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| « Catastrophes naturelles et non naturelles » |
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| «SOUS-TRAITANCE DE SERVICES» DESSIN ALEN LAUZAN |
SANTIAGO, -- Le Chili a annoncé jeudi avoir officiellement rétabli ses relations consulaires avec le Venezuela après deux ans de suspension.
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Xinhuanet
Xinhua 6 août 2026
Le chef de la diplomatie chilien Francisco Perez Mackenna a déclaré que la reprise de ces relations permettra "d'assurer la protection et les services aux citoyens des deux pays".
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Il s'est félicité du "début d'une nouvelle étape, grâce à un dialogue constructif", visant à faire avancer les questions d'intérêt commun pour le bien-être des deux peuples et de la région.
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| LA NOTE DE LA CIA, DATÉE DU 29 JUIN, RECONNAÎT QUE « D’AUTRES FACTEURS EXPLIQUENT MIEUX LES RÉSULTATS ÉLECTORAUX » AU VENEZUELA ET QUE SES SOURCES ÉTAIENT LIMITÉES (CAPTURE D’ÉCRAN) |
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Dans un communiqué, le ministère chilien des Affaires étrangères a indiqué que le rétablissement des relations consulaires s'inscrit dans un processus visant à normaliser les relations bilatérales.
Le Chili avait publié le 30 juillet une feuille de route visant à réactiver les relations consulaires avec le Venezuela, suspendues en 2024 en raison de tensions diplomatiques. Fin
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Chili : le président José Antonio Kast annonce une série de réformes législatives contre le crime organisé / Dans un message à la nation, le nouveau président d’extrême droite a annoncé mercredi des mesures pour lutter contre le crime organisé, l’une de ses principales promesses de campagne. [Extrême droite et violence : libération de la parole haineuse, la désignation de boucs émissaires]
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Le Figaro
Par Le Figaro avec l'AFP Publié le 06/08/2026 à 04h23, mis à jour le 06/08/2026 à 05h57
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| DESSIN BECS |
Le nouveau président d’extrême droite José Antonio Kast a annoncé mercredi, dans un message à la nation, un paquet de réformes législatives pour lutter contre le crime organisé, l’une de ses principales promesses de campagne.
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«Il s’agit de plus de 30 projets, certains déjà au Congrès (...) et d’autres que nous présenterons dans les prochains jours, qui vont changer la façon dont nous affrontons le crime organisé au Chili», a déclaré M. Kast dans un message télévisé.
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| « NE M'APPELEZ PAS “BOUCHER” » « Kast se félicite de l'acquittement de l'ancien carabinier Claudio Crespo, accusé d'avoir rendu Gustavo Gatica aveugle » DESSIN MALAIMAGEN |
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Selon le dirigeant chilien, le projet de réformes permettra à son gouvernement de «disposer d’un cadre d’action beaucoup plus large et d’outils plus efficaces pour combattre la criminalité. Appartenir à une organisation criminelle sera, en soi, un délit passible de peines aggravées». Il a en outre réaffirmé son intention d’allonger la durée de rétention des migrants en situation irrégulière, actuellement fixée à cinq jours, et d’augmenter «la capacité d’expulsion effective» des personnes sans papiers, sans donner davantage de détails.
Kast contre la délinquance et la migration irrégulière
M. Kast, un avocat de 60 ans, est arrivé au pouvoir en mars en promettant de mettre en place un gouvernement «d’urgence» qui lutterait avec fermeté contre la délinquance et la migration irrégulière.
Le Chili est l’un des pays les plus sûrs d’Amérique latine, même si les homicides et les enlèvements ont augmenté ces dernières années avec l’arrivée de groupes criminels étrangers, comme le gang vénézuélien Tren de Aragua. Son taux d’homicides était de 5,4 pour 100.000 habitants en 2025, soit le double d’il y a dix ans.
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En juillet, le parlement chilien avait approuvé la quasi-totalité de la réforme fiscale impulsée par M. Kast pour relancer l’économie, une autre de ses promesses de campagne.
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| ROLANDO ALARCÓN |
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| ROLANDO ALARCÓN « EL HOMBRE » 1970 |
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La couleur de la peau de Ramón Díaz Eterovic : un roman noir chilien / Une nuit d’été au carrefour de Bandera et d’Aillavillú / La chaleur colle aux murs, le Mapocho n’est plus qu’un filet d’eau boueuse entre les pierres, et une frange bleue s’attarde sur les courbes de la cordillère comme si elle refusait d’accompagner le soleil dans sa mort quotidienne. Ramón Díaz Eterovic installe son lecteur dans un quartier précis de Santiago, celui des friperies, des horlogeries, des cabarets, des kiosques bourrés de babioles en plastique et des restaurants populaires où la bière avive les conversations. Rien de pittoresque là-dedans : le romancier chilien photographie une géographie sociale, celle des immeubles fatigués et des trottoirs surchauffés, avec une précision de topographe amoureux.
Le Monde du Polar août 3, 2026
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| RAMÓN DÍAZ ETEROVIC PHOTO PHILIPPE MATSAS |
Tout commence au comptoir du Touring, un bistrot d’azulejos où un homme brun se fait bousculer par un malabar qui n’aime pas voir servir à boire aux Péruviens. Quelques répliques suffisent à poser l’enjeu du livre : le mépris ordinaire, celui qui s’exprime en pleine lumière, devant témoins, sans que personne ne trouve à y redire. Le détective Heredia intervient, désamorce, offre une bière, et cette rencontre banale entre deux buveurs solitaires deviendra le fil qui tire tout le reste. Le procédé est d’une économie remarquable : pas de cadavre spectaculaire pour ouvrir le bal, juste un verre renversé sur un zinc.
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Santiago prend corps au fil des déambulations, place d’Armes et ses acteurs de rue, Marché Central et ses débardeurs déchargeant des caisses de poissons à l’aube, marché aux puces du barrio Franklin où l’on vend des timbres, des baskets et des polars d’occasion. La ville respire par ses odeurs, jasmin du Cap, terre arrosée, friture, ordures, dans un montage sensoriel qui donne au récit son épaisseur. Díaz Eterovic écrit un Chili d’après la dictature, occupé à consommer et à construire des tours, où les anciennes gloires de la bohème santiaguine ne survivent que dans la mémoire des vieux. Cette toile de fond, jamais démonstrative, porte le roman autant que l’enquête elle-même.
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Heredia, le fouineur qui cite Shakespeare au petit matin
Septième étage d’un immeuble de la rue Bandera, une plaque en plastique sur la porte : « Enquêtes légales ». Voilà le royaume du détective Heredia, un homme sans prénom, ancien étudiant en droit passé par un orphelinat, propriétaire d’une Chevy antédiluvienne qui tousse et cale sur l’avenue Vicuña Mackenna. Il fume des Derby, boit du vin rouge au comptoir, porte sous sa veste une flasque offerte par un poète et s’en sert au besoin pour faire croire à un revolver. Le portrait tient de la tradition du privé désabusé, mais Díaz Eterovic le décale d’un cran : son enquêteur bricole plus qu’il ne cogne, et sa principale arme reste la patience.
Ce qui distingue Heredia, c’est sa bibliothèque intérieure. Une réplique de Shakespeare lui monte aux lèvres au petit matin, un vers de Pessoa lui tient compagnie avant le sommeil, il relit Le Maître et Marguerite quand l’enquête piétine, ouvre Le Livre des samouraïs les nuits d’insomnie et se rappelle Zavalita en écoutant un Péruvien énumérer ses malheurs. Le romancier glisse même un clin d’œil complice à sa propre famille littéraire, quand un bouquiniste du marché aux puces empile des Manchette, des Malet, des Goodis, des Juan Madrid et une Highsmith vendue à une blondinette. Heredia écrit aussi des poèmes qu’il jure ne jamais publier, ce qui en dit long sur sa pudeur.
Le personnage vieillit, et le roman ne le cache pas. Un élancement au côté droit revient depuis deux mois, les lendemains de cuite deviennent redoutables, les coups font deux fois plus mal, et l’homme calcule un jour qu’il lui reste le dernier tiers du chemin, celui de la lassitude et des adieux. Cette mélancolie ne bascule jamais dans la complaisance, car elle s’accompagne d’une éthique tenace : Heredia continue de chercher quand plus personne ne finance la recherche, refuse des honoraires qu’on lui doit, et donne un sens à des morts que l’administration range dans le tiroir des affaires insignifiantes. Sa fidélité coûte cher, elle constitue son seul patrimoine.
Les conversations de Simenon, chat lucide et impertinent
Un chat gras et ronchon partage l’appartement du détective. Il s’appelle Simenon parce qu’il est arrivé un après-midi, maigre et affamé, avec juste assez de forces pour s’allonger sur quatre volumes du romancier belge. Depuis, il possède un nom, un foyer, quelques gouttes de lait et le privilège de dormir sur le journal du matin en cachant les manchettes qui annoncent la prochaine catastrophe mondiale. Il fait sa toilette avec la patience d’un félin ignorant les horaires, se bagarre sur les toits, et distribue ses opinions comme d’autres distribuent des gifles.
Car ce chat parle, ou plutôt Heredia croit l’entendre parler, et Díaz Eterovic maintient l’ambiguïté avec une élégance parfaite : la formule récurrente, « il m’a semblé l’entendre dire », laisse le lecteur libre de trancher entre le dialogue fantastique et le monologue d’un homme trop seul. Le résultat est un contrepoint réjouissant. Simenon reproche à son maître son cœur de grand-mère, sa naïveté envers le genre humain, sa manie de recoller les pièces manquantes du puzzle, sa façon de faire crédit à des clients sans le sou. Il réclame de meilleures croquettes et découvre, indigné, que la marque de sa pâtée imite grossièrement une marque célèbre, prétexte à une tirade savoureuse sur un pays saturé de contrefaçons qui aident les Chiliens à se croire riches.
Ces échanges assurent au roman sa respiration comique, indispensable dans un récit qui frôle sans cesse la misère et le deuil. Ils remplissent aussi une fonction plus subtile : le chat joue le rôle du sceptique, du cynique de service, celui qui rappelle que le monde est pourri et qu’il vaut mieux chercher un coin tranquille pour l’observer. Heredia lui oppose son entêtement d’humaniste fatigué, persuadé qu’un peu de sens commun suffirait à changer les choses. Le dialogue tourne alors au débat philosophique miniature, mené tambour battant, sans jamais peser. Peu de séries policières offrent un second rôle aussi juste, capable de faire rire une page et de serrer le cœur la suivante.
Sur le trottoir de la cathédrale, l’attente des Péruviens
Chaque après-midi, sur le trottoir longeant la cathédrale, des hommes et des femmes venus de Lima tuent le temps en attendant une éventuelle proposition de travail. Ils sont jeunes, ils rient fort, ils s’embrassent, et pourtant un halo de tristesse enveloppe l’endroit. Díaz Eterovic consacre à cette communauté des pages d’une justesse remarquable, sans misérabilisme ni statistique déguisée en littérature. On y croise des cuisiniers de restaurants péruviens, des vendeurs de boutique, des serveuses de bar, des gens qui gagnent peu, dépensent moins et expédient chaque mois quelques billets à leur famille depuis les relais téléphoniques du quartier surnommé « la petite Lima ».
Le romancier fait entendre la mécanique quotidienne du rejet, et c’est là que le titre prend tout son poids. Paroles désagréables dans le bus, mépris dans les commerces, menaces au travail, regards insistants, rafles du vendredi soir, contrôles qui tombent au moindre prétexte. Un jeune ouvrier du bâtiment résume la chose avec lassitude : on en a assez d’être surveillés. Un bouquiniste, lui, remonte à la bataille navale d’Iquique de 1879 et aux éliminatoires de la Coupe du monde 1990 pour expliquer les rancunes entre les deux pays, avant d’avouer qu’il trouve ces gens plutôt sympathiques. Tout le livre tient dans cet écart entre l’histoire officielle des nations et la banalité des rapports humains.
Le récit montre également ce que produit l’absence de papiers : impossibilité de se plaindre, invisibilité administrative, logements collectifs où l’intimité n’existe plus, dépendance envers ceux qui embauchent au noir. Un frère aîné raconte comment il a appris à lire à son cadet, comment il l’emmenait voir jouer l’Alianza Lima, comment tout s’est dégradé au pays avant l’exil, et il regrette amèrement de l’avoir fait venir. La solidarité entre les exilés apparaît partout, un médecin qui se déplace la nuit sans réclamer d’honoraires, une voisine qui apporte du café. Díaz Eterovic laisse ces gestes parler à sa place, et son propos n’en devient que plus tranchant.
Encina, Macías et les hommes que la ville ne voit plus
Au bout d’une rue défoncée, derrière un portail métallique bleu clair, vivent des hommes couchés sous des cartons et des couvertures en lambeaux, entourés de chiens et des charrettes qui leur servent à récupérer bouteilles, bois et vieux journaux dans les ordures de Santiago. Heredia cesse de les compter au quarantième. Cette « copropriété peu ordinaire », comme la nomme l’un d’eux avec un humour désarmant, offre au roman quelques-unes de ses images les plus fortes. Le détective y formule une observation qui résume le livre entier : tout le monde les regarde, personne ne les voit.
Le vieil Encina émerge de cette masse anonyme avec une netteté saisissante. Ancien employé d’un groupe financier, il a perdu sa femme et son fils de deux ans dans un incendie, puis le goût de vivre, puis son travail, puis tout le reste. Il connaît les habitués d’une salle de billard où on lui paie parfois un verre, il monnaie ses renseignements sans complexe, et il tient parole parce que certaines choses ne s’oublient pas, même quand on est tombé très bas. Son ami Macías, hospitalisé et lucide sur son propre état, entretient avec lui un pari macabre et tendre : chacun a misé sur le départ de l’autre. Deux vieillards qui transforment leur fin en jeu, voilà une invention de romancier.
Ce que Díaz Eterovic réussit avec ces figures relève de l’exactitude morale plus que de la compassion affichée. Heredia leur parle d’égal à égal, leur donne du feu, les invite à boire, retient leurs noms, s’inquiète du sort d’un chien devenu orphelin. Il note aussi que ces hommes-là n’existent dans les archives que sous forme de chiffres ajoutés à des statistiques. La rencontre entre le monde des sans-papiers péruviens et celui des clochards chiliens constitue le cœur battant du roman : deux populations superflues, invisibles pour des raisons différentes, unies par la même absence de valeur marchande aux yeux du système.
Le goût du pari, des chevaux et des salles enfumées
Anselmo, ancien jockey stoppé net par une chute qui lui a détruit le genou, revient tenir son kiosque à journaux au pied de l’immeuble et s’installe pour quelques jours chez Heredia, où il dort dans une baignoire à pattes de fer transformée en chambre. Ce petit homme optimiste, capable de vendre ses tickets de Keno déguisé en Charlot, fournit au détective ses tuyaux pour les courses et son moral quand celui-ci vacille. Leur amitié, faite de taquineries sur le tour de taille et de rendez-vous au restaurant Central où le menu se limite à un congre frit ou un rôti de porc, offre au livre sa chaleur la plus simple.
Le hasard structure l’ensemble du roman avec une insistance qui ne doit rien à la coquetterie. Heredia mise ses derniers billets au PMU en choisissant un cheval sur la couleur d’une casaque ou la sonorité d’un nom. La salle de billard L’Arnaqueur, avec ses dix tables, ses joueurs patibulaires et sa porte marquée « Privé », dissimule mal une officine de paris clandestins. Un vieux philatéliste du passage Matta, joueur repenti qui prétend ne plus toucher une carte, ne peut s’empêcher de parier sur le sexe du prochain client à franchir sa porte, sur la couleur de ses yeux, sur sa pointure. Tous ces personnages confient leur sort à la chance faute d’avoir prise sur autre chose.
Autour d’eux gravite une galerie de figures secondaires admirablement croquées : Cardoza, policier ambitieux et vexé, qui rêve de carrière et finit par prêter main-forte parce que sa hiérarchie a classé l’affaire ; Serón, vieux flic à la retraite noyé dans le whisky et les tangos, dont la maison croule sous des archives que personne ne consulte plus ; Salgado, chanteur de romances des années soixante-dix réduit à écouler ses cassettes entre deux stands. Díaz Eterovic fait de Santiago un vaste champ de courses où l’on parie sur presque rien, et où gagner rapporte rarement ce qu’on espérait.
Les pièces d’or de Julio Popper
Dans la vitrine antivol d’une boutique de timbres du passage Matta dorment quelques pièces rares. Leur propriétaire les présente sans émotion particulière : des Popper, frappées à la fin du XIXème siècle par un ingénieur roumain installé en Terre de Feu, inventeur de machines à extraire l’or, assez puissant pour battre sa propre monnaie, et responsable de l’extermination d’un grand nombre d’indigènes. Le détail occupe six lignes, il passerait presque inaperçu, et pourtant il condense tout le projet du roman. De l’or pur d’un côté, des vies jugées sans valeur de l’autre, et un objet de collection qui traverse le temps pendant que les massacres s’effacent des mémoires.
C’est ainsi que travaille Ramón Díaz Eterovic : par touches, par échos, sans jamais transformer son enquêteur en porte-voix. La couleur de la peau n’existe pas comme thèse dans ce livre, elle circule dans les insultes de comptoir, dans les regards des vigiles, dans les tarifs pratiqués envers ceux qui ne peuvent pas se plaindre, dans la façon dont une mort compte moins qu’une autre selon le passeport de la victime. La traduction de Bertille Hausberg restitue avec bonheur la langue du romancier chilien, ce mélange d’argot de quartier, de tendresse bourrue et de fulgurances poétiques qui fait la signature de la série consacrée à Heredia.
Le lecteur français découvrira ici un polar latino-américain qui refuse la surenchère et préfère la fréquentation prolongée d’un homme, d’un chat, d’un quartier et d’une communauté. L’intrigue avance à coups de questions posées dans des bars, des hôpitaux, des marchés et des kiosques, avec les moyens dérisoires d’un privé fauché, et cette lenteur volontaire produit une tension d’un genre particulier, plus proche du malaise que du suspense. On referme le livre en gardant en tête ces pièces d’or fabriquées sur des cadavres, et l’idée dérangeante qu’un siècle plus tard, la valeur d’une existence continue de se mesurer à des critères que personne n’avoue.
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| DÍAZ-ETEROVIC « ROMAN GRAPHIQUE » |
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RFIAu Chili, l'ultra-droite cherche à réécrire l'histoire dans un Musée «de la vérité» / Des parlementaires du Parti national libertarien, proches de la coalition du président d'extrême-droite José Antonio Kast, demandent au dirigeant du pays la création d'un Musée « de la vérité ». Il s'agirait, selon eux, de commémorer les « victimes » du gouvernement socialiste de Salvador Allende entre 1970 et 1973, juste avant le coup d’État militaire. [«La surenchère de la fachosphère»]
RFI Publié le : 04/08/2026 - 17:26
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Il existe à Santiago du Chili un Musée de la mémoire et des droits humains : un grand bâtiment contemporain couleur bronze, proche du centre historique de la capitale. On y trouve de nombreux témoignages et archives des crimes commis sous la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990), qui a fait plus de 3 000 morts. Un musée incomplet, selon certains élus d'extrême-droite qui voudraient créer un autre lieu présentant leur propre version de l'histoire.
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| UN MUR DE PHOTOS DES DISPARUS LORS DU RÉGIME AUTORITAIRE DE PINOCHET |
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Pénurie
Sept parlementaires d'ultra-droite, membres du Parti national libertarien, ont présenté en juin une résolution demandant au président d'extrême-droite José Antonio Kast (au pouvoir depuis mars) la création d'un Musée « de la vérité ». Ces élus défendent l’idée selon laquelle le coup d’État militaire était justifié et nécessaire, et souhaitent dénoncer « les abus, la famine ainsi que l’humiliation » qu’auraient subi des millions de Chiliens pendant ces trois années où la coalition de gauche, l'Unité Populaire, gouvernait le pays après avoir accédé démocratiquement au pouvoir en 1970, et avant d'être déstabilisée puis renversée par un coup d'État soutenu par la CIA. Pourtant, explique la correspondante de RFI à Santiago, il ne sera pas question dans ce musée de l'ingérence des États-Unis au Chili. « Il s’agira d’un musée concernant l’histoire des Chiliens, pas celle des États-Unis, se défend Paulina Muñoz, l'une des élues à l'origine de la proposition. Il y aura des témoignages, des documents mais à travers le regard des Chiliens », sans plus de contexte, confirme-t-elle, jointe par Naïla Derroisné.
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| « LIGNES DE DÉMARCATION », 2018 MOHAMED LEKLETI ADAGP, PARIS 2024 |
► À lire aussi : L’HISTOIRE FACE AUX MANIPULATEURS
Intervention des États-Unis
« Comprendre la période de l’Unité Populaire sans considérer le contexte interaméricain me parait très compliqué. Car de nombreux événements ayant eu lieu pendant cette période, comme par exemple les pénuries, ont été le fruit d’interventions nord-américaines. L’utilisation de l’Histoire par la droite chilienne souffre d’un manque de méthodologie, estime Camila Gatica, professeure assistante au département des Sciences Historiques de l’Université du Chili. De plus, penser qu’il n’existe qu’une seule vérité et qu’elle est statique, me parait très problématique. Tout comme parler des pénuries alimentaires sans mentionner le programme de nutrition infantile instauré par l’Unité Populaire.»
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Foot,Transferts / Vozinha accueilli comme une star au Chili après sa Coupe du monde historique avec le Cap-Vert / Révélé au grand public grâce à ses performances marquantes lors de la Coupe du monde 2026, Vozinha connaît un été hors norme. Devenu une véritable icône au Cap-Vert et bien au-delà, le gardien de 40 ans a reçu un accueil spectaculaire pour son arrivée au Chili, où il s'apprête à poursuivre sa carrière sous les couleurs de Colo-Colo.[ « On s'en foot !» ]
L'Équipe
L'Équipe publié le 3 août 2026 à 09h56 mis à jour le 3 août 2026 à 10h46
PHOTO COLO-COLO
Révélé au grand public grâce à ses performances marquantes lors de la Coupe du monde 2026, Vozinha connaît un été hors norme. Devenu une véritable icône au Cap-Vert et bien au-delà, le gardien de 40 ans a reçu un accueil spectaculaire pour son arrivée au Chili, où il s'apprête à poursuivre sa carrière sous les couleurs de Colo-Colo.
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Propulsé sur le devant de la scène grâce à ses arrêts décisifs lors de la Coupe du monde 2026, Vozinha a vu sa popularité exploser en quelques semaines. Le gardien cap-verdien est ainsi passé d'environ 50 000 à près de 30 millions d'abonnés sur Instagram. Après un été américain riche en émotions, le portier de 40 ans découvre désormais une notoriété internationale et s'apprête à relever un nouveau défi en Amérique du Sud, avec Colo-Colo.Propulsé sur le devant de la scène grâce à ses arrêts décisifs lors de la Coupe du monde 2026, Vozinha a vu sa popularité exploser en quelques semaines. Le gardien cap-verdien est ainsi passé d'environ 50 000 à près de 30 millions d'abonnés sur Instagram. Après un été américain riche en émotions, le portier de 40 ans découvre désormais une notoriété internationale et s'apprête à relever un nouveau défi en Amérique du Sud, avec Colo-Colo.
Son arrivée au Chili a d'ailleurs montré une nouvelle illustration de l'engouement suscité par ses performances. Attendu par une foule impressionnante à l'aéroport, Vozinha a été accueilli comme une grande vedette par les supporters du club chilien. Pour les fans de Colo-Colo, le vétéran reste l'un des principaux artisans du parcours historique des « Requins » lors du Mondial, éliminés en 16es de finale par l'Argentine (3-2 a.p.) confirmant son statut de figure marquante de la compétition.
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| Évacuations dans le sud du Chili alors que pluies et inondations persistent PHOTO EMERGENCIAS ARAUCANÍA |
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| DES FEMMES MANIFESTENT CONTRE LE PROJET DE LOI «ÉCOUTE SON CŒUR» PORTÉ PAR L'EXTRÊME DROITE CHILIENNE DANS LES RUES DE SANTIAGO, LE 31 JUILLET 2026. PHOTO ESTEBAN FELIX |
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RFIChili: l'ultradroite veut restreindre l'accès à l'avortement avec le projet de loi «Écoute son cœur» / Au Chili, l’ultradroite cherche à restreindre l’accès à l’avortement en faisant écouter les battements cardiaques du fœtus avant de réaliser une IVG. Si la personne enceinte s'oppose à les écouter, l’avortement lui serait tout simplement refusé. Le projet de loi de l’extrême droite, intitulé « Écoute son cœur », a largement été critiqué. Vendredi soir des rassemblements avaient lieu un peu partout dans le pays. [ivg / un projet qui fait reculer les droits déjà limités]
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| MANIFESTATION CONTRE UN PROJET DE LOI INSTAURANT QUE LES FEMMES ÉCOUTENT LES BATTEMENTS DE CŒUR DU FŒTUS AVANT DE SUBIR UN AVORTEMENT, À SANTIAGO, LE 31 JUILLET 2026. PHOTO PABLO SANHUEZA |
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