derniers jours pour répudier la fuite de l'ex-chef de la DINA, aujourd'hui l'homme le plus recherché du Chili.


La crainte du parti de gouvernement et des organismes de défense des droits humains est que d'autres officiers retirés ou en activité suivent les pas d'Iturriaga. Au Chili il y a un peu plus d'une centaine de répresseurs inculpés et/ou condamnés pour leur participation dans des crimes de lèse humanité. Durant la dictature dirigée par Augusto Pinochet, plus de trois mille chiliens ont été exécutés ou ont disparu, des centaines de milliers ont été forcés à l'exil et environ 50 mille ont été torturés, y compris des enfants.


La figure d'Iturriaga n'est pas seulement centrale pour comprendre la répression au Chili, c'était aussi un des hommes qui a dirigé les missions les plus fameuses du gouvernement de facto à l'extérieur. Il a été signalé par les justices argentine et chilienne comme un des auteurs intellectuels de l'attentat à Buenos Aires contre l'ex-commandant en chef de l'Armée Carlos Prats et de son épouse, Sofía Couthbert. La Justice italienne l'a aussi condamné pour l'attentat contre le vice-président de Salvador Allende, Bernardo Leigthon, à Rome.


Après s'être confrontée aux officiers retirés, la dirigeante de l'association de familles de victimes Lorena Pizarro a souligné qu'au Chili les secteurs militaires préparent une contre-offensive pour freiner les procès pour la vérité. Et pour le prouver, elle a rappelé la tenue d'une réunion qui est passée presque inapercue pour beaucoup, quand un groupe de militaires se sont retrouvés avec Lucía Pinochet, la fille du dictateur, pour discuter de la stratégie conjointe à adopter pour faire face aux processus judiciaires.


Pagina/12, 19 juin 2007. Traduction : http://amerikenlutte.free.fr/

Chili-Pinochet: Une carte des centres de torture


Le Chili a l'intention de dresser la carte des centres de torture de dissidents sous la dictature du général Augusto Pinochet, entre 1973 et 1990, a déclaré mercredi la ministre des Biens nationaux, RomyJustifier Schmidt. "Nous voulons que tout le pays sache ce qui s'est passé et où", a-t-elle dit à l'ouverture d'un séminaire international à Santiago. Elle a précisé que la carte serait disponible sur internet et désignerait au moins 515 bâtiments publics où le régime de Pinochet torturait et assassinait des opposants. Près de 3 200 personnes sont mortes ou ont disparu, victimes des violences politiques sous la dictature. Selon les statistiques officielles, 28 000 autres personnes ont été torturées.

La lettre à Benoît XVI que les Français ne sont pas assez adultes pour lire

À mon frère Benoît XVI
Présentation par Jérôme Anciberro de la lettre de Claude Lacaille Publiée dans la presse québécoise au moment du voyage du pape au Brésil au mois de mai, cette lettre ouverte a été largement reçue dans les pays francophones et hispanophones, grâce notamment à internet. On l’a en revanche peu lue dans la presse française. TC la publie, avec l’autorisation de l’auteur, lequel s’avoue lui-même «surpris de son retentissement et ravi des débats qu’elle suscite.» La lettre à Benoît XVI de ce prêtre québécois, Claude Lacaille, soulève nombre de questions lancinantes pour l’ensemble de l’Église catholique : difficultés de communication avec la hiérarchie, place de la morale sexuelle dans le discours de l’institution, rôle des conférences épiscopales, etc. Mais c’est surtout la déception et l’incompréhension qui sont au cœur de ce texte. La tentative de mise au pas des courants liés à la théologie de la libération («pratique» et non pas «théorie», selon Claude Lacaille) et le recentrage sur la pastorale sacramentelle susciterait un véritable sentiment d’abandon massif chez les croyants et croyantes pauvres d’Amérique latine. «C’est une honte de saborder ainsi une Église sur l’autel d’un pouvoir clérical», nous a confié Claude Lacaille. «L’actuel cardinal de Santiago fait une crise chaque fois qu’il entend le mot “social” : pour lui, c’est du marxisme.»

mercredi, juin 20, 2007

UN COUP DE FEU MORTEL...IL Y A 500 ANS

Photo : EFE (Elena Goycochea © 2007 National Geographic
/Puruchuco-Huaquerones Archaeological Project)


Des archéologues péruviens ont découvert pour la première fois le squelette d’un Inca tué par balle à l’époque de la conquête espagnole.
C'est la première victime des armes à feu espagnoles jamais trouvée en Amérique, selon les archéologues péruviens qui ont découvert dans un ancien cimetière inca, près de Lima, un squelette dont le crâne perforé par une balle. Guillermo Cock et ses collègues ont d’abord pensé à un squelette contemporain, avant de réaliser qu’il s’agissait bien d’un indigène datant du 16ème siècle. Sans doute un Inca qui participait à la rébellion de son peuple contre les armées de l’Espagnol Pizarro qui assiégeaient Lima en 1536. La balle du mousquet espagnol a percé l’arrière du crâne et est ressortie du côté du visage, selon les experts en médecine légale qui ont étudié ce squelette. Grâce à un microscope à balayage, des chercheurs de l’Université du Connecticut (USA) ont repéré des traces de fer autour du trou laissé par le projectile. 

Depuis 2004, les archéologues ont exhumé quelque 500 squelettes du cimetière de Puruchuco, situé dans la banlieue de Lima, la capitale péruvienne. Plus de 70 corps avaient été enterré simplement, sans les parures et les offrandes habituelles. Plus d’une trentaine de squelettes portent les marques de blessures sérieuses, de coups portés avec des armes en fer. Il pourrait s’agir de victimes des combats enterrées à la hâte. Les fouilles de Puruchuco sont en partie financées par la National Geographic Society, qui a publié ces informations

Alberto Fujimori, futur sénateur japonais ?



Une petite formation politique japonaise, le Nouveau Parti du peuple, a demandé à l'ex-président péruvien d'origine nippone Alberto Fujimori de se présenter sous sa bannière aux élections sénatoriales prévues fin juillet prochain. Fondée en 2005 par des dissidents du Parti libéral-démocrate au pouvoir, cette formation conservatrice a envoyé un représentant à Santiago, où M. Fujimori est assigné à résidence en attendant la réponse de la justice chilienne à la demande d'extradition présentée par le Pérou. Selon l'Asahi Shimbun, l'ancien président a préféré ne pas répondre immédiatement à cette sollicitation, en précisant : "Il s'agit d'une décision que je ne peux prendre tout seul. Il faut que je consulte mes sympathisants au Pérou." Après son éviction du pouvoir en 2000, M. Fujimori, qui possède la double nationalité péruvienne et japonaise, avait passé cinq ans au Japon, avant de se rendre à l'improviste en 2005 au Chili, où il avait été arrêté.

LE CHILI, PARTENAIRE DISCRET MAIS EFFICACE

Un modèle économique exportable?·

Un nouveau consulat à Tanger

République du Chili (du mot aymara Chile, signifiant «là où la terre finit») est aujourd’hui un acteur clé, mais encore méconnu, des relations qu’entretient le Maroc avec les pays d’Amérique du Sud. « Cette coopération s’étant cristallisée avec la visite de Sa Majesté Mohammed VI, en décembre 2004, à Santiago», précise l’ambassadeur Marcia Covarrubias. «Un centre pour le dialogue des cultures, une mosquée et une bibliothèque ont d’ailleurs été ouverts à la suite de cette visite», ajoute-t-elle. De nombreux points communs peuvent être à l’origine de ce rapprochement diplomatique.

Côté géopolitique d’abord, les deux pays possèdent chacun des façades maritimes importantes (rappelons que le Chili s’étend sur 4.300 km et est bordé par l’océan Pacifique). Tous deux peuvent donc bénéficier de l’enrichissement des expériences acquises dans le domaine des infrastructures portuaires, dans les chantiers navals, la construction et la réparation de bateaux de taille moyenne (à Valparaiso, ou encore à Talcahuano…) La privatisation des ports les plus importants du Pacifique chilien pourrait aussi servir d’exemple... Cependant, le volet le plus important de cette coopération internationale rapprochée reste certainement le volet économique. Bon élève selon la Banque mondiale et le FMI, le Chili reçoit des délégations étrangères, financées par la BM, pour observer et apprécier son système économique. Un modèle exportable...? Certainement, et les chiffres sont là. 

En quinze ans, la pauvreté a été réduite de moitié, d’où son surnom de «jaguar de l’Amérique du Sud». Le Chili possède un marché ouvert sur le monde entier (avec une croissance annuelle de son PIB, depuis 24 ans, de l’ordre de 5,2%), et son économie se caractérise par l’exportation (agriculture et pêche notamment) et l’importation de matières premières. Des accords de libre-échange (ALE) sont conclus avec les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, la Corée du Sud et… la Chine. D’autres sont en discussion avec le Japon notamment. Membre de l’Apec (traité des pays du Pacifique) et membre associé du Mercosur (traité de libre-échange entre les pays du continent sud-américain), le Chili représente un allié de choix pour le Maroc qui s’ouvre vers le continent américain. 

Les exportations entre les deux partenaires sont en augmentation constante, bien que d’envergures différentes: le Maroc exporte pour 1,6 millions de dollars contre 13 millions de dollars pour le Chili. Pour relancer et dynamiser ces relations, une délégation marocaine est partie cette année à Santiago présenter les différents atouts marocains. L’artisanat est notamment au cœur d’un accord actuellement en négociation. 

Un séminaire sur les opportunités d’investissement Chili/Maroc aura lieu à Tanger fin novembre, dans le cadre de l’accord Chili/Maroc/Union européenne, et l’envoi d’une délégation de la CGEM au Chili est même programmée pour le deuxième semestre 2007. Rappelons que c’est à Tanger qu’un nouveau consulat chilien ouvrira ses portes, avec à sa tête Zakia Sekkat. 

Alexis BENSAAD

mardi, juin 19, 2007

Pollution chimique dans une rivière chilienne

Voir
SANTIAGO, Chili (AP) - L'un des plus gros producteurs de pâte à papier du Chili a annoncé lundi avoir déversé accidentellement plus de 50.000 litres de substances chimiques polluantes dans une rivière du sud du pays où des milliers de poissons avaient déjà succombé à une pollution chimique au début du mois.
Celulosa Arauco, qui possède une usine à Licantén, a déclaré lundi qu'une conduite du site avait cédé, déversant "des effluents chimiques" dans la rivière Mataquito, près de la ville de Talca.
La même usine avait été temporairement fermée par les autorités au début du mois, le temps d'enquêter sur la mort de poissons dans la rivière Mataquito, tués par un déversement de substances polluantes provenant apparemment du même site.
La ministre chilienne de l'Environnement Ana Lya Uriarte a qualifié l'accident de lundi de "particulièrement grave". "Nous assistons à une nouvelle pullution accidentelle de la rivière Mataquito alors même que l'usine est sous le coup d'une interdiction de fonctionner", a-t-elle observé.
Les moyens de subsistance de milliers de pêcheurs qui vivent de la rivière sont menacés par ces pollutions chimiques, ont déploré les autorités.
Celulosa Arauco a affirmé dans un communiqué qu'elle avait bien cessé ses activités après l'ordre de fermeture intimé par le gouvernement et que le liquide qui s'est écoulé lundi provenait du premier accident.

samedi, juin 16, 2007

UN COMPLOT «DIABOLIQUE»

Un complot «diabolique» en 1971: tuer Castro et accuser le KGB

Agence France-Presse -La Havane
Assassiner Fidel Castro durant sa visite au Chili en 1971 et en faire porter la responsabilité au KGB soviétique fut l'un des nombreux projet d'élimination du leader cubaine, le général Fabian Escalante, dans l'hebdomadaire Granma international.

À la tête du plan «diabolique», Luis Posada Carriles, le vieil activiste anticastriste, et ex-agent de la CIA, récemment remis en liberté aux États-Unis, «alors chef des opérations de la police politique vénézuélienne», soutient Fabian Escalante, 67 ans, à la retraite depuis 1996. Un révolver caché dans une caméra actionné par deux pseudo-journalistes vénézuéliens devait abattre Fidel Castro lors de sa première conférence de presse après son arrivée au Chili, alors présidé par Salvador Allende, affirme-t-il, sans révéler leurs noms. Mais, auparavant, Posada Carriles avait organisé une rencontre à Caracas entre les deux tueurs et le correspondant de l'agence TASS, «qui était également un officier du KGB», et fait photographier leur entrevue, raconte l'ancien chef de la sécurité cubaine, auteur de plusieurs livres. Après l'attentat, Posada Carriles aurait organisé en sous-main une «campagne médiatique» en utilisant les photos de la rencontre entre les tueurs et l'officier du KGB pour accréditer l'idée que les Soviétiques étaient derrière, «en raison des contradictions politiques existantes» alors entre Moscou et La Havane, selon le général cubain. Cuba était alors en faveur d'une radicalisation de l'expérience socialiste chilienne, contre l'avis de Moscou. Fabian Escalante ne précise pas ce qui a fait échouer le complot. Posada Carriles, âgé aujourd'hui de 79 ans, est accusé de terrorisme par le Venezuela et Cuba et d'être notamment l'instigateur de l'attentat en 1976 contre un avion de ligne cubain qui a fait 73 morts. Sa remise en liberté aux États-Unis a donné lieu à une campagne de protestation à Cuba.

jeudi, juin 14, 2007

LE CHILI VA FORMER UN CLUB SCORPÈNE AVEC L’INDE ET LA MALAYSIE

Dans un entretien avec un magazine Indien, le génaral Izurieta a indiqué que le Chili, l’Inde et la Malaisie allaient former un club des sous-marins Scorpène afin de s’entraider pour la formation, l’entraînement et les pièces détachées. Une telle coopération aiderait à rendre les opérations du sous-marin plus économiques.

Alors que le Chili a reçu 2 sous-marins Scorpène de taille moyenne de la France, la Malaisie en a commandé 3 pendant que l’Inde va en construire 6.
L’architecture de base du modèle Indien du sous-marin Scorpène serait la même que les versions Chilienne et Malaisienne, bien qu’il puisse différer en terme de taille et de fonctionnalités.
Référence :

mercredi, juin 13, 2007

TV REALITE – "Cantando por un Sueño"


TV REALITE – "Cantando por un Sueño" , on y était, on n’a pas rêvé

Le Chili n'a rien à envier aux émissions de TV réalité musicales françaises. Avec Cantando por un Sueño, le téléspectateur engloutit avidement trois heures de chansons populaires entrecoupées de brochettes de publicités. Le Petit Journal a assisté vaillamment à l'un des enregistrements au studio de Canal 13 à Bellavista

TV REALITE – "Cantando por un Sueño" , on y était, on n’a pas rêvéImpossible de passer à côté des nombreuses affiches publicitaires placardées sur tous les arrêts de bus de Santiago, vantant la nouvelle émission musicale de Canal 13, Cantando por un Sueño, présentée par Vivi Kreutzberger. Est-il nécessaire de rappeler le principe de ce genre de programme qui inonde les TV du monde entier ? Ici des candidats s'affrontent en chanson, soutenus par leurs parrains (des personnalités s’il en est) et entraînés par des professeurs de chant. Nul besoin d'être bilingue en espagnol pour comprendre cette soupe que nous sert le langage universel de la TV réalité. Les chansons sont extraites du répertoire musical traditionnel chilien, que le public reprend en choeur, sans même s'aider des sous-titres qui défilent sur l'écran géant. On est rapidement bercé puis hypnotisé par le rythme de l'émission : chansons, félicitations, promotions, oubliant même pourquoi on applaudit mais s'exécutant tels des automates. Faut-il qu'on s'enthousiasme pour la prestation de l'apprenti chanteur ou pour la nouvelle recette du Pisco présentée en direct par un mannequin plus suédois que chilien, au sourire ravageur?

Zapette

Coté artistique, l'émission n'est pas vraiment une pépinière de talents. Il faut dire que les candidats ne sont pas forcément aidés par leurs parrains, eux-mêmes novices dans la chanson. Les costumes, très décolletés chez les filles, ont de quoi faire tourner la tête au public masculin. Pourtant la robe-mouchoir de l'actrice Lorene Prieto, n'a pas suffi à sauver son filleul Carlos Grilli de l'élimination. Les chansons défilent mais pas les aiguilles des montres. Devant l'écran, il y a longtemps qu'on aurait zappé sur une autre chaîne, mais là aucun moyen de s'échapper du studio durant les coupures de pub, pourtant nombreuses. Le public n'a pas l'air du même avis. Il reprend à tue-tête les refrains de "Te quiero mi amor" applaudissant à tout va et bombardant de photos les stars qui défilent sur la scène. Un public de tout âge, de l'adolescente groupie en passant par le cadre supérieur en costume, au club du troisième âge venu rêver en écoutant les chansons de sa jeunesse. Mais l'émotion n'est pas là, le show semble superficiel. A-t-on précisé aux candidats qu'il y avait un public dans le studio? Presque toutes les prestations s'adressaient uniquement à la caméra et donc aux téléspectateurs. Lorsque le final arrive (enfin) la pression est trop forte à supporter pour le jeune Vladimir Matinez, en danger d'élimination. Après des larmes (de crocodile ?) il se met à saigner du nez ! Peut-être la seule chose sincère et non prévue de toute la soirée.
Laury-Anne Cholez (www.lepetitjournal.com Santiago) Lundi 11 juin

Pour assister à l'émission contacter Canal 13 au 750 3000.

vendredi, juin 08, 2007

Fujimori pourrait être extradé du Chili



Monica Maldonado, procureur de la cour suprême de Santiago (Chili), vient de recommander officiellement l'extradition de l'ancien chef de l'Etat péruvien Alberto Fujimori (1990-2000), réclamé par la justice de son pays. "Après trois mois d'analyse poussée et dans un rapport de 55 pages extrêmement dur" rapporte le quotidien chilien La Nación, "la magistrate a estimé que l'ancien chef d'Etat a eu une participation directe dans huit cas de corruption et trois cas de violation des droits de l'homme". "Le document met surtout l'accent sur les cas de violation des droits de l'homme perpétrés pendant son mandat" souligne La Nación "comme les massacres de Barrios Altos [15 habitants du quartier de Barrios Alto, à Lima, tués en 1991] et de La Cantuta [l'assassinat en 2000 de 9 étudiants et d'un professeur de l'université de la Cantuta dans la banlieue de Lima].

Alberto Fujimori se trouve au Chili depuis le 6 novembre 2005, après cinq années passées au Japon où il s'était réfugié après avoir démissionné en 2000 et fuit la justice péruvienne. Au Chili, il a été emprisonné six mois puis libéré sous caution. Sa présence embarrasse régulièrement les autorités chiliennes [cf. CI n° 861 du 3 mai sur ]. Et la presse chilienne a fait souvent état de rumeurs affirmant qu'il était prêt à fuir si son extradition était entérinée.

Pour le quotidien péruvien La Républica, "c'est une véritable satisfaction de savoir que la carrière délinquante de ce sinistre personnage qui présida une autocratie corrompue et criminelle soit reconnue par la justice chilienne". L'extradition doit cependant encore être validée par le gouvernement chilien.

Des chiliens que vivent dans la pauvreté



Plus de deux millions de Chiliens sur 16 vivent dans des conditions de pauvreté. Bien que le chiffre a été réduit presque de moitié depuis 1990, 13.7% de la population du pays est encore pauvre et de ce pourcentage, 3.2% est indigent. (08 juin 2007) Publication : C Bosquet L. Source El Mercurio

jeudi, juin 07, 2007

SÉNAT CHILIEN APPELLE À RECONNAÎTRE LE GÉNOCIDE ARMÉNIEN


Le Sénat Chilien appelle le Gouvernement de Michelle BACHELET à reconnaître le Génocide Arménien


Le Sénat Chilien a décidé mardi 5 juin 2007, lors d’un vote unanime, de demander au Gouvernement de la Présidente Michelle Bachelet, qu’il adhère à ce qui a été décidé par les Nations Unies en 1985, de reconnaître le Génocide commis contre le peuple de l’Arménie entre 1915 et 1923 par l’Empire Ottoman

Le texte, présenté par Ricardo Nunez Munios (parti Socialiste) et 10 législateurs du gouvernement de centre gauche, indique que "le 24 avril 1915, le gouvernement de l’Empire turc a arrêté et exécuté toute l’intellgentsia de la Communauté Arménienne de Constantinople, point de départ d’une systématique politique d’extermination de ce peuple".

Les sénateurs Chiliens affirment dans leur pétition adressée à la Moneda que le génocide mené à terme entre 1915 et 1923 " a signifié le décès de plus d’un million et demi de sujets arméniens qui habitaient depuis des millénaires sur la terre de leurs ancêtres".

Les législateurs ont souligné la nécessité de se faire l’écho des différentes démarches entreprises par les arméniens et leurs diverses organisations pour sensibiliser les grandes puissances face à de tels faits et obtenir qu’on reconnaisse le génocide dont ils ont été les victimes.

Le texte rappelle que la Sous-commission de Prévention des Discriminations et la Protection des Minorités des Nations Unies a déterminé en 1985 que le cas arménien "a été un génocide".

De même, ils indiquent que des pays comme l’Uruguay, la France,l’Argentine, la Grèce, la Bulgarie, la Belgique, la Russie, l’Italie, le Liban, la Suède, les Pays-Bas, la Suisse, le Vénézuéla, la Lituanie et le Canada, outre le Parlement Européen, entre autres, ont fait ce pourquoi le Chili devait s’associer à cette initiative.
"Notre pays ne l’a pas encore fait, bien qu’invoquant en permanence la suprématie des Droits de l’Homme dans les relations internationals, de par un quelconque accord ou engagement que ce soit. Il constitue un devoir éthique et moral que le Chili doit faire sien comme la resolution de l’ONU de 1985 qu’en Arménie, sous l’Empire Ottoman on a commis un brutal génocide contre un peuple sans défense qui réclame une réparation morale ", indique le texte des législateurs Chiliens.
Traduction Jean Eckian

mercredi, juin 06, 2007

La presse du continent s’inquiète du phénomène Chávez

Onze des plus grands journaux d’Amérique latine – pour la plupart conservateurs – ont réalisé une enquête dans quatorze pays. Leur but ? En savoir plus sur les réseaux chavistes.
Le phénomène Chávez est en marche. Du Mexique à l’Argentine, le pouvoir vénézuélien est en train de tisser des alliances grâce à son capital de sympathie ou, tout simplement, grâce à son argent. Dans certaines régions, son action est visible ; dans d’autres, il s’agit encore d’un balbutiement. Tous les jours, sous une forme plus ou moins différente, un nouveau cercle bolivarien ouvre ses portes dans un pays latino-américain. Et un seul nom est au cœur de tous les débats politiques : celui d’Hugo Chávez. Le socialisme du XXIe siècle est sa marque de fabrique ; l’expérience cubaine des années 1960 et 1970, le précédent historique sur lequel il s’appuie pour diffuser sa révolution. La manne pétrolière et les ambitions internationales du leader sont les deux piliers du chavisme.
Le GDA [Grupo de Diarios de América, qui rassemble onze des plus grands journaux latino-américains] a enquêté sur les réseaux de Caracas en Argentine, au Brésil, au Chili, en Uruguay, en Bolivie, au Pérou, en Equateur, en Colombie, au Mexique, à Porto Rico, au Costa Rica et au Venezuela, et découvert une véritable matrice chaviste, destinée à attirer les volontés. C’est sans doute en Argentine que la machine Chávez est le mieux rodée. La preuve ? Les innombrables rassemblements populaires en faveur du leader vénézuélien et la présence quasi permanente de questions le concernant dans l’agenda gouvernemental.
Selon le journal brésilien O Globo, les deux pays ont beau se disputer le leadership régional, le commerce et les investissements justifient l’intérêt du Brésil pour son voisin. En dépit des voix qui s’élèvent – notamment dans l’opposition – pour demander au gouvernement de prendre ses distances vis-à-vis de Caracas, les chiffres montrent que les relations du Brésil avec le Venezuela, en particulier dans le domaine commercial, sont en pleine expansion. Selon José Francisco Marcondes, président de la chambre de commerce Brésil-Venezuela, de 2003 à 2006 les Vénézuéliens sont passés du 23e au 10e rang des principaux acheteurs de produits brésiliens, et les relations commerciales ont connu une croissance supérieure à 600 %. Le président vénézuélien a réussi à transformer le carnaval de Rio en une véritable vitrine de son gouvernement : en 2006, l’école de samba Unidos de Vila Isabel a remporté le premier prix de cette grande fête populaire. Elle avait choisi pour thème la latinité, un thème qui n’était qu’un prétexte pour parler du Venezuela d’Hugo Chávez. Et, grâce au parrainage de Petroleos de Venezuela-PDVSA (de près de 1 million de reais [380 000 euros]), le défilé de l’école était des plus luxueux.
Au Chili, selon le journal El Mercurio, les chavistes préfèrent se faire appeler les bolivariens et restent en marge du pouvoir officiel (les relations entre les deux gouvernements restent strictement protocolaires). En mai 2006 a eu lieu le premier sommet chilien du Congrès bolivarien des peuples (CPB), l’organe le plus actif du chavisme : trente-sept organisations sociales et politiques y participaient. Le CPB-Chili a déjà organisé six voyages et envoyé plus de 500 personnes à Cuba dans le cadre de la “Misión Milagro” [mission Miracle]. Cet accord passé entre Chávez et Fidel Castro prévoit d’envoyer à Cuba en dix ans 600 000 Latino-Américains atteints de maladies des yeux pour y être opérés. Tous les pays de la région sont concernés.

Développer la radio et la télévision communautaires

Selon l’équipe d’investigation d’El Mercurio, le Venezuela a fait l’acquisition il y a quelques mois d’un hebdomadaire gratuit bolivien qui devrait lui permettre de jouer un rôle dans la presse de ce pays, même faible. Le pays apporte également une aide technique à l’unique chaîne de télévision d’Etat, Canal 7. Par ailleurs, selon les termes d’un accord de coopération dans le domaine des télécommunications, le Venezuela va aider la Bolivie à développer la radio et la télévision communautaires, ce qui lui permettra de faire passer des messages politiques aux populations les plus déshéritées de Bolivie. L’année prochaine, une centaine d’émetteurs supplémentaires devraient être installés dans le cadre de ce plan. De plus, comme le reconnaît le député du Mouvement vers le socialisme (MAS) Antonio Peredo, Chávez apporte une aide technique à La Paz pour la reconstruction de YPFB [l’entreprise de pétrole nationale] par l’entremise de la gigantesque compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA. En Bolivie, le transport et la sécurité du président Evo Morales sont assurés par le Venezuela.
Pour le journal équatorien El Comercio, malgré les attentes suscitées dans le domaine des échanges internationaux, les bénéfices de la relation nouée avec le Venezuela se font attendre. En 2006, le déficit commercial de l’Equateur vis-à-vis du Venezuela était de 113 millions de dollars. Et le président Rafael Correa a beau avoir des affinités avec Chávez sur le plan politique, idéologique et personnel, son gouvernement ne soutient pas pour autant aveuglément Caracas. Au beau milieu de la polémique lancée par le Venezuela et par Cuba sur l’éthanol, le pays a signé des accords avec le Brésil pour soutenir le biocarburant.
El Universal, au Mexique, a mis en lumière les différences de perception concernant la révolution bolivarienne chez les dirigeants politiques, les entreprises et la population en général. D’après une étude du Conseil mexicain des questions internationales, seulement 25 % des dirigeants mexicains considèrent le Venezuela comme un pays ami, contre 45 % des Mexicains. Et, tandis que 30 % des dirigeants mexicains estiment que le Venezuela constitue une menace pour le Mexique et que 24 % le considèrent comme un rival, seulement 6 % et 14 % des Mexicains partagent respectivement cet avis. Le journal péruvien El Comercio rapporte quant à lui une anecdote qui en dit long sur les méthodes chavistes. En début d’année, quelques heures avant de prendre ses fonctions, le président de la région de Puno [sud-est du Pérou], Hernán Fuentes, avait rencontré les patrons de petites et moyennes entreprises. Virly Torres, chargé du commerce à l’ambassade vénézuelienne, l’accompagnait. Hernán Fuentes a annoncé qu’il demanderait aux gouvernements vénézuélien, cubain et chinois de soutenir les PME et de compenser les insuffisances de sa région dans le domaine de la santé et de l’éducation. Torres ne s’est pas fait prier et a immédiatement offert la collaboration de son pays. Ainsi, de manière informelle, le Venezuela a réussi à imposer sa présence dans un pays où ses initiatives n’ont pas les faveurs du gouvernement central.

Une alliance pétrolière avec les pays des Caraïbes

Autre soutien de la propagande chaviste, le programme d’alphabétisation pour adultes Yo Sí Puedo, qui, depuis 2004, grâce au financement vénézuélien, concerne l’ensemble du continent. Ce programme a été créé par la pédagogue cubaine Leonela Relys et repose sur un important contenu audiovisuel, avec 65 leçons de trente minutes. Grâce à cette méthode, il est possible d’apprendre à lire et à écrire en seulement trois mois. Elle est enseignée par des membres de la municipalité, des instituteurs ou des voisins, tous formés par des spécialistes cubains. Ce programme a été développé au Pérou, en Argentine et dans d’autres pays de la région.
Selon le journal uruguayen El País, après des débuts idylliques entre le gouvernement de Tabaré Vázquez et celui d’Hugo Chávez, l’Uruguay commence à vouloir se détacher du dirigeant vénézuélien. Chávez a tout de même réussi à ouvrir une banque le 30 août 2006, la Banque nationale du développement économique et social (Bandes), en rachetant l’ancienne coopérative Cofac.
Le journal portoricain El Nuevo Día rapportait les propos de Chávez évoquant l’alliance pétrolière avec les pays des Caraïbes : “Un empire composé de l’Amérique latine et des Caraïbes serait plus grand que celui de La Guerre des étoiles, et rien ne pourrait l’arrêter.” Avec cette alliance signée en juin 2005 par quatorze pays du bassin des Caraïbes afin de faire baisser les prix du carburant dans la région, le gouvernement vénézuélien offre et garantit des réductions de prix, des facilités de paiement et des crédits à long terme sur les livraisons de pétrole et leurs dérivés.
A l’époque, Chávez comparait cette construction politique à un empire. Depuis, son emprise sur la région n’a fait que croître.
Daniel Gallo, avec les journalistes des autres journaux du GDA
La Nación

Que le G8 gémisse !

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MANIFESTATIONS ANTI-G8 EN ALLEMAGNE
Plus d’un millier de blessés suite à de violentes échauffourées
Après de violentes échauffourées à Rostock samedi en marge d’une manifestation anti-G8, les préparatifs pour le sommet d’Heiligendamm (6-8 juin) sont entrés dans leur dernière ligne droite.
Près de 125 personnes ont été interpellées samedi à Rostock (nord-est de l’Allemagne), a annoncé hier la police, qui fait état de trente blessés graves dans ses rangs. La situation avait commencé à dégénérer samedi soir quand des manifestants autonomes masqués avaient commencé à jeter des pierres, des bouteilles, des cocktails Molotov et d’autres engins sur les policiers anti-émeutes, qui ont répondu par les canons à eau.Lire la suite...

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La nature du G8


Le G8 n’est ni une institution internationale, ni une organisation multilatérale : il n’a ni personnalité juridique, ni règlement intérieur arrêté, ni aucune structure administrative, pas même un secrétariat permanent, et ce bien qu’il fonctionne de manière continue. Ses décisions ne s’imposent donc pas aux États, et s’apparentent davantage à des impulsions d’ordre général. Il s’agit d’un groupe informel, formé
des sept plus grandes puissances industrielles de la planète auxquelles s’ajoute, depuis 1997, la Russie.
L’initiative du premier G8 - il s’agissait alors du G6 - remonte à 1975, et à l’invitation du président français Valéry Giscard d’Estaing. L’ambition affichée du G6, puis du G7 - avec l’arrivée du Canada l’année suivante - était, à l’origine, de régler, sur le modèle de la diplomatie du «concert européen» du XIXème siècle reposant sur la concertation pacifiée entre grandes puissances, les principaux déséquilibres de la planète : la récession des années 1970 déclenchée par les deux chocs pétroliers, et la nouvelle donne engendrée par la fin du système de Bretton Woods et la mise en place d’un système des changes flottants. Lire la suite...

Les poulets seraient arrivés en Amérique avant Christophe Colomb

Les poulets seraient arrivés en Amérique bien avant l'explorateur Christophe Colomb et auraient été introduits par les Polynésiens, selon une étude publiée dans Annales de l'Académie nationale des Sciences (PNAS).

De nombreux chercheurs pensaient jusqu'à présent que le poulet était arrivé dans le Nouveau Monde avec les premiers explorateurs espagnols ou portugais autour de 1500. Mais lorsque Juan Pizarro est arrivé dans l'empire Inca en 1532, il a découvert que les poulets étaient déjà utilisés par la population locale, soulevant ainsi l'hypothèse que l'animal aurait été introduit beaucoup plus tôt.

Or, des ossements de poulet d'origine polynésienne viennent d'être découverts dans ce qui est maintenant le Chili par l'équipe d'Alice Storey, de l'Université d'Auckland, en Nouvelle-Zélande.

La datation au carbone des ossements trouvés dans la péninsule Arauco au centre-sud du Chili table sur une période de 1321 à 1407, soit bien avant que les Espagnols ou les Portugais ne débarquent en Amérique. L'analyse de l'ADN de certains des os a démontré qu'ils sont identiques aux os de poulets anciens trouvés aux îles Tonga et Samoa.

Les poulets sont utilisés dans la région du Pacifique depuis au moins 3.000 ans, avec une migration vers l'est au fur et à mesure que les Polynésiens ont habité les îles. Les poulets découverts montrent des similitudes génétiques avec le poulet Auracana d'Amérique du Sud et d'autres variétés d'Hawaï et de l'Asie du Sud-Est, précise l'étude. AP

mardi, juin 05, 2007

LE FIL DE FER ET LE FROID


À la fin du XIXe siècle, l’Argentine est devenue une puissance économique grâce aux efforts conjugués de l’Angleterre et de la France.

Les uns ont fourni un chemin de fer et le fil de fer. Les autres ont conçu un navire, Le Frigorifique, dans lequel la viande pouvait être conservée à zéro degré.

Comme quoi le destin d’une nation tient à deux ou trois choses !


Le fil de fer a permis de clôturer de vastes estancias et d’y développer de bonnes races à viande. Fini le temps des vaches maigres qui couraient librement dans la Pampa et que les gauchos devaient rassembler à l’occasion de spectaculaires rodeos.


Pour profiter pleinement des opportunités offertes par le chemin de fer et le transport frigorifique, les Argentins ont dû repousser les frontières de leur pays.


Comment? En se lançant à la conquête de la Pampa. Autrement dit à la conquête de nouveaux pâturages.


La Pampa, c’est un océan d’herbe grand comme la moitié du Québec. Une immensité sans fin et sans relief. L’origine du mot Pampa est incertain. On pense qu’il veut dire «champ plat» en quecha, la langue des Incas.


Dans la Pampa, vivaient quelques milliers d’Indiens. Des Ranqueles, des Indiens de Pinzen et de Catriel, des Pampas et des Puelches.


Ces Indiens ont longtemps été une épine dans le pied des Argentins. Et ce, dès la découverte du Rio de la Plata par le navigateur espagnol Juan Diaz de Solis en 1515.


Il est vrai que ces Indiens n’étaient pas particulièrement reposants. Leur sport national, c’était la pratique du malon.


Juste avant l’aube, quand les gens dorment profondément, quelques dizaines de maloneros (cavaliers armés de lances et de boleadores) investissaient en hurlant un rancho ou un pueblo. Ils massacraient tout ce qu’il y avait à massacrer, pillaient tout ce qu’il y avait à piller puis repartaient en emmenant avec eux les femmes et les jeunes filles pour en faire des esclaves.


Ensuite, la chuzma entrait en action. La chuzma, ce sont les vieux, les femmes et les ados. Ils rassemblaient le bétail et les chevaux et les poussaient jusqu’à la tolderia. La tolderia, c’est le campement indien.


Voilà, c’était ça un malon.

Les autorités avaient beau faire, elles étaient incapables de pacifier la Pampa et empêcher les Indiens de se livrer à leur sport favori !


Les colons ont eu à subir le cauchemar de ces malons pendant plus de trois siècles. Retardant d’autant la mise en valeur du formidable potentiel agricole de la Pampa.


À la fin du XIXe siècle, les Argentins décidèrent d’en finir une fois pour toutes avec les Indiens. Comment ? En utilisant des armes américaines ayant fait leurs preuves pendant la Guerre de Sécession : la carabine Merrill, le fusil Remington, la mitrailleuse Gatling.


En moins de trois mois, à l’automne 1879, la minuscule armée argentine s’est emparée de la Pampa après avoir massacré ses habitants. Les quelques survivants ont été déportés dans des camps de concentration.


C’est cette sanglante page d’histoire que raconte Pierre Kalfon dans Pampa. Un roman historique dans lequel aventure et dépaysement sont au rendez-vous.


Un roman qui nous fait voir une autre Amérique. Une Amérique australe que nous connaissons mal.


Pierre Kalfon? Il se dit journaliste, écrivain, diplomate et spécialiste de l’Amérique latine. Excusez du peu !


En fait, cet homme est un touche-à-tout. Un humaniste dans la plus pure tradition française.


Diplômé de lettres et de sciences politiques, Pierre Kalfon a dirigé l’Alliance française en Argentine, avant d’aller enseigner à l’Université du Chili à Santiago. Là, en septembre 1973, il a été témoin du coup d’État militaire contre Allende.
Il en a rendu compte dans Le Monde et Le Nouvel Observateur.


Plus tard, il a été conseiller culturel auprès du directeur général de l’Unesco à Paris puis chef de projet en Colombie, au Nicaragua et au Guatemala.


Après un court séjour à Rome comme attaché culturel à l’ambassade de France, il est retourné en Amérique latine à titre de conseiller culturel et scientifique à Montevideo et à Santiago du Chili.


Il est l’auteur de plusieurs ouvrages remarqués : Allende, Chili 1970-1973, Che, Ernesto Guevara une légende du siècle, Les Amériques latines en France et Argentine.


Il a aussi collaboré à la production de deux films documentaires : El Che et Le dernier combat de Salvador Allende.


Le point de départ de Pampa est un fait divers qui a défrayé la chronique, à l’époque, et dont Jules Verne s’inspira dans Les enfants du capitaine Grant.


Nous sommes en 1855. Un jeune Parisien de 24 ans, Auguste Guinnard, débarque à Buenos Ayres dans l’espoir d’y faire fortune.

En compagnie d’un Italien de son âge, Pierino Balberi, il décide de traverser la Pampa à pied.


Ils se mettent en route le 18 mai 1856. En mai, là-bas, c’est le début de l’hiver. Il pleut et il fait froid. Leur boussole se détraque et au lieu d’éviter les territoires indiens, ils s’y enfoncent profondément.


Non loin du Rio Colorado, ils rencontrent des Poyuches.


L’Italien succombe aux brutalités et le Français est fait prisonnier. Comme écrit l’auteur, «il plonge dans une barbarie insoupçonnée et la sauvagerie la plus cruelle».


Pendant trois ans et trois mois, Auguste Guinnard sera l’esclave d’un quacique indien. Il est nu, humilié, battu, à peine nourri. C’est un huinca, c’est-à-dire un chien de chrétien !


Un jour, son maître le vend à un autre chef indien, Calfoucoura. Celui-ci découvre que son esclave sait lire et écrire. C’est très utile et très précieux. Alors, il le traite avec ménagement. Il l’autorise même à avoir une liaison avec une de ses filles, Aïlen.


Mais Auguste Guinnard n’a qu’une obsession : s’évader.


Ce qu’il fera un soir alors que Calfoucoura et ses Salineros reviennent d’un malon et se saoûlent deux jours durant.


Cette avance lui suffira pour semer ses poursuivants. Après 13 nuits de marche et d’angoisse, il rejoindra enfin le village de Rio Quinto. Épuisé, las, mais sauf.


Son aventure sud-américaine s’arrêtera là. Il retourne en France.


Pierre Kalfon imagine une suite à cette anecdote.


Aïlen attend un bébé. Cet enfant, Douguinao, ressemble comme deux gouttes d’eau à son père : mêmes yeux bleus, mêmes cheveux blonds.


À l’âge de 10 ans, il est adopté par un officier argentin et confié à des Franciscains qui lui apprennent à lire et à écrire. Plus tard, son tuteur l’envoie étudier au collège militaire de Buenos Ayres. Il en sort avec le grade de sous-lieutemant et commence une carrière dans l’armée.


Deux événements surviennent : une, il fait la connaissance de son père, revenu en Argentine pour affaires ; deux, il retrouve sa mère, Aïlen, qu’il n’avait pas vue depuis une dizaine d’années.


Rencontres décisives. Il choisit alors son camp.
C’est un roman palpitant et fascinant. Dans lequel l’auteur se tient sur la corde raide : on ne sait plus trop qui des Indiens ou des Blancs sont les... sauvages !


PIERRE KALFON. Pampa. Seuil. 432 pages

lundi, juin 04, 2007

BALAYER DEVANT SA PORTE

Affaire RCTV ... Il faut d’abord balayer devant sa porte
En Amérique latine, certains font tout un plat de la fin des transmissions de la chaîne de télévision RCTV, à laquelle le gouvernement vénézuélien n’a pas voulu renouveler la concession d’une fréquence qu’elle exploitait depuis 1956.
Voir aussi : acrimed

par Diana Cariboni
Trois ex-présidents panaméens, Mireya Moscoso, Guillermo Endara et Ernesto Pérez-Balladares planifient d’exercer un intense lobby pour que l’Assemblée générale de l’Organisation des Etats Américains (OEA) traite le cas RCTV lors de sa réunion du week-end prochain [week-end du 1er et 2 juin 2007, ndlr]. Le président péruvien Alan García a affirmé, à propos de la mesure vénézuélienne, que « jamais une telle chose ne se fera » dans son pays.

Une telle chose comme quoi, pourrait-on se demander. Nombreux, au Venezuela, affirment que Radio Caracas Télévision (RCTV) en est arrivée à cette situation parce qu’elle s’oppose au gouvernement d’Hugo Chavez. D’autres la qualifient de putschiste pour avoir soutenu l’attentat contre la démocratie d’avril 2002 [le coup d’État des 11-12-13 avril 2002, ndlr].

Dans la Colombie voisine, le journaliste Juan Gossain, de RCN Radio, a demandé au président Alvaro Uribe : «L’expression que vous avez utilisée sur votre respect de la liberté de la presse me conduit à supposer que vous n’ôteriez pas par exemple à Radio Caracas sa licence de fonctionnement».

«A personne. Pour mieux dire, qu’ils exercent le journalisme sans licence, qu’ils disent ce qu’ils veulent, qu’ils parlent partout», a-t-il répondu.

Uribe ne peut pas fermer de chaîne de télévision d’opposition parce qu’elles n’existent pas. Toutefois, il a mis un terme en octobre 2004 à l’Institut de Radio et Télévision (Inravisión), un organisme public qui gérait trois signaux ouverts avec des franges horaires éducatives et culturelles, un programme radio d’interviews sur le mouvement social et des documentaires aux contenus souvent dérangeants pour le gouvernement.

Le président colombien avait annoncé la fermeture d’Inravisión un lundi et le jeudi suivant, «la police est entrée et a délogé les travailleurs la nuit même», raconte le sociologue Milciades Vizcaíno à IPS. Celui-ci a travaillé presque 27 ans dans le secteur de la télévision éducative, qui a été éliminée.

Bogota alléguait que Inravisión était inefficace. «Mais le fond de l’affaire était la force dont disposait le syndicat», soutient Vizcaíno, auteur du libre «Université et moyens de communication. De l’état de bien-être au marché», publié en avril et dans lequel il analyse le processus inverse à celui qui a été entamé au Venezuela, en destinant la fréquence de RCTV à une chaîne publique.

Inravisión a été remplacée par Radio Televisión Colombia (RTVC) qui «sous-traite» des activités moyennant des contrats de concession, en évitant la création d’un syndicat. Elle économise 72% des coûts opérationnels. Les transmetteurs sont gérés par une autre entreprise, Telecom.

En octobre, au cours du discours du sénateur d’opposition Gustavo Petro [1] sur les liens entre paramilitaires d’extrême droite et des politiciens des départements de Sucre et Córdoba [2], le signal de la chaîne publique, géré maintenant par RTVC et qui retransmet fréquemment depuis le parlement, a disparu dans ces deux département du nord de la Colombie.

Face aux plaintes, RTVC a remis l’affaire à Telecom. Mais «là, personne n’a pu donné d’explication», a signalé Hernán Onatra, responsable presse du sénateur.
«Il n’y a pas que la télévision publique. Des opérateurs privés par câble ont également suspendu le signal dans certains secteurs de Bogotá et de villes principales, comme Cúcuta (nord-est) et ils n’ont jamais fourni d’explication. On nous l’a rapporté durant le débat ou le jour d’après», a-t-il ajouté.

Au Honduras, le président Manuel Zelaya a initié depuis le lundi 28 mai une série de 10 transmissions d’un heure chaque jour par «cadena» [3] de radio et de télévision, en prime time pour contrecarrer ce qu’il qualifie de «désinformation» de la presse sur sa gestion.

La loi stipule qu’on ne peut transmettre de «cadenas» que pour convoquer des élections, dans le cas de désastres naturels ou d’urgence nationale. Par conséquent, la mesure rappelle l’usage fréquent que faisaient les militaires de ce mécanisme dans les années 70 quand ils gouvernaient et a été critiquée par des associations de journalistes, des médias et même par le président du parlement Roberto Micheletti.

L’analyste politique Juan Ramón Martínez a affirmé à IPS que la décision « porte atteinte à la liberté d’expression » et constitue un abus, «même les militaires n’ont pas été aussi loin que ce que nous annonce l’actuel gouvernement».
Le journaliste Edgardo Escoto, qui couvre l’actualité gouvernementale pour la radio d’opposition Circuito Radial Voces, a confié quant à lui à IPS qu’il a été censuré par les porte-parole de la présidence «pour ne plus poser de questions». «Ils refusent de me donner la parole, ils me cachent l’agenda du président», a-t-il dit.

Le dernier média au Nicaragua dont la concession fut révoquée pour d’apparents motifs politiques a été Radio La Poderosa en 2002, durant le mandat d’Enrique Bolaños. Ses équipements ont été confisqués sans procès judiciaire. La radio critiquait le gouvernement avec acharnement et était proche de l’ex-président Arnoldo Alemán, condamné par la justice [pour blanchiment, fraude et détournement de fonds, ndlr].

Quand Alemán gouvernait (1997-2001), des journaux critiques comme La Prensa ou El Nuevo Diario ont dénoncé le harcèlement fiscal et le boycott commercial du gouvernement pour avoir informé de faits de corruption de fonctionnaires publics.

RCTV n’est pas le seul média qui «cesse» ses activités par une mesure du pouvoir au Venezuela. Durant les deux jours d’avril 2002 au cours desquels Chavez fut écarté du pouvoir par la force, les putschistes avaient fermé le Canal 8, la chaîne publique.

En 2003, le maire du district de Caracas, Alfredo Peña, un opposant à Chavez, avait aussi fermé la télévision communautaire Catia Tv.
Les partisans du gouvernement se vantent qu’«ici, les seuls qui ont fermé des médias, c’est l’opposition» et ils insistent sur cela. Dans le cas de RCTV, «il ne s’agit pas d’une fermeture mais d’un non renouvellement de la concession», a répété à IPS l’ex-ministre de l’Information et président de la chaîne régionale Telesur, Andrés Izarra.

Mais la gestion discrétionnaire des concessions «met dans une situation difficile, presque d’incertitude, plus de 150 radios privées qui sont dans l’attente d’un renouvellement de leur licence», observe Ciro García, président de la Chambre de radiodiffusion.

De plus, l’organisme national des impôts [le SENIAT, ndlr] a dressé une amende de 13 000 dollars et a fermé durant deux jours, en octobre 2005, le quotidien centenaire El Impulso - dont la ligne éditoriale est d’opposition - dans la ville de Barquisimeto, dans le centre-ouest du pays.

Des amendes de millions de dollars ont été dressées contre RCTV et la chaîne d’information en continu Globovisión, plusieurs équipements satellitaires leur appartenant ont été retenus indéfiniment il y a deux ans [4], quand une inspection les a retrouvés orientés dans une direction distincte à celle autorisée. Aucune d’elles ne reçoit de publicité du gouvernement.

Mais «si nous comparons la diversité des médias au Venezuela, il y a beaucoup plus de liberté d’expression qu’au Chili», par exemple, pour le coordinateur du Programme de liberté d’expression de l’Institut de Communication et d’Image de l’Université publique du Chili, Felipe Portales.

Même si au Chili, on n’a pas enregistré de mesures arbitraires contre les médias au cours des dernières années, la liberté est restreinte de par la concentration de la propriété, selon Portales et la directrice de l’Observatoire des médias Fucatel, Manuela Gumucio.

«A l’exception de Cuba, le Chili est le pays avec le moins de liberté d’expression en Amérique latine, en termes de pluralité des médias», avec une situation «pire qu’à la fin de la dictature» d’Augusto Pinochet, en 1990, fait remarquer Portales. [5]

La couverture du cas RCTV est une preuve. «Les médias chiliens n’ont diffusé qu’une seule version, celle qui s’oppose à Chavez. Nous n’avons pas les éléments nécessaires pour nous faire une opinion sur cette affaire», affirme-t-il.
Tant Portales que Gumucio expliquent le manque de diversité à cause de la distribution inégale de la publicité d’État.

Comme en Colombie, mais pour des raisons différentes, à Cuba non plus il n’y a pas de chaîne d’opposition à fermer.

La propriété privée des médias est morte dans les années 60, après l’avènement du processus révolutionnaire. La presse écrite, la radio et la télévision sont régies par une politique que conçoit, dirige et contrôle le Parti communiste de Cuba.

Les opposants, considérés comme des «mercenaires à la solde de l’Empire» (les Etats-Unis) n’ont pas accès à ces médias. Un groupe de journalistes autonomes du gouvernement ou ouvertement critiques ont été sanctionnés en 2003 par de lourdes peines de prisons sous l’inculpation de transmettre ou de faciliter des informations à des médias ennemis. [6]

L’exception sont les revues catholiques Palabra Nueva et Vitral, fondée en 1994 dans le diocèse de la province de Pinar el Río, dans l’ouest du pays. L’équipe éditoriale de Vitral est entrée en crise au début de cette année, après l’arrivée du nouvel évêque Jorge Enrique Serpa.
Vitral a acquis de la notoriété par son approche critique de la réalité cubaine, mais Serpa a décidé que la publication évitera dorénavant l’ «agressivité» et sera moins contestataire.

La censure au Mexique, commune à tous les gouvernements du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) depuis 1929 a commencé à reculer au milieu des années 90.

Mais le Diario Noticias de Oaxaca, qui circule depuis 31 ans dans l’état du même nom, dans le sud du pays, et qui est très critique envers le très contesté gouverneur Ulises Ruiz, a été la cible d’attaques depuis 2005, dont des agressions contre des journalistes et des tentatives de délogement par la force.
Radio Monitor, en activité depuis 1975, a été un des rares médias à s’être affronté aux années de censure du PRI. Son propriétaire, José Gutiérrez, affirme que le Parti d’Action Nationale (PAN), au pouvoir, le punit en le privant de publicité gouvernementale à cause de ses prises de positions critiques et en lui refusant des interviews et des informations.

L’unique parti qui, quand il gouvernait, a révoqué une concession de fréquence en Uruguay, le Parti National (PN), de centre droit, a réclamé sans succès du gouvernement du Frente Amplio (gauche) une déclaration de condamnation pour le cas RCTV.

La gauche a rappelé que le gouvernement du nationaliste Luis Alberto Lacalle a été le seul à prendre une mesure similaire dans l’histoire uruguayenne et «sans attendre que le permis arrive à expiration», a rappelé le sénateur de la majorité Eleuterio Fernández Huidobro.

Lacalle a expulsé CX 44 Radio Panamericana des ondes en 1994 pour avoir convoqué la population à une manifestation, durement réprimée, contre l’extradition vers l’Espagne de trois citoyens de ce pays accusés d’appartenir au groupe séparatiste basque ETA.

Cet article a été rédigé grâce aux contributions de Constanza Vieira (Colombie), Daniela Estrada (Chili), Patricia Grogg (Cuba), Thelma Mejía (Honduras), Diego Cevallos (Mexique), José Adán Silva (Nicaragua), Humberto Márquez (Venezuela) et Darío Montero (Uruguay).

NOTES:
[1] [NDLR] Gustavo Petro, sénateur de gauche, membre du Pôle démocratique alternatif, est certainement la figure politique la plus en vue dans les dénonciations du scandale connu comme la « parapolitique », à savoir l’infiltration de l’État par le paramilitarisme, un scandale qui touche tout l’entourage du président Uribe.
[2] [NDLR] Consultez à ce propos sur le RISAL le dossier « Paramilitarisme et parapolitique » dans notre rubrique sur la Colombie.
[3] [NDLR] Procédé qui consiste à imposer à toutes les radios et chaînes de télévision de diffuser un même programme, une allocution du président par exemple.
[4] [NDLR] Lire à ce propos Thierry Deronne, Difficile naissance d’un État au Venezuela : la vérité comme pot de terre, RISAL, 4 octobre 2003.
[5] [NDLR] Consultez à ce propos sur le RISAL le dossier « Médias » dans notre rubrique sur le Chili.
[6] [NDLR] Lire notamment Wayne S. Smith, Pourquoi les arrestations à Cuba ?, RISAL, 8 avril 2003.