jeudi, avril 09, 2026

LA TORTIONNAIRE PINOCHÉTISTE ADRIANA RIVAS SERA BIENTÔT EXTRADÉE VERS LE CHILI

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ADRIANA RIVAS, ÂGÉE AUJOURD'HUI DE PLUS DE 70 ANS, EST ACCUSÉE D'AVOIR PARTICIPÉ À LA DISPARITION DE SEPT PERSONNES LORSQU'ELLE TRAVAILLAIT POUR LA POLICE SECRÈTE D'AUGUSTO PINOCHET EN 1976.

  La tortionnaire pinochétiste Adriana Rivas sera bientôt extradée vers le Chili / L'ex-agente de la Dina, Adriana Rivas a perdu son combat juridique contre son extradition depuis l’Australie. Son retour au Chili était réclamée par la justice depuis 2014.

Luis Reygada Publié le 8 avril 2026 2min

Adriana Rivas se voit notamment reprochée d’avoir directement participé à la séquestration de Victor Diaz, ex-dirigeant national de la Centrale unitaire des travailleurs et sous-secrétaire du PCCh, de Reinalda Pereira, une militante communiste enceinte au moment des faits, ainsi que de cinq autres militants.

ADRIANA RIVAS CARTE D'IDENTITÉ MILITAIRE ATTESTANT
 DE SON APPARTENANCE À LA POLICE SECRÈTE DE PINOCHET

► À lire aussi :     DEUX EXTRADITIONS

Soupçonnée d’avoir participé à l’enlèvement, la torture et la disparition de dissidents pendant la dictature militaire du général Augusto Pinochet (1973-1990), Adriana Rivas a perdu son combat juridique contre son extradition depuis l’Australie, où elle s’était installée depuis 1978. Aujourd’hui âgée de 72 ans, cette ex-agente de la Dina – police politique qui a opéré durant les années les plus sanglantes de la dictature en comptant jusqu’à 60 000 employés – était réclamée par la justice de son pays depuis 2014


PHOTO JOEL CARRETT

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR  

La nouvelle, annoncée ce lundi, a notamment été saluée sur X par le Parti communiste chilien (PCCh), qui a réclamé la « fin de l’impunité (pour qu’elle) réponde de ses crimes devant la justice ». 

MANUEL CONTRERAS, CHEF DE LA POLICE SECRÈTE  DE PINOCHET,
ET 
ADRIANA RIVAS  DANS UNE IMAGE TIRÉE DU DOCUMENTAIRE
« EL PACTO DE ADRIANA ». CAPTURE D'ÉCRAN

► À lire aussi :      LE PACTE D'ADRIANA  

SOBRE EL MISMO TEMA :

mardi, avril 07, 2026

ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE DE GABRIELA MISTRAL

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GABRIELA MISTRAL
ANNIVERSAIRE DE 
LA NAISSANCE DE GABRIELA MISTRAL
1889 -7 AVRIL- 2026
POÈME DU JOUR AVEC LA COMÉDIE-FRANÇAISE, 
FRANCE CULTURE, LE  08.03.2013,  
« ABSENCE» LU PAR SYLVIA BERGÉ, 
DURÉE : 00:01:45 


Poème extrait du recueil D'amour et de désolation , traduit de l’espagnol par Claude Couffon (© ELA/La Différence 1988)
Poèmes choisis par Philippe Garnier
Prise de son, montage Claude Niort, Pierre Henry
Réalisation Anne-Pascale Desvignes
DORIS DANA ET GABRIELA MISTRAL 
À NUEVA YORK, 1954.
Gabriela Mistral, de son vrai nom Lucila de María del Perpetuo Socorro Godoy Alcayaga, née le 7 avril 1889 à Vicuña et décédé le 10 janvier 1957 à New York, fut une éducatrice, diplomate, féministe et poétesse chilienne, Prix Nobel de littérature en 1945.

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CHILI / DROITS DE L'HOMME


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Araucaria
CHILI, Santiago le 7 avril 2026 / Droits de l'Homme / Au Chili, l’intitulé officiel du ministère de la justice est Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme. / Depuis le 11 mars, le ministre est un ancien avocat de Pinochet qui a participé à sa défense quand il était mis en accusation à Londres en 1998.  Cherchez l’erreur.

Qu’a-t-il fait depuis un mois ?

Avec notre correspondant à Santiago, Pierre Cappanera 

Pierre
Cappanera

il y a eu d’abord l’arrêt du Plan Triannuel des Droits de l’Homme. Les plans triannuels des Droits de l’Homme ont été inaugurés par Michelle Bachelet, poursuivis ensuite par Piñera et Boric. Il s’agit d’une politique d’État. Le dernier plan, lancé par Boric, a été purement et simplement suspendu. Ces Plans consistent en une liste de propositions que le gouvernement s’engage à mettre en œuvre. Ils touchent à tout ce qui se rapporte aux droits de l’homme (discrimination, LGBT, conditions des prisonniers de droits communs, formation des carabiniers, racisme, …). 

PLAN NACIONAL DE BÚSQUEDA
FOTO PRENSA LATINA

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Ensuite les trois responsables du Plan de recherche des disparus ont été éliminés ce qui revient à démanteler ce programme. Depuis la fin de la dictature en 1990, les militaires ont refusé de donner les informations pour dire ce que sont devenus les disparus : quel a été leur sort ? où sont-ils ? quels sont les responsables ? Il reste un millier de cas en attente d’une réponse.

LA PHOTO MONTRE KK KASST
EMBRASSANT LE FRONT DE L'ABOMINABLE
 PÉDOPHILE PAUL SCHÄFER,
FONDATEUR DE COLONIA DIGNIDAD

► À lire aussi :           AU CHILI, LE NOUVEAU PRÉSIDENT SUSPEND LA CRÉATION D’UN SITE DE MÉMOIRE DANS L’ANCIENNE COLONIA DIGNIDAD

"AU CHILI, IL Y AVAIT UNE ÎLE EPSTEINET ELLE S'APPELAIT VILLA BAVIERA" :
LES HORREURS D'UNE SECTE DIRIGÉE PAR LE PÉDOPHILE PAUL SCHÄFER

Enfin depuis 2017 existait une commission mixte germano-chilienne qui était chargée de l’ancien camp de tortures et de disparitions de Colonia Dignidad. Les projets de cette commission pour établir un mémorial à Colonia Dignidad ont été stoppés. Le gouvernement allemand s’intéressait spécialement à Colonia Dignidad parce que son créateur avait été un nazi allemand.


CHILI / DROITS DE L'HOMME
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lundi, avril 06, 2026

CHILI / LE PRÉSIDENT KAST SE REND DANS L’ARGENTINE DE MILEI POUR SON PREMIER DÉPLACEMENT À L’ÉTRANGER

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Ouest France
Chili : le président Kast se rend dans l’Argentine de Milei pour son premier déplacement à l’étranger / 
Le président chilien d’extrême droite José Antonio Kast doit se réunir lundi 6 avril à Buenos Aires avec son homologue argentin, le libertarien Javier Milei, à l’occasion de son premier déplacement à l’étranger depuis son investiture en mars.

Ouest-france.fr/ 

Le chef de l’État perpétue la tradition des présidents chiliens d’effectuer leur première visite officielle en Argentine.

Positions proches de Donald Trump

Proches politiquement, les deux dirigeants affichent des positions rejoignant souvent celles du président américain Donald Trump et s’inscrivent dans la progression de la droite radicale dans la région.

► À penser en dessin :     FENÊTRE SUR COUR

Les deux hommes s’étaient déjà rencontrés en décembre, après l’élection de M. Kast, posant ensemble avec une tronçonneuse, symbole des coupes budgétaires engagées par Javier Milei.

« Aujourd’hui plus que jamais, il est important de développer des projets communs. Nous avons de grandes idées dans les domaines minier et énergétique, ainsi que sur les passages frontaliers et la lutte contre le crime organisé », a déclaré dimanche le ministre chilien des Affaires étrangères, Francisco Pérez Mackenna.

GALVARINO APABLAZA, À DROITE SUR LA PHOTO, PORTE
UN TOAST DEVANT LES PORTRAITS DE SAINT ÓSCAR
ARNULFO ROMERO ET D'ERNESTO « CHE GUEVARA »

Cette visite, qualifiée de « protocolaire » par le gouvernement chilien, intervient toutefois dans un contexte sensible, quelques jours après l’échec d’une tentative d’arrestation en Argentine de Galvarino Apablaza, un ancien guérillero accusé d’avoir participé à l’assassinat en 1991 du sénateur chilien de droite Jaime Guzman.

Le président chilien d’extrême droite José Antonio Kast doit se réunir lundi 6 avril à Buenos Aires avec son homologue argentin, le libertarien Javier Milei, à l’occasion de son premier déplacement à l’étranger depuis son investiture en mars.

Le chef de l’État perpétue la tradition des présidents chiliens d’effectuer leur première visite officielle en Argentine.

ILLUSTRATION DE RAMIRO ALONSO

Positions proches de Donald Trump

Proches politiquement, les deux dirigeants affichent des positions rejoignant souvent celles du président américain Donald Trump et s’inscrivent dans la progression de la droite radicale dans la région.

Les deux hommes s’étaient déjà rencontrés en décembre, après l’élection de M. Kast, posant ensemble avec une tronçonneuse, symbole des coupes budgétaires engagées par Javier Milei.

« Aujourd’hui plus que jamais, il est important de développer des projets communs. Nous avons de grandes idées dans les domaines minier et énergétique, ainsi que sur les passages frontaliers et la lutte contre le crime organisé », a déclaré dimanche le ministre chilien des Affaires étrangères, Francisco Pérez Mackenna.

Cette visite, qualifiée de « protocolaire » par le gouvernement chilien, intervient toutefois dans un contexte sensible, quelques jours après l’échec d’une tentative d’arrestation en Argentine de Galvarino Apablaza, un ancien guérillero accusé d’avoir participé à l’assassinat en 1991 du sénateur chilien de droite Jaime Guzman.

Galvarino Apablaza bénéficiait du statut de réfugié politique en Argentine depuis 2010, jusqu’à sa révocation par la justice en février. Mais la police n’a pas réussi à l’arrêter après l’émission d’un mandat d’arrêt la semaine dernière.

« Tôt ou tard, M. Apablaza devra rendre des comptes devant la justice chilienne et nous entreprendrons toutes les démarches nécessaires auprès du gouvernement argentin pour cela », a assuré dimanche le ministre Mackenna.

Le ministère argentin de la Sécurité a offert vendredi une récompense d’environ 14 000 dollars pour toute information permettant de le localiser.

Au pouvoir depuis le 11 mars 2026, José Antonio Kast, largement élu en décembre, a engagé un net tournant sur les plans sécuritaire et économique, à rebours des décisions clés de son prédécesseur de gauche Gabriel Boric.

Le Chili et l’Argentine partagent une frontière de plus de 5 300 km, et Buenos Aires est le deuxième partenaire commercial de Santiago en Amérique latine, avec des échanges estimés à près de huit milliards de dollars en 2025.

ILLUSTRATION SANDRO BAEZA


dimanche, avril 05, 2026

CHILI / ANNIVERSAIRE DE LA BATAILLE DE MAIPÚ


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« LA BATAILLE  DE MAIPÚ »
LITHOGRAPHIE DE THÉODORE GÉRICAULT 1819
 1818 - 5 avril - 2026
208ème anniversaire de la bataille de Maipú
Jean-Pierre BERTHE
JOSÉ DE SAN MARTÍN , 1824
PAR FRANÇOIS JOSEPH NAVEZ
Le 5 avril 1818, la bataille de Maipu assure l'indépendance du Chili, qui devient ainsi la base indispensable pour l'invasion du Pérou. Assuré de la tranquillité de ses arrières (la révolution libérale en Espagne empêchait le départ du corps expéditionnaire réuni par Ferdinand VII), San Martín se constitue une petite flotte commandée par le marin anglais Cochrane et débarque au Pérou en septembre 1820.

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PLAN TOPOGRAPHIQUE DE
LA BATAILLE DE MAIPÚ 
 

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FENÊTRE SUR COUR

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« ISRAËL : PEINE DE MORT VISANT LES PALESTINIENS »





 

jeudi, avril 02, 2026

AU CHILI, LE NOUVEAU PRÉSIDENT SUSPEND LA CRÉATION D’UN SITE DE MÉMOIRE DANS L’ANCIENNE COLONIA DIGNIDAD

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LA PHOTO MONTRE KK KASST
EMBRASSANT LE FRONT DE L'ABOMINABLE
 PÉDOPHILE PAUL SCHÄFER,
FONDATEUR DE COLONIA DIGNIDAD
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Le Monde
International / Chili / Au Chili, le nouveau président suspend la création d’un site de mémoire dans l’ancienne Colonia Dignidad / Revenant sur une promesse de son prédécesseur, le président ultraconservateur José Antonio Kast met en avant des raisons budgétaires pour maintenir en l’état ce lieu, théâtre de sévices sexuels infligés à des enfants et d’exactions sous la dictature de Pinochet.

Par Angeline Montoya  Publié hier à 10h38  Temps de Lecture 3 min.

"AU CHILI, IL Y AVAIT UNE ÎLE EPSTEIN
ET ELLE S'APPELAIT VILLA BAVIERA" :
LES HORREURS D'UNE SECTE DIRIGÉE
PAR LE PÉDOPHILE PAUL SCHÄFER

depuis l’arrivée au pouvoir de l’ultraconservateur José Antonio Kast, le 11 mars, les associations chiliennes de défense des droits humains craignaient qu’il n’utilise l’arme financière pour démanteler les politiques de mémoire sur les crimes de la dictature (1973-1990). Un premier pas a été franchi en ce sens dimanche 29 mars, avec l’annonce de la révocation de l’expropriation de l’ancienne Colonia Dignidad.

À LA VILLA BAVIERA, ANCIENNEMENT COLONIA DIGNIDAD,
DANS LA BANLIEUE DE PARRAL, AU CHILI, LE 20 JUILLET 2025.
PHOTO PABLO SANHUEZA
► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Aujourd’hui nommée « Villa Baviera », cette enclave a été fondée en 1961 par Paul Schaefer, ancien pasteur luthérien et pédocriminel allemand né en 1921. Véritable État dans l’État, elle a été le théâtre d’innombrables sévices sexuels infligés à des enfants. Sous le régime d’Augusto Pinochet, elle est devenue un lieu de tortures, d’assassinats et de disparitions de cadavres.

L'ENTRÉE DE LA COLONIA DIGNIDAD, REBAPTISÉE VILLA BAVIERA,
 À PARRAL, AU CHILI, LE 15 AVRIL 2025
PHOTO RODRIGO ARANGUA

En juillet 2025, le gouvernement du président Gabriel Boric (gauche) avait signé un décret pour exproprier 117 hectares – sur les 16 000 que compte le domaine – afin d’y créer un lieu de mémoire. Cette décision faisait suite au travail d’une commission mixte Chili-Allemagne née en 2017, après que les deux gouvernements eurent reconnu leur responsabilité dans les violations des droits humains commises à Colonia Dignidad.

« Signe d’abandon »

Le gouvernement Kast a justifié la décision, annoncée par le ministre du logement, Ivan Poduje, par la situation budgétaire héritée du précédent gouvernement. Le coût de l’expertise foncière pour l’expropriation « représente 47 milliards de pesos [44 millions d’euros], je ne dispose pas de cette somme, a expliqué M. Poduje, réfutant toute motivation idéologique. Avec cet argent, je pourrais rénover 1 500 logements en mauvais état ».

« Pour les victimes, c’est un signe d’abandon, a affirmé Margarita Romero, présidente de l’Association pour la mémoire et les droits de l’homme Colonia Dignidad, à la chaîne allemande Deutsche Welle. Cela montre que même lorsque l’État lui-même reconnaît officiellement un lieu comme ayant été le théâtre d’enlèvements, de tortures et de disparitions forcées, cela peut être relativisé pour des raisons politiques ou budgétaires. »

La Corporation de promotion et défense des droits du peuple et des familles de disparus de la dictature ont sollicité l’intervention de la Commission interaméricaine des droits humains. La décision d’exproprier le site « avait marqué un tournant en matière de mémoire et de droit à la réparation, rappelle Mariela Santana, l’avocate de la corporation, et revenir sur cette mesure porte atteinte aux obligations internationales de l’État chilien ».

Dans un entretien à la Deutsche Welle, Winfried Hempel, avocat né dans l’enclave et défenseur des victimes de ce qu’il qualifie de « mélange de secte religieuse et de groupe d’extrême droite », s’est dit « sous le choc », reprochant au président Kast de « prolonger l’existence de Colonia Dignidad ». En Allemagne, la porte-parole du ministère des affaires étrangères, Kathrin Deschauer, a assuré, lundi, que « la prise en compte des crimes commis à Colonia Dignidad reste une priorité pour le gouvernement allemand ».

Face aux critiques, José Garcia Ruminot, secrétaire général de la présidence, a semblé rétropédaler, lundi, en précisant qu’il s’agissait d’une « suspension pour cette année » pour « des raisons strictement financières ». « Créer un mémorial de 117 hectares, ce n’est pas raisonnable, a déclaré, mardi, le président Kast. Faisons en sorte que ce lieu soit à la mesure de ce qu’il doit être et n’endettons pas tout le Chili alors que nous avons des besoins réels. » Les 117 hectares incluent pourtant de nombreuses infrastructures-clés, témoins de l’horreur, dont la résidence de Paul Schaefer, où ont été trouvés des documents attestant d’un lien direct entre Colonia Dignidad et les organes répressifs de la dictature.

Esclavage

Brancardier en France pendant la seconde guerre mondiale, Paul Schaefer, qui n’a pas été membre du parti nazi comme l’assurent certaines publications, a fui la justice allemande, qui le cherchait pour des violences sexuelles sur mineurs, et s’est installé au Chili. Suivi par les adeptes de la secte qu’il avait créée en Allemagne, il a fondé à 350 kilomètres au sud de Santiago la Société de bienfaisance Colonia Dignidad, communauté vivant en autarcie.

Derrière l’image idyllique d’un village allemand, Schäfer a imposé dans l’enclave un régime de terreur, où les enfants étaient violés et les colons réduits en esclavage. Le général Pinochet y séjournait régulièrement, et son épouse, Lucia Hiriart, louait « un paradis d’ordre et de propreté ». Les autorités chiliennes estiment que 26 opposants y ont disparu et que des dizaines d’autres y ont été torturés.

En 1991, au retour de la démocratie, la colonie perd son statut de société de bienfaisance, malgré le soutien très actif de parlementaires de droite, et devient Villa Bavaria. En 1997, fuyant les premières enquêtes pour pédocriminalité, Paul Schaefer se réfugie en Argentine. Arrêté en mars 2005, extradé au Chili puis condamné à vingt ans de prison, il y meurt en 2010.

Aujourd’hui, le site est un centre agricole et de tourisme – qui fait l’impasse sur les violations des droits humains qui s’y sont produits. Ses habitants actuels s’opposent au plan d’expropriation.

VUE AÉRIENNE DU VILLAGE VILLA BAVIERA, ANCIENNEMENT
COLONIA DIGNIDAD, À PARRAL, AU CHILI, LE 15 AVRIL 2025
PHOTO RODRIGO ARANGUA

Pour les ONG, le gouvernement de Gabriel Boric porte une part de responsabilité dans la situation actuelle. En décembre 2025, l’Association pour la mémoire et les droits de l’homme Colonia Dignidad s’inquiétait déjà des retards pris dans le processus d’expropriation. Me Winfried Hempel partageait cette amertume le 9 mars, en déclarant au média Diario Universidad de Chile : « Il y a eu ici un gouvernement fait de poignées de main, de belles promesses et de gestes, mais qui, au moment de tenir ses promesses, a failli à sa tâche. »

Angeline Montoya 

DESSIN BECS

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