lundi, novembre 29, 2010

Chili : Les femmes indigènes se sentent discriminées

L’enquête de ‘Perception des femmes indigènes et non indigènes sur leur situation et leurs conditions de vie au Chili en 2010′, a été menée par ce Centre d’Études qui promeut les droits de la femme, elle révèle que 82 % des chiliennes se sentent discriminées et que ce pourcentage atteint les 100 % parmi les femmes indigènes.

dimanche, novembre 28, 2010

Las piedras no se mueven solas

« Las piedras no se mueven solas »
Seules, les pierres ne bougent pas
Film de Emanuela Nelli

le mercredi 8 décembre 2010 à 21H
217, bd Saint-Germain 75007 Paris
Métro : Solferino ou Rue du Bac

jeudi, novembre 25, 2010

DAKAR 2011 : VERSION CRESCENDO

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Ce matin les organisateurs du Personal Dakar Argentina Chile ont dévoilé les détails du parcours de l’édition 2011, la troisième sur le territoire sud-américain, qui se tiendra du 1er au 16 janvier prochains.

Edison Pena, le mineur chilien qui courait pour vivre

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Edison Peña qui comptait parmi les 33 mineurs enterrés pendant deux mois au Chili a couru le marathon de New York. Photo Reuters
Edison Peña a couru et court toujours pour prouver qu’il est vivant. Séquestré avec 32 autres mineurs pendant 69 jours au fond d'un gisement de charbon du désert de l'Atacama, au Chili, l’affranchi a pris le départ du marathon de New York, il y a deux semaines.
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mercredi, novembre 24, 2010

BIELSA POURRAIT REVENIR

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Marcelo Bielsa démissionne de son poste de sélectionneur du Chili [ 04/11/2010 ]. Photo AP
Marcelo Bielsa n'est peut-être pas définitivement parti de son poste de sélectionneur du Chili.

dimanche, novembre 21, 2010

Grève dans le cuivre chilien

La direction de la mine de Collahuasi a fait une proposition finale. Si elle est repoussée massivement, la grève impactera un marché du cuivre déjà tendu.
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LE VIAGRA NATUREL MAPUCHE

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Par Cristina L’Homme
Dans l'hémisphère sud, le printemps bat son plein. C'est la saison de l'amour. La nature s'éveille, les fleurs jouent à cache-cache avec les ombres dorées, la cordillère affiche des tons bleus et mauves. Peu à peu, le blanc de ses sommets -rosés au coucher du soleil- disparaît.

vendredi, novembre 19, 2010

Les 33 mineurs chiliens à Hollywood

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La délégation a atterri à l'aéroport Hartsfield-Jackson, d'Atlanta, pour partir tout de suite vers Los Angeles. Photo CNN
Les 33 mineurs miraculés du Chili sont arrivés aujourd'hui à Los Angeles pour découvrir Hollywood et participer à une émission de télévision sur CNN au cours de laquelle un hommage leur sera rendu.
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Hommage du Chili au Commandant Cousteau

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Le milliardaire conservateur Sebastián Piñera, Président de la République du Chili reçoit en audience  Pierre-Yves Cousteau  le 19-12-2010 à Santiago. Photo Alex Ibañez
Pierre-Yves Cousteau, Joël le Bail et Faustine Martinez de l'Equipe Cousteau, sont revenus de leur périple chilien où ils ont reçu, au nom du Commandant Cousteau, un magnifique hommage.

LES 150 ANS DU ROYAUME D'ARAUCANIE FÊTÉS EN DORDOGNE

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ANTOINE-ORÉLIE DE TOUNENS. PHOTO WIKIPÉDIA

Antoine de Tounens, natif de Chourgnac d'Ans près de Hautefort, avait fondé entre le sud du Chili et de l'Argentine le royaume d'Araucanie Patagonie.

jeudi, novembre 18, 2010

L'Uruguay tombe au Chili

Demi-finaliste de la dernière Coupe du Monde, l'Uruguay s'est inclinée au Chili la nuit dernière (2-0). Sanchez (38e) et Vidal (74e) ont trouvé le chemin des filets alors que la Celeste a été réduite à dix dès la 41e minute suite à l'expulsion de Gargano (41e). Ce match était le dernier de Marcelo Bielsa à la tête de la sélection chilienne.

BIELSA QUITTE LA SÉLECTION DU CHILI

Une du quotidien La Cuarta
« Au revoir joli fou ! » , titre le quotidien populaire.
Il fait ainsi ses adieux à l'Argentin Marcelo Bielsa, surnommé "Loco Bielsa" (le fou), à la tête de la sélection chilienne de football depuis trois ans.
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Chili : des chômeuses en grève de la faim au fond d'une mine

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Par RFI
Comme les 33 mineurs bloqués pendant deux mois et demi à 600 mètres de profondeur, 33 femmes se sont retranchées sous terre au fond d’une mine désaffectée, au sud du Chili, à 550 km au sud de Santiago. Elles demandent que les emplois soient sauvegardés dans les zones sinistrées par le séisme et le tusnami de février dernier, et pour se faire entendre elles ont entamé une grève de la faim depuis le 17 novembre.
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lundi, novembre 15, 2010

Mineurs chiliens: Brad Pitt veut faire le film


La maison de production de l'acteur américain Brad Pitt veut faire un film sur le sauvetage des 33 mineurs prisonniers d'une mine au Chili, qui a tenu en haleine le monde entier pendant plus de deux mois, a annoncé l'avocat des rescapés dont certains pourraient jouer leur propre rôle.
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mercredi, novembre 10, 2010

La tentation de Potosi

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Date de sortie cinéma : 17 novembre 2010
Synopsis
En Bolivie, on raconte qu'un homme aurait passé un pacte avec le diable pour devenir riche. Attiré par cette histoire, un voyageur quitte son Europe natale pour tenter de retrouver cet homme dans la ville mythique de Potosi, le plus grand gisement d'argent de la planète.
La tentation de Potosi du réalisateur Philippe Crnogorac: sortie, le 17 novembre au Nouveau Latina, 20 rue du Temple dans le 4e arrondissement, voir le plan
ici .
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mardi, novembre 09, 2010

Téléjournal - Mapuches vs Chili



Au Chili, alors que le monde entier avait les yeux rivés sur le sauvetage des mineurs emprisonnés par plus de 600 mètres de profondeur, le président, Sébastian Piñera signait discrètement un accord avec les indigènes Mapuches.
L'entente permettait d'enterrer la hache de guerre avec une trentaine de détenus Mapuches qui se considéraient comme des prisonniers politiques.

dimanche, novembre 07, 2010

L'étonnante odyssée du mineur chilien Edison Peña au marathon de New-York


« Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation. » Guy Debord , La societé du spectacle

Ainsi va la société médiatique en 2010. Connaissez-vous la grande attraction du marathon de New-York de demain dimanche ? Ne cherchez pas, c'est introuvable puisqu'il s'agit de Edison Peña (34ans).
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vendredi, novembre 05, 2010

PELLEGRINI REBONDIT À MALAGA

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Manuel Pellegrini, arrive à l'aéroport de Malaga. Photo EFE
Le Chilien Manuel Pellegrini, licencié fin mai dernier par le Real Madrid, a été nommé jeudi entraîneur de Malaga en remplacement du Portugais Jesualdo Ferreira, renvoyé mardi par le club 18e du Championnat d'Espagne.

jeudi, novembre 04, 2010

CHILI CHEZ LES MAPUCHES, UNE GÉNÉRATION D’INTELLOS

Les Mapuches ne sont pas tous de pauvres paysans, loin s’en faut. Les jeunes sont de plus en plus nombreux à faire des études supérieures. Et cette génération qui s’instruit ne craint plus de revendiquer haut et fort ses origines.
NATIVIDAD LLANQUILEO PILQUIMÁN, PORTE-PAROLE DES 32 PRISONNIERS MAPUCHES EN GRÈVE DE LA FAIM. CETTE GRÈVE DE LA FAIM, COMMENCÉE LE 12 JUILLET 2010 DANS CINQ CENTRES DE DÉTENTION, A DURÉ QUATRE-VINGT-CINQ JOURS, AU TERME DESQUELS 34 MAPUCHES – RECONNUS COMME PRISONNIERS POLITIQUES PAR LA PLUPART DES ORGANISATIONS INTERNATIONALES – ONT OBTENU DE NE PLUS ÊTRE POURSUIVIS EN TANT QUE « “TERRORISTES” ». LES GRÉVISTES AVAIENT ÉTÉ POUR LA PLUPART ARRÊTÉS EN 2009 LORS D’UNE MOBILISATION MAPUCHE POUR LA RÉCUPÉRATION DE LEURS TERRES ANCESTRALES. PHOTO QUÉ PASA 

Natividad Llanquileo Pilquimán, 26 ans, venait juste d’entamer son dernier semestre à l’Université bolivarienne de Santiago lorsqu’on lui a demandé, à la mi-juillet, d’être porte-parole des 32 prisonniers mapuches en grève de la faim*, parmi lesquels figuraient deux de ses frères, accusés d’actes terroristes, Héctor (29 ans) et Ramón (30 ans). Etudiante en droit, Natividad a pris le risque de perdre son année scolaire et a immédiatement quitté la faculté (et son emploi alimentaire d’emballeuse dans un supermarché) pour aller s’installer à Concepción. Depuis, son visage apparaît régulièrement dans les médias : elle a joué un rôle clé en allant voir les détenus à la prison El Manzano avec l’évêque (et médiateur) Ricardo Ezzati, mais aussi en devenant l’unique canal de communication entre les grévistes et le gouvernement [le président Piñera n’a abordé publiquement le sujet qu’au 54e jour de grève de la faim]. 
Repère
Le recensement de 2002 indique que les Mapuche, littéralement “peuple de la terre” en mapudungun, sont près de 600 000. Selon Pedro Cayuqueo, directeur de la revue mapuche Azkintuwe, créée en 2003, “on estime à 2 000 le nombre de jeunes Mapuche dans les seules universités publiques et privées de Temuco. Ils sont plusieurs centaines d’autres sur les campus et dans les facultés de Concepción, de Valdivia, d’Osorno et de Puerto Montt.”
J’ai un devoir envers mon peuple et, si on me demandait à nouveau de servir de porte-parole, je le ferais”, nous a-t-elle expliqué depuis l’hôpital de Concepción, où elle se rendait chaque jour pour suivre l’évolution de la santé de 5 des 34 grévistes [à partir du 1er septembre, deux jeunes Mapuches se sont joints aux 32 grévistes de la faim]. Mais, si Natividad s’est engagée politiquement dans la cause mapuche, ce n’est pas seulement parce que deux de ses cinq frères sont en prison [depuis 2009, pour avoir participé à une mobilisation pour la récupération des terres ancestrales ma­puches], ni parce qu’elle a assisté aux manifestations à Puerto Choque lorsqu’elle était enfant, ni parce qu’elle a vu ses parents se battre pour récupérer leurs terres. Natividad fait surtout partie d’une nouvelle génération de jeunes Mapuches éduqués – ils sont souvent les premiers de leurs différentes communautés locales à suivre des études supérieures – qui, en plus d’être des militants actifs, œuvrent à la revalorisation de leur culture à travers ce que beaucoup ont appelé le “nationalisme mapuche” : ils rejoignent des organisations, apprennent le mapudungun [la langue des Mapuche], jouent au palín [jeu traditionnel ressemblant au hockey sur gazon] et viennent en aide aux communautés qui cherchent à reconstruire leur histoire pour la confronter à la version winka (occidentale) inculquée dans les écoles rurales. A l’inverse de leurs parents, qui préfèrent s’effacer – on ne leur a pas appris le mapudungun pour éviter qu’ils ne soient victimes de discriminations à cause de leur accent –, leur origine représente pour ces jeunes une valeur ajoutée. “Nous sommes fiers d’être mapuches”, déclare José Ancalao, 21 ans, étudiant en anthropologie à l’Université catholique de Temuco (UCT).


mercredi, novembre 03, 2010

Laboratoire International du « Cambio Global »

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Bâtiment du Laboratoire International du « Changement global » à Las Cruces Chili. Photo CSIC

Inauguration du Laboratoire International du « Changement global » (LINCGlobal) au Chili. Cette installation est un nouvel outil de recherche et une formation de haut niveau promue par le Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC) (Conseil Supérieur des Recherches Scientifiques d’Espagne) et l’Université pontificale catholique du Chili (Pontificia Universidad Católica de Chile) pour faciliter l'interaction entre des chercheurs latino-américains et espagnols dans le domaine du Changement global.

Chili : Entretien avec le réalisateur Patricio Guzmán

Entretien avec le réalisateur Patricio Guzmán.

A l'occasion de la sortie de son dernier film "Nostalgie de la lumière", le réalisateur Patricio Guzmán revient sur la question de la mémoire dans son pays natal, le Chili. Et explique comment, des années après la fin de la dictature, les familles des disparus et plus largement la société chilienne tentent de faire un travail de deuil.

Chili: popularité record pour Piñera après le sauvetage des 33 mineurs

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Le milliardaire conservateur Sebastián Piñera, Président de la République du Chili est un grand sportif, ici dans un match de foot avec les mineurs le 25-10-2010 à Santiago. Photo José Manuel de la Maza
(Belga) Le président chilien Sebastian Piñera a terminé le mois d'octobre avec un taux d'approbation de 63%, un record de sa présidence entamée en mars lié au sauvetage réussi de 33 mineurs le 13 octobre, selon un sondage publié mardi.

mardi, novembre 02, 2010

France Amérique latine fête ses quarante ans

Le 13 novembre, l’association France Amérique latine (FAL) fête ses 40 années de solidarité1. Nous revenons sur l’engagement de cette organisation avec Sarah Pick, déléguée générale de FAL.




Peux-tu nous rappeler la genèse de France Amérique latine ?
La victoire de Salvador Allende et de l’Unité populaire au Chili en novembre 1970 a suscité un véritable espoir dans le monde, en particulier au sein de la gauche française. Celui-ci s’est concrétisé par la création de l’association France Amérique latine, le 13 novembre 1970.
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lundi, novembre 01, 2010

LES DEUX MARIO VARGAS LLOSA

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SIR ROGER CASEMENT (DUBLIN, 1864 - LONDRES, 1916)
Le nouveau roman de l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, lauréat du prix Nobel de littérature 2010  (1), sort opportunément en librairie dans les pays de langue espagnole le 3 novembre. Son titre : El Sueño del Celta (Le Rêve du Celte). Son héros : Roger Casement, un personnage (réel) exceptionnel. Consul britannique en Afrique, il fut le premier à dénoncer, dès 1908, les atrocités du colonialisme d’extermination (dix millions de morts) pratiqué au Congo par Léopold II, le roi belge qui avait fait de cet immense pays et de ses populations sa propriété personnelle... Dans un autre rapport, Casement révéla l’abominable détresse des Indiens de l’Amazonie péruvienne.
Pionnier de la défense des droits humains, Casement, né près de Dublin, s’engagea par la suite dans les rangs des indépendantistes irlandais. En pleine Grande Guerre, partant du principe que « les difficultés de l’Angleterre sont une chance pour l’Irlande », il rechercha l’alliance de l’Allemagne pour lutter contre les Britanniques. Il fut inculpé pour haute trahison. Les autorités l’accusèrent aussi de « pratiques homosexuelles » sur la base d’un prétendu journal intime dont l’authenticité est contestée. Il fut pendu le 3 août 1916.

Le roman n’étant pas encore disponible, on ignore comment Vargas Llosa en a construit l’architecture. Mais nous pouvons lui faire confiance. Nul autre romancier de langue espagnole ne possède comme lui l’art de captiver le lecteur, de le ferrer dès les premières lignes et de le plonger dans des trames haletantes où les intrigues se succèdent, pleines de passions, d’humour, de cruauté et d’érotisme.

Ce roman a déjà un mérite : tirer de l’oubli Casement, « l’un des premiers Européens à avoir eu une idée très claire de la nature du colonialisme et de ses abominations  (2)  ». Idée que l’écrivain péruvien (pourtant hostile aux mouvements indigénistes en Amérique latine) partage : « Nulle barbarie n’est comparable au colonialisme, tranche-t-il dans le débat sur les prétendus “bienfaits” de la colonisation. L’Afrique n’a jamais pu se relever de ses séquelles. La colonisation n’a rien laissé de positif  (3) . »

Ce n’est pas la première fois que Vargas Llosa s’inspire de personnages historiques pour dénoncer des injustices. Il excelle à mêler les techniques du roman social, historique, réaliste, voire du roman policier. Et l’a brillamment montré dans deux de ses ouvrages les plus aboutis : La Guerre de la fin du monde, fabuleux récit de la révolte, dans le nord-est brésilien à la fin du XIXe siècle, d’une communauté de chrétiens illuminés en quête d’utopie. Et La Fête au bouc  (4), qui retrace, en une opulente construction chorale, la noirceur de la dictature du général Trujillo (1930-1961) en République dominicaine.

L’histoire — contemporaine — est également la matière du roman considéré comme son chef-d’œuvre : Conversation à La Cathédrale, description magistrale du Pérou du général Manuel Odría (1948-1956), de la réalité latino-américaine des années 1950 et des énigmes de la condition humaine. Une œuvre qui correspond aux arguments du jury du Nobel pour expliquer l’attribution du prix : « Pour sa cartographie des structures du pouvoir et ses représentations incisives de la résistance, de la révolte et de la défaite de l’individu. »

A l’époque où il écrivit ce livre, Vargas Llosa habitait Paris et faisait partie d’une génération de talentueux jeunes écrivains — Gabriel García Márquez, Julio Cortázar, Carlos Fuentes... — qui allaient renouveler la littérature latino-américaine. Tous étaient de gauche. Et tous sympathisaient alors avec les guérillas. Dans un manifeste de soutien aux guérilleros péruviens, Vargas Llosa affirmait à l’époque que, pour changer les choses, « le seul recours, c’est la lutte armée ».

Même solidarité sans faille à l’égard de la révolution cubaine : « Dans dix, vingt ou cinquante ans, déclarait-il le 4 août 1967 à Caracas, l’heure de la justice sociale sonnera comme elle sonne actuellement à Cuba, et l’Amérique latine tout entière se sera émancipée de l’empire qui la saccage, des castes qui l’exploitent, des forces qui actuellement l’outragent et la répriment. Je veux que ce moment arrive au plus vite et que l’Amérique latine accède enfin à la dignité et à la vie moderne, que le socialisme nous libère de notre anachronisme et de notre horreur. »

Et puis, au début des années 1970, ce révolutionnaire exalté est intellectuellement foudroyé par la lecture de deux essais : La Route de la servitude, de Friedrich Hayek, et La Société ouverte et ses ennemis, de Karl Popper. Celui-ci surtout le transfigure : « Je considère Karl Popper, dira-t-il, comme le penseur le plus important de notre temps ; j’ai consacré une bonne partie des deux dernières décennies à le lire et, si on me demandait quel est le livre de philosophie le plus important du siècle, je n’hésiterais pas une seconde à choisir La Société ouverte et ses ennemis. »

Sur-le-champ, il cesse de soutenir la révolution cubaine, renie son passé d’« intellectuel de gauche » et, avec le zèle du converti, se transforme en propagandiste déterminé de la foi néolibérale. Ses nouveaux héros se nomment Ronald Reagan et Margaret Thatcher. A l’égard de celle-ci, symbole de la « révolution conservatrice », il avouera une « admiration sans réserve, une révérence à peine moins que filiale et que je n’ai jamais éprouvée à l’égard d’aucun autre dirigeant politique vivant  (5)  ». Par frénésie thatchérienne, il décide d’ailleurs de s’installer à Londres... Et lorsque la Dame de fer quitte le pouvoir en 1990, il lui fera porter un bouquet de fleurs avec ce message : « Madame, il n’y a pas assez de mots dans le dictionnaire pour vous remercier de ce que vous avez fait pour la cause de la liberté  (6).  »

Thatchérien sera aussi le programme qu’il propose aux électeurs lors de sa candidature à la présidence du Pérou, en 1990. Mais il sera sévèrement battu par M. Alberto Fujimori. Dégoûté par l’ingratitude de ses compatriotes, il s’expatrie définitivement et renonce même à sa nationalité au prétexte que les Péruviens ne le méritent pas...

Il reporte alors son admiration sur un autre dirigeant : M. José María Aznar, président (ultralibéral) du gouvernement espagnol de 1996 à 2004, allié de M. George W. Bush dans l’invasion de l’Irak et aujourd’hui salarié de M. Rupert Murdoch dans le groupe News Corporation. Un homme politique que la revue américaine Foreign Policy vient de classer parmi « les cinq plus mauvais ex-dirigeants du monde », mais dont Vargas Llosa pense que « les historiens du futur » le reconnaîtront « comme l’un des plus grands hommes d’Etat de l’histoire  (7)  ».

Il admire aussi la « personnalité charismatique » de M. Nicolas Sarkozy et le « talent politique exceptionnel  (8)  » de M. Silvio Berlusconi. Car ce géant de la littérature est un homme décidément à la personnalité double. Le masque séduisant de ses romans dissimule un sectateur forcené qui, depuis presque quarante ans, consacre l’essentiel de son temps à intervenir dans les médias, à haranguer et à prêcher dans des congrès du monde entier. Répétant avec une insistance quasi fanatique les principes élémentaires de son idéologie.

Agitateur ultralibéral, membre actif de la Commission trilatérale, président de la Fondation internationale pour la liberté, lauréat du prix Irving Kristol décerné par l’American Enterprise Institute, Vargas Llosa est un néoconservateur professionnel. Il a légitimé l’invasion de l’Irak en 2003 et justifié le coup d’État de juin 2009 au Honduras.

Le 7 octobre 2010, l’essayiste reaganien français Guy Sorman observait sur son blog : « Souvent, nous nous sommes retrouvés sur les mêmes estrades en Amérique latine, où Mario est un militant que l’on qualifierait en France d’ultralibéral : il n’a cessé de combattre Castro, Morales, Chavez, Kirchner et tout programme un tant soi peu social-démocrate. »

Vargas Llosa a d’ailleurs tenu à rappeler qu’il recevait le prix Nobel autant pour ses idées que pour ses qualités d’écrivain : « Si mes opinions politiques (...) ont été prises en compte, eh bien, à la bonne heure ! Je m’en réjouis. »

Cet admirateur de Louis-Ferdinand Céline, « un extraordinaire romancier », admet que l’auteur de Voyage au bout de la nuit était aussi « un personnage répugnant ». Et ajoute : « Mais il y a beaucoup de personnages peu estimables qui sont cependant d’extraordinaires écrivains  (9).  »

Ignacio Ramonet
Directeur du Monde diplomatique de 1990 à 2008.

Notes :
(1) Mario Vargas Llosa est le sixième Latino-Américain à obtenir le prix Nobel de littérature après Gabriela Mistral (Chili, 1945), Miguel Angel Asturias (Guatemala, 1967), Pablo Neruda (Chili, 1971), Gabriel García Márquez (Colombie, 1982) et Octavio Paz (Mexique, 1990).
(2) El País, Madrid, 29 août 2010.
(3) Ibid.
(4) Lire « Un romancier d’exception », Le Monde diplomatique, mai 2002.
(5) Cité par Julio Roldán, Vargas Llosa entre el mito y la realidad, Tectum Verlag, Marburg, 2000, p. 161.
(6) Ibid.
(7) 20 minutos, Madrid, 6 juillet 2007.
(8) Il Corriere della Sera, Milan, 9 mars 2009.
(9) La Nación, Buenos Aires, 13 mars 2006.