mardi, septembre 01, 2026

CHILI : « L’ORDRE » DE KAST, OU COMMENT LA DÉMOCRATIE DEVIENT ENCOMBRANTE

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LE CANDIDAT À LA PRÉSIDENCE CHILIENNE JOSÉ ANTONIO KAST,
DU PARTI RÉPUBLICAIN, LORS DE SON DERNIER MEETING
À TEMUCO (CHILI), LE 11 DÉCEMBRE 2025.
PHOTO EITAN ABRAMOVICH


Le Chili connaît un tournant politique vers l’extrême droite. Depuis mars 2026, le gouvernement de José Antonio Kast a placé au centre de son programme la sécurité, le contrôle de l’immigration irrégulière et une politique économique favorable à l’investissement privé. Le durcissement de l’appareil sécuritaire, la réduction des charges pesant sur le capital et la promesse de rétablir l’ordre ne constituent pas uniquement des choix de gouvernement : ils expriment une tentative de réorganiser les conditions de l’accumulation du capital dans un contexte de conflictualité sociale croissante.

 

DONALD TRUMP, NAYIB BUKELE,
JAVIER MILEI ET JOSÉ ANTONIO KAST
PHOTOMONTAGE L’ACTUALITÉ
L’aspect le plus délicat de l’agenda sécuritaire est le projet de l’exécutif d’élargir les pouvoirs présidentiels au moyen de nouveaux états d’exception. Un état d’exception à l’orientation clairement autoritaire, voire dictatoriale, mais qualifié, par euphémisme, d’« illibéral » par la presse et les médias dominants. Celui-ci impose de fortes restrictions et permettrait de le décréter pendant une période allant jusqu’à 240 jours sans autorisation du Congrès.

PINOCHET KAST SEGUIDORES DE KAST CELEBRARON
EL TRIUNFO CON IMÁGENES DEL DICTADOR PINOCHET.
PHOTO EITAN ABRAMOVICH
► À penser en dessin :    FENÊTRE SUR COUR

La bataille culturelle

Des secteurs de la droite radicale conservatrice tentent de porter devant le Congrès des initiatives concernant l’avortement et d’autres questions sociétales. Kast a explicitement utilisé le langage de la lutte contre les « ismes », notamment le féminisme, l’indigénisme et le multiculturalisme. L’idée sous-jacente est assez claire : la gauche n’aurait pas seulement gouverné l’État ; elle aurait transformé la culture. Par conséquent, la droite ne devrait pas se limiter à gagner des élections : elle devrait reconquérir l’hégémonie culturelle.

La défaite électorale des forces progressistes a, entre-temps, ouvert une période de recomposition de la gauche. Mais il serait insuffisant d’interpréter cette conjoncture uniquement en termes institutionnels. La question décisive est ailleurs : quelle place le Chili occupe-t-il dans la division internationale du travail et quels rapports de pouvoir structurent son insertion dans le capitalisme mondial ?

D’un point de vue léniniste, le point de départ est le caractère international du capitalisme contemporain : concentration du capital, prédominance financière, exportation des capitaux et concurrence entre les grands centres économiques pour les marchés, les ressources et les positions stratégiques. Dans ce système, le Chili n’occupe pas une position comparable à celle des grandes puissances capitalistes. Son économie se caractérise plutôt par une forte dépendance à l’exportation de ressources naturelles — cuivre, lithium, produits agro-industriels et énergie — ainsi que par une présence considérable de capitaux étrangers.

Parler de dépendance ne signifie toutefois pas imaginer une bourgeoisie nationale passivement subordonnée à des intérêts extérieurs. Une partie importante des élites économiques participe à cet ordre économique et en tire profit. Le capital étranger investit, exploite les ressources et s’associe aux capitaux locaux ; les exportations génèrent des devises et de la plus-value, tandis qu’une bourgeoisie dépendante ou associée trouve dans cette intégration internationale les conditions de sa propre reproduction. La dépendance n’élimine donc pas la bourgeoisie nationale : elle définit le cadre dans lequel celle-ci accumule.

La relation entre les États-Unis et la Chine revêt ici une importance particulière. Le Chili entretient avec la Chine une relation commerciale fondamentale, renforcée historiquement par le fait que le Chili fut le premier pays d’Amérique du Sud à établir des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine, en 1970, sous le gouvernement de Salvador Allende. Pendant ce temps, Washington conserve un poids considérable dans les domaines financier, technologique, politique et stratégique. La lutte autour des « minerais critiques » — en particulier le cuivre et le lithium — fait du pays un espace d’une importance géoéconomique croissante. Ces minerais ne sont plus seulement des marchandises destinées à l’exportation: ils constituent des ressources essentielles pour l’électrification, les batteries, les infrastructures énergétiques et diverses industries technologiques.

La question ne consiste donc pas simplement à déterminer si le Chili est « dominé » par les États-Unis. La réalité est plus complexe. La concurrence entre les grands capitaux et les grandes puissances pour les ressources, les investissements, les marchés et les chaînes stratégiques introduit une dimension multipolaire dans la conjoncture chilienne. Le concept de « néo-impérialisme », bien que postérieur à Lénine, permet de décrire certaines de ces formes contemporaines de pouvoir : investissement étranger, contrôle technologique, propriété des entreprises, crédit, chaînes mondiales de production, propriété intellectuelle et dépendance à l’égard de certains marchés.

Dans ce contexte, le programme de Kast est plus qu’un simple projet idéologique de droite. Sa politique cherche à renforcer l’autorité de l’État, à garantir des conditions de sécurité favorables à l’accumulation, à encourager l’investissement privé, à approfondir l’exploitation des ressources stratégiques et à consolider l’insertion du Chili dans le marché mondial. Le discours sur la criminalité, l’immigration et « l’ordre » soulève ainsi une question de classe : qui supporte les coûts de la crise et sur quels secteurs sociaux repose principalement le renforcement de l’appareil répressif ?

La contradiction centrale demeure intacte. Le Chili possède des ressources stratégiques d’une immense valeur, mais continue de dépendre largement de leur exportation et des capitaux étrangers. Le dilemme ne réside donc pas dans la simple possession du cuivre ou du lithium, mais dans la question de savoir qui contrôle ces ressources, qui maîtrise la technologie, qui décide des investissements, qui s’approprie le surplus et quelle part de celui-ci est transformée en industrialisation et en autonomie économique.

La conjoncture chilienne de 2026 peut ainsi être caractérisée comme la convergence de trois processus: une offensive politique de la droite, une reconfiguration des conditions de l’accumulation capitaliste et une importance géopolitique croissante du pays dans la compétition pour les ressources stratégiques. Le Chili n’est pas un pays capitaliste expansionniste, pas plus qu’il n’est une simple victime de forces extérieures : c’est un capitalisme dépendant dont la bourgeoisie participe activement à l’ordre international qui la subordonne. La lutte autour du cuivre et du lithium pourrait ouvrir de nouvelles possibilités de développement ; elle pourrait également approfondir, si les rapports de propriété et de pouvoir ne sont pas modifiés, une dépendance dont la forme contemporaine n’a plus besoin de drapeaux coloniaux pour exercer sa domination.

M.C.

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LE CANDIDAT JOSÉ KAST, SALUE SES PARTISANS
 LORS DE SON MEETING DE CLÔTURE DE CAMPAGNE
À TEMUCO, AU CHILI, LE 11 DÉCEMBRE 2025
PHOTO EITAN ABRAMOVICH
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lundi, août 31, 2026

«GRACIAS A LA VIDA»: LA CHANSON QUI A DÉFIÉ LES DICTATURES SANS LE VOULOIR

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VIOLETA PARRA AU CONSERVATOIRE D'HELSINKI,
LE 1ER AOÛT 1962.

 PHOTO  YRJÖ LINTUNEN

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/ Podcasts / Des refrains pour l'Histoire / «Gracias a la Vida»: la chanson qui a défié les dictatures sans le vouloir

Écouter - 08:08

RFI
Cet été, « Des refrains pour l'histoire » revient pour une deuxième saison. Le principe est simple : raconter la grande Histoire à travers des chansons populaires devenues des repères collectifs. Derrière chaque morceau se cache un événement, une époque, un fait de société ou un pan de mémoire que ces chansons ont contribué à transmettre. Aujourd'hui, Natalia Olivares de la rédaction en espagnol de RFI nous emmène au Chili, où la chanteuse et poétesse Violeta Parra composa une chanson qui allait devenir un hymne des révoltes sociales, une chanson de résistance à la dictature dans toute l'Amérique latine.

RFI Publié le : 30/08/2026 - 08:18 

VIOLETA PARRA

Le Chili des années 50. Un pays fait de chaînes de montagnes et de mer interminables, de villages andins, de forêts millénaires, de mines de cuivre et de profondes inégalités sociales. D'un côté les élites urbaines, de l'autre, les paysans, les mineurs, les travailleurs qui font tourner l'économie mais dont personne ne raconte vraiment l'histoire. Personne, sauf une femme : Violeta Parra. 

VIOLETA PARRA 
- HEBDOMADAIRE « ECRAN » N° 1196 -
DU 22 DÉCEMBRE 1953

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Sans elle, une partie de la mémoire populaire chilienne aurait sûrement disparu. Fille de paysan et de professeurs d’un petit village, alors que tout le monde regarde vers la modernité, elle fait exactement l'inverse. Elle, elle veut être libre, elle veut comprendre et ressentir. Elle prend le large avec sa guitare à 14 ans. Elle traverse, seule, le pays. Elle enregistre les chansons des campagnes, les histoires des villages, les mélodies, les voix du territoire. Elle comprend que la culture, c'est du pouvoir. 

« GRACIAS A LA VIDA » 
FUT ENREGISTRÉE POUR LA 1ÈRE FOIS EN 1966 
SUR L'ALBUM LAS ÚLTIMAS COMPOSICIONES, LE DERNIER ALBUM 
PUBLIÉ PAR VIOLETA PARRA AVANT SON SUICIDE EN 1967 

Violeta Parra engagée et contestataire impose le folklore dans les musées. Elle est la première artiste latino-américaine à exposer au Louvre, à Paris. Ses céramiques, ses peintures et ses broderies deviennent un récit d’histoire. Et nous voilà en 1966, quand Violeta Parra écrit « Gracias a la Vida ». À la première écoute, on a l'impression d'entendre une chanson légère et optimiste avec les notes du charango, la guitare traditionnelle des Andes. L'album s'appelle Ultimas composiciones, dernières compositions. 

Merci à la vie, merci pour les yeux, merci pour les sons, merci pour les mots, mais non, cette chanson n'est pas légère et optimiste. Elle remercie la vie alors que tout va mal. Violeta traverse une période noire : la rupture avec l'amour de sa vie. Une histoire d'amour à Paris. Son texte est un crève-cœur qui résonne comme un testament. Elle se donne la mort un an plus tard et elle laisse une phrase : « Je ne me suicide pas par amour. Je le fais à cause de l’orgueil qui déborde des médiocres ».

À L'ARRIÈRE-PLAN «LE  CHAPITEAU DE LA REINE ». CETTE «REINE »
 AVAIT DEUX LECTURES : LE CHAPITEAU SE TROUVAIT DANS LA
COMMUNE DE LA REINA (LA REINE), ET SA FIGURE PRINCIPALE
ÉTAIT NATURELLEMENT LA REINE DU FOLKLORE. 

OBSÈQUES-ADIEUX À  VIOLETA PARRA

Elle ne connaîtra pas le sort de sa chanson. Le 11 septembre 1973 c'est le coup d'État militaire au Chili, et  sa chanson entre dans l'Histoire. En même temps que le dernier discours de Salvador Allende, le président déchu par la junte militaire. Des milliers de personnes sont emprisonnées, contraintes à l'exil ou réduites au silence. « Gracias a la vida », n'est plus une chanson, c'est un symbole. L’Argentine, l’Uruguay, le Brésil, le Paraguay et d’autres vivent la répression des dictatures. On peut censurer des discours, interdire des journaux, brûler des livres, mais une chanson se mémorise, se transmet. « Gracias a la vida » franchit les frontières alors qu'elle n'a pas été écrite pour ça. Elle est reprise par des artistes comme Mercedes Sosa, Chavela Vargas, Omara Portuondo et même plus récemment, Jennifer Lopez. En Europe, c'est Nana Mouskouri, Luz Casal, Colette Magny, qui lui rendent hommage. Joan Baez aux États-Unis.

« Gracias a la Vida » accompagne des mouvements sociaux, des concerts de solidarité et des rassemblements populaires. Partout, le même message résonne : « Être contre l'orgueil qui déborde des médiocres », comme le dit le testament de Violeta Parra. Finalement, c'est peut-être ça le génie de Violeta Parra : faire de ses souffrances et de son crève-cœur un hymne de résistance. Comme si dire merci devenait déjà un acte de rébellion. 

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LE CHEF DU GANG TREN DE ARAGUA AU CHILI ARRÊTÉ AU PÉROU AVEC L'AIDE DU FBI

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PHOTO MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR DU PÉROU

RFI
La police péruvienne a interpellé samedi un Vénézuélien identifié comme le chef du gang Tren de Aragua au Chili, au cours d'une opération tripartite avec la police chilienne et le FBI américain, a annoncé le gouvernement péruvien. [Piñericosas la suite...]

Par RFI avec l'AFP Publié le : 30/08/2026 - 14:47 Modifié le : 30/08/2026 - 14:50 2 min 

DES POLICIERS CHILIENS DEVANT UNE
PRISON DE HAUTE SÉCURITÉ OÙ SONT
DÉTENUS DES MEMBRES DU GANG
"TREN  DE ARAGUA"  À SANTIAGO,
LE 1ER OCTOBRE 2025.
PHOTO ESTEBAN FELIX

Ibelmery Adon Colina Maldonado, alias « R15 », 48 ans, était notamment recherché pour son implication présumée dans l'enlèvement et la séquestration en 2024 de Ronald Ojeda, un opposant vénézuélien au Chili.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

« Il a été capturé grâce à l'intervention d'une équipe de la police, avec le soutien du FBI des États-Unis et de la PDI du Chili », a annoncé le ministre de l'Intérieur, le général César Astudillo, lors d'une conférence de presse. Le ministre a précisé que « ce délinquant va être expulsé vers le Chili ». Ibelmery Adon Colina « appartient à l'organisation transnationale connue sous le nom de Tren de Aragua », a-t-il ajouté.

► À lire aussi :    KAST ANNONCE UNE SÉRIE DE RÉFORMES LÉGISLATIVES CONTRE LE CRIME ORGANISÉ

DESSIN BECS

L'arrestation a eu lieu dans la matinée, dans une rue du très fréquenté district de San Martín de Porres, dans le nord de Lima. Le suspect était en possession de faux documents, selon la police péruvienne. Le chef des investigations criminelles de la police, le général Manuel Lozada, a déclaré à la presse que « son entrée (du Chili au Pérou) était irrégulière ».

Accord entre le FBI et le Pérou

Le FBI et la police du Pérou ont signé en mai un accord visant à « faire face au crime organisé transnational grâce à la coopération et aux enquêtes spécialisées ».

L'arrestation intervient après que, jeudi à Bogotá, la police colombienne a interpellé l'un des dirigeants présumé du Tren de Aragua au Pérou, identifié comme Luis Saúl Pérez Nieto, alias « Páez » ou « Nairobi ».Le Tren de Aragua est considéré par les États-Unis comme une organisation terroriste. Il s'est formé en 2014 dans l'État vénézuélien du même nom et, selon des rapports du renseignement, s'est étendu à huit pays d'Amérique du Sud. Il est accusé de traite d'êtres humains, d'assassinats, d'enlèvements, de vols, de trafic de drogue et d'extorsion.

LUIS ALMAGRO, SEBASTIAN PIÑERA ET LE FANTOCHE JUAN GUAIDO 
LORS DE L'INTERVENTION ÉTRANGÈRE DÉGUISÉE EN «L'AIDE HUMANITAIRE» 

Sebastián Piñera, président du Chili, a indiqué qu'il ne reconnaîtrait pas les élections présidentielles du 20 mai 2018 au Venezuela et a indiqué qu'il soutiendrait les Vénézuéliens qui émigrent au Chili.(*

"Nous allons continuer à recevoir des Vénézuéliens au Chili, car nous avons un devoir de solidarité et je n'oublie jamais que lorsque le Chili a perdu sa démocratie, le Venezuela a été très généreux avec les Chiliens qui cherchaient de nouvelles opportunités", a déclaré le président dans une interview à Deutsche Welle 

Avec l’arrivée massive de Vénézuéliens fuyant la situation humanitaire désastreuse dans leur pays, le Chili fait face à une crise migratoire inédite, sur fond de xénophobie.

► À lire aussi :        AU CHILI, LES TENSIONS CONTRE LES MIGRANTS VÉNÉZUÉLIENS S’EXACERBENT

Qu'est-ce que le gang international vénézuélien du Tren de Aragua ?

Il y a dix ans, « tout commence par un groupe qui opère dans une prison. En fusionnant avec un autre, il prend possession d’un village, d’une zone industrielle et d’un lac. Aujourd’hui, c’est une organisation impliquée dans plus de 20 activités criminelles, du narcotrafic au trafic de migrants en passant par le secteur de la mine », et agissant dans huit pays latino-américains comme le Panama, le Chili, le Pérou, la Colombie ou encore le Brésil. C’est ainsi que la quatrième de couverture de El Tren de Aragua, le gang qui révolutionne le crime organisé en Amérique latine (éditions Dahbar, 2023) de Ronna Rísquez, décrit ce groupe criminel.

Le Tren de Aragua (Train de Aragua), auparavant « confiné dans les murs de la prison de Tocorón et largement inconnu en dehors de son État d'origine, Aragua, au Venezuela », constitue actuellement « l’une des menaces sécuritaires dont la croissance est la plus rapide en Amérique du Sud », juge InSight. Ce think tank spécialisé dans le crime organisé a consacré un rapport à ce groupe – Tren de Aragua : du gang carcéral à l’entreprise criminelle transnationale, paru en octobre 2023. Le groupe a commencé à se développer au-delà des frontières vénézuéliennes en 2018, peut-on lire dans le rapport. Et sa rapide expansion inquiète les autorités de la région.

Le Pérou, par exemple, a démantelé un réseau de proxénétisme en décembre 2023. Les victimes, une soixantaine, travaillaient toutes pour Los Hijos de Dios (les Fils de Dieu), une faction du Tren de Aragua, indique le ministère péruvien de l’Intérieur.

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Le gang est aussi spécialisé dans l’extorsion et la traite d’êtres humains. Sur la route de l’exil des Vénézuéliens, le « Tren de Aragua propose des forfaits incluant hébergement et nourriture pendant tout le voyage », rapporte Insight Crime.

En septembre 2023, le ministre de l’Intérieur et de la Justice vénézuélien, Admiral Remigio Ceballos, annonçait le « démantèlement » de ce gang, après avoir repris le contrôle de la prison de Torocón, qui comprenait alors « une piscine, un zoo et des commerces », relate la journaliste Ronna Rísquez. Quelque mille des 11 000 policiers et militaires mobilisés pour cette opération ont perdu la vie, indique Caracas.

«SOUS-TRAITANCE DE SERVICES»
DESSIN ALEN LAUZAN

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Le tentaculaire gang du Tren de Aragua, fort de plusieurs milliers de membres, inquiète. L’ex-procureur de la Cour pénale internationale entre 2003 et 2012, Luis Moreno Ocampo, estime, dans la préface du livre de Ronna Rísquez, que « les systèmes de sécurité, basés sur des hiérarchies nationales […] ne sont pas préparés pour faire face aux réseaux criminels qui traversent les frontières ».

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vendredi, août 28, 2026

LE 28 AOÛT, ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE D'ALEJANDRO LIPSCHUTZ

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ALEJANDRO LIPSCHUTZ CIRCA 1920
PHOTO HEINRICH RIEDEL

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de la naissance d'Alejandro Lipschutz Friedman, scientifique, médecin, universitaire et philosophe chilien d'origine juive lettone, né le 28 août 1883, nous fêtons le 143ème anniversaire de sa naissance. 
 1883  - 28 AOÛT - 2026
ALEJANDRO LIPSCHUTZ
FOTO UDEC

Alejandro Lipschutz Friedman, est né à Riga, en Lettonie, en 1883 et il a entré à la faculté de médecine de l'université de Berlin en 1902. Ému par le massacre des ouvriers et des paysans sur la place Saint-Pétersbourg, Lipschütz interrompt ses études et devient un leader étudiant lors de la révolution russe de 1905. Il rejoint le Parti ouvrier social-démocrate russe (POSR) et est exilé à la suite de la répression.
FLYER PCCH

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En 1926, au sommet de sa carrière, il accepta l'invitation d'Enrique Molina Garmendia, recteur de l'Université de Concepción, de prendre la direction du nouvel Institut de physiologie de la Faculté de médecine nouvellement fondée de l'Université de Concepción. Lipschütz devint une figure incontournable de la communauté scientifique chilienne de son époque, menant au Chili des recherches répondant aux normes internationales d'excellence.

Pour Lipschütz, la science était un vecteur de changement et d'action sociale. C'est dans cet esprit qu'il a mené des recherches inlassables, partageant ses connaissances et promouvant la recherche au Chili dans des disciplines aussi diverses que la biologie expérimentale, l'anthropologie et les études autochtones. En 1941, le Congrès national lui a accordé la nationalité chilienne. En 1969, il fut le premier à recevoir le Prix national des sciences du Chili. (-Ñ- / ver + )



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LES PREMIÈRES FLEURS DU CÉLÈBRE « DESIERTO FLORIDO »

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CAPTURE D'ÉCRAN 

La Presse
Les premières fleurs du célèbre « Desierto Florido » (désert fleuri) chilien ont fait leur apparition dans la zone côtière de Copiapó, dans la région d'Atacama, marquant ainsi le début d'un phénomène naturel spectaculaire qui devrait atteindre son apogée dans les deux prochains mois.

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La Presse Reuters Publié hier à 10 h 54

Le désert d'Atacama, considéré comme l'endroit le plus aride de la planète, se transforme périodiquement lorsque les précipitations créent les conditions propices à l'éclosion des graines en dormance.

PHOTO CONAF

À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Selon la Société nationale des forêts du Chili (CONAF), la floraison de 2026 pourrait s'étendre sur près de 15 000 kilomètres carrés d’ici le mois d’octobre.

► À lire aussi :       DES PLUIES TORRENTIELLES PROVOQUENT DES INONDATIONS MEURTRIÈRES DANS LE NORD DU CHILI

César Pizarro Gacitua, biologiste et responsable de la conservation de la biodiversité à la CONAF d’Atacama, a déclaré que le phénomène va atteindre son maximum en termes d’étendue territoriale, de densité et de richesse en espèces en septembre et octobre.

Selon la CONAF, plus de 200 espèces de fleurs aux teintes jaunes, violettes, roses, blanches et rouges pourraient apparaître au cours de cet événement.

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LA FLORAISON SURPRISE DU
DÉSERT DE L'ATACAMA AU CHILI
CAPTURE D'ÉCRAN GEO

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CYNTHIA RIMSKY, LAURÉATE DU PRIX NATIONAL DE LITTÉRATURE CHILIEN 2026

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CYNTHIA RIMSKY
FOTO MARÍA ARAMBURU.

Prensa Latina
Santiago du Chili, 28 août 2026. — L’écrivaine chilienne Cynthia Rimsky a remporté ce vendredi le Prix national de littérature 2026, devenant la septième femme à recevoir cette prestigieuse distinction décernée par l’État chilien pour l’ensemble de son œuvre.

Prensa Latina 28 août 2026.

FLYER  CULTURAS_CL

Née à Santiago en 1962 et installée aujourd’hui en Argentine, Cynthia Rimsky s’est fait connaître en littérature en 2001 avec Poste restante, un premier roman né d’un voyage en Europe et de la découverte d’un album de photographies familiales.

À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Depuis, elle a publié La novela de otroLos perplejosRamalEl futuro es un lugar extrañoFuiEn obraLa revolución a dedoYomurí et, plus récemment, Clara y confusa.

Dans son rapport, le jury a salué une écrivaine ayant «construit une manière singulière et immédiatement reconnaissable de raconter des histoires », capable de toucher les lecteurs bien au-delà des frontières chiliennes.

Chez Cynthia Rimsky, les livres échappent aux catégories littéraires trop bien établies. Roman, chronique, autobiographie, récit de voyage ou essai : son écriture emprunte à chacun de ces genres pour composer une forme hybride, personnelle, difficile à enfermer dans une définition.

Le jury l’a ainsi décrite comme « une voyageuse au cœur des grands processus narratifs » et comme une autrice qui « transforme les déplacements en une structure puissante pour la littérature chilienne ».

En recevant la distinction, Rimsky a remercié le jury au nom de l’ensemble des écrivains. Elle a également souligné le rôle essentiel de ces prix dans la défense de la littérature, « une dimension plus nécessaire que jamais » à ses yeux, afin qu’elle continue d’exister et de rester vivante dans le présent.

Cynthia Rimsky devient ainsi la septième femme récompensée par le Prix national de littérature du Chili, après Gabriela Mistral (1951), Marta Brunet (1961), Marcela Paz (1982), Isabel Allende (2010), Diamela Eltit (2018) et Elvira Hernández (2024).


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mercredi, août 26, 2026

FILM « DÉGEL » : TROUBLES AU CHILI

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DEUX SOLITUDES DANS LE CHILI DES ANNÉES 1990,
AU LENDEMAIN DE LA DICTATURE.
PHOTO LOSANGE

Critique / 
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Les Echos
Présenté en mai dernier au Festival de Cannes, le nouveau film de la Chilienne Manuela Martelli suit à la trace deux héroïnes solitaires dans un pays qui voit enfin fondre une dictature. À découvrir. / 
[« Ce n'est que du cinéma »]. 

Par Olivier De Bruyn Publié le 25 août 2026 à 14:00

MANUELA MARTELLI
À CINÉ 32, À AUCH,
LE 20 AOÛT
 [PH. YF]

dans son premier film, « Chili 1976 » (2023), Manuela Martelli dressait le portrait d'une quinquagénaire qui, tant bien que mal, survivait dans un pays martyrisé par la dictature de Pinochet. Trois ans plus tard, la cinéaste change d'époque avec « Dégel », présenté au dernier au Festival de Cannes (section Un certain regard), et met en scène le Chili de 1992, deux ans après l'instauration de la démocratie.

AFFICHE DU FILM

À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Dans un hôtel de montagne, Inès, 9 ans, vit avec ses grands-parents tandis que ses géniteurs se consacrent à leurs accaparantes activités professionnelles, à des centaines de kilomètres. La gamine se lie d'amitié avec Hanna, jeune skieuse allemande venue s'entraîner loin de sa famille. Ces deux âmes en peine entament un dialogue qui sera brutalement interrompu…

Manuela Martelli instaure une atmosphère indécise dans ce film ambigu qui examine les traumas de deux solitudes et les souvenirs obsédants d'un passé récent où l'oppression imposait ses lois. Une fiction sensible et troublante.

Dégel / Film chilien / De Manuela Martelli,

Avec Maya O'Rourke, Saskia Rosendahl, Maia Rae Domagala. 1 h 48.

Olivier De Bruyn

Olivier De Bruyn

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