samedi, février 23, 2008

Pablo Solis, médecin de l'âme


La magie fait rire et rêver, écarquiller les yeux d'émerveillement et d'admiration. L'illusion ainsi créée marque l'imaginaire et s'imprègne dans les souvenirs tel un mystère inexplicable. Rencontre avec le prestidigitateur insulaire Pablo Solis, qui enseigne ses tours de passe-passe. Lire la suite...

Réchauffement climatique de la planète


Le réchauffement climatique continue de préoccuper les chercheurs. Pour percer le mystère autour des tonnes de glace qui s’abattent, cependant, sur les zones neigeuses, des prélèvements de carottes de glace ont été effectués par des climatologues de l’Ird en Chili, en collaboration avec les chercheurs de ce pays. Lire la suite...

Ushuaia et la Terre de Feu

L'avant-poste du bout du monde


Bout du monde pour les uns, trou immonde pour les autres, Ushuaia gagne sans cesse en popularité auprès des voyageurs en quête de nouveautés et de défis à se faire décoiffer. Bienvenido a la Tierra del Fuego, la portion argentine de la Terre de Feu. Lire la suite...

vendredi, février 22, 2008

DÉCÈS D'ANITA GONZÁLEZ



À l'âge de 92 ans l'actrice chilienne Ana González est morte la nuit de jeudi 21 février 2008. Le décès de l'artiste, Prix Nationale de Théâtre en 1969, s'est produit à son domicile à Santiago du Chili. 


jeudi, février 21, 2008

Éclipse estivale au Chili

Photo AP

Astronomie au Chili : l'Éclipse estivale, avec la première nuit du Festival de Viña del Mar, est aussi arrivée la première éclipse totale de Lune de l'année. Autour de 22H30, heure locale a commencé le spectacle qui a été vu en toute Amérique, à l'Afrique, en Europe et l'Antarctique. À sa droite, de plus, on a pu voir Saturne, un point de couleur jaune. Ceux qui l'ont observé avec un télescope ont clairement pu distinguer ses anneaux.


mardi, février 19, 2008

Marche des pêcheurs en grève


Marche des pêcheurs en grève dans le Sud du Chili

Une marche d’environ mille deux cents pêcheurs artisanaux des ports de pêche de «Lo Rojas», «Coronel» et «Talcahuano» sont en grève. Ils ont commencé une marche de protestation jusqu'à la capitale Santiago du Chili, pour réclamer une augmentation de ses «quotas de pêche ».

Cette manifestations a provoque une «opération escargot» avec d’importants ralentissements des véhicules à la hauteur de la ville de Chillán.

Le Chili à l’honneur de la 5e Nuit Électronik!

Pilier de la musique électronique, Ricardo Villalobos est né au Chili. Sa famille a fui le régime Pinochet et a déménagé en Allemagne quand il était petit. Très vite séduit par la musique électronique allemande, Villalobos a commencé à produire ses propres morceaux au début des années 90 et s’est graduellement constitué un portfolio musical que beaucoup considèrent désormais comme une collection incontournable. Ses principaux chefs-d’oeuvre incluent Alcachofa (2003), Thé Au Harem D’Archimède (2004), Achso (2005), et Fizheuer Ziheuer (2006), ainsi que l’album Fabric 36 paru en 2007. (Photo: Courtoisie)

Mutek et Piknic Électronik s'associent à nouveau pour organiser conjointement la 5e édition de la Nuit Électronik, un événement qui, dans le cadre des activités de la Nuit Blanche du Festival Montréal en Lumière, fait figure de tradition dans le paysage culturel montréalais.

Comme le festival Montréal en Lumière fera les honneurs au Chili cette année, La Nuit Électronik 2008 a donc été programmée en s'inspirant de ce pays, et présentera deux artistes de marque dont les performances en Amérique du Nord sont rarissimes: Ricardo Villalobos, considéré par beaucoup comme le leader de la scène électronique mondiale depuis quelques années, et Dandy Jack (de son vrai nom Martin Schopf), musicien hors-pair qui a considérablement fait évoluer la musique électronique.

Bien que Villalobos se produise de partout sur la planète, ses apparitions en Amérique du Nord se sont faites rares au cours des huit dernières années, notamment en raison de son boycott de l’administration américaine en place.

Les deux prodiges Chiliens joueront séparément et se réuniront également pour une très attendue performance de leur projet en duo «Ric Y Martin» (Ricardo & Martin).
Un duo rare en forme de clin d'oeil
Ric Y Martin, le duo composé de Ricardo Villalobos and Dandy Jack, fait tout simplement figure de mirage dans le paysage électronique international, souvent commenté mais rarement vu! Le duo a produit trois singles et un remix, le dernier datant de 2001. Depuis, étant donné la notoriété que les deux artistes ont acquise, ce projet est resté confidentiel.

Ce programme exceptionnel, et exclusif en Amérique du Nord, sera complété avec le Chilien Poontz et le co-programmateur de Mutek, Vincent Lemieux. Dans la deuxième salle performeront Che Vi Che et Bliss.

L'ensemble se déroulera donc le samedi 1er mars au Métropolis (59 Sainte-Catherine Est) de 22h à 8h. Les billets (30$ les 250 premiers, puis 35$ à l'avance et 40$ à la porte) sont en vente chez Atom Heart (364b Sherbrooke Est), Moog Audio (3828 Saint-Laurent), ou via… Ticketpro.com (M.J.-F.)

lundi, février 18, 2008

SEMAINE DU DOCUMENTAIRE CHILIEN À PARIS


c’est avec grand plaisir que nous présentons au cinéma Le Latina à Paris la deuxième édition du cinéma documentaire chilien, avec de nouvelles œuvres qui témoignent du singulier développement de ce pays lointain. Les choses à Santiago sont en train de bouger, tel est le constat qui se dégage des films programmés. Cette renaissance certaine de la non fiction au Chili –couronnée par de nombreux prix internationaux– est une grande satisfaction pour l’équipe de la Semaine.

Autant dans la période de la dictature que dans les premières années de la transition politique, le documentaire chilien a été coupé du monde. Pendant 20 ans, le pays a perdu tout contact avec les principales sources de production internationale dans ce domaine. Il n’y entrait pas de production européenne. Il n’y entrait pas de réalisateurs (même pas leurs noms). Il n’y entrait pas de nouveaux procédés. Aucun contact ni avec les producteurs, ni avec les distributeurs, ni avec les diffuseurs dans le monde.

Aujourd’hui, la situation a néanmoins changé radicalement. Deux ou trois générations de jeunes auteurs (et de moins jeunes aussi), passionnés par les réalités de leur pays, ont renouvelé le mouvement documentaire. Ils travaillent avec un regard personnel, libre, subjectif. Chacun représente une tendance différente et cette totale indépendance artistique est leur point commun.

En 1992, le premier gouvernement démocratique a accordé plusieurs bourses d’aide aux auteurs, par le biais d’une sélection publique ouverte et pluraliste.
Cette aide qui existe encore aujourd’hui a produit un effet foudroyant dans le milieu. Actuellement, entre cinquante et soixante-dix documentaires sont réalisés chaque année. Une production stable et de qualité s’est consolidée grâce aussi à l’apport de certaines écoles de cinéma et de quelques entreprises privées.

Le point de rencontre du mouvement s’est produit lors de la création du FIDOCS, le Festival International de Documentaires de Santiago (1997) et de l’émergence de l’Association de Documentaristes du Chili (1999). C’est à partir de là que les réalisateurs ont eu la possibilité de tisser des contacts avec le monde, de connaître une partie de la production internationale, de se tenir informés, de voyager dans les divers festivals et de confronter leurs œuvres au Chili et à l’étranger.

Pourtant, la télévision locale n’a jamais soutenu ce phénomène intéressant. Les programmateurs des chaînes n’ont pas encore offert un espace valable pour le documentaire d’auteur. Eux n’achètent pas les documentaires indépendants, un point, c’est tout 2 ! Si jamais après une longue réflexion, ils décident d’acquérir une œuvre, les tarifs qu’ils appliquent sont dérisoires : environ 2 179 dollars pour un film de 65 minutes.

Sans parler des œuvres « difficiles », c’est-à-dire ces documentaires qui touchent la mémoire historique, les crimes de la dictature ou la transition politique. Dans ce cas, le refus se veut plus farfelu, les œuvres sont approuvées en principe ou sont mises au placard... Lorsque les chaînes le considèrent nécessaire, elles fabriquent leurs propres programmes autour de ces sujets polémiques, en se servant fréquemment des images d’archive des cinéastes indépendants (sans leur autorisation et sans payer leurs droits), un procédé tout à fait immoral.

Une solution globale pourra se dégager lorsque les chaînes thématiques
commenceront à fonctionner. Le gouvernement de Michèle Bachelet travaille dans cette optique et sa mise en marche est devenue imminente. Ceci aboutira sans doute à ouvrir un véritable espace pour les documentaires d’auteur.

En outre, plusieurs sociétés de distribution DVD qui tiennent à cœur le
documentaire indépendant sont en train de se consolider. Le marché de la home vidéo est en pleine expansion au Chili. De plus, deux ou trois salles ont le courage d’accueillir la Première des documentaires de ce genre. Les œuvres qui ont eu du succès font une moyenne de dix mille entrées. En 2005 « Allende » a atteint les 65 000 entrées.

Une dernière observation s’impose... On pourra s’étonner que cette semaine chilienne propose trois films produits en France et un au Québec. Il se trouve que plusieurs cinéastes chiliens travaillent à Paris ainsi qu’à Montréal. Dans les décennies 70 et 80, le cinéma du Chili en exil est arrivé à produire plus de 100 documentaires en Europe, en Afrique et en Amérique. Avec la démocratie retrouvée, et après de longues années d’activité à l’étranger, la plupart de ces auteurs sont rentrés au Chili. D’autres ont continué à arpenter le monde pour toujours. Patricio GUZMAN Paris, 24 dé́cembre 2007

Du 19 au 26 février

Semaine du Documentaire Chilien. 12 films sélectionnés et présentés par Patricio Guzmán.

Avec le soutien de l’Ambassade du Chili en France, cinéma Le Latina, DIRAC, Conseil Régional d’Île-de-France, Union Latine, Pro Chile et Francochilenos.com.

- Cofralandes ou Rhapsodie Chilienne, de Raul Ruiz(2006)
- Obreras saliendo de la fábrica (Ouvrières sortant de l’usine), de José Luis Torres Leiva (2005)
- Actores secundarios (Acteurs secondaires), de Pachi Bustos et Jorge Leiva(2004)
- Arcana de Cristóbal Vicente 80 mn / 2004
- Ningún lugar en ninguna parte (Aucun lieu dans nulle part), de José Luis Torres Leiva (2004)
- El corredor (Le coureur)de Cristián Leighton (2004)
- La Mamá de mi abuela le contó a mi abuela(La mère de ma grand-mère l’a raconté à ma grand-mère),de Ignacio Agüero (2004)
- El lado oscuro de la Dama Blanca (Le côté obscure de la dame blanche)de Patricio Henríquez
- Opus Dei, una cruzada silenciosa (Opus Dei, une croisade silencieuse), de Marcela Said et Jean de Certeau (2006)
- Perspecplejía, de David Albala (2004)
- Maria Felix l’insaisissable, de Carmen Castillo (2000)
- Le cas Pinochet, de Patricio Guzmán (2004)

dimanche, février 17, 2008

Des viticulteurs se parent contre le changement climatique

Photo AFP

BARCELONE (AFP) — Enfouissement du CO2, déplacement des vignes dans des zones moins chaudes: des viticulteurs veulent apporter leur pierre à la lutte contre le changement climatique et tenter de se parer contre ses effets.

L'Espagnol Miguel Torres se veut un pionnier en la matière. Conscient que la production de vin émet d'importantes quantités de dioxyde de carbone, le principal gaz responsable de l'effet de serre, il mène une expérience novatrice "de captage et stockage du CO2".

Au pied de la Cordillères des Andes au Chili, ce viticulteur "a mis en place le premier processus de récupération du CO2 issu de la fermentation" du raisin, a-t-il expliqué à Barcelone (nord-est de l'Espagne) lors du IIe Congrès sur les conséquences du changement climatique sur la production et la qualité du vin.

Plus de 350 experts - producteurs, scientifiques, oenologues - de 36 pays, dont l'Espagne, la France, l'Australie, les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande et l'Australie, participent à ce congrès de deux jours dans la capitale catalane.

"Nous essayons de transformer le CO2 en quelque chose de solide, qui reste dans la terre, au lieu de se volatiliser dans l'air", a-t-il assuré.

C'est actuellement l'époque des vendanges au Chili mais "après cette petite expérience pilote, nous l'appliquerons en Espagne, avec un projet plus important", a ajouté M. Torres, qui espère obtenir pour cela le cofinancement du gouvernement régional de Catalogne.

Dans d'autres domaines, la technique d'enfouissement en profondeur du dioxyde de carbone fait déjà l'objet d'un certain nombre de tests, du stockage sous les fonds marins au large de la Norvège ou de l'Australie, au fonds d'un gisement pétrolier au Texas ou dans une veine de charbon en Pologne.

L'enterrement du CO2 a également été abordé par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), Prix Nobel de la Paix 2007 avec l'ancien vice-président américain Al Gore, et lors de la Conférence sur le climat de Bali en décembre.

Il s'agit de "premiers pas" en matière de stockage du CO2 "mais ils sont très importants", a estimé pour sa part l'Australien Tony Sharley, scientifique et responsable du complexe Banrock Station Wines en Australie, qui se veut un modèle de développement durable.

"La reforestation des zones proches des vignobles" peut contribuer au développement de cette technique, a-t-il précisé.

Parallèlement à la lutte contre le changement climatique, l'Espagnol Miguel Torres cherche à protéger la qualité de son vin, le réchauffement se faisant déjà sentir dans certaines zones.

Il recherche depuis trois ans des zones moins chaudes pour ses vignes, en s'implantant par exemple au pied des Pyrénées, près de Lérida (Catalogne).

"Nous déplaçons les ceps vers des zones plus hautes et plus fraîches. Les ceps que l'on plantait avant sur la côte sont déplacés à l'intérieur des terres et des terres vers la montagne", explique-t-il.

Vendredi, des experts ont tenu à Barcelone des propos assez alarmistes, prévoyant la possible émergence de vins plus "durs" et moins aromatiques.

"Les conséquences du réchauffement climatique se font déjà sentir. La vendange intervient déjà dix jours plus tôt qu'avant dans presque toutes les régions vinicoles", a mis en garde le Français Bernard Seguin.

Le congrès devait s'achever samedi par une vidéo-conférence d'Al Gore, reconverti en ardent défenseur de la lutte contre le réchauffement climatique.

Autour de Pablo Neruda : musique et poésie sans frontières

Les comédiens Manuel Aranguiz, Marcela Pizzaro Minella
et le musicien et compositeur, Alejandro Venegas.

La série Exploration invite le public verdunois à un merveilleux voyage culturel inspiré par le célèbre poète chilien Pablo Neruda, le vendredi 22 février à 20h au Centre culturel de Verdun.


Le spectacle Autour de Pablo Neruda transportera les spectateurs à la découverte d’un univers où musique et poésie s’amalgament. À leur façon, trois artistes d’origine chilienne, les comédiens Manuel Aranguiz, Marcela Pizzaro Minella et le musicien et compositeur, membre du groupe Intakto, Alejandro Venegas pour vous faire découvrir l’œuvre de Pablo Neruda. Ce récital réunit quelques-uns des textes les plus évocateurs de Neruda, ce créateur exceptionnel qui a symbolisé la résistance et la soif de liberté à l’époque de la dictature de Pinochet.

Les spectateurs passeront du français à l’espagnol et de la magie des mots à celle de la musique. À la mise en scène, on retrouve Cécile Lasserre, codirectrice artistique des Indisciplinaires, une compagnie de théâtre dont les productions transgressent les frontières artistiques et culturelles.

Le spectacle est présenté par le Conseil des Arts de Montréal en tournée et l’arrondissement de Verdun. Les billets coûtent 5$ et sont disponibles dès maintenant aux points au Centre culturel de Verdun, au Centre Marcel-Giroux et au Centre Elgar. Pour plus de renseignements, veuillez téléphoner au 514-765-7150.

samedi, février 16, 2008

Claude Lussan

Ancien bâtonnier de Paris, Claude Lussan est mort le 5 février à l'âge de 97 ans. Né à Paris, dans une famille d'avocats et de magistrats, Claude Lussan était entré au barreau de Paris en 1933.

Spécialisé dans les affaires civiles et le droit pénal financier, il avait été bâtonnier de Paris de 1967 à 1969. En 1974, il avait participé à Santiago du Chili à la défense du secrétaire général du PC chilien, Luis Corvalan, après la chute et la mort de Salvador Allende, l'année précédente. Me Lussan avait créé la Caisse des règlements pécuniaires des avocats (Carpa) de Paris.

Né à Paris, le 5 mars 1910 Avocat inscrit depuis 1932 Formation: Université de Paris (Diplôme de l'Institut d'Etudes Politiques, 1930, Licence en Droit, 1930 ; Doctorat en Droit, 1936) Ancien Bâtonnier de l'Ordre des Avocats de Paris, 1967-1968 Adhérent: Union Internationale des Avocats (ancien Président, 1969)

JEAN-CLAUDE KILLY, HÉROS NATIONAL


Trois médailles d'or en neuf jours l'ont consacré dieu du ski. Du vendredi 9 au samedi 17 février 1968, Jean-Claude Killy a signé lors des JO de Grenoble un des plus grands exploits de l'histoire du sport.

À 17 ans, il apparaît pour la première fois en tant qu'espoir du ski français dans le journal L'Equipe... Il gagne sa 1ère grande course en 1966 à Portillo au Chili. Durant cette saison 1966-1967, il remporte douze des seize courses de Coupe du monde. C'est alors que vinrent les jeux Olympiques de grenoble de 1968.

À vingt-quatre ans, Jean-Claude Killy représente la force de la France dans les trois épreuves de ski alpin. Il réalise alors le triplé olympique (descente, slalom géant, slalom) et entre dans la légende... Après un tel coup de maître, il décide de stopper très tôt sa carrière de ski. Poussé par le plaisir de la vitesse, il se lance dans les sports automobiles. Puis il se tourne vers le monde des affaires, y réussissant tout autant.

Jean-Claude Killy n'oublie pas pour autant sa passion première : de 1974 à 1994, il est membre de la Fédération internationale de ski, et l'un des artisans des jeux Olympiques d'Alberville en 1992. Président de la société "Amaury Sport Organisation" et membre du Comité international Olympique, l'immense skieur a obtenu la légion d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.

Escroquerie des "petits fromages": une femme présentée à un juge d'instruction

Gilberte van Erpe
Une femme de 66 ans, Gilberte van Erp, soupçonnée d'être au coeur d'une vaste escroquerie dite des "petits fromages", dont auraient été victimes près de 5.000 Chiliens et portant sur près de 15 millions d'euros, devait être présentée à un juge d'instruction parisien vendredi soir en vue de sa possible mise en examen pour escroquerie, a-t-on appris de sources judiciaires.

Le parquet a requis un mandat de dépôt à l'encontre de Mme Van Erp, qui devait être présentée dans la soirée à un juge des libertés et de la détention qui devra statuer sur son éventuelle incarcération provisoire, a-t-on précisé de mêmes sources.

Gilberte van Erpe, surnommée "Madame Gil", commercialisait au Chili, d'abord à Santiago puis dans le reste du pays, des ferments lactiques qui, assurait-elle, mélangés à du lait devaient donner quelques jours plus tard des petits fromages ronds. Fromages destinés à être utilisés par l'industrie cosmétique en France.

"Madame Gil" demandait à ses clients un investissement de 500 dollars qui, promettait-elle, devait rapporter un profit substantiel. Les premiers clients de Gilberte van Erpe récupérèrent leur mise et un petit bénéfice. Selon l'enquête, plus de 5.000 Chiliens se ruèrent sur les "petits fromages" de "Madame Gil", qui ne produisirent pas les effets escomptés. Selon l'enquête, certains des "investisseurs" ont vendu une partie de leur bien espérant faire fortune avec les fromages.

L'affaire a éclaté en 2006 au Chili. Les autorités judiciaires de ce pays ont dénoncé à la France les faits d'escroquerie imputés à Mme van Erpe, arrêtée mardi à Nice et transférée depuis à Paris où est instruite l'information judiciaire.

Un complice présumé a été mis en examen jeudi et incarcéré. Une autre personne a été arrêtée en Belgique et se trouve sous le coup d'un mandat d'arrêt européen, a-t-on précisé de sources judiciaires. Près de trois millions d'euros ont été saisis sur différents comptes. AP

UNE VACHE AU BOUT DU MONDE

FRIBOURG. L'authentique race tachetée noire du canton, disparue dans les années 70, a été retrouvée au Chili.

Le canton de Fribourg a beau accueillir les visiteurs par des panneaux touristiques mettant en vedette une fière vache noir et blanc, la race fribourgeoise n'existe pas. Ou plutôt n'existe plus. Contrairement à ce que croient les profanes, les animaux du genre que l'on peut admirer dans nos prairies n'ont pas un passeport génétique helvétique, mais canadien. La race Holstein, aux qualités laitières époustouflantes, a quasiment supplanté toutes les autres tachetées noires de par le monde, pour devenir la vache la plus répandue de la planète.

Mais vache fribourgeoise, il y a eu. Fruit des sélections d'espèces pratiquées dans la seconde moitié du XIXe siècle, elle a subsisté jusque dans la décennie 1970, date à laquelle les derniers spécimens ont été menés à l'abattoir. Or voilà que, 30 ans plus tard, un habitant de Bulle découvre au Chili des vaches qui ressemblent à s'y méprendre à l'ancestrale Fribourgeoise. Mieux, après enquête, il s'avère qu'elles descendent de bêtes importées du canton de Fribourg dans les années 30!

Une étrange ressemblance

Roger Pasquier, 72 ans, est un ancien cadre de la Direction du développement et de la coopération (DDC). Pendant une dizaine d'années, il s'est occupé des projets en Amérique latine. Après la retraite, ce Bullois se lance sur les traces de ses arrière-grands-oncles, qui, avec d'autres Fribourgeois, ont émigré vers 1880 à Punta Arenas, en Patagonie chilienne. Au cours de ses voyages, il remarque dans les pâturages des vaches qui ressemblent étrangement à celles qu'il a connues enfant, à la ferme familiale. Après renseignements, plus de doute: ces animaux ont des ancêtres fribourgeois. Selon trois témoignages concordants, un certain José Davet - un grand éleveur qui deviendra vice-consul de Suisse à Punta Arenas - les a fait venir de la région de Blessens (Glâne), dans les années 30. Une douzaine de têtes auraient effectué le périple.

«J'ai aperçu des vaches tachetées noires dans quatre exploitations. Vu la taille de la province de Magellan, on peut supposer qu'il en existe d'autres», affirme Roger Pasquier.

Nostalgie d'Etat

A Fribourg, cette découverte a créé de l'émoi. Ainsi, le conseiller d'Etat Pascal Corminboeuf, ancien agriculteur, parle d'une «bien belle histoire, au goût nostalgique, qui fait rêver». Plus prosaïque, Jean-Charles Philipona, collaborateur scientifique à l'Institut agricole de Grangeneuve, évoque une information présentant «un intérêt certain du point de vue historique et patrimonial». Et d'imaginer, pourquoi pas, un voyage sur place, pour des analyses approfondies. «Mais il faudrait bien le préparer.» Pour lever tout doute.

Les paysans fribourgeois ne l'avouent pas, mais la disparition de «leur» race a laissé un arrière-goût d'amertume. Dans un mémoire de licence éclairant, l'historienne Martine Meyer a relaté la naissance, l'essor, puis la rapide déchéance de la tachetée noire. Une épopée digne d'une tragédie grecque.

Tout commence vers le milieu du XIXe siècle. La Suisse pastorale connaît alors deux sortes de bétail bovin: les brunes et les tachetées. Pour améliorer la qualité des bêtes, les éleveurs entament une sélection. Les animaux sont dissociés par couleur, puis les différents troupeaux sont progressivement standardisés selon des critères propres à chaque espèce. On crée des syndicats d'élevage, rattachés à une race, dont les individus sont répertoriés dans un registre. Ce document deviendra le herd-book, qui permet de remonter les lignées.

La bête à trois fins

La vache pie noire, aux couleurs cantonales, devient vite un emblème de Fribourg. Alors même que, contrairement à une idée reçue, elle est minoritaire au sein du cheptel fribourgeois. Robuste, de grande taille, c'est un animal «à trois fins», qui produit du lait et de la viande, et qu'on attelle pour les travaux des champs.

Les débuts de la «Fribourgeoise» sont prometteurs. Brillant dans les expositions, en Suisse comme à l'étranger, elle prospère et s'exporte même au-delà des frontières. Las, les paysans du cru s'endorment sur leurs lauriers. Alors que leurs homologues européens affinent la sélection, augmentent la productivité et s'essaient à l'insémination artificielle, en Suisse, l'élevage évolue peu. De 40000 têtes en 1920, le cheptel baisse à 25000 en 1946.

Interférences canadiennes

Les agriculteurs fribourgeois réagiront avec vigueur, mais sans mesurer les conséquences de leurs actes. Pour sauver leur race, dès les années 60, ils procèdent à des croisements de substitution avec la Holstein canadienne, excellente laitière, au cuir blanc et noir elle aussi. Avec succès: la production de lait est décuplée, et les nouvelles «blanches et noires» deviendront des actrices majeures de la scène agricole helvétique. Corollaire: la présence de la vraie Fribourgeoise se réduit comme peau de chagrin, victime du nombre massif d'inséminations artificielles. Dès la fin de la décennie, il en reste au plus quelques dizaines.

«Les paysans ont considéré le problème sur le plan économique. La Holstein était meilleure laitière que leur vache, qui souffrait en plus de tares génétiques. Leur choix se comprend. Ils ne sont pas à la tête de zoos, mais d'exploitations qui doivent leur assurer un revenu. Pour eux, l'essentiel, c'était de préserver la couleur noir et blanc de l'animal», relève Martine Meyer.

En 1975, Héron, dernier taureau authentiquement fribourgeois, part à la boucherie. Malgré des voix qui s'élèvent pour dénoncer cette atteinte au patrimoine, le sentiment dominant, dans le monde rural, n'est pas celui d'une disparition, mais d'une formidable renaissance.

L'ADN de Punta Arenas
Une seconde renaissance viendra-t-elle du Chili? La découverte de Roger Pasquier suscite en tout cas des fantasmes. C'est qu'en trente ans, les mentalités ont évolué. Au plan suisse, des associations comme Pro Specie Rara (lire ci-dessous) sont nées pour tenter de sauver les espèces en voie de disparition. Car la vache fribourgeoise n'est pas la seule à avoir été rayée du paysage animalier helvétique. «Chaque région du plateau avait la sienne. Elles ont toutes disparu. Seules quelques races alpines ont pu être sauvegardées. Parce qu'en raison des problèmes de transport, elles ont moins été l'objet de brassages génétiques», souligne Philippe Ammann, directeur adjoint de Pro Specie Rara.

Ce dernier caresse un rêve: trouver un étudiant qui, dans le cadre d'un travail de diplôme, puisse se rendre à Punta Arenas pour en avoir le cœur net. «Sur les photos, on retrouve les caractéristiques de la tachetée noire fribourgeoise. L'idéal serait de procéder à des tests ADN que l'on comparerait avec des échantillons suisses», poursuit-il. L'homme ne se fait pas trop d'illusions. Pour survivre, le bétail chilien a certainement été croisé avec d'autres races. Du reste, Roger Pasquier en a eu la confirmation sur place. Ses informateurs lui ont expliqué que des embryons de croisements ont eu lieu, pour améliorer la production laitière. Mais les bêtes n'ont pas résisté au climat de la Patagonie. Les éleveurs ont alors recentré leur sélection sur le type fribourgeois, plus rustique. Quel pourcentage de sang authentique reste-t-il dans les spécimens d'aujourd'hui? De la réponse à cette question dépend une éventuelle résurrection de l'icône de l'agriculture fribourgeoise.


François Mauron

vendredi, février 15, 2008

Découverte d'une molécule qui pourrait sauver les saumons d'un virus mortel


A
u cours des dernières années, avec la Norvège, le Chili est devenu un des plus gros producteur de saumons au monde, avec des exportations qui atteignent plus de deux milles tonnes par ans. Pour le pays, cette activité est affectée par les pertes occasionnées par la mortalité des espèces cultivées, cela est dû en particulier à des maladies causées par des virus, des bactéries et des parasites. Une des pathologie les plus importantes est causée par le virus de la nécrose pancréatique infectieuse (IPNV) qui est une de celles qui a le plus d'incidence dans l'aquaculture mondiale. Au cours des trois dernières années, elle s'est propagée rapidement dans tous les centres de culture du pays. Il s'agit d'une maladie très contagieuse puisqu'elle s'attaque tout spécialement aux saumons juvéniles de moins d'un kilo et qui peut causer la mort de la totalité des poissons d'un centre d'aquaculture. Jusqu'à présent, il n'existait pas de traitement efficace pour attaquer l'infection causée par ce virus et les produits actuellement commercialisés par les entreprises pharmaceutiques et vétérinaires étaient inefficaces.


Le professeur Patricio Huenchuñir, du Département de Pharmacie de la Faculté de Chimie de l'Université Catholique, est en train de développer un projet pour identifier et générer de nouveaux composants anti-viraux d'origine naturelle pour le traitement de la nécrose pancréatique infectieuse des saumons de culture. En plus de la Faculté de Chimie, interviennent aussi l'entreprise de biotechnologie Finbiotec, l'industrie vétérinaire Centrovet et le Centre de Génomique et de Bioinformatique de la Faculté de Sciences Biologiques.

Il y a deux ans, l'équipe du professeur Huenchuñir a trouvé des extraits d'origine naturelle de micro organismes qui ont une activité anti-virale. Ils inhibent le développement du virus IPNV. "A partir de cela, nous sommes en train de travailler afin d'isoler et identifier le principe actif que possèdent les extraits naturels responsables de l'activité inhibitoire de l'IPNV, avec des techniques de biologie cellulaire et d'identification des composés organiques" dit le chercheur. Les progrès dans ce sens sont encourageants.

"Aujourd'hui nous savons concrètement que l'une des molécules de l'extrait est active et nous croyons pouvoir identifier cette molécule ; de plus, nous avons commencé a réaliser des expériences orientées à prouver jusqu'où cette molécule est efficace de façon à s'assurer qu'elle n'est pas dangereuse pour les poissons et qu'elle ne leurs produira pas de malformations", explique Huenchuñir. "Cela nous permettra au futur, d'offrir un produit pharmacologique efficace contre la maladie, développé entièrement au Chili, facile d'administrer par voie orale où à travers l'alimentation, et exportable" a-t-il conclu.

TOURISME - Le Chili plein pot

Avec plus de 2.250.000 visites cette année, le tourisme est en pleine expansion, encouragé par le gouvernement qui fait de l’œil aux Européens amateurs d’aventures luxueuses. En cela, comme beaucoup, Oscar Santelices, directeur de Sernatur, se félicite du passage du Dakar en 2009*
Dune de la vallée de la Luna (San Pedro de Atacama)

Le tourisme au Chili est devenu une des principales ressources économiques notamment dans les zones extrêmes du pays. Déjà en 2005 il avait généré 300 millions de $, positionnant le secteur du tourisme juste derrière les marchés cuivre et du saumon (1er exportateur mondial). En 2007, le Chili a reçu 2.250.000 visiteurs étrangers, dont 53.529 Français contre 32.000 en 2000. Par ailleurs 3 millions de Chiliens sortent du territoire, et la moitié d’entre eux choisissent comme destination l’Argentine, notamment pour des questions de coût de la vie. Parmi les touristes étrangers les Suédois sont ceux qui passent le plus de temps sur le territoire (11 jours en moyenne) et les Chinois ceux qui dépensent le plus d’argent. D’après le World Economic Forum, le Chili serait le 45ème pays le plus touristique sur 153 classés en 2007 et le 2nd d’Amérique du Sud après le Costa Rica. La France est classée première depuis plus de 10 ans, au coude à coude avec l’Espagne.

Le Dakar dans les dunes

Ce bond en avant dans le secteur du tourisme est la réponse à une politique volontariste du gouvernement dirigée et promue par le SERNATUR (Service National du Tourisme) qui a mis en place en 1995 un "programme pour la promotion internationale du Chili" (2006- 2010). 4,5 millions de $ soit 138% de plus que l’année précédente ont été dépensé en promotion, notamment dirigée vers le public espagnol. A cela s’ajoute un investissement à peu près équivalent de la part du secteur privé. L’objectif est clair : atteindre les 3 millions de touristes et 2 milliards de $ générés par le tourisme d’ici à 2010.
Reste à savoir si le Dakar, dans le sillage de ses 550 voitures, motos et camions, sera à la hauteur des espérances pour doper le tourisme.
L.S et S.R

*3 questions à Oscar Santelices, directeur de Sernatur (Service National du Tourisme)

LPJ: En quoi le Dakar est une bonne nouvelle pour le tourisme au Chili ? 

Cette compétition va permettre de mettre en valeur la beauté du Chili, connu pour sa réussite économique mais pas encore assez pour ses possibilités touristiques. Lors des prochaines grandes foires européeenes nous allons déjà mettre en avant le Dakar dans nos arguments de vente.

Ne craignez vous pas que cette compétition, au contraire endommage le paysage ?

Non, au contraire, ASO, l’organisateur est très conscient de l’environnement . Le rallye n’empruntera que des chemins déjà existants, pas questions de traverser le désert, sauf dans les zones couvertes de dunes de sable.

Et justement les dunes

Elles se reconstruisent avec le temps.

Conférence de presse "Dakar 2009", 12 février 2008. à gauche, Oscar Santelices, à droite Eteinne Lavigne directeur du Dakar

mercredi, février 13, 2008

La pièce "La Mort de Margaret Thatcher" provoque une polémique à Londres

Margaret Thatcher visite Pinochet durant son arrêt à Londres.
Photo AP
Où étiez-vous le jour de la mort de Kennedy ou de la princesse Diana ? Tout le monde est capable à répondre à cette question.

Le jeune dramaturge britannique Tom Green est persuadé que le décès de Margaret Thatcher, légendaire premier ministre de 1979 à 1990, provoquera des émotions de cette nature. C'est le thème de sa dernière pièce, La Mort de Margaret Thatcher (The Death of Margaret Thatcher) à l'affiche du Courtyard Theatre, une salle off nichée dans le quartier branché de Hoxton, dans le nord de Londres.

UN CERCUEIL DE BOIS CLAIR

"J'ai 37 ans. Je suis définitivement un enfant de la génération Thatcher. Si vous n'étiez pas l'un de ses admirateurs, elle était un monstre, même si ce n'est plus le cas de nos jours. La force des convictions à son égard est partie intégrante de son statut d'icône" : Tom Green ne comprend pas la formidable polémique déclenchée par son spectacle.

Les milieux conservateurs ne décolèrent pas contre cette satire de leur idole. "Une oeuvre dégueulasse crachant sur la tombe de Mme Thatcher", s'est écrié le Daily Mail, croisé du thatchérisme pur et dur. Sur le ton ironique, l'ancien ministre de Mme Thatcher, Lord Tebbit, estime que "la pièce aurait dû s'appeler Mmeen imaginant son retour au 10 Downing Street". Thatcher est bien vivante

Quant à la presse de gauche, elle dénonce la légèreté du script, jugé trop respectueux envers son sujet par rapport aux récentes pièces au vitriol de David Hare et de Nicolas Hytner sur la politique de Tony Blair en Irak.

Toute l'action s'articule autour d'un cercueil de bois clair, recouvert de la robe bleu foncé de l'ordre de la Jarretière, dans lequel repose la Dame de fer.

L'impact de son décès sur le pays est analysé via les réactions contrastées des quatre principaux personnages : une présentatrice télé qui voit dans cette disparition la chance de sa vie, un cadre en thérapie, un croque-mort d'extrême droite, et un ex-mineur qui marche depuis Sheffield sur Londres pour venir protester devant sa sépulture. Confronté aux divisions de l'opinion, le gouvernement est contraint de lui refuser des obsèques nationales.

Aujourd'hui âgée de 82 ans, malade, "Mrs T." s'est totalement retirée de la vie politique. Dix-huit ans après avoir été chassée du pouvoir par ses propres ministres, elle connaît une deuxième vie, comme l'atteste le récent hommage du travailliste Gordon Brown à son action volontariste.

CRUEL CERBÈRE

Les artistes britanniques, en revanche, n'ont jamais débordé d'affection pour "Maggie". En 1980, la pièce A Short, Sharp, Shock, de Howard Brenton et Tony Howard, avait déjà défrayé la chronique en présentant tour à tour la première femme à la tête d'un gouvernement britannique comme une mégère, une femme de ménage, un sergent-chef et un cruel cerbère. En 1988, le chanteur Morrissey, dans Margaret on the Guillotine, hurlait sa haine : "Quand allez-vous enfin mourir ?"

Ces provocations avaient laissé Mme Thatcher de marbre. Le théâtre, comme tous les arts d'ailleurs, l'ennuyait profondément.

Marc Roche

Dakar 2009

Pourquoi le rallye Dakar va-t-il en Argentine et au Chili et pas en Europe?

Je viens d’entendre, ce matin même à la radio que, accrochez-vous, le Paris-Dakar ne passera plus en Afrique jusque nouvel ordre! Youpi! Mais il se déroulera en Amérique du Sud, du coté du Chili et de l’Argentine j’ai ouïe dire. Et là de multiples questions m’assaillent :

• Quelles actions humanitaires, qui permettent d’écrabouiller quelques enfants noirs le cœur léger, vont réaliser les amateurs d’exotisme et de grosses cylindrés? Creuser des puits ou livrer de grosses quantité de dépouillant pour poncho?

• Les coureurs vont-ils tester leur pare-choc sur la boite crânienne de petits sud-américains ou vont-ils commander sur eBay du tchadien à l’Arche de Zoé?

Pourquoi cette funeste course coloniale ne deviendrait pas le Paris-Rome-Berlin-Amsterdam-Bruxelles. Ainsi, Farid, coureur de Bejaïa, pourra fondre ses 200 chevaux de cylindré sur le jeune Thomas, 5 ans. Ce sera triste, certes, mais Farid aura tout de même permis de subventionner un atelier de poterie à Saint-Trifouilly-les-Oies-sur-Saône. Ils aiment ça, les plats à tajine, les Européens non?

mardi, février 12, 2008

LE RALLYE-DAKAR ROULE POUR L'AMÉRIQUE DU SUD

LES PRÉSIDENTES D'ARGENTINE CRISTINA KIRCHNER ET DU CHILI MICHELLE BACHELET. PHOTO REUTERS

Les organisateurs du Dakar ont annoncé hier que, suite aux menaces terroristes qui les ont forcé à annuler l’édition 2008, l’édition 2009 se déroulera en Argentine et au Chili. Le départ sera donné le 3 janvier à Buenos Aires. L’annonce officielle du trajet sera faite aujourd’hui par les présidentes des deux pays.

lundi, février 11, 2008

Dakar-2009: le rallye-raid s'offre l'Argentine et le Chili pour ses 30 ans


PARIS (AFP) — Le Dakar, rallye-raid africain créé en 1979 par Thierry Sabine, annulé en 2008 à cause de menaces d'attentats islamistes, change de continent et s'offre l'Argentine et le Chili pour son 30e anniversaire.

Le Dakar-2009, qui doit être officiellement présenté mardi midi à la "Casa rosada", la résidence de la Présidence argentine, sera une grande boucle de 9000 km, dont près de 6000 km de spéciales traversant le désert d'Atacama (nord du Chili), les Andes et la Patagonie (sud de l'Argentine) avec comme point de départ et d'arrivée la capitale argentine, Buenos Aires.

La devise du créateur du rallye, "Un défi pour ceux qui partent. Du rêve pour ceux qui restent", sera plus que jamais à l'honneur avec ce changement de continent.

"Le Dakar visite l'Amérique du Sud, il ne quitte pas pour autant l'Afrique", affirme son patron, le Français Etienne Lavigne qui n'exclut pas d'y revenir un jour, "quand le contexte géopolitique sera plus favorable".

L'édition 2008 entre Lisbonne et Dakar, qui devait traverser le Maroc et la Mauritanie, avait été annulée la veille du départ de la capitale portugaise en raison de menaces terroristes spécifiques ciblée sur la capitale mauritanienne, Nouakchott.

Quatre Français et trois militaires mauritaniens avaient été tués dans des attentats quelques jours avant le départ de rallye-raid. Le ministère français des Affaires Etrangères avait alors recommandé aux concurrents de ne pas prendre le départ. Du coup, pour la première fois dans l'histoire du rallye, les organisateurs décidaient d'annuler purement et simplement la 30e édition du célèbre rallye.

"Cela nous a coûté des dizaines de millions d'euros mais nous avons bien fait d'appliquer le principe de précaution comme l'a prouvé, trois semaines plus tard, un nouvel attentat en plein coeur de Nouakchott", affirme le directeur du Dakar, organisé par le groupe français Amaury Sport Organisation (ASO).

"En Argentine et au Chili, nous sommes assurés de trouver les ingrédients qui font l'alchimie du Dakar. Epreuve nomade par excellence, avec 21 pays africains visités au compteur, il a vocation à explorer les déserts du monde. Dans l'avenir, le plus grand rallye du monde sera également amené à franchir d'autres océans, à parcourir d'autres continents", ajoute Etienne Lavigne.

"Les concurrents du Dakar-2008 seront prioritaires pour s'inscrire, à partir du 15 mai, au Dakar Argentine Chili 2009 et les droits d'inscription seront les même qu'en 2008", a-t-il précisé.

Les Latino-Américains, qui "ont un vraie culture des sports mécaniques et la fibre de l'aventure extrême", selon Etienne Lavigne, et qui voudront participer à ce rallye devraient bénéficier d'un tarif spécifique.

Les premières réactions après l'annonce de ce changement de continent, lundi, étaient positives.

Dominique Serieys, directeur de Mitsubishi Motorsport, la filiale sportive de la firme automobile japonaise invaincue depuis 2001 sur le Dakar, s'est dit "très intéressé" par l'épreuve 2009. "C'est une bonne nouvelle, un mois après l'annulation du rallye 2008", a-t-il dit.

"Nous avons déjà participé à l'Atacama rallye et au rallye Las Pampas. Le Chili et l'Argentine sont des pays où il y a une grande variété de terrains", a souligné le patron français de l'écurie sportive de Mitsubishi qui compte 12 victoires sur le Dakar.

Jean-Louis Schlesser, double vainqueur du Dakar (1999-2000) avec ses célèbres Buggies à deux roues motrices, s'est dit prêt à participer au Dakar-2009 Argentine Chili "si l'aventure est au rendez-vous".

"Si vraiment il y a de l'aventure j'irai, mais si c'est du WRC (rallye classique) je n'irai pas", a-t-il déclaré à l'AFP ajoutant que l'Afrique "restait dans son coeur".

Un fameux branleur



Nicolás López, 24 ans, scénariste, réalisateur et­ producteur chilien. Il a commencé à écrire des chroniques pour la presse à 12 ans, s’est fait renvoyer du lycée à 16 ans et a connu le succès à 20 ans grâce au cinéma. Il prépare actuellement son troisième long-métrage, coproduit par Salma Hayek.

“Je ne vois pas ce qu’on peut trouver d’intéressant à un Chilien de 24 ans grassouillet, ayant des pellicules, ­psychopathe, casse-couilles et accro au travail.” Voilà ce que répond Nicolas López lorsqu’on lui demande pourquoi des puissants comme Quentin Tarantino, Guillermo del Toro, Robert Rodríguez ou Salma Hayek parlent de lui comme de la dernière sensation du cinéma latino. Bien sûr, avec ce qu’il faut d’autoflagellation, ce scénariste, réalisateur et producteur chilien reconnaît qu’“un réalisateur qui, avec moins de 1 demi-million de dollars, a fait un film d’ado qui a mieux marché que certains qui ont coûté 20 millions, ç’a tout l’air d’une bonne affaire”. Il évoque ainsi Promedio rojo [littéralement : La moyenne rouge], son premier long-métrage, qu’il a tourné à l’âge de 20 ans. Cette réalisation (“salement autobiographique”) s’est diffusée au-delà du petit public chilien pour devenir un film culte qui a circulé dans la moitié des festivals du cinéma indépendant de la planète. “Le film le plus marrant de l’année”, a déclaré Tarantino. “Nicolás est un être bizarre, preuve que la masturbation est à l’origine de tares permanentes”, a lâché Guillermo del Toro. Le Chilien est ainsi entré, avec les honneurs, dans le club auquel il rêvait d’appartenir.

Le titre de son premier court-métrage, tourné quand il avait 15 ans, était déjà révélateur de l’amour-propre de l’auteur. Pajero [Branleur] faisait le portrait d’un ado qu’on interrompt pendant qu’il se masturbe. L’audace et la fraîcheur de ce jeune homme, fils d’un publicitaire et d’une femme au foyer, créèrent la ­surprise dans le paysage culturel chilien qui, au sortir de la dictature de Pinochet, entrait en ébullition.

L’onaniste n’était pas un parfait inconnu. Depuis l’âge de 12 ans, Nicolás López écrivait dans El Mercurio, le quotidien le plus important du pays. “Je leur ai faxé mes écrits et, à ma grande surprise, ils les ont acceptés. Je racontais en direct, dans tous les sens du terme, ce que c’était que d’être un collégien obèse et fan de comics.” Promedio rojo est la version cinéma de quelques-unes de ces chroniques qui, entre autres choses, ont fourni à leur auteur les fonds nécessaires pour fonder sa maison de production, Sobras.com.

“Internet a surgi dans ma vie lorsque j’avais 12 ans et le monde s’est ouvert à moi.” Avec ce que lui rapportent son métier de journaliste et les films qu’il produits, il achète ou copie “tout John Waters, Sam Raimi, Robert Rodríguez, Tarantino, Del Toro, Alex de la Iglesia, Santiago Segura, Amenábar, Medem et tous les comics [qu’il] trouve sur la Toile”. Et les qualités assumées du jeune homme ont fait le reste.

“Il a fallu que je frappe à des milliers de portes pour que quelques-unes s’ouvrent”, reconnaît le Chilien, qui dit sans cesse “supplier les gens de dire une phrase, de faire une seule recommandation, de me faire l’honneur de voir mon putain de film”. C’est ainsi qu’il a reçu la bénédiction de Tarantino et de Del Toro. Et que le réalisateur Robert Rodríguez s’est engagé à ses côtés en coproduisant son prochain long-métrage avec la société espagnole Drive. Santos, qui sortira en Espagne en avril 2008, est “une comédie romantique sur la fin du monde”. Tournée au Chili, naturellement. “Il n’y a plus de petits pays, il n’y a que des pays à bas débit. J’espère pouvoir beaucoup tourner chez moi, et ne pas devoir aller à Los Angeles et me mettre à genoux devant les studios comme une gamine pour avoir du boulot.” Il n’en a pas eu besoin. Salma Hayek a succombé à ses charmes : sa maison de production Ventanazul, qui fait partie de la MGM, financera 178 Jack Johnsons, le prochain film de Nicolás López. “En gros, c’est Terminator version comédie romantique. Encore ! J’aime bien les comédies romantiques où ça explose, mais ne dites rien à Salma : je viens de recevoir le premier chèque et j’hésite encore pour le matériel – j’hésite entre HD-DVD ou Blu-Ray.”

Une menace canadienne


Une bestiole bien de chez nous vole la vedette au réchauffement climatique en Terre de Feu.

Notre animal fétiche, le castor, ravage les forêts de la région. Il a déjà emporté plus de 30 000 hectares de forêt.

En 1946, des Argentins ont décidé de se lancer dans le commerce de la peau de castor. Ils l'ont donc importé des castors en Terre de feu pour en tanner le cuir.
Quelques années plus tard, les profits réalisés avec la pêche de la centolla et les pressions de divers lobbies ont rendu cette activité financièrement moins intéressante. Oubliés, les castors en ont profité pour sauver leur peau en filant dans la nature. La Terre de Feu n'était pas prête pour cette invasion.

Si dans nos forêts quelques prédateurs s'assurent de contrôler la prolifération de cette espèce, il en va autrement en Terre de Feu. Loin des ours, des loups, des lynx et compagnie, le rongeur canadien pullule. «Je n'ai jamais vu de castors en aussi bonne condition physique, leur taux de survie doit donc être très élevé», précise Pierre Canac-Marquis, du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, qui a été appelé à aller en Terre de Feu l'an dernier à la demande du gouvernement chilien.

Des 25 spécimens importés initialement, la population a explosé à plus de 100 000 en Terre de Feu uniquement. À titre comparatif, c'est comme s'il y avait 20 000 castors dans l'île de Montréal, plutôt que les 200 actuels. Cette surpopulation amène son lot de problèmes. "Ici, le cycle de la forêt boréale est adapté à la présence du castor. Par exemple, l'orignal profite des étangs que provoque le rongeur", rappelle PierreCanac-Marquis. Ce n'est pas le cas en Terre de Feu où des forêts entières, démunies face à cette menace pour laquelle elles n'ont pas été préparées, meurent. Les arbres ont été abattus ou noyés par les inondations provoquées par les barrages. Les barrages empêchent également les truites de frayer. Qu'importe où l'on va, on ne peut marcher sans tomber sur une castoraie ou voir des rondins portant les marques distinctives des incisives du rongeur. Plus de 30 000 hectares de forêt ont ainsi succombé à ses ardeurs. Lors d'une marche de près de trois heures, nous n'avons pu passer plus de 15 minutes sans voir des signes de la présence de l'animal. Même dans les endroits sans arbres, comme dans la pampa, on trouve sa trace. Quand il est obligé, en raison de la surpopulation, de coloniser des endroits sans arbres, le castor peut marcher de deux à trois kilomètres et se rabattre sur les poteaux de clôture pour user ses incisives.

Après avoir exporté les castors, faut-il maintenant envoyer des trappeurs? Un des principaux problèmes au Chili, c'est le manque d'expérience. "Ce n'est pas tout d'acheter des pièges ou différents systèmes. Il faut aussi savoir s'en servir. Le Chili ferait bien de se hâter, car comme le constate avec inquiétude Sergio Andrade, biologiste marin et naturaliste chilien, "ils sont maintenant sur le continent".

dimanche, février 10, 2008

Le reflet du rêve du blanc

Mathieu Orcel en Patagonie argentine - © Leo Antinao

Les Mapuche

Le mapuzungun est la langue des Mapuche. , ce sont des Sud-Américains qui vivent aux confins du Chili et de l’Argentine le long de la Cordillère des Andes. C’est l’une des rares communautés natives à avoir résisté à l’invasion des Espagnols. Bien avant cela, ils avaient déjà tenu tête aux Incas.

Les Mapuche se sont réfugiés dans la montagne pour échapper aux massacres et puis ils en sont descendus lorsque le péril s’est éloigné. Aujourd’hui, en Argentine, les mapuche sont très actifs pour défendre leur culture et cela commence par leur langue, le mapuzungun. Longtemps, ils ont été moqués parce qu’ils ne parlaient pas espagnol.

Mathieu Orcel les connaît bien. Il a été péon chez eux pendant quelques temps, en Argentine. Et puis, il y est revenu pour faire le cinéma ambulant avec son projecteur super 8. Il se déplaçait à cheval. C’était le Cine Patagonia Express ! Le jeune homme a appris leur langue qui n’a rien à voir avec l’espagnol. Il s’est ainsi rendu compte que la culture des Mapuche reste très ouverte et surtout très imagée…

"La grande particularité du mapuzungun qui est vraiment évolutif c’est par exemple que l’on peut dire ordinateur, on peut dire voiture. Par exemple l’ordinateur c’est Lonco Huir’rihue. Lonko, c’est la tête. Huir’rihue, c’est le lieu de l’écriture, le stylo. Lonco Huir’rihue, c’est le stylo de la tête, l’ordinateur. Par exemple, la voiture, c’est Huinca Cahuell, c’est le cheval du Blanc. Moi, dans mon cas précis, quand j’ai fait ce voyage de ciné ambulant en super 8, ils ont trouvé un terme pour le cinéma qui est Huinca Peutun Pelon. Alors Huinca, c’est le blanc. Peutun, c’est le rêve. Et puis Pelon, c’est le reflet. Donc, le cinéma, pour eux c’est resté comme le reflet du rêve du blanc."

Mathieu Orcel est l’un des invités du festival Culture-Aventure qui se tient le week-end prochain à Paris. C’est le carrefour de ceux qui voyagent autrement, à la Maison des Cultures du Monde, boulevard Raspail dans le 6ème.

jeudi, février 07, 2008

UNE VIEILLE QUERELLE DE FRONTIÈRES REFAIT SURFACE


Le dernier conflit frontalier entre deux pays d’Amérique latine a eu lieu en 1995. Mais le spectre de la discorde refait son apparition dans la région.

Il y a douze ans, pendant la guerre dite “du Cenepa” [du nom du district péruvien contesté], l’Equateur et le Pérou avaient pris les armes pour se disputer un territoire frontalier délimité en 1942 par le protocole de Rio. Face au coût humain et financier du conflit, mais surtout à son inutilité, les uns comme les autres avaient fini par reconnaître que la guerre était le pire mode de résolution des différends territoriaux.

Depuis plusieurs mois, les tensions hier apaisées n’ont cessé de se raviver, en raison notamment de l’arrivée au pouvoir de gouvernements populistes qui ont placé ces enjeux limitrophes au cœur de leur campagne, mais aussi parce que subsistent des haines et des rancœurs de longue date.

Dans ce dernier “round”, le Chili et le Pérou se disputent 35 000 kilomètres carrés dans l’océan Pacifique, une zone riche en anchois, poisson qui entre dans la fabrication d’une farine dont le Pérou est le premier producteur mondial. Le gouvernement du président péruvien, Alan García, vient donc de déposer devant la Cour internationale de justice de La Haye une plainte contre son voisin, exigeant que cette zone soit reconnue comme faisant partie du Pérou. Le Parlement péruvien a d’ailleurs entériné son intégration l’année dernière en adoptant une loi ad hoc et a réalisé des cartes où la frontière est délimitée de façon unilatérale

Le Pérou se fonde pour cela sur la convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, en vertu de laquelle les pays peuvent réclamer la souveraineté sur 320 kilomètres de plateau continental à partir d’un point de leur territoire. Les autorités de Lima ont ainsi délimité leur frontière maritime avec le Chili suivant une diagonale qui part de leur frontière terrestre.

Il s’agit en fait d’un conflit beaucoup plus profond : il y a près d’un siècle et demi déjà, les deux pays, ainsi que la Bolivie, s’étaient violemment affrontés et la guerre du Pacifique avait été remportée par le Chili ; le Pérou comme la Bolivie perdirent de larges pans de leur territoire tant maritime que terrestre. Aujourd’hui, pour les Péruviens, cette revendication est une question d’orgueil. Et plus encore pour les Boliviens, qui ont dû tirer un trait sur leur seul accès à la mer.

La querelle péruano-chilienne actuelle est compliquée par l’offre faite par le gouvernement de [la présidente du Chili] Michelle Bachelet à la Bolivie : Santiago a proposé de mettre fin à la dispute en donnant aux Boliviens des droits d’exploitation (mais pas la souveraineté) sur un corridor qui leur donnerait accès au Pacifique. Pour le Pérou, cela déboucherait sur une reconnaissance des frontières que les Chiliens tiennent pour acquises. Pour l’universitaire Antonio Rengifo, la façon dont on résoudra ce conflit et d’autres querelles territoriales sera décisive, car elle créera un précédent pour tout le XXIe siècle.

Non au Dakar au Chili


Thomas Poussard, journaliste et guide touristique français installé près de Valparaiso depuis 2006. Il a lancé une pétition en ligne contre le "déménagement" du "Rallye Dakar" au Chili et en Argentine. Il explique le pourquoi de son "Non au Dakar au Chili"

Thomas Poussard s'inquiète, à juste titre, de l'avenir du désert d'Atacama. Tout est allé très vite. A peine une semaine après l’annulation du rallye Dakar à cause des menaces terroristes, les gouvernements chilien et argentin ont envoyé à Paris des représentants pour séduire ASO, l’organisateur français de la course.

Tellement vite qu’il a presque aussitôt été annoncé que les deux pays accueilleraient conjointement le rallye en 2009. ASO doit faire une déclaration officielle le 10 février prochain.

Selon Óscar Santelices, le directeur du Sernatur, les retombées économiques seraient juteuses, et ce serait une aubaine pour promouvoir l’image du Chili comme destination touristique. Sans doute, mais à quel prix?
Atacama
Le Chili veut son rallye. Et il est fort probable qu’il l’ait, avec six étapes prévues dans le nord du pays, et une journée de repos à Vina del Mar –les neuf autres étapes, dont le départ et l’arrivée, étant prévues en Argentine.

Mais les Chiliens, que veulent-ils? Veulent-ils voir leurs belles terres traversées, polluées, voire saccagées par une caravane de 2.500 personnes, de fous du volant et du guidon assoiffés de vitesse?

Veulent-ils voir les merveilles naturelles du désert d’Atacama risquer d’être endommagées pour le bon plaisir de quelques centaines de concurrents qui souillent la nature comme si c’était leur propre jardin?

Veulent-ils voir débarquer les caméras de télévision françaises qui, avec leur miroir déformant, vont probablement montrer les Chiliens comme s’il s’agissait de pauvres neuneus vivant dans le dénuement d’un pays du Tiers-Monde, alors que le Chili, pays en développement, est le plus riche d’Amérique Latine?

Le gouvernement chilien et quelques entreprises ont peut-être à y gagner en terme d’image, mais qu’y gagnent les Chiliens eux-mêmes? Rien.SuppressionA l’heure où, plus que jamais, l’on sait qu’il faut protéger l’environnement, que les ressources en pétrole se raréfient, il est aberrant de vouloir continuer à organiser de tels rallyes, véritables caravanes de la mort. Et je ne parle pas que des enfants régulièrement tués par accident, mais aussi des dommages causés à l’environnement.

C’est pour cette raison que j’ai créé
cette pétition, demandant que le rallye Dakar ne soit pas "déménagé" en Amérique Latine, que l’on n’aille pas offrir les merveilles naturelles de l’Atacama à cette course saccageuse, et, in fine, la disparition pure et simple du rallye.
Thomas POUSSARD.