dimanche, mars 29, 2026

DEUX EXTRADITIONS

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FLYER PCCH
CHILI, Santiago le 29 mars 2026 / Deux extraditions / Le Chili est en attente de deux extraditions. Une d’Australie, d’une tortionnaire de la DINA. L’autre d’Argentine d’un militant du FPMR accusé d’avoir participé à l’assassinat de Jaime Guzman en avril 1991, après la fin de la dictature, pendant la période de transition de retour à un état de droit.

Avec notre correspondant à Santiago, Pierre Cappanera 

Pierre
Cappanera

La première s’appelle Adriana Rivas (70 ans) et travaillait directement avec Manuel Contreras, le chef de la DINA (la police politique de la dictature) qui n’avait de compte à rendre à personne sauf au général Pinochet avec qui il partageait tous les matins le petit déjeuner. Elle a participé aux opérations de 1976 qui ont abouti à l’arrestation, la torture et l’extermination des directions clandestines du PCCh et de la JC du Chili. Contreras a été attrapé, jugé et il est mort en prison. Elle, elle s’est enfuie en Australie où elle a vécu librement jusqu’en 2019. Depuis elle attend en prison la fin de la procédure d'extradition qui a été engagée il y a des années. Si la justice australienne valide l'extradition, le gouvernement Kast sera légalement tenu de la recevoir, mais il pourrait adopter une posture de protection passive envers les anciens agents du régime militaire. 7 familles de victimes demandent dans un communiqué que l’État chilien joue pleinement son rôle et continue d’être un intervenant actif dans cette affaire. Les dernières séances au Tribunal de Sydney auront lieu lundi et mardi.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Le second s’appelle Galvarino Apablaza (75 ans). Il vit en Argentine depuis 1990. Il y avait le statut de réfugié politique jusqu’à ce que le gouvernement Milei révoque ce statut en février 2026. Il vit actuellement chez lui en résidence surveillée. Il est accusé d’être l’auteur intellectuel de l’assassinat de Jaime Guzman, ce qu’il nie. C’est un ancien membre du FPMR (Front Patriotique Manuel Rodriguez). Le FPMR a été le bras armé du PC du Chili pendant la dictature. Son action la plus spectaculaire est l’attentat raté contre Pinochet le 7 septembre 1986. Le PC du Chili a en 1987 décidé d’arrêter la lutte armée et a dissous le FPMR. Tous les militants du Front n’ont pas été d’accord avec cette autodissolution et certains ont continué la lutte armée. Ce sont des dissidents du Front qui ont exécuté Jaime Guzman en 1991 alors que le pays était en train de sortir de la dictature. Cet attentat avait été condamné par toute la gauche, le Parti communiste inclus. Jaime Guzman avait été le bras droit de Pinochet. C’est lui qui a transformé la DINA en CNI, nouvelle forme de l’appareil de répression. Il est aussi le principal rédacteur de la constitution ultralibérale de Pinochet, toujours en vigueur aujourd’hui. La procédure d’extradition arrive à son terme. Il ne manque plus que la signature d’un juge pour qu’il soit extradé. D’ultimes recours ont été déposés en regard de l’état de santé de Galvarino Apablaza. 

► À lire aussi :        AUSTRALIE: UNE CHILIENNE ARRÊTÉE POUR SON RÔLE SOUS LA DICTATURE DE PINOCHET 

Coïncidence des calendriers judiciaires d’Australie et d’Argentine : ces deux procédures d’extradition se terminent en même temps. Mais il n’y a aucune égalité à tirer entre les deux situations. D’un côté il y a une tortionnaire psychopathe, de l’autre un résistant antifasciste.

PARADA, GUERRERO ET NATTINO / « LES ÉGORGÉS »

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«41 ans / Rien ni personne n'est oublié » 
FLYER COLEGIO DE PROFESORES, PCCH, AFEP


PARADAGUERRERO ET NATTINO 
1985 -29 MARS- 2026
L'« Affaire des égorgés » Caso Degollados ) désigne au Chili l'assassinat de trois intellectuels communistes sous la dictature de Pinochet, le 29 mars 1985.
 PEINTRE ALEJANDRO GONZÁLEZ 

Le Caso Degollados (« Affaire des égorgés ») désigne l'assassinat de trois intellectuels communistes sous la dictature de Pinochet, le 30 mars 1985. 
«Camarades Guerrero, Parada et Nattino
 Toujours vivants d
ans nos mémoires! »
Papelógrafo Brigade Chacon

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Ce crime devient un cas emblématique des violations des droits de l'homme au Chili, forçant le général César Mendoza, membre de la junte depuis le coup d'État de 1973, à démissionner le 2 août 1985. Les coupables ne sont condamnés qu'avec le retour de la démocratie, tandis que la « loi Mendoza » est promulguée après la démission du général, permettant à toute personnalité publique « investie de dignité » à refuser de témoigner devant les tribunaux.

Les victimes étaient le juriste Santiago Nattino (moins de 30 ans), le professeur Manuel Guerrero (moins de 30 ans) et le sociologue José Manuel Parada (35 ans)[Wikipédia].

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vendredi, mars 27, 2026

AU CHILI, DES MILLIERS D’ÉTUDIANTS DANS LES RUES DE SANTIAGO CONTRE LA POLITIQUE D’AUSTÉRITÉ DU NOUVEAU PRÉSIDENT KAST

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MANIFESTATION ESTUDIANTINE CONTRE LE GOUVERNEMENT CHILIEN,
À SANTIAGO, LE 26 MARS 2026.
PHOTO PABLO SANHUEZA

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Le Monde

International / Chili / Au Chili, des milliers d’étudiants dans les rues de Santiago contre la politique d’austérité du nouveau président Kast / À peine entré en fonctions, le président d’extrême droite a ordonné une réduction de 3 % des dépenses courantes des ministères, dont celui de l’éducation. Le gouvernement étudie notamment la possibilité de restreindre l’accès à la gratuité universitaire.

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Le Monde avec l'AFP Publié hier à 22h58, modifié à 07h39  Temps deLecture 1 min.

Des milliers de lycéens et d’étudiants ont manifesté, jeudi 26 mars, à Santiago contre la politique d’austérité du président chilien d’extrême droite, José Antonio Kast, et un projet de restriction de la gratuité universitaire. Les manifestants, dont de nombreux lycéens en uniforme, ont défilé dans le centre de la capitale avant d’être dispersés par la police à l’aide de canons à eau, a constaté l’Agence France-Presse (AFP).

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À peine entré en fonctions, José Antonio Kast a ordonné une réduction de 3 % des dépenses courantes des ministères, dont celui de l’éducation, dans le cadre de sa politique d’austérité. Le gouvernement étudie notamment la possibilité de restreindre l’accès à la gratuité universitaire pour les nouveaux étudiants âgés de plus de 30 ans. Les manifestants redoutent d’autres mesures similaires.

"Menace et avertissement"
«LES MOBILISATIONS ÉTUDIANTES REPRENNENT DE PLUS BELLE,
ACCOMPAGNÉES TROUBLES ET D'UN APPEL À LA GRÈVE GÉNÉRALE.»

PHOTO EL MERCURIO

« Les mobilisations étudiantes reprennent de plus belle, accompagnées troubles et d'un appel à la grève générale. / Cela faisait longtemps que l'odeur âcre des gaz lacrymogènes n'avait pas envahi la place Italia [ Rebaptisée « plaza de la Dignidad », place de la Dignité, par les manifestants],  mais hier — dans une scène qui rappelait inévitablement les émeutes de 2019 — la statue du général Manuel Baquedano, récemment réinstallée, a de nouveau été le théâtre de manifestations, 16 jours après l'entrée en fonction de José Antonio Kast à la présidence du pays. /  L'appel à la mobilisation a débouché sur l'annonce d'une pétition qui sera rédigée par la Confech. /  En vue de la prochaine « Journée du jeune combattant », ce dimanche, la police en uniforme et le ministère public durcissent leurs protocoles : en cas de débordements, il n'y aura pas d'avertissements et toutes les personnes appréhendées seront soumises à un contrôle de détention. /  »

« J'aime les étudiants »

Texte et musique de Violeta Parra

Pour écouter cliquez ici ! ]

version de Mercedes Sosa   

► À lire aussi :           Au Chili, les fantômes de la famille de José Antonio Kast, nouveau président d’extrême droite et nostalgique de Pinochet

« Nous voulons qu’ils respectent les droits sociaux que nous avons gagnés au fil de toutes ces années », a affirmé à l’AFP Benjamin Traslavina, un étudiant de 22 ans.

«LES MOBILISATIONS ÉTUDIANTES REPRENNENT DE PLUS BELLE,
ACCOMPAGNÉES TROUBLES ET D'UN APPEL À LA GRÈVE GÉNÉRALE.»
UNE DU QUOTIDIEN « EL MERCURIO » DU 
27 MARS 2026

Hausse du prix de l’essence

Le président chilien vise une réduction des dépenses publiques d’environ 6 milliards de dollars (5,2 milliards d’euros environ) sur dix-huit mois, un objectif que ses opposants jugent difficilement atteignable sans toucher aux prestations sociales.

« Nous ne méritons pas ce Kastigo », pouvait-on lire sur certaines pancartes, en référence au mot espagnol « castigo », qui signifie « punition ».

« Ma mère va avoir 50 ans et a toujours voulu étudier, mais n’a jamais pu le faire parce qu’elle a eu des enfants et ne pouvait pas financer ses études (…). On devrait avoir cette possibilité », a expliqué Sofia Diaz, une étudiante de 18 ans.

Parallèlement, les prix des carburants ont fortement augmenté jeudi après un ajustement des subventions publiques, l’essence bondissant d’environ 30 % et le diesel de 60 %, selon une estimation s’appuyant sur les hausses annoncées par le gouvernement.

Une loi dite d’« urgence énergétique » a été cependant promulguée, jeudi, afin d’atténuer l’impact de la hausse. La mesure prévoit une aide de 110 dollars (95 euros environ) par mois sur une période de six mois pour les chauffeurs de taxi et les conducteurs de véhicules scolaires.

Le Monde avec l'AFP

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«  Au secours! ,  Ne me frappez pas !  Je suis facho ! » 
DESSIN SERGIO LANGER


Le Monde avec AFP

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mardi, mars 24, 2026

DÉCÈS DE L’ANTHROPOLOGUE ET HISTORIEN CHILIEN JOSÉ BENGOA

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DÉCÈS DE L’ANTHROPOLOGUE ET HISTORIEN CHILIEN JOSÉ BENGOA

Décès de l’anthropologue et historien chilien José Bengoa / José Bengoa Cabello, anthropologue et historien, lauréat du Prix national des sciences humaines et sociales 2025, ancien recteur de l’Université Academia de Humanismo Cristiano.  


 JOSÉ BENGOA
UAHC (c)
José Bengoa Cabello (Santiago du Chili, 1945) fut un historien et anthropologue chilien, connu principalement pour ses travaux sur les Mapuches. Outre ses fonctions d’enseignant universitaire, il occupa plusieurs postes dans des organisations nationales et internationales (notamment la Commission des droits de l’homme de l’ONU) en rapport avec la protection des minorités ethniques en Amérique latine. José Bengoa est décédé à son domicile de Ñuñoa à l’âge de 81 ans.  



lundi, mars 23, 2026

IL Y A 123 ANS NAISSAIT ELENA CAFFARENA

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DOODLE ELENA CAFFARENA

1903 - 23 MARS - 2026 

Le Doodle d'aujourd'hui, illustré par l'artiste invitée basée au Chili Catalina Bu, célèbre le 119ème anniversaire d'Elena Caffarena, une avocate féministe qui a aidé les femmes chiliennes à obtenir le droit de vote aux élections nationales. Considérée comme l'une des personnalités publiques chiliennes les plus importantes du XXème siècle, Caffarena a été le fer de lance des mouvements pour les droits des travailleurs et des droits des femmes au Chili.

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 Doodles 

PIONNIÈRE DU FÉMINISME

caffarena a atteint sa majorité à une époque où la classe ouvrière travaillait dans des conditions périlleuses pour gagner de maigres salaires. Elena Caffarena a fréquenté l'Université du Chili au début des années 1920 et est devenue l'une des premières femmes chiliennes à obtenir un diplôme en droit. À cette époque, elle rencontre Luis Emilio Recabarren, un ancien travailleur à bas salaire et organisateur syndical. Il a approfondi sa détermination à lutter pour les droits des communautés mal desservies.

En 1935, Caffarena a cofondé le Mouvement pour l'émancipation des femmes chiliennes, le premier groupe national à plaider pour l'égalité des salaires et des chances pour les femmes. Grâce à un projet de loi co-écrit par Caffarena, les féministes chiliennes obtiennent le suffrage universel en 1949.

Aujourd'hui, Doodle célèbre son anniversaire et revient sur tout ce qu'elle a accompli pour la classe ouvrière et les femmes chiliennes !

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dimanche, mars 22, 2026

CHILI : IL NE FAUT PAS GRACIER D’ANCIENS CARABINEROS ET RESPONSABLES DE L’ARMÉE

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"Traumatismes oculaires, coups de pied à la tête et coups de feu à bout portant :
voici les carabiniers et militaires condamnés que Kast souhaite gracier "

PHOTOMONTAGE INTERFERENCIA

Amnesty
International
 
Chili : Il ne faut pas gracier d’anciens carabineros et responsables de l’armée / 
Le président José Antonio Kast a déclaré le 12 mars 2026 qu’il était possible qu’il accorde une grâce à d’anciens carabineros (police nationale en uniforme) et responsables de l’armée, qui ont été déclarés coupables de crimes commis dans le contexte des manifestations de 2019. Cela renforcerait encore davantage l’impunité et compromettrait l’obligation de rendre des comptes.

Amnesty International 

PASSEZ À L’ACTION : ENVOYEZ UN APPEL EN UTILISANT VOS PROPRES MOTS OU EN

VOUS INSPIRANT DU MODÈLE DE LETTRE CI-DESSOUS

José Antonio Kast Rist

Presidente de la República de Chile

Palacio de La Moneda

Santiago de Chile

Chili

Monsieur le Président,

je vous écris afin d’exprimer l’inquiétude que m’inspirent vos récentes déclarations dans les médias chiliens concernant la possibilité d’octroyer une grâce à d’anciens carabineros et responsables militaires ayant été déclarés coupables de crimes perpétrés dans le contexte des manifestations de 2019, notamment des homicides illégaux, des actes de torture et des blessures physiques graves.

CHILI : IL NE FAUT PAS GRACIER D’ANCIENS CARABINEROS ET RESPONSABLES DE L’ARMÉE

 ► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Dès octobre 2019, ce qui avait commencé par des manifestations étudiantes s’est rapidement étendu à tout le pays, sous l’impulsion de revendications pour plus d’égalité au sein de la société et en faveur d’une protection accrue des droits sociaux et économiques. Les autorités ont réagi en utilisant la force de manière disproportionnée, en grande partie par le biais d’opérations menées par les carabineros. Amnesty International a recensé de nombreux exemples de violations graves des droits humains et de crimes de droit international, notamment d’actes de torture, commis durant cette période par des carabineros.

► À lire aussi :           CHILI. QUATRE ANS APRÈS LE SOULÈVEMENT SOCIAL, L’IMPUNITÉ PERSISTE ET LES RÉPARATIONS COMPLÈTES SE FONT TOUJOURS ATTENDRE

Plus de six ans plus tard, l’impunité persiste ; peu de cas ont donné lieu à un procès, et il est très rare qu’ils débouchent sur des condamnations. Gracier le petit nombre de fonctionnaires dont la responsabilité a été établie renforcerait encore davantage l’impunité et compromettrait les efforts déployés pour réformer les carabineros dans une optique de respect accru du droit et de l’obligation de rendre des comptes.

► À lire aussi :           CAISSE DE RÉSONANCE

Monsieur le Président, je vous exhorte à garantir l’obligation de rendre des comptes pour toutes les violations graves des droits humains et crimes au regard du droit international, notamment ceux perpétrés par des carabineros et des responsables militaires dans le contexte des manifestations de 2019, et à vous  abstenir de gracier d’anciens carabineros et hauts gradés de l’armée.

Veuillez agréer l’expression de ma haute considération.

PHOTO AMNESTY INTERNATIONAL 


COMPLÉMENT D’INFORMATION

À la mi-octobre 2019, le Chili est entré dans une période de changement profond caractérisée par des manifestations de grande ampleur et une grave intensification du recours excessif à la force contre les manifestant·e·s. Ce qui avait commencé par des manifestations étudiantes s’est rapidement étendu à tout le pays, alimenté par des revendications en faveur d’une égalité accrue au sein de la société et d’une meilleure protection des droits sociaux et économiques.

Loin de calmer la situation, la réponse des autorités a exacerbé les troubles sociaux. Au lieu de favoriser des rassemblements pacifiques et de répondre de manière proportionnée à des violences isolées - ainsi que le prévoit le droit international - les forces de sécurité ont agi de manière disproportionnée et blessé des milliers de personnes, grièvement pour un grand nombre d’entre elles. Amnesty International a recueilli des informations sur des violations de grande ampleur du droit à l’intégrité physique, perpétrées par des carabineros entre le 18 octobre et le 30 novembre 2019, concluant qu’il ne s’agissait pas d’incidents isolés mais qu’elles s’inscrivaient dans des pratiques institutionnelles établies devant donner lieu à de profondes réformes structurelles et à la responsabilisation de la hiérarchie.

Des années plus tard, les victimes n’ont toujours pas reçu des réparations complètes, les réformes structurelles n’ont toujours pas été menées, et l’impunité persiste. Au mois de mars 2026, seuls 2 % des plus de 12 000 cas signalés de violations présumées des droits humains, constituant des crimes au regard du droit national et/ou international, commises par des représentants de l’État durant des manifestations ont débouché sur des condamnations. Ils sont accusés de coercition illégale, de torture et de graves blessures, entre autres.

En vertu du droit international relatif aux droits humains, les autorités chiliennes sont tenues de mener des enquêtes rigoureuses sur l’ensemble des crimes de droit international et de violations des droits humains, et – lorsqu’il existe suffisamment d’éléments recevables à titre de preuve -, de poursuivre les responsables présumés dans le cadre de procès équitables devant des tribunaux civils. Lorsque des condamnations sont prononcées, les sanctions doivent être proportionnées. Si l’octroi de grâces est une mesure discrétionnaire, dans ce cas spécifique, gracier d’anciens policiers reconnus coupables fragiliserait le principe d’obligation de rendre des comptes et la justice pour les  violations graves des droits humains et les crimes de droit international.

LANGUE À PRIVILÉGIER POUR LA RÉDACTION DE VOS APPELS : espagnol

Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.

MERCI D’AGIR DANS LES PLUS BREFS DÉLAIS ET AVANT LE : 30 avril 2026

Au-delà de cette date, vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir.

PRÉNOM, NOM ET PRONOM À UTILISER : Victimes du recours excessif à la force au CHili.

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samedi, mars 21, 2026

LE PRÉSIDENT DU CHILI, JOSÉ ANTONIO KAST, L’ALLIÉ DE DONALD TRUMP DANS LA COURSE AUX MÉTAUX STRATÉGIQUES DE SON PAYS FACE À LA CHINE

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JOSÉ ANTONIO KAST, PRÉSIDENT CHILIEN, LORS D’UNE VISITE
 AU CENTRE DE FORMATION INDUSTRIELLE ET MINIÈRE (CEIM),
 À ANTOFAGASTA (CHILI), LE 17 MARS 2026.
PHOTO SEBASTIAN ROJAS ROJO

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Le Monde

INTERNATIONAL / CHILI / Le président du Chili, José Antonio Kast, l’allié de Donald Trump dans la course aux métaux stratégiques de son pays face à la Chine / L’intérêt des États-Unis pour les terres rares du Chili et l’alignement idéologique de José Antonio Kast avec le président américain expose le pays d’Amérique latine à des tensions avec son principal partenaire commercial, la Chine.[José Antonio Kast, le nouvel allié de Donald Trump]

Par Victor Vargas (Santiago, correspondance) Publié le 20 mars 2026  Temps de Lecture 3 min.

Les États-Unis n’ont pas attendu pour imprimer leur marque sur le mandat du nouveau président chilien, José Antonio Kast. Le 12 mars, au lendemain de l’investiture du dirigeant d’extrême droite, le sous-secrétaire d’État américain, Christopher Landau, a signé avec le ministre chilien des relations extérieures une déclaration d’intention en vue d’un accord sur les « minéraux critiques [dont le cuivre et le lithium] et les terres rares ». Washington avait exprimé son intérêt aux équipes du président élu durant la période de trois mois de transition entre l’élection, le 14 décembre 2025, et l’investiture. Premier et troisième producteur mondial de cuivre et de lithium, le Chili n’est qu’aux prémisses de l’extraction de terres rares, métaux stratégiques pour les technologies numériques et de défense.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

L’élection de l’ultralibéral José Antonio Kast est une aubaine pour le président américain, Donald Trump, qui cherche à réduire la dépendance des États-Unis à son rival chinois. Celui-ci assure 60 % de la production des terres rares et 90 % du raffinage dans le monde. « Ils ont trouvé en Kast un allié, fasciné par la figure de Donald Trump », explique l’historien Fernando Estenssoro, docteur en études américaines à l’université de Santiago. L’objectif de l’accord est de « renforcer les chaînes d’approvisionnement », identifier des « projets d’intérêt » et explorer des pistes « d’investissement », selon le gouvernement chilien.

Les États-Unis sont le deuxième client du Chili (15 % de ses exportations, contre près de 40 % vers la Chine). Le président sortant Gabriel Boric (gauche) avait pourtant souvent critiqué la politique agressive de Donald Trump. Son mandat s’est conclu par le retrait, de la part des États-Unis, des visas de trois responsables gouvernementaux chiliens : un signe clair du mécontentement de Washington face au projet de câble optique sous-marin entre le Chili et la Chine, désormais suspendu.

Le gouvernement de M. Boric n’a pas été convié à la conférence de février sur les minéraux critiques à Washington, où 54 pays et l’Union européenne étaient représentés. En revanche, alors qu’il n’avait pas encore pris ses fonctions, M. Kast s’est, lui, rendu au sommet « Bouclier des Amériques », le 7 mars à Miami, réunissant les dirigeants de droite de la région.

Les intérêts se manifestent

La diplomatie américaine vante un accord qui pourrait bénéficier au Chili. « Kast n’a pourtant rien à gagner des États-Unis, qui n’ont pas d’argent pour investir et dont les offres sont moins compétitives que celles des Chinois », estime Fernando Estenssoro. De même, « il est probable que les États-Unis demandent des contreparties au Chili pour contrer les intérêts chinois », anticipe Julie Klinger, géographe de l’université du Wisconsin. Washington pourrait exiger de freiner des projets miniers, maritimes ou d’infrastructures portés par la Chine. Le point le plus stratégique est le projet de mégaport à San Antonio (à 110 kilomètres à l’ouest de Santiago), convoité par des entreprises chinoises. « La proximité politique de Kast avec Trump ne doit pas signifier un sacrifice de la relation avec la Chine », avertit l’ex-ministre chilien des relations extérieures Heraldo Muñoz (centre gauche), en poste durant le second mandat de Michelle Bachelet (2014-2018).

Dans le secteur minier, les intérêts se manifestent. Trois entreprises américaines et une firme chinoise sont candidates à des investissements pour la fonderie de cuivre à Paipote, dans le désert d’Atacama (800 kilomètres au nord de la capitale). Le géant américain Freeport attend par ailleurs un feu vert environnemental pour étendre la grande mine de cuivre d’El Abra, qu’il possède à 51 % avec le chilien Codelco. Les Chinois de Tianqi sont déjà bien implantés, possédant 23 % de la compagnie chilienne SQM, qui exploite le lithium du salar de l’Atacama.

Alléger les normes environnementales

Quant aux terres rares, le projet le plus avancé pourrait bénéficier aux intérêts américains. A Penco (Biobio, 500 kilomètres au sud de Santiago), le groupe canadien Aclara souhaite explorer des sols argileux malgré l’opposition des organisations environnementales. « La politique de cette entreprise s’aligne sur celle des États-Unis. Aclara veut envoyer les minerais dans une raffinerie qu’elle compte développer en Louisiane », selon le géographe Javier Arroyo, de l’université de Concepcion. Par ailleurs, la firme américaine Chilean Cobalt Corp participe avec le chilien NeoRE au projet de prospection Marigen sur les terres rares entre les régions de Ñuble et du Biobio.

Tous ces projets seront en tout cas facilités par la volonté de José Antonio Kast d’alléger les normes environnementales pour favoriser l’industrie. Une semaine après sa prise de fonctions, il a suspendu l’entrée en vigueur de 43 décrets sur la protection de l’environnement signés par son prédécesseur.

« Si l’accord signé va à l’encontre de l’intérêt chinois, ces derniers pourraient réagir. Des disputes triangulaires pourraient éclater sur les minéraux, l’énergie, les infrastructures portuaires ou encore les voies maritimes comme le détroit de Magellan, qui suscite l’intérêt des deux puissances », prévient Andres Borquez, politiste à l’Institut d’études internationales de l’université du Chili.

Victor Vargas (Santiago, correspondance)

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DESSIN SERGIO LANGER

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mercredi, mars 18, 2026

ANNIVERSAIRE DE LA COMMUNE DE PARIS

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« LE CRI DU PEUPLE » - DESSIN TARDI

 1871 - 18 mars - 2026
155ème anniversaire de la Commune de Paris

«LE TEMPS DES CERISES»,

    «LE TEMPS DES CERISES», EXTRAIT DE L'ALBUM «AVANTI! », 

    La Commune de Paris est l'une des premières révolutions prolétariennes de l'histoire : Paris sous un gouvernement réellement populaire pendant 2 mois. Malgré son échec, elle est une précieuse source d'enseignement pour tous les révolutionnaires. Survenue du vivant de Marx, elle suscita son intérêt et plus tard, celui de Trotski et de nombreux autres socialistes. (Wiki Rouge)

    ► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

    La Commune de 1871

    « Si tu relis le dernier chapitre de mon 18-Brumaire, tu verras que j'y prévois que le prochain assaut révolutionnaire en France devra s'attacher non plus à faire passer la machine bureaucratico-militaire en d'autres mains, comme ce fut le cas jusqu'ici, mais à la détruire, et que c'est là la condition préalable de toute révolution véritablement populaire sur le continent. C'est aussi ce qu'ont tenté nos héroïques camarades de Paris. De quelle souplesse, de quelle initiative historique, de quelles capacités de sacrifice ont fait preuve ces Parisiens ! Après six mois de famine et de destructions dues à la trahison intérieure plus encore qu'à l'ennemi extérieur, ils se soulèvent, sous le règne de la baïonnette prussienne, comme s'il n'y avait jamais eu de guerre entre la France et l'Allemagne, comme si l'ennemi n'était pas toujours aux portes de Paris ! L'histoire n'a pas connu à ce jour d'exemple aussi grand !

    S'ils succombent, la faute en sera uniquement à leur « magnanimité». Il eût fallu marcher aussitôt sur Versailles, après que Vinoy d'abord, les éléments réactionnaires de la Garde nationale parisienne ensuite, eurent eux-mêmes laissé le champ libre. On laissa passer le moment propice par scrupule de conscience: on ne voulait pas déclencher la guerre civile, comme si le méchant avorton de Thiers ne l'avait pas déjà déclenchée lorsqu'il tenta de désarmer Paris ! Deuxième faute: le Comité Central abandonna trop tôt le pouvoir en cédant la place à la Commune.  [21]. Encore par un excessif scrupule d' « honneur » !

    Quoi qu'il en soit, même si elle est en train de succomber devant les loups, les porcs et les chiens de la vieille société, l'actuelle insurrection de Paris est le plus glorieux exploit de notre Parti depuis l'insurrection parisienne de juin 1848. Que l'on compare ceux qui, à Paris, sont montés à l'assaut du ciel avec ceux qui sont les esclaves du céleste Saint-Empire romain de la Germanie prussienne, avec ses mascarades posthumes et ses relents de caserne et d'église, de féodalité et surtout de philistinisme. (Marx à Kugelmann / Londres, le 12 avril 1871)

    K. M.
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    ANNIVERSAIRE DE LA COMMUNE DE PARIS