jeudi, septembre 17, 2026

PATRICIO GUZMÁN, PASSEUR DE MÉMOIRE

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PATRICIO GUZMÁN, LORS DU FESTIVAL DE CANNES, EN 2022.
PHOTO JULIE SEBADELHA

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Mediapart

Patricio Guzmán, passeur de mémoire / Que faisons-nous de notre mémoire ? L’immensité de l’œuvre de Patricio Guzmán, disparu ce 15 septembre, tient à la permanence de cette interrogation obsédante. Chez Guzmán, la mémoire n’est jamais figée. Il aura aussi, jusqu'à son dernier film, continué de regarder le Chili au présent. Comme si la mémoire n’avait jamais été pour lui une manière de se détourner du présent, mais au contraire une façon de mieux le regarder. Compañero Patricio Guzmán ? Presente !

Thomas Lalire Tribune 16 septembre 2026 / 

Co-réalisateur du film « Revoir l’ambassade, Chili 1973 »

La disparition de Patricio Guzmán nous laisse profondément tristes. Je pense d’abord à ses films, découverts en m’intéressant au Chili, puis plus profondément lors d’un séjour universitaire dans ce pays.

PHOTO ARCHIVE ANDREA GUZMÁN

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

L’immensité de l’œuvre de Patricio Guzmán tient peut-être à la permanence d’une interrogation obsédante : que faisons-nous de notre mémoire ? Son cinéma s’est transformé au fil du temps, mais cette question ne l’a jamais quitté.

Avec "La Bataille du Chili", il pose sa caméra au milieu des événements qui précèdent le coup d’État du 11 septembre 1973. Des images qui deviendront bientôt les traces d’un monde disparu, celui de l’Unité populaire et de son gouvernement conduit par Salvador Allende.

 ILLUSTRATION 1 / LA BATAILLE DU CHILI, PATRICIO GUZMÁN

Plus tard, de "Chili, la mémoire obstinée" à "Salvador Allende", il revient vers les êtres, les lieux, les souvenirs, les silences laissés par dix-sept années de dictature. Il interroge la manière dont l’Histoire continue de vivre dans le présent, y compris lorsque certains voudraient la tenir à distance ou l’oublier.

Avec "Nostalgie de la lumière", "Le Bouton de nacre" et "La Cordillère des songes", sa recherche prend une nouvelle dimension. L’histoire du Chili dialogue alors avec quelque chose de plus vaste : le temps et la disparition, à l’échelle d’un pays où le désert, l’océan et la cordillère des Andes deviennent eux-mêmes porteurs de mémoire.

"Nostalgie de la lumière" reste pour moi l’expression la plus bouleversante de cette pensée. Dans le désert d’Atacama, Guzmán met en regard les astronomes qui scrutent l’immensité du ciel à la recherche des traces les plus anciennes de l’univers et les femmes qui parcourent inlassablement le désert à la recherche des restes de leurs proches disparus sous la dictature.

Ce rapprochement dit quelque chose d’essentiel de son cinéma : cette nécessité humaine de porter le regard vers ce qui n’est plus là pour tenter de comprendre le présent. Chez Guzmán, la mémoire n’est jamais figée. Elle est une matière vivante, qui se joue des échelles de l’espace et du temps.

C’est sans doute ce qui me touche le plus profondément dans son œuvre : cette conviction que le documentaire ne consiste pas seulement à raconter ce qui a été — il le peut — mais qu’il doit scruter sans cesse les traces qu'il en subsiste dans le temps présent. "C’est un genre cinématographique magnifique, un prolongement de la voix des gens" disait-il.

Son œuvre s’inscrit elle-même dans une histoire de transmission entre cinéastes, faite de rencontres, de solidarités et d’images qui passent d’une génération à l’autre. Je pense bien sûr à Chris Marker qui avait découvert "La Première Année", le film que Guzmán venait de consacrer aux premiers mois du gouvernement Allende. Il l’emporta avec lui, contribua à le faire connaître et à le faire circuler en Europe. Quelques mois plus tard, Marker réunit des fonds et lui fit parvenir la pellicule qui allait permettre à Guzmán de saisir les images qui deviendraient La Bataille du Chili.

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« Mon pays imaginaire », Bande-annonce

Passeur de mémoire, Guzmán aura continué de regarder le Chili au présent. Dans "Mon pays imaginaire", près d’un demi-siècle après avoir filmé l’effervescence politique qui précéda le coup d’État, il retrouve la rue, le mouvement, une jeunesse et un pays qui cherchent de nouveau à inventer son avenir, jusqu’à engager l’écriture d’une nouvelle Constitution. Comme si la mémoire n’avait jamais été pour lui une manière de se détourner du présent, mais au contraire une façon de mieux le regarder, d’en explorer de nouveaux chemins de traverse.

Aujourd’hui, ses mots dans Nostalgie de la lumière résonnent avec une force particulière :

« Je suis convaincu que la mémoire a une force de gravité. Elle nous attire toujours. Ceux qui ont une mémoire peuvent vivre dans le fragile temps présent. Ceux qui n’en ont pas ne vivent nulle part. »

Merci, Patricio Guzmán, d’avoir consacré votre vie à réaliser des films. Ils sont autant de planètes à explorer, découvrir et redécouvrir.

Je suis certain que nous serons nombreuses et nombreux à répondre à cette ultime interpellation : Compañero Patricio Guzmán ? Presente ! 

**** 

Thomas Lalire, co-réalisateur du film « Revoir l’ambassade, Chili 1973 »

PATRICIO GUZMAN

mardi, septembre 15, 2026

PATRICIO GUZMAN, CINÉASTE ET DOCUMENTARISTE DU CHILI D’ALLENDE À PINOCHET, EST MORT

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LE RÉALISATEUR CHILIEN PATRICIO GUZMAN À LA PROJECTION
DE SON DOCUMENTAIRE « MON PAYS IMAGINAIRE », LORS DE
LA 75ᵉ ÉDITION DU FESTIVAL DE CANNES, LE 21 MAI 2022.
PHOTO JULIE SEBADELHA 

Le Monde
Multirécompensé, le réalisateur était connu pour avoir réalisé, entre 1972 et 1973, « La Bataille du Chili », trilogie de cinq heures sur le gouvernement de l’ancien président socialiste chilien Salvador Allende. Il est mort à l’âge de 85 ans.

Le Monde avec l'AFP Publié aujourd’hui à 22h10, modifié à 22h21  Temps de Lecture 1 min.

PATRICIO GUZMAN

Le cinéaste et documentariste chilien Patricio Guzman, qui a radiographié la chute de Salvador Allende et le coup d’Etat du général Augusto Pinochet en septembre 1973, est mort à Paris, mardi 15 septembre, à l’âge de 85 ans, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès de son épouse.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Distingué dans les festivals internationaux (Cannes, Berlin…), cet orfèvre de la mémoire politique était connu pour avoir réalisé entre 1972 et 1973 La Bataille du Chili, une trilogie de cinq heures sur le gouvernement de l’ancien président socialiste chilien Salvador Allende jusqu’à son assassinat, le 11 septembre 1973. Cette somme a posé les fondations de son cinéma et reste considérée comme l’un des plus grands documentaires politiques de l’histoire.

► Para leer también:    FALLECE LAUREADO CINEASTA CHILENO PATRICIO GUZMÁN

Après le coup d’État de Pinochet, Patricio Guzman avait lui-même été arrêté et soumis à des simulacres d’exécution. Il a consacré une grande partie de son œuvre de cinéaste à ausculter l’histoire récente de son pays. « La mémoire a sa propre force de gravité. Les Etats qui enfouissent leurs crimes passés sont à la traîne », affirmait-il à l’AFP en 2010, année où le Festival de Cannes avait sélectionné son film Nostalgie de la lumière, dans lequel il évoquait les séquelles de la dictature par le biais de l’astronomie.

« Le documentaire est un filet »

Né le 11 août 1941 à Santiago, il avait quitté le Chili en 1973 et s’était exilé à Cuba, en Espagne puis en France sans jamais perdre de vue l’histoire mouvementée de son pays.

En exil, il a continué de réaliser des documentaires, comme Au nom de Dieu (1987), sur le rôle de l’Église catholique chilienne lors de la dictature, ou Salvador Allende (2004). « Le documentaire est un filet que tu lances et dont tu retires ce qui t’intéresse. Grâce à cet exercice, on peut rendre compte de l’état d’âme d’un pays », affirmait-il, il y a quelques années.

Avec La Cordillère des songes, qui a remporté en 2019 l’Œil d’or à Cannes du meilleur documentaire, il a fait des Andes le témoin immuable des années de répression politique sur le continent sud-américain.

Son infatigable travail contre l’amnésie s’est conclu avec Mon pays imaginaire (2022) sur la révolte sociale qui a secoué le Chili en 2019. « Un pays qui n’a pas de cinéma documentaire, c’est comme une famille sans album de famille », avait-il coutume de dire.

Le Monde avec l'AFP

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FLYER PCCH

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LA FÊTE DE L’HUMA S’EST ACHEVÉE

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Sur l’immense site francilien de Le Plessis-Pâté, à 28 km au sud de Paris, vient de conclure la fête de « L'Humanité », le festival déjà mythique créé en 1930 par Marcel Cachin, alors directeur du journal du Pcf.

P14 DU JOURNAL L'HUMANITÉ
DU 14 SEPTEMBRE 2026 

Probablement l'un des plus grands festivals populaires d'Europe, le festival—que pour sa 91ème édition aura réuni 570 000 personnes—, a proposé cette année un riche programme : beaucoup de musique et pour tous les goûts, des spectacles d'arts vivants, expositions artistiques, théâtre de rue, jeux, projections cinématographiques et aussi un village du livre, conférences, débats et tables rondes.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Le chef du Parti communiste, ainsi que le leader de la France insoumise ont tenu leurs tribunes sur place, et d’autres responsables et groupes politiques se sont aussi exprimés. La fête est considérée comme la rentrée politique en France, et à la veille des élections présidentielles, les enjeux sont extrêmement importants, la voix de la Gauche plus que nécessaire.


La fête de « L'Humanité » ce sont surtout des milliers de rencontres, d’échanges, des très bons moments, du temps passé en collectif et agréablement partagé. C’est ce qui est perceptible et souvent restitué par les visiteurs et les différents participants, une ambiance fraternelle, conviviale et chaleureuse, en plus de la météo. C’est l’occasion en plus de goûter aux spécialités d’ailleurs au « village du monde », et d’y trouver des gens, des cultures et origines divers, intéressants, féconds, avec qui on partage parfois une solide sensibilité sociale, une culture ancrée à gauche.

► À lire aussi :    CHILI : 11 SEPTEMBRE 1973

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EXPOSITION «FENÊTRE SUR COUR» DE NÉSTOR SALAS  
AU STAND DU CHILI A LA FÊTE DE L'HUMANITÉ 2026

Pour les bénévoles, des militants, des proches et des amis, pour celles et ceux qui font vivre cet éphémère hameau de tentes et qui tiennent le stand à la fête, c’est aussi la clôture d’une période d’intense activité.

UN VISITEUR AU STAND DU CHILI
À LA FÊTE DE L'HUMANITÉ 2026

Comme il est déjà coutume en septembre, le Chili est chaque année au rendez-vous annuel, et une poignée de militants et proches s’organisent et déploient une petite mais eficace logistique pour tenir le stand « El Siglo », qui pendant trois jours accueille de très nombreux visiteurs, des habitués convaincus et des passants qui viennent pour les traditionnelles empanadas chiliennes, les sandwichs typiques et les spécialités faites-maison qu’ils proposent. Ils viennent aussi pour les livres de la petite librairie du stand, un choix forcement réduit d’ouvrages des écrivains latino-américains très recherchés.

C’est aussi le moment des retrouvailles, d’être ensemble et d’avoir, autour d’un bon verre, une discussion fraternelle, un échange de vues sur nos thèmes communs, dans un espace convivial. Dans ces moments un peu troubles, où il apparaît que la pieuvre ultradroitière se répand sans remède dans nos territoires du Sud et ailleurs, ces espaces d’ouverture, riches de rencontres, de camaraderie —d’humanité—, sont aussi un point de ressourcement, massif, considérable, une utile reconnexion aux thèmes et aux intérêts qui nous sont naturels, humains.


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EL SIGLO À LA FÊTE DE L'HUMANITÉ. 2026


lundi, septembre 14, 2026

L’AUTRE 11 SEPTEMBRE - LA CHRONIQUE DE MATHILDE LARRÈRE DANS LA DERNIÈRE

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L’autre 11 septembre -
 La chronique de Mathilde Larrère dans La dernière


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13 sept. 2026 La dernière Se souvenir du coup d’état de Pinochet le 11 septembre 1973 aidé par les USA. Pour ne pas oublier les victimes de la dictature. La chronique de Mathilde Larrère dans La dernière du dimanche 13 septembre 2026 sur Radio Nova. La dernière, le dimanche à 18h en direct sur Radio Nova et à tout moment en podcast et en vidéo
► À lire aussi :    CHILI : 11 SEPTEMBRE 1973


AU CHILI, PRÈS DE 300 ARRESTATIONS LORS DES MANIFESTATIONS EN HOMMAGE AUX VICTIMES DE LA DICTATURE PINOCHET

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AFFRONTEMENTS ENTRE LA POLICE ET DES MANIFESTANTS,
À SANTIAGO, LE 11 SEPTEMBRE 2026.
PHOTO JAVIER TORRES/AFP

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Le Monde

INTERNATIONAL CHILI / En l’absence de cérémonie officielle, des milliers de personnes sont descendues dans la rue, vendredi 11 et samedi 12 septembre, pour condamner la dictature militaire qui avait fait plus de 3 200 victimes, mortes ou disparues, 1973 et 1990.

Le Monde avec l'AFP  Publié hier à 04h58, modifié hier à 11h18 Temps de Lecture 1 min.

Pour la première fois depuis le retour de la démocratie au Chili, en 1990, aucune commémoration officielle n’a été organisée cette année en mémoire des victimes de la dictature d’Augusto Pinochet. Des milliers de personnes sont néanmoins descendues dans la rue, vendredi 11 et samedi 12 septembre, pour condamner le régime militaire qui a fait plus de 3 200 victimes – mortes ou disparues – entre 1973 et 1990.

SANTIAGO, LE 11 SEPTEMBRE 2026. LES CARABINEROS CHILIENS
INTERPELLENT UNE MANIFESTANTE LORS DE LA MANIFESTATION EN
 HOMMAGE AUX VICTIMES DE LA DICTATURE D’AUGUSTO PINOCHET
(1973-1990). AU TOTAL, 284 PERSONNES ONT ÉTÉ ARRÊTÉES
SELON LE MINISTÈRE DE LA SÉCURITÉ PUBLIQUE.
PHOTO JAVIER TORRES 

À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

Ces manifestations, organisées à l’occasion du 53e anniversaire du coup d’État du général Pinochet – le 11 septembre 1973 – contre le président socialiste Salvador Allende, ont débouché sur l’arrestation de 284 personnes, a déclaré le ministre de la sécurité publique, Martin Arrau, sur le réseau social X.

Lors des rassemblements, des manifestants ont lancé des pierres et des bâtons sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau, selon les autorités. Parmi les 284 personnes arrêtées (soit 80 % de plus qu’il y a un an) figurent 16 étrangers et 31 mineurs, a précisé M. Arrau.

Aucun blessé, selon les autorités

Le ministère de la sécurité publique a également recensé 198 « actes de violence », tout en précisant que personne n’avait été blessé. « Nous allons continuer à rester fermes, à faire face à la violence et à protéger la tranquillité des familles chiliennes », a déclaré le ministre.

« De même que je ne peux pas effacer l’histoire, je ne peux pas non plus demander à nos compatriotes d’être condamnés par notre histoire à ne pas pouvoir regarder l’avenir de notre nation », a affirmé, dans un discours prononcé vendredi dans la région des Fleuves, le président chilien d’extrême droite, José Antonio Kast, pour expliquer l’absence de cérémonie officielle.

DES MANIFESTANTS COMMÉMORENT LE 53E ANNIVERSAIRE DU DÉBUT DE LA
DICTATURE MILITAIRE DIRIGÉE PAR LE GÉNÉRAL AUGUSTO PINOCHET
 À OSORNO, AU CHILI, LE 11 SEPTEMBRE 2026. -
PHOTO FERNANDO LAVOZ

► À lire aussi :      Au Chili, les fantômes de la famille de José Antonio Kast, nouveau président d’extrême droite et nostalgique de Pinochet

Les principales manifestations ont eu lieu au cimetière général de Santiago, où se trouve le mausolée de la famille Allende et où étaient présents Isabel Allende, sa fille et ancienne sénatrice, ainsi que Gabriel Boric, président de gauche de 2022 à mars 2026.

Des rassemblements ont également eu lieu au palais de La Moneda, où Salvador Allende avait résisté contre le coup d’État jusqu’à sa mort par suicide, ainsi qu’au Stade national, site utilisé comme centre de détention et de torture pendant la dictature.

► À lire aussi :      Au Chili, le destin contrarié de la maison de l’ancien président Salvador Allende

Le Monde avec l'AFP 


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dimanche, septembre 13, 2026

CHILI: L'ABSENCE DE COMMÉMORATIONS DU COUP D’ÉTAT DE 1973 CRITIQUÉE PAR UNE PARTIE DE LA POPULATION

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PHOTO EL SIGLO

RFI
Au Chili, aucune cérémonie officielle n’a eu lieu ce vendredi 11 septembre 2026 pour la 53ème commémoration du coup d’État militaire de 1973. C’est la première fois que cela arrive depuis le retour de la démocratie dans le pays. L’actuel président d’extrême droite, José Antonio Kast, qui n’a jamais caché son soutien pour le dictateur Pinochet, estime que le pays doit désormais « regarder vers le futur ». Mais, pour une partie de la population, cette date doit continuer d’être commémorée.

Écouter - 01:22

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Par RFI Avec notre correspondante à Santiago, Naïla Derroisné Publié le : 12/09/2026 - 07:52 2 minTemps de lecture

face au palais présidentiel de La Moneda, une vingtaine de personnes vêtues de noir dansent la cueca, la danse nationale qui s’interprète normalement à deux. Mais là, elles dansent seules pour rappeler l’absence des disparus de la dictature du général Pinochet.

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Vairon et son amie Pam Valentina ont tous les deux dansé, vendredi 11 septembre. « Le fait que le gouvernement n’ait pas fait de commémorations, c’est un manque de respect envers celles et ceux qui ont vécu cette période difficile », regrette Vairon. « Je pense que ce gouvernement veut que le pays perde la mémoire », abonde Pam Valentina.

« C’est du négationnisme »

Une photo du président déchu Salvador Allende suspendue autour du cou, c’est pour lui que Natalia a dansé : « Le gouvernement refuse de reconnaître que des vies ont été prises, que la démocratie a été violée. C’est du négationnisme et une provocation aussi envers les familles qui continuent de chercher leurs proches disparus. »

Pour justifier l’absence de cérémonie officielle, le président José Antonio Kast a déclaré : « Je ne peux pas effacer l’histoire, et je ne peux pas non plus dire à nos compatriotes que nous sommes condamnés, à cause de notre histoire, à ne pas pouvoir regarder vers le futur de notre nation. »

Gabriel Boric, l’ancien président de gauche, s’est aussi exprimé. Pour lui, « [il n’y a pas besoin] de cérémonie officielle pour [se] rappeler de l’histoire ».


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vendredi, septembre 11, 2026

PALAIS DE LA PORTE DORÉE / « 11S 1973 »

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Le 11 septembre 1973 ( « 11S 1973 » ), le général Augusto Pinochet prend le pouvoir au Chili après le coup d’État qui renverse le président Salvador Allende. Dans les mois et les années qui suivent, de nombreux Chiliens quittent leur pays et cherchent refuge à l’étranger. La France devient l’un des pays d’accueil de cet exil chilien. Retour sur cette histoire.

Palais de la Porte Dorée

Le 11 septembre 1973, le général Augusto Pinochet
prend le pouvoir au Chili après le coup d’État


Le 11 septembre 1973, le général Augusto Pinochet
prend le pouvoir au Chili après le coup d’État

Le 11 septembre 1973, le général Augusto Pinochet
prend le pouvoir au Chili après le coup d’État


Le 11 septembre 1973, le général Augusto Pinochet
prend le pouvoir au Chili après le coup d’État






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CHILI : 11 SEPTEMBRE 1973

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C’était le 11 septembre. Détournés de leur mission ordinaire par des pilotes décidés à tout, les avions foncent vers le cœur de la grande ville, résolus à abattre les symboles d’un système politique détesté. Très vite : les explosions, les façades qui volent en éclats, les effondrements dans un fracas d’enfer, les survivants atterrés fuyant couverts de débris. Et les médias qui diffusent la tragédie en direct...

1973 - 11 SEPTEMBRE - 2026

Le cinquante-et-unième anniversaire du coup d’État de 1973 au Chili

par Ignacio Ramonet
DESSIN DE PLANTU PUBLIÉ DANS 
LE MONDE DU 11 SEPTEMBRE 2003

New York, 2001 ? Non, Santiago du Chili, 11 septembre 1973. Avec la complicité des États-Unis, coup d’État du général Pinochet contre le socialiste Salvador Allende, et pilonnage du palais présidentiel par les forces aériennes. Des dizaines de morts et le début d’un régime de terreur long de quinze ans...

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SALVADOR ALLENDE AU PALAIS DE LA MONEDA LE 11 09 1973.  
PHOTO LEOPOLDO VÍCTOR VARGAS
Par-delà la légitime compassion à l’égard des innocentes victimes des attentats de New York, comment ne pas convenir que les États-Unis ne sont pas - pas plus que nul autre - un pays innocent ? N’ont-ils pas participé à des actions politiques violentes, illégales et souvent clandestines en Amérique latine, en Afrique, au Proche-Orient, en Asie... ? Dont la conséquence est une tragique cohorte de morts, de « disparus », de torturés, d’embastillés, d’exilés...

L’attitude des dirigeants et des médias occidentaux, leur surenchère proaméricaine ne doivent pas nous masquer la cruelle réalité. À travers le monde, et en particulier dans les pays du Sud, le sentiment le plus souvent exprimé par les opinions publiques à l’occasion de ces condamnables attentats a été : « Ce qui leur arrive est bien triste, mais ils ne l’ont pas volé! »

Pour comprendre une telle réaction, il n’est peut-être pas inutile de rappeler que, tout au long de la «guerre froide » (1948-1989), les États-Unis s’étaient déjà lancés dans une « croisade » contre le communisme. Qui prit parfois des allures de guerre d’extermination : des milliers de communistes liquidés en Iran, deux cent mille opposants de gauche supprimés au Guatemala, près d’un million de communistes anéantis en Indonésie... Les pages les plus atroces du Livre noir de l’impérialisme américain furent écrites au cours de ces années, marquées également par les horreurs de la guerre du Vietnam (1962-1975).

C’était déjà « le Bien contre le Mal ». Mais à l’époque, selon Washington, soutenir des terroristes n’était pas forcément immoral. Par le biais de la CIA, les Etats-Unis préconisèrent des attentats dans des lieux publics, des détournements d’avions, des sabotages et des assassinats. A Cuba contre le régime de M. Fidel Castro, au Nicaragua contre les sandinistes ou en Afghanistan contre les Soviétiques.

C’est là, en Afghanistan, avec le soutien de deux Etats très peu démocratiques, l’Arabie saoudite et le Pakistan, que Washington encouragea, dans les années 1970, la création de brigades islamistes recrutées dans le monde arabo-musulman et composées de ce que les médias appelaient les «freedom fighters », les combattants de la liberté ! C’est dans ces circonstances, on le sait, que la CIA engagea et forma le désormais célèbre Oussama Ben Laden (lire « Les liaisons douteuses du Pakistan »).

Depuis 1991, les États-Unis se sont installés dans une position d’hyperpuissance unique et ont marginalisé, de fait, les Nations unies. Ils avaient promis d’instaurer un « Nouvel ordre international » plus juste. Au nom duquel ils ont conduit la guerre contre l’Irak. Mais, en revanche, ils sont demeurés d’une scandaleuse partialité en faveur d’Israël, au détriment des droits des Palestiniens (1). De surcroît, malgré des protestations internationales, ils ont maintenu un implacable embargo contre l’Irak, qui épargne le régime et tue des milliers d’innocents. Tout cela a ulcéré les opinions du monde arabo-musulman et facilité la création d’un terreau où s’est épanoui un islamisme radicalement antiaméricain.

Comme le Dr Frankenstein, les États-Unis voient maintenant leur vieille création - Oussama Ben Laden - se dresser contre eux, avec une violence démentielle. Et s’apprêtent à le combattre en s’appuyant sur les deux États - Arabie saoudite et Pakistan - qui, depuis trente ans, ont le plus contribué à répandre à travers le monde des réseaux islamistes radicaux, au besoin à l’aide de méthodes terroristes !

Vieux briscards de la guerre froide, les hommes qui entourent le président George W. Bush ne sont sans doute pas mécontents de la tournure que prennent les choses. Peut-être considèrent-ils même qu’il s’agit d’une aubaine. Car, miraculeusement, les attentats du 11 septembre leur restituent une donnée stratégique majeure dont l’effondrement de l’Union soviétique les avait privés pendant dix ans : un adversaire. Enfin ! Sous le nom de « terrorisme », cet adversaire désigné, chacun l’aura compris, est désormais l’islamisme radical. Tous les dérapages redoutés risquent maintenant de se produire. Y compris une moderne version du maccarthysme qui prendrait pour cible les adversaires de la mondialisation. Vous avez aimé l’anticommunisme ? Vous adorerez l’anti-islamisme !

Ignacio Ramonet.
Directeur du Monde diplomatique de 1990 à 2008.

(1) Lire Alain Gresh, Israël, Palestine. Vérités sur un conflit, Fayard, Paris, 2001.

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