jeudi, février 28, 2019

PEUT-ON ENVOYER UNE LETTRE
« IMAGINAIRE » À NICOLÁS MADURO AU NOM DE SALVADOR ALLENDE ?

 DORFMAN ALLENDE
Utilisant une surprenante démarche, l’écrivain Ariel Dorfman a rédigé une « Lettre imaginaire » de Salvador Allende au Señor Presidente Nicolás Maduro. 1 L’auteur de Comment lire Donald Duck : l’idéologie impérialiste dans le Disney Comic (avec Armand Mattelart) et de La jeune fille et la mort dit ressentir l’obligation d’imaginer les conseils que le Président du Chili (1970-1973) aurait pu donner à son actuel collègue vénézuélien, ce dernier considérant Allende comme un héros et un modèle. Un tel procédé suscite une question d’ordre éthique. Est-il acceptable d’attribuer au Président martyr une opinion sur l’actuel gouvernement du Venezuela, même si elle est présentée sous la forme « imaginaire » ?
COUVERTURE DE  « PARA 
LEER AL PATO DONALD »
lMEMORIA CHILENA

Avant de tenter de répondre, examinons son contenu. Au contraire de ceux qui s’acharnent contre Nicolás Maduro, niant toute ressemblance entre le Chili de 1973 et le Venezuela de 2019, Ariel Dorfman reconnaît des similitudes entre la déstabilisation du gouvernement chilien et celle en cours contre le gouvernement vénézuélien.

En 1973, explique-t-il, Nixon, Kissinger et les multinationales américaines ont conspiré contre le Chili. Aujourd’hui Trump, Pence, Pompeo et Elliot Abrams, dirigent la manœuvre. Mais avec un but assez limité : « vous évincer, vous, le président constitutionnel du Venezuela, par la force des armes ». Rien n’indique dans la « Lettre » que les conspirateurs cherchent à anéantir le projet redistributif chaviste pour permettre à ses multinationales de s’emparer du pétrole (ce mot n’y figure pas).

Ensuite, sans trop d’imagination, la « Lettre » reprend les accusations habituelles, sans les étayer : fortes tendances autoritaires, limites à la liberté d’association des opposants et à la liberté de presse, personnes emprisonnées et torturées pour avoir exprimé leur opinion, et reproduit l’affirmation –discutable– qu’il y a au Venezuela une « catastrophe humanitaire ».

À peu près les mêmes anathèmes étaient proférés, il y a quatre décennies, contre Salvador Allende. Sauf la dernière : les interventions « humanitaires » sont un produit du XXIe siècle.

En effet, le 22 août 1973, l’opposition chilienne, financée par la CIA et majoritaire à la Chambre, a voté un accord dans une séance express, pratiquement sans débat, qui accusait Allende de vouloir, depuis le début, d’« instaurer un système totalitaire ». Pour faire cela, il aurait « créé des pouvoirs parallèles illégitimes », il aurait « usurpé » les facultés du parlement et de la justice, il aurait encore porté atteinte à la liberté d’expression, de réunion, d’enseignement et à celle de quitter le pays. Et il aurait, enfin, « infiltré » l’armée. Conclusion : les militaires sont appelés à « mettre fin immédiatement à la situation décrite ».

De nos jours, ces accusations sont considérées comme absurdes, même honteuses, sauf pour ceux qui continuent à revendiquer le coup d’État, justifié par cet accord de la Chambre. Mais en 1973, elles étaient tellement martelées par la presse d’opposition qui dominait le paysage médiatique, tout en criant qu’il n’avait plus de liberté de presse, qu’elles sont devenues des « vérités » exemptes de toute démonstration. Une partie significative de la population, qui a cru qu’Allende était un personnage abject qui préparait secrètement une sinistre dictature, et a applaudi son renversement.

Comme au Chili en 1973, le Venezuela de 2019 est chargé de fausses informations sur des « exactions », fabriquées pour diaboliser le gouvernement et justifier également son renversement. Il convient donc de les vérifier avec rigueur avant de les diffuser.

L’auteur de la « Lettre » n’a pas, hélas, vérifié les sources quand il fait « dire » à Allende que Nicolás Maduro bénéficie du soutien de la Russie et de la Chine, alors que « j’ai demandé » l’aide à l’Union Soviétique « je n’ai pas reçu un sou ». Les sources sur la visite d’Allende à l’URSS en décembre 1972 indiquent que Moscou a accordé au Chili un prêt pour une somme considérable, certes, inférieure aux U$80 millions demandés par le gouvernement chilien. Le ministre de la planification Gonzalo Martner, qui faisait partie de la délégation, parle de U$45 millions ; le conseiller d’Allende Joan Garcés affirme que l’URSS a prêté U$27 en matières premières et aliments et ajouté U$20 millions à un crédit antérieur de U$80 millions.

Finalement, l’Allende imaginaire reproche à Nicolás Maduro « la manière irresponsable dont vous avez mal dirigé votre pays » et lui donne un conseil: « j’ai décidé d’organiser un référendum qui permettrait au peuple de déterminer la voie que le pays devrait prendre ».

Or les référendums et les élections ne manquent pas au Venezuela. Entre 1999 et 2019 le pays a eu l’occasion de choisir sa voie lors de six élections des gouverneurs, six referendums, trois élections municipales, deux élections d’assemblée constituante, quatre parlementaires et cinq présidentielles. Dans tous les cas, sauf deux, le chavisme est arrivé en tête.

Mais surtout, prodiguer ce type de conseils aux autres pays ne faisait pas partie des méthodes utilisées par le gouvernement de l’Unité Populaire. Sa politique internationale consistait à remplacer les « frontières idéologiques » de la guerre froide pour le « pluralisme idéologique » et à promouvoir les principes de l’autodétermination des peuples et de non-intervention. Allende défendant le droit de chaque pays à choisir sa voie, sans s’immiscer dans les questions internes. Par contre, son gouvernement a été solidaire avec le Vietnam, alors sous les bombes, et a condamné sans ambages le blocus contre Cuba, alors sous le feu d’une campagne de désinformation et d’une guerre économique semblables à celles qui souffre aujourd’hui le Venezuela.

Il y a quelques jours, plusieurs intellectuels, dont certains proches du gouvernement d’Allende, se basant sur ces expériences, ont rédigé une lettre ouverte à la Haute commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet. 2 Inquiets par les « sanctions économiques » imposées par les États-Unis au Venezuela qui ont occasionné des pertes pour U$ 23 milliards, ils lui demandent d’intervenir.

La finalité avouée de ces « sanctions » –expliquent-ils– est d’empêcher la récupération économique du pays et d’affamer la population pour « accélérer le collapse », selon les mots de l’ex-ambassadeur des États-Unis au Venezuela, William Brownfield. Cette agression contre la population viole la Charte de l’ONU, le Pacte des droits civils et politiques, ainsi que le Pacte des droits économiques, sociaux et culturels. Et, plus généralement, le droit international.

Revenons à la question de départ : peut-on accepter, au nom de la liberté de création, que quelqu’un fasse dire à un personnage des mots qu’il n’a jamais prononcés ?

Ce n’est pas la première fois qu’Allende se voit affecter des propos contraires aux faits historiques. En 2015, des membres du gouvernement chilien ont affirmé que, devant la revendication maritime bolivienne, la politique d’Allende s’est limitée au respect des traités. Alors qu’en 1971, il a envoyé un émissaire à La Paz pour négocier un accès à la mer. 3

Plus récemment, dans un film de reconstitution «imaginaire » du jour du coup d’État, l’auteur invente d’abord une dispute téléphonique – inexistante – entre Allende et le chef du Parti Socialiste ; ensuite met en scène le désaveu d’Allende par les partis de sa coalition –qui n’a jamais existé–, et enfin, fait dire au Président, en plein bombardement du palais, que sa gestion est un « échec ».

Le républicain Espagnol exilé au Chili en 1939, Víctor Pey, a été concerné par une affaire comparable et, à notre avis, il a répondu brillamment. Proche de Salvador Allende et de Pablo Neruda, il a été présenté dans le film Neruda de Pablo Larraín comme celui qui a livré le futur prix Nobel à la police. Or, les faits qui indiquent plutôt le contraire : Pey était parmi les personnes qui ont aidé Neruda à fuir le pays.

Avant son décès en 2018, à 103 ans, Víctor Pey a pu répliquer à ceux qui ont « imaginé » son comportement en 1948 : « Bien que la liberté dans l’art est et doit être infinie, elle ne l’est plus lorsqu’il y a des informations qui permettent de lier les faits aux personnages de chair et d’os. ». En effet, personne n’a le droit de travestir les faits historiques ni de faire dire aux personnages ce qu’ils n’ont pas dit.

Ariel Dorfman a évidemment le droit d’écrire son point de vue sur le gouvernement du Venezuela. Mais, pourquoi le présenter comme s’il était celui de Salvador Allende, le rangeant ainsi parmi ceux qui critiquent Nicolas Maduro? L’écrivain ne peut ignorer que cette utilisation de la figure du Président chilien, même sous le couvert d’une « Lettre imaginaire », est questionnable sur un plan éthique.

Jorge Magasich,
Professeur retraité d’Histoire contemporaine à l’IHECS

Ce texto reçu le soutien de:

Pablo Sepúlveda Allende, médecin au Venezuela, petit-fils de Salvador Allende
Atilio Borón, politologue et sociologue argentin, professeur à l’Université de Buenos Aires
Hugo Moldiz Mercado, avocat, journaliste et directeur de l’hebdo La Época. Coordinateur du chapitre bolivien du Réseau de Défense de l’Humanité (REDH)
Maria Nela Prada Tejada, activiste social internationaliste, membre du Chapitre bolivien REDH 
Amzat Boukari, écrivain, docteur en Histoire et civilisations africaines, auteur d’Africa Unite
Omar González, Prix Casas de las Américas
Alicia Jrapko, étasunienne, coéditrice de “Résumé Latino-Américain”
Ángel Guerra Cabrera, professeur et journaliste, Cuba/Mexico
Paul-Emile Dupret, juriste, Parlement européen, groupe GUE/NGL
Jeremy Fox, écrivain, journaliste Royaume-Uni
Paula Polanco, présidente d’INTAL, Belgique
Ronnie Ramírez, cinéaste, Belgique
Felisa Cereceda, petite-fille de Violeta Parra
Chiliens de la deuxième et troisième génération, Liège, Belgique

1 Publié aux États-Unis par The Nation el 2 février : www.thenation.com/article/venezuela-maduro-chile-allende/ et en Belgique par le site Barril.

2 https://radio.uchile.cl/2019/02/15/activistas-piden-a-michelle-bachelet-hacer-valer-la-carta-de-naciones-unidas-ante-bloqueo-a-venezuela/

3 https://radio.uchile.cl/2015/03/03/allende-bolivia-el-mar-y-la-historia/

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mercredi, février 27, 2019

EN MARCHE FORCÉE

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HIJAB INSOUMIS

DES DÉLITS DE CORRUPTION DU PRÉSIDENT SEBASTIAN PIÑERA


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 PHOTOMONTAGE  SEBASTIAN PIÑERA ET
L'ESCROQUERIE DE LA BANQUE DE TALCA
Santiago du Chili, 27 février (RHC)- L'hebdomadaire chilien « El Siglo » a publié aujourd'hui des documents de la CIA qui révèlent que le président Sebastián Piñera a amassé sa fortune grâce à la dictature de Pinochet.
COUPURE DE PRESSE DU 
QUOTIDIEN « LA NACION »
DU 10 SEPTEMBRE 1982
Le quotidien relève qu'un des documents de la CIA est en rapport avec le blanchiment d'argent , avec la création d'entreprises fantômes, avec des associations de malfaiteurs dans lesquelles est impliquée la famille Piñera, étroitement liée au régime de Pinochet.

À ce sujet, El Siglo révèle que la famille Piñera a augmenté sa fortune grâce à des entreprises illicites faites à partir de crédits et de l'achat d'actions de la Banque de Talca. Les Piñera jouissaient aussi de privilèges de la Banque Centrale du Chili pour leurs exportations.

Cette publication chilienne relève que l'influence qu'exerçait Sebastián Piñera était tellement grande qu'il a reçu l'aide de l'Ambassadeur des États-Unis pour le tirer d'affaire avant que la Cour Suprême rende son verdict sur l'escroquerie de la Banque de Talca. Cette affaire a valu des peines de prison à ses complices Miguel Calaf et Alberto Danioni.

LE PRÉSIDENT ET LES PYROMANES

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« LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE
 DE TRUMP »
DESSIN ENEKO

« Le pire n’est point arrivé tant qu’on peut dire : “Ceci est le pire. ” » Ces jours-ci, la diplomatie française fait penser à ce vers du Roi Lear. À l’issue du quinquennat de M. François Hollande, on croyait avoir atteint le fond (1) ; quelques-uns prédisaient même un sursaut d’orgueil. Après tout, dès lors que les États-Unis affichaient leur souverain mépris envers les capitales européennes et leur désir de se dégager des obligations du traité de l’Alliance atlantique, pourquoi ne pas en profiter pour quitter l’OTAN, renoncer à la politique de sanctions contre Moscou et imaginer la coopération européenne « de l’Atlantique à l’Oural » dont rêvait le général Charles de Gaulle il y a soixante ans ? Enfin libre de la tutelle américaine — et adulte !
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par Serge Halimi

6Temps de Lecture 3:24 min.
Eentérinant l’autoproclamation de M. Juan Guaidó comme chef de l’État vénézuélien par intérim au prétexte d’une vacance de la présidence qui n’existe que dans son imagination, Paris s’est au contraire mis une nouvelle fois à la remorque de la Maison Blanche et a donné son aval à une tentative de coup d’État. La situation au Venezuela est dramatique : inflation galopante, sous-alimentation, prévarication, sanctions, violences (2). Elle l’est aussi parce qu’une solution politique se heurte désormais au sentiment que quiconque se dresse contre le pouvoir, ou perd le pouvoir, risque d’échouer derrière des barreaux. Comment les dirigeants vénézuéliens n’auraient-ils pas à l’esprit le cas de l’ancien président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, interdit de candidature à une élection présidentielle qu’il aurait probablement remportée et condamné à vingt-cinq ans de prison ?
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 Lu par Arnaud Romain
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CINÉMA. ENTRE CHILI ET ITALIE, UNE BOUSSOLE POUR QUE LES TEMPS CONCORDENT


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CINÉMA. ENTRE CHILI ET ITALIE, UNE BOUSSOLE
POUR QUE LES TEMPS CONCORDENT
Santiago, Italia Nanni Moretti Italie, 1 h 20Un documentaire plein d’intelligence conjugue images d’archives et témoignages afin de retracer le parcours vers la Botte de nombreux réfugiés après le coup d’État militaire le 11 septembre 1973.
NANNI MORETTI LORS DU TORINO FILM
FESTIVAL, LE 1ER DÉCEMBRE 2018.
PHOTO ALESSANDRO DI MARCO
Nanni Moretti se tient sur une terrasse en surplomb de la ville. Sur l’immense panorama plane une brume blanche. Santiago, Chili, de nos jours. Le réalisateur va remettre en lumière les événements qui, de 1970 à 1973, marquent l’histoire du pays et retracer d’un même mouvement les liens solidaires tissés avec l’Italie d’alors. Nanni Moretti se tiendra en retrait du langage des images d’archives et des voix de celles et ceux qu’il interroge. Ils ont vécu ces événements. Les fièvres et foudres les en ont traversés. Les cinéastes Patricio Guzman, Miguel Littin et aussi Carmen Castillo. Et puis le traducteur Rodrigo Vergara, l’ouvrier ­Daniel Muñoz, le professeur Léonardo Barcelo Lizana, Victoria Saez, artisane, Marcia Scantlebury, journaliste, d’autres encore. Nanni Moretti leur pose des questions simples. Son art accompli du cinéma lui permet de dispenser à égalité lucidité et émotions. Auteur d’une douzaine de longs métrages de fiction, de nombreux courts métrages et documentaires, le fil à plomb de ses équilibres demeurera invisible. Il n’apparaîtra dans le cadre qu’à l’occasion d’un face-à-face avec l’un des deux militaires qu’il a interviewés. Condamné pour homicides et séquestration, l’homme ne manifeste aucun remord. Il justifie au contraire les atrocités commises par la dictature qui, depuis le 11 septembre 1973, a placé au pouvoir Augusto Pinochet. Au bourreau qui l’accuse de manquer d’impartialité, Nanni Moretti rétorque « je ne suis pas impartial ». Dont acte.

mardi, février 26, 2019

AU CHILI, ROBINSON CRUSOÉ PROTÈGE SON ÉCOSYSTÈME UNIQUE

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L'ÎLE ROBINSON CRUSOËL, LE 29 JANVIER 2019
DANS L'ARCHIPEL CHILIEN JUAN FERNANDEZ
PHOTO AFP
Dans l'océan Pacifique sud, l'archipel chilien Juan Fernandez, célèbre pour son île Robinson Crusoé, a un écosystème unique au monde. Pour assurer sa survie, la population protège l'environnement depuis déjà près d'un siècle, mais veut désormais passer à la vitesse supérieure.
La Croix avec l'AFP
PHOTO OIKONOS/AFP
Situé à 700 km des côtes chiliennes, ce territoire doit une partie de sa légende à la littérature : un marin écossais abandonné là au début du XVIIIe siècle, Alexander Selkirk, y passa quatre ans seul et inspira à Daniel Defoe (1660-1731) son célèbre roman "Robinson Crusoé".

Les deux îles principales - 50 km2 chacune - s'appellent d'ailleurs... Robinson Crusoé et Alexander Selkirk. L'archipel compte en outre un îlot, Santa Clara, et une seule localité, San Juan Bautista, fondée en 1877 par le baron suisse Alfredo Van Rodt sur Robinson Crusoé et qui compte un millier d'habitants.
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TOUT A COMMENCÉ SUR 
L’ÎLE DE ROBINSON 

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jeudi, février 21, 2019

IL ÉTAIT UNE FOIS ... L'ITALIE TERRE D'ASILE

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NANNI MORETTI À L'OCCASION 
DE LA SORTIE DE SON FILM 
 "SANTIAGO ITALIA". 
 PHOTO JULIEN DANIEL 

RADIO FRANCE CULTURE, 
L'ÉMISSION « LA GRANDE TABLE CULTURE », 
IL ÉTAIT UNE FOIS ... L'ITALIE TERRE D'ASILE
 PAR OLIVIA GESBERT 
DIFFUSION : JEUDI 21 FÉVRIER 2019
Nanni Moretti est l'invité de la Grande Table pour nous parler de son nouveau documentaire : « Santiago, Italia », en salles mercredi prochain. Il revient sur le rôle joué par l’ambassade italienne après le coup d’État de Pinochet pour protéger des dissidents politiques chiliens de la répression.

Après Mia madre, Palombella Rossa, Aprile, ou encore Journal Intime, Nanni Moretti réalise un documentaire : « Santiago, Italia ». 

DU CHILI AU BRÉSIL : LE RETOUR DES « CHICAGO BOYS » ULTRA-LIBÉRAUX


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LE PALAIS PRÉSIDENTIEL DE LA LA MONEDA À
SANTIAGO DU CHILI, LE 11 SEPTEMBRE 2015
PHOTO ARCHIVES AFP
Initiateurs de la politique économique mise en oeuvre au Chili sous la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), les "Chicago boys" sont de nouveau aux manettes, cette fois au Brésil, où leur doctrine ultra-libérale est vue comme le salut d'une économie en plein marasme.
 « STRATÉGIE DU CHOC »
Deux ans après le coup d'État de 1973 qui a porté Pinochet au pouvoir et un premier échec pour assainir l'économie, des économistes diplômés de l'Université de Chicago, berceau du néo-libéralisme américain, convainquent le chef militaire - plutôt de tendance étatiste - d'appliquer une politique de "choc".

LES VIOLENCES PÉDOPHILES À L’ORDRE DU JOUR DE L’ÉGLISE


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  DESSIN D’AREND, PAYS-BAS
Une rencontre rassemblant des évêques du monde entier débute ce jeudi 21 février au Vatican. Cette conférence, prévue sur quatre jours, a été organisée à l’initiative du pape François. Elle a pour objectif de débattre et d’apporter des réponses aux affaires de pédophilie dans l’Église, une institution éclaboussée tout au long de l’année 2018 par des scandales d’abus sexuels commis sur des enfants, comme le montre le dessinateur néerlandais Arend.
 « PÉDÉRASTIE »
Tout a commencé en janvier 2018 quand le pape, en voyage au Chili, a pris la défense d’un évêque accusé d’avoir gardé le silence sur des agressions sexuelles perpétrées par un prêtre de Santiago. Après ces faits, une enquête a été menée et d’autres affaires ont été dénoncées. Pour le Vatican, il s’agit lors de cette rencontre de faire prendre conscience aux évêques de leur responsabilité, de leur rappeler qu’ils ont des comptes à rendre et d’insister sur la transparence, y compris vis-à-vis des autorités judiciaires. Le pape a dit en ouverture son souhait d’aboutir à “des mesures concrètes et efficaces”.

L'ÉVÊQUE JUAN BARROS 
ET  LE PAPE FRANÇOIS
LE 17 MAI 2018, AU VATICAN.
PHOTO AP

mercredi, février 20, 2019

VIOLENCES SEXUELLES DANS L'EGLISE CHILIENNE, LE COMBAT CONTINUE



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PHOTO CARLOS VERA 


RADIO FRANCE INTERNATIONALE - RFI,
ÉMISSION « GRAND REPORTAGE », 
VIOLENCES SEXUELLES DANS L'EGLISE CHILIENNE, LE COMBAT CONTINUE
PAR JUSTINE FONTAINE DIFFUSION :  JEUDI 21 FÉVRIER 2019


Les présidents des conférences épiscopales du monde entier sont réunis à partir de ce jeudi 21 février 2019 au Vatican pour un sommet sur la « protection des mineurs ». Derrière ce titre, il s’agit d’évoquer les nombreux cas de violences sexuelles révélés, ces dernières années, au sein de l'Église catholique.

Cette conférence intervient un peu plus d'un an après la visite très critiquée du Pape François au Chili, où il avait défendu un évêque soupçonné d'avoir couvert les agissements d'un prêtre pédophile.

Depuis, dans le pays, les victimes ont été de plus en plus nombreuses à se mobiliser et hausser la voix. Les témoignages se sont multipliés, et le Vatican a pris plusieurs décisions spectaculaires. Mais, les choses ont-elles vraiment changer ?

« Violences sexuelles dans l'Église chilienne, le combat continue », c'est un Grand reportage de Justine Fontaine.


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DESSIN LANGER
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AU CHILI, UN MONSTRE DE DÉCHETS MINIERS DÉTRUIT LA VIE ET L’AGRICULTURE LOCALES


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AU CHILI, UN MONSTRE DE DÉCHETS MINIERS 
DÉTRUIT LA VIE ET L’AGRICULTURE LOCALES 
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REPORTERRE
El Mauro, au Chili, est le plus grand réservoir de déchets miniers d’Amérique latine. Ses boues toxiques menacent le village voisin de Caimanes, sans que rien ne soit fait pour prévenir les risques. Un cas d’école de l’impunité dont bénéficient les compagnies minières. / La rupture d’un barrage minier à Minas Gérais, au Brésil, le 25 janvier 2019 a provoqué la mort d’au moins 160 personnes. Trois ans plus tôt, une catastrophe semblable avait eu lieu dans la même région : des coulées de boue toxique avaient détruit un village et l’écosystème du Rio Doce jusqu’à polluer l’océan Atlantique. L’accélération de projets extractivistes et leur gigantisme [1] entraînent des conséquences graves et des désastres dans le monde entier. Le cas du Mauro, au Chili, le plus grand réservoir de déchets miniers d’Amérique latine, fait écho à la catastrophe minière du Brésil.
LE RÉSERVOIR DE DÉCHETS MINIERS D’EL MAURO
ET VILLAGE DE CAIMANES, À 8 KM EN CONTREBAS.
Les déchets miniers sont les sous-produits de l’extraction des métaux. Tandis que les métaux purifiés sont commercialisés, leurs résidus, eux, restent. Composés de roches moulues, de métaux lourds et produits chimiques, ils sont stockés dans d’immenses réservoirs au milieu de la nature [2]. Au Chili, le réservoir du Mauro qui reçoit les déchets d’une des plus importantes mines de cuivre du pays, Minera Los Pelambres (MLP), appartenant à la multinationale Antofagasta Minerals, a été construit à 60 km du gisement minier et dispose d’une très large superficie [3] pour recevoir les déchets.

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