samedi, avril 25, 2026

UNE JOURNÉE COMME UNE AUTRE

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VUE DE LA VILLE DE PINTZ SÉVÈREMENT MENACÉE  PAUL KLEE

Le Monde
Diplo

Une journée comme une autre / Le Monde diplomatique  / Ce fut un soir comme un autre. À la télévision, le mardi 7 avril à 21 heures, TF1 diffusait un nouvel épisode de « Koh-Lanta », M6 misait sur un ancien numéro de « Cauchemar en cuisine » et Arte, la chaîne franco-allemande, se livrait à son passe-temps favori — traquer la menace russe —, avec un documentaire sobrement titré « L’Europe dans la main de Poutine ? ». [Trump affirme que « toute la civilisation mourra » en Iran si l'ultimatum expire.]

Éditorial, par Benoît Bréville

Benoît Bréville

La journée, elle, sortait pourtant de l’ordinaire. Quelques heures plus tôt, sur les réseaux sociaux, M. Donald Trump avait publié un message d’une violence inédite : « Une civilisation va mourir ce soir, pour ne plus jamais renaître. » Il visait l’Iran et ses 90 millions d’habitants, fixant même l’échéance de ce génocide annoncé : 20 heures à Washington, au moment du prime time.

 

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

CAPTURE D'ÉCRAN 

Les mots peuvent être criminels. À Nuremberg, en 1946, l’éditeur et propagandiste nazi Julius Streicher — qui n’avait ni exécuté, ni personnellement ordonné de massacres — fut condamné pour crimes contre l’humanité au motif qu’il avait encouragé à l’extermination des Juifs. Depuis, la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide prohibe l’« incitation directe et publique à commettre un génocide ». Et le droit international humanitaire interdit les « actes ou menaces de violence dont le but principal est de répandre la terreur parmi la population civile ». Comme l’écrit le philosophe Mathias Risse, c’est même « l’un des accomplissements majeurs de l’ordre juridique international issu de la seconde guerre mondiale. Celui-ci repose sur la reconnaissance du fait que le discours de la destruction civilisationnelle n’est pas seulement le symptôme de l’atrocité, mais l’un de ses instruments (1) ».

ILLUSTRATION RAMIRO ALONSO

Les dirigeants européens savent, lorsque cela les arrange, prendre les mots au sérieux. Il y a quinze ans, ils invoquaient ceux de Mouammar Kadhafi et de son fils, qui promettaient de « purger la Libye maison par maison » et de « faire couler des rivières de sang », pour légitimer une intervention militaire dans ce pays. Désormais, M. Donald Trump peut claironner un génocide, le plus grave crime en droit international, et chacun vaque à ses occupations. La Chine a appelé à la « désescalade ». La présidente de la Commission européenne, Mme Ursula von der Leyen, et la diplomate européenne en chef, Mme Kaja Kallas, sont restées muettes. La conduite de M. Trump « est source d’une très grande imprévisibilité, d’une très grande incertitude qui s’invitent dans notre vie quotidienne », commentera benoîtement le ministre des affaires étrangères français, M. Jean-Noël Barrot. Quant à l’ancien président américain Barack Obama, il a consacré son seul tweet du jour à la victoire d’une équipe universitaire de basket-ball. Nul n’a exigé de comptes ou de sanctions, ni même jugé utile de qualifier clairement de tels propos. Toute la journée du 7 avril, les commentateurs ont spéculé sur les intentions du président américain — va-t-il le faire ? s’agit-il d’une stratégie de négociation ? —, tandis que les chaînes d’information en continu déployaient leurs bandeaux-chocs : « Cette nuit, 2 heures, fin de l’ultimatum. Trump va-t-il détruire l’Iran ? À suivre en direct sur BFM TV ».

ILLUSTRATION RAMIRO ALONSO

L’accumulation des crises (écologique, sanitaire, économique, énergétique…), la multiplication des conflits, le génocide perpétré à Gaza dans l’indifférence des chancelleries, l’enchaînement des nouvelles dramatiques à un rythme toujours plus frénétique ont produit une accoutumance au pire, conjuguée à un sentiment d’impuissance. Cette journée presque comme une autre sera peut-être la dernière en Iran, mais pour « nous » le soleil se lèvera demain comme ce matin, alors à quoi bon s’inquiéter ? Cette fois, M. Trump n’a pas mis sa menace à exécution. Mais, en l’absence de toute résistance, ses mots ont fait leur œuvre. Ils ont repoussé les frontières du dicible, et déjà commencé à tracer celles du possible.

Benoît Bréville

Notes :

(1) Mathias Risse, « “A whole civilization will die tonight” : The day the American president threatened genocide », Harvard Kennedy School, 8 avril 2026, www.hks.harvard.edu

DESSIN SERGIO LANGER

 

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25 AVRIL, RÉVOLUTION DES ŒILLETS ET LA DÉMOCRATIE FLEURIT

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25 avril 1974. La révolution des Œillets déferle sur le Portugal. Quels en sont les acteurs et les actrices ? Révolution pacifique, révolution fleurie, révolution populaire, comment permet-elle d’ouvrir une période de transition démocratique ?
1974 -25 AVRIL- 2026
RFI - RADIO FRANCE CULTUREE,
SÉRIE « DE L’ANGOLA AU PORTUGAL, LA RÉVOLUTION DES ŒILLETS »
25 DE ABRIL, RÉVOLUTION DES ŒILLETS. ET LA DÉMOCRATIE FLEURIT
« LE COURS DE L'HISTOIRE » PAR XAVIER MAUDUIT
DIFFUSION MERCREDI 24 AVRIL 2024

« À l'heure où l'extrême droite européenne se mue en franchise MAGA, on peut dire plus que
 « Le combat continue ». Désormais, on dirait plutôt « La lutte continue ». / 25 avril, toujours. »
ILLUSTRATION ANDRÉ CARRILHO
 

C’est une histoire qui s’écrit en couleurs, avec du rouge et du vert bien sûr, mais aussi du jaune, du bleu, du blanc et du noir. Ce sont les couleurs du drapeau portugais, celles qui colorent les rues de Lisbonne le 25 avril 1974, lors d’une révolution qui, elle aussi, évoque des couleurs : celles des fleurs, les œillets !

À LISBONNE, LE 25 AVRIL 1974.
PHOTO JEAN-CLAUDE FRANCOLON / GAMMA-RAPHO


D'un coup d'État militaire...

Le MFA ou Mouvement des Forces armées est le grand artisan de la révolution des Œillets. Composé d’officiers plutôt jeunes et dont les sensibilités politiques sont plutôt de gauche, ce mouvement voit le jour dans le contexte des interminables guerres coloniales du régime salazariste. Les officiers sont en effet de plus en plus critiques sur l’investissement de l’État portugais dans son empire colonial et souhaiteraient a minima une négociation avec les puissances colonisées, voire une décolonisation, pour sortir de l’enlisement du conflit. Le MFA devient peu à peu le bras armé d’un projet de coup d’État militaire, qui donne naissance à la révolution des Œillets. Son objectif est double : faire chuter la dictature, mais aussi construire un nouveau régime démocratique. Dès mars 1974, le MFA élabore un programme politique autour de trois D : "Démocratiser : on promet des élections libres, le démantèlement de la dictature et de sa police politique. Décoloniser : donner aux peuples colonisés leur indépendance et cesser le(s) guerre(s) (coloniales). Et ensuite développer, avec quelques phrases à connotation de gauche", rapporte l'historien Victor Pereira.

► À écouter aussi :       « JOSÉ MARIO BRANCO, RÊVES D’AVRIL »

... à une révolution populaire 

Déclenchée par une chanson devenue mythique, "Grândola, Vila Morena" de Zeca Afonso, diffusée à la radio comme un signal codé, la révolution des Œillets prend une tournure inattendue. L’action conçue au départ comme un coup d’éclat militaire se transforme rapidement en révolution populaire lorsque la population descend d’elle-même dans les rues pour soutenir les insurgés du MFA. Cette réaction semble témoigner du grand désir de démocratie qui anime la population portugaise dans son immense majorité et a donné lieu à un récit parfois mythifié de la révolution des Œillets, souvent présentée comme une révolution pacifique.
 
Une révolution non-violente ?

COMMÉMORATION DU 50ème
ANNIVERSAIRE DU 25 AVRIL
DESSIN MARTA NUNES
Il est vrai que le sang a peu coulé : la PIDE, la féroce police politique de la dictature, fait quatre morts en tirant sur la foule, mais les affrontements ne tournent pas au tragique. "Dans l'après-midi, on tire sur la façade de la jardinerie. On ne tue personne, on ne blesse personne, mais il s'agit pour (le capitaine) Maia et le MFA de montrer que s'il le faut, ils utiliseront les armes", observe Victor Pereira.

Une révolution mythifiée ?

Cette mémoire de la révolution est incarnée par son nom même, la révolution des Œillets, une action qui ne peut que sembler fleurie, colorée, festive et printanière. Le nom de la révolution vient du fait, avéré, que les marchands et marchandes ambulants d’œillets de Lisbonne ont spontanément distribué des fleurs aux soldats le 25 avril 1974. Décorés de rouge et de blanc, les soldats mettent les fleurs à leurs boutonnières, voire les accrochent sur leurs fusils. Menée littéralement la fleur au fusil, la révolution des Œillets est donc généralement présentée comme une révolution non-violente, populaire, joyeuse, qui a rencontré très peu de résistance – il est vrai que l’Estado Novo salazariste tombe en quelques heures. Toutefois Victor Pereira fait remarquer que les œillets interviennent dans un second temps et occultent souvent la violence potentielle de cette révolution, tout comme ils atténuent le processus révolutionnaire enclenché : "Le 25 avril, c'est à la fois la fin d'une dictature, le début de la fin d'un empire qui se disait vieux de cinq siècles, mais c'est surtout le début d'un processus révolutionnaire contre le capitalisme, contre la propriété privée, avec des occupations, etc."

Néanmoins, la démocratie ne s’impose pas comme par magie au Portugal. Une fois l’euphorie de la révolution passée, une longue période de transition démocratique s’ouvre pour le pays, jusqu’en 1976, qui n’est pas exempte de tensions et de conflits.

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«PORTUGAL»
Pour écouter cliquer ici ! ]
 GEORGES MOUSTAKI «PORTUGAL»

Pour en savoir plus

Victor Pereira est historien, chercheur à l’Institut d’Histoire Contemporaine de l’Université Nouvelle de Lisbonne.
Publications :
C’est le peuple qui commande. La révolution des Œillets 1974-1976, Éditions du Détour, 2023
Le Portugal depuis la révolution des Œillets. Dynamiques politiques et sociales, co-dirigé avec Christophe Roux et Marie-Hélène Sa Vilas Boas, L’Harmattan, 2022
La Dictature de Salazar face à l’émigration. L’État portugais et ses migrants en France (1957-1974), Presses de Sciences Po, 2012
Références sonores
Chanson "Grândola, Vila Morena" de Jose Afonso, album : Radio Renascença
Archive du journal de 20h, 16 mars 1974
Extrait du film Capitaines d'avril de Maria de Medeiros, 2000
Archive de l'émission Au-delà des faits, ORTF, 25 avril 1974
Archive d'un reportage intitulé "Coup d'État du général Antonio de Spinola", Magazine 52, 25 avril 1974
Archive de Cecilia Gabizon dans l'émission Faut pas rêver, France 3,16 juin 1995
Musique du générique : Gendèr par Makoto San, 2020

 

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COMMÉMORATION DU 50ème
ANNIVERSAIRE DU 25 AVRIL
DESSIN MARTA NUNES

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vendredi, avril 24, 2026

AU CHILI, LE GOUVERNEMENT VEUT DIMINUER LES IMPÔTS DES GRANDES ENTREPRISES ET RÉDUIRE LES DÉPENSES PUBLIQUES

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LE MINISTRE DES FINANCES CHILIEN JORGE QUIROZ,
LE «SPÉCIALISTE EN COLLUSION» 
 À SANTIAGO, LE 16 AVRIL 2026.
PHOTO  RODRIGO ARANGUA

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Le Monde

Au Chili, le gouvernement veut diminuer les impôts des grandes entreprises et réduire les dépenses publiques / Le gouvernement du président d’extrême droite José Antonio Kast a présenté, mercredi 22 avril, une grande réforme visant à réduire le déficit et la dette du pays. / D’un côté, des baisses d’impôts pour les grandes entreprises et des facilités pour les investisseurs. De l’autre, une réduction des dépenses publiques et le choix de répercuter la hausse des cours du pétrole directement sur le portefeuille des Chiliens. Au pouvoir depuis le 11 mars, José Antonio Kast réincarne les « Chicago Boys », ce groupe d’économistes auquel appartenait son frère Miguel Kast, dont les préceptes néolibéraux ont été appliqués dans le pays andin lors de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990). [Kast : « le Robin des bois des riches »]

Par Hippolyte Radisson (Santiago, correpondance) Publié aujourd’hui à 10h32 Temps de Lecture 3 min.

« Il n'y a pas d'alternative »
ILLUSTRATION DE L’EXPRESSION
“THERE IS NO ALTERNATIVE” 

le président d’extrême droite a présenté mercredi 22 avril le projet de loi « pour la reconstruction nationale et le développement économique et social ». Son premier défi législatif se trouve désormais entre les mains des députés. « Les finances publiques souffrent d’un déficit chronique et d’un endettement qui compromettent la viabilité du Trésor public à moyen terme », est-il écrit en préambule du texte de 33 articles.

LE RÔLE DU COORDINATEUR ÉCONOMIQUE DE KAST
 DANS LE MODÈLE DE COLLUSION DES POULETS
FOTOMONTAGE INTERFERENCIA

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

Le fondateur du Parti républicain attribue en partie cette « crise fiscale » à une « mauvaise gestion » du président de gauche sortant. Gabriel Boric a terminé son mandat avec un déficit budgétaire de 2,8 % du produit intérieur brut (PIB) en 2025, au-dessus de l’objectif fixé. La dette publique est passée de 3,9 % en 2007 à 41,7 % du PIB en 2025. De tels niveaux seraient considérés comme excellents en Europe puisqu’ils correspondent peu ou prou à celui de l’Allemagne pour le déficit public (2,9 %) et les Pays-Bas pour la dette (44,4 %)

DESSIN AUREL

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« Réforme la plus néolibérale depuis la dictature »

Le remède proposé par José Antonio Kast tient en une maxime, prononcée par son ministre des finances, Jorge Quiroz, mercredi 22 avril : « Redonner au Chili la compétitivité nécessaire pour attirer les investissements. Avec davantage d’investissements, il y a plus de croissance. La croissance entraîne l’emploi. L’emploi permet le bien-être. » Le gouvernement vise une croissance de 4 % d’ici à 2030, contre 2,5 % en 2025.

Le projet de loi prévoit le passage de 27 % à 23 % en quatre ans de l’impôt pour les moyennes et grandes entreprises, une diminution de la TVA sur les rapatriements de capitaux, une accélération de la résolution et de la validation des études d’impact environnemental et le financement de la reconstruction après les incendies dévastateurs de 2024 et 2026.

GAZ . 1940. HUILE SUR TOILE, D'EDOUARD HOPPER.
FONDS MME SIMON GUGGENHEIM


► À lire aussi :    L’ESSENCE DU NÉOLIBÉRALISME

La gauche dénonce une « loi tutti frutti » qui creusera les inégalités. « Cette baisse d’impôts concerne les 1 % les plus riches. Elle entraîne 4 milliards de dollars [3,42 milliards d’euros] de perte pour l’Etat, sans aucune compensation économique. C’est une mesure idéologique, seulement soutenue par la promesse d’une – théorique – future croissance économique », s’indigne le député socialiste Daniel Manouchehri. Et d’ajouter : « C’est la réforme la plus néolibérale depuis la dictature. »

« Certaines mesures pourraient compenser la perte de ressources, comme l’invariabilité de l’impôt pendant vingt-cinq ans pour les grands investissements », estime, quant à lui, Guillermo Larrain, économiste de l’université du Chili. Cette mesure directement inspirée de la dictature militaire « réduit l’incertitude pour les projets de long terme », ajoute celui qui a occupé plusieurs postes dans l’administration des présidents de gauche Ricardo Lagos (2000-2006) et Michelle Bachelet (premier mandat de 2006 à 2010).

En quête d’une majorité, l’exécutif a plusieurs fois retardé l’examen du texte. La droite (76 députés sur 155) a conclu à la dernière minute un accord avec le Parti des gens (PDG, 14 députés) du populiste Franco Parisi, arrivé à la troisième place à l’élection présidentielle, comprenant le maintien de l’impôt sur les PME à 12,5 % et un remboursement de la TVA sur les médicaments et les couches. « Ces mesures devront se matérialiser à travers d’autres projets de loi », indique la députée Zandra Parisi (PDG).

DESSIN SERGIO AQUINDO

Cocktail explosif

DESSIN BECS

Adepte de la théorie du « ruissellement », José Antonio Kast a enclenché en parallèle une politique d’austérité semblable à celle de son voisin argentin, Javier Milei. A Santiago, le son des « casserolades » depuis les fenêtres couvrait son premier discours télévisé à la nation, le 15 avril. Trois semaines plus tôt, il avait modifié le mécanisme permettant d’atténuer les variations mondiales du pétrole, entraînant une hausse historique du prix des carburants, 30 % pour l’essence et 60 % pour le diesel.

Le coût de la vie a augmenté de 1 % en mars. L’inflation devrait se ressentir sur l’« unité de compte » (UF), indicateur sur lequel sont indexés les crédits et les assurances. Une hausse du coût de l’électricité

Les ministères aussi ont été priés de se serrer la ceinture : 3 % de coupes budgétaires, pour des économies de 4 milliards de dollars. Le ministère de la sécurité, secteur décrit comme la priorité du mandat de M. Kast, y a finalement échappé. Au total, le président espère réaliser 6 milliards de dollars d’économie en dix-huit mois. Le tout, sans « toucher aucun droit acquis », a-t-il promis. La fin de la gratuité universitaire pour les plus de 30 ans a un temps été annoncée, avant d’être annulée face aux critiques.

Dans ce contexte, la réception par José Antonio Kast au palais présidentiel de la Moneda de dizaines de ses anciens camarades de l’Université catholique le 10 avril a suscité la polémique. La porte-parole du gouvernement a assuré que le chef de l’Etat avait financé le repas « par ses propres moyens ». La contrôleuse générale de la République a demandé au président de le prouver. Un mois et demi après son investiture, sa popularité est déjà fortement écornée : sa cote de confiance est passée de 57 % à 43 % dans les sondages.

Hippolyte Radisson (Santiago, correpondance)

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 «Le fascisme n'est jamais parti...
il a juste troqué le casque contre une cravate. »
Papelógrafo Brigade Chacon


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jeudi, avril 23, 2026

LA CHILIENNE MICHELLE BACHELET OUVRE LES AUDITIONS DES CANDIDATS AU POSTE DE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU

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MICHELLE BACHELET, CANDIDATE AU POSTE DE PROCHAIN SECRÉTAIRE GÉNÉRAL,
 S'ADRESSE AUX MÉDIAS APRÈS AVOIR PARTICIPÉ À UN DIALOGUE AVEC LES
DÉLÉGATIONS, TANDIS QUE LES CANDIDATS AU POSTE DE NOUVEAU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
DES NATIONS UNIES SONT INTERROGÉS AU SIÈGE DE L'ONU À NEW YORK,
 AUX ÉTATS-UNIS, LE 21 AVRIL 2026.
PHOTO EDUARDO MUÑOZ

Logo
RFI
La Chilienne Michelle Bachelet ouvre les auditions des candidats au poste de secrétaire général de l’ONU / 
Michelle Bachelet a donné le coup d’envoi des grands oraux des quatre candidats au poste de secrétaire générale de l’ONU. Première femme présidente du Chili, Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet a été auditionnée mardi 21 avril par les 193 pays membres. La Chilienne de 74 ans a plaidé pour reconstruire la confiance envers l’ONU, en pleine crises politique et financière. 

Avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten Publié le : 22/04/2026 - 07:20 1 min

La Chilienne Michelle Bachelet veut à la fois réformer et renforcer l’ONU, afin que l’organisation devienne plus agile, plus efficace, plus réactive et plus concentrée. Torturée sous Pinochet, deux fois présidente et ministre de la Défense de son pays, et ayant été à la tête du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, elle estime que le secrétaire général doit être « la voix de la morale » et « plus présent sur le terrain».

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR  

DESSIN BECS

Elle espère que cette fois, contrairement à 1996 où seul des hommes étaient candidats, le monde est prêt pour qu’une femme soit la patronne de l’ONU. « À la dernière élection, il y avait déjà l’idée que le secrétaire général devait être une femme. Et beaucoup de femmes étaient candidates. Mais au final, cela ne s’est pas concrétisé. Si j'étais polie, je dirais que le monde n’était pas prêt. Est-ce qu’il est prêt maintenant ? Je l’espère. Ce serait un très bon signal. Cela donnerait de l’espoir à beaucoup de gens », a-t-elle affirmé. 

DESSIN ALFREDO MARTIRENA

► À lire aussi :   CHILI / LE GOUVERNEMENT KAST RETIRE SON SOUTIEN À LA CANDIDATURE DE MICHELLE BACHELET À L'ONU

Deux des cinq puissants permanents pourraient toutefois bloquer son élection : la Chine, tout d’abord, qui n’a pas apprécié à l’époque son rapport sur le traitement des Ouïghours dans le Xinjiang. Et les États-Unis de Trump, car ancienne médecin, Michelle Bachelet est pro-avortement. 

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FLYER PCCH

mercredi, avril 22, 2026

ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE DE LENINE

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LA C'EST LA SEULE PHOTO DE LA FAMILLE ULIANOV DANS LAQUELLE ILS SONT TOUS ENSEMBLE ... AU CENTRE, NOUS VOYONS LE PÈRE, ILIA NIKOLAEVITCH, ET LA MÈRE, MARIA ALEKSANDROVNA. SUR LES GENOUX DE LA MÈRE SE TROUVE LA PLUS JEUNE FILLE, NOMMÉE MARIA; APPUYÉE SUR L'ÉPAULE DE SA MÈRE, OLGA. A DROITE ET À GAUCHE DU PÈRE SE TROUVENT LES AÎNÉS - ANNA ET ALEKSANDRE -, À SES PIEDS S' DISPOSE DMITRI; À DROITE, VLADIMIR
/ FAMILLE ULIANOV

 1870  - 22 avril - 2026


Le 22 avril 1870 naissait le révolutionnaire le plus célèbre du monde - Vladimir Ilitch Oulianov, plus connu sous son pseudonyme, Vladimir Lénine.  
LÉNINE À ANS AVEC
SOEUR  OLGA. SIMBIRSK,
 1874

Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, fut un révolutionnaire communiste, théoricien politique et homme d'État russe, né le 10 avril 1870 (22 avril 1870 dans le calendrier grégorien) à Simbirsk (aujourd'hui Oulianovsk) et mort le 21 janvier 1924 à Vichnie Gorki (aujourd'hui Gorki Leninskie).

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FLYER PCCh


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jeudi, avril 16, 2026

YOUTUBE SUPPRIME UNE CHAÎNE PRO-IRANIENNE QUI DIFFUSAIT DES VIDÉOS IA DE TRUMP EN LEGO

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Le Devoir
YouTube a supprimé une chaîne pro-Iran qui diffusait des vidéos utilisant l’intelligence artificielle (IA) pour mettre en scène des personnages faits en Lego afin de ridiculiser le président américain Donald Trump, a annoncé la plateforme mercredi. / 
Depuis le début de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, la République islamique mène une propagande notamment constituée de vidéos d’animation façon Lego, mêlant Donald Trump, tirs de missiles et avions de combat.[
YouTube censure]

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Le Devoir

Explosive Media

Explosive Media, un groupe qui se présente comme indépendant mais qui est largement soupçonné d’entretenir des liens avec le gouvernement iranien, s’est fait connaître sur Internet grâce à des vidéos d’animation qui ont accumulé des millions de vues.

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« Nous avons fermé cette chaîne pour violation de nos règles sur les spams, les pratiques trompeuses et les escroqueries », a déclaré un porte-parole de YouTube auprès de l’AFP. La chaîne a été suspendue le 27 mars, a-t-il ajouté sans donner plus de détails.

Explosive Media continue de publier des vidéos anti-américaines sur d’autres plateformes, comme X et Telegram.

Instagram, qui appartient à Meta, a également supprimé le compte du groupe, selon des médias américains, mais un autre compte portant le nom d’Explosive Media était toujours actif mercredi.

Meta n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.

La suppression de la chaîne YouTube d’Explosive Media semble avoir eu un impact limité sur son audience, ses vidéos continuant d’être largement partagées sur la plateforme par d’autres utilisateurs.

Son contenu, en anglais, semble s’adresser à un public situé hors d’Iran, pays où des plateformes telles que X sont bloquées depuis des années et ne sont accessibles que via un VPN. Le groupe a nié tout lien avec le gouvernement iranien, qualifiant cette accusation de « déformation médiatique ».

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CHILI: KAST ANNONCE UNE RÉFORME ÉCONOMIQUE POUR "ROMPRE" AVEC LE CYCLE PRÉCÉDENT

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"Que les grandes entreprises paient leur juste part 
Non à la réforme fiscale de Kast"
FLYER ACCIÓN HUMANISTA

Chili: Kast annonce une réforme économique pour "rompre" avec le cycle précédent / Le président d'extrême droite chilien José Antonio Kast a annoncé mercredi sa première réforme économique d'ampleur, comportant plus de 40 mesures, disant vouloir "rompre" avec le cycle précédent. [Prendre aux pauvres pour donner aux riches]

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AFP 16/04/2026 04:32

DESSIN BECS

Ce projet de "reconstruction nationale", qui doit être présenté dans les prochains jours au Parlement, vise, selon le gouvernement, à relancer l'économie, tandis que l'opposition y voit un plan favorable aux "plus riches".

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"Nous ne sommes pas là pour répéter le cycle précédent, mais pour le rompre. Nous allons rompre avec la stagnation", a lancé M. Kast lors de sa première allocution télévisée depuis son entrée en fonction en mars.

LE PRÉSIDENT CHILIEN D'EXTRÊME DROITE
JOSÉ ANTONIO KAST EST AU POUVOIR DEPUIS LE 11 MARS.
PHOTO PABLO SANHUEZA)

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Avant même son arrivée au pouvoir, l'ultraconservateur avait promis d'instaurer un "gouvernement d'urgence".

Parmi ses premières mesures, il a réduit les dépenses de fonctionnement des ministères et modifié un mécanisme de stabilisation des prix des carburants, entraînant une hausse de plus de 30% de l'essence et de près de 60% du diesel.

Au cours de son premier mois au pouvoir, il a privilégié le recours aux décrets pour faire avancer certaines mesures.

Le projet de réforme prévoit notamment une réduction progressive de l'impôt sur les sociétés, de 27% à 23%, un niveau proche de la moyenne des pays développés.

LA PRÉSIDENTE DU PARTI SOCIALISTE, PAULINA VODANOVIC, ET
LES MEMBRES DE SON GROUPE PARLEMENTAIRE, SUR LA PLAZA
DE LA CONSTITUCIÓN, AU PALAIS DE LA MONEDA, CE LUNDI


- "Tutti frutti" -

Il inclut aussi une baisse, pendant 12 mois, de la TVA sur l'achat de logements neufs et sur le rapatriement de capitaux, ainsi que des mesures sur l'emploi et le logement.

Cet ensemble hétérogène de mesures a valu au texte d'être surnommé une loi "tutti frutti" par l'opposition.

"C'est le gouvernement d'urgence que nous avons promis. Ce n'était pas de la rhétorique, ce sont des mesures concrètes qui vont changer la vie de millions de Chiliens", a ajouté M. Kast, qui entend porter la croissance du PIB de 2,5% en 2025 à 4% d'ici à la fin de son mandat en 2030.

"C'est un projet fondamental pour la réussite du gouvernement", a estimé auprès de l'AFP le politologue Diego Arellano, de l'Université du Développement.

L'exécutif a regroupé des mesures hétérogènes pour en sécuriser l'adoption, certaines, comme la baisse de l'impôt sur les sociétés, ayant isolément un avenir parlementaire "incertain", a-t-il souligné.

Selon le gouvernement, la réforme s'impose en raison des contraintes budgétaires héritées de la précédente administration, marquée par un déficit de 3,6% et une dette publique supérieure à 40% du PIB.

"Ce n'est pas un impôt que l'on baisse pour les riches", a défendu le ministre des Finances, Jorge Quiroz, indiquant que quelque 150.000 entreprises en bénéficieraient.

L'opposition conteste notamment que le gouvernement invoque un manque de ressources tout en promouvant des baisses d'impôts.

«« S'il n'y a pas d'argent... Pourquoi réduire les impôts des plus riches ? » »
 Papelógrafo Brigade Chacon

"Alors qu'il met en œuvre des baisses d'impôts qui profitent aux ménages les plus aisés, il réduit les dépenses publiques", a déclaré à l'AFP Constanza Martinez, présidente du parti de gauche Frente Amplio.

M. Kast a parallèlement promis un plan d'austérité visant à réduire en 18 mois les dépenses publiques d'environ six milliards de dollars, soit 2% du PIB.

Les finances publiques chiliennes se sont dégradées au cours de la dernière décennie, sans que le pays soit en crise budgétaire, selon l'économiste Juan Ortiz.

La dégradation de la situation économique a supplanté la criminalité parmi les principales préoccupations des Chiliens, selon de récents sondages.

L'adoption du projet au Parlement constituera un test clé pour le président Kast, la droite ne disposant pas des voix nécessaires pour en garantir l'approbation.

© 2026 AFP


MANIF CONTRE KK KASST


CHILI : KAST DÉVOILE UNE SÉRIE DE RÉFORMES, DONT UNE BAISSE DE L'IMPÔT SUR LES SOCIÉTÉS 

Chili : Kast dévoile une série de réformes, dont une baisse de l'impôt sur les sociétés / Le nouveau président chilien, Jose Antonio Kast, a détaillé mercredi un ensemble de réformes très attendu, incluant des réductions du taux d'imposition des entreprises, alors que son gouvernement cherche à relancer la croissance et à favoriser la stabilité de l'emploi.


Reuters - Traduit par Zonebourse Publié le 16/04/2026 à 04:47 - Modifié le 16/04/2026 à 04:48

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Quelque 40 mesures ont été présentées dans ce programme. Kast a précisé que celui-ci visait cinq objectifs principaux : améliorer la compétitivité fiscale du Chili, renforcer l'emploi formel, simplifier la réglementation, offrir une plus grande certitude juridique et réglementaire, et faire preuve de retenue dans les dépenses publiques.

LE PRÉSIDENT JOSÉ ANTONIO KAST A CONCLU SA PREMIÈRE ALLOCUTION
TÉLÉVISÉE À L'ÉCHELLE NATIONALE EN APPELANT LE CONGRÈS À ADOPTER
LE PLAN DE RECONSTRUCTION ET DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE
ET SOCIAL. IL A ÉGALEMENT FIXÉ DES OBJECTIFS
 DE CROISSANCE POUR LA FIN DE LA DÉCENNIE.

"Ce projet de loi n'est pas un agenda idéologique. C'est une réponse concrète à... des urgences réelles", a déclaré Kast lors de sa première allocution à la nation depuis sa prise de fonction le mois dernier, exhortant les membres du Congrès à adopter ces mesures rapidement.

Le dirigeant de droite a dépeint le Chili, premier producteur mondial de cuivre, comme un pays miné par le crime organisé et des finances publiques fragiles.

Son gouvernement a affiché son ambition de porter la croissance économique annuelle du Chili à environ 4 %, contre 2,5 % l'an dernier, bien que les analystes se soient montrés sceptiques quant au réalisme de cet objectif.

Kast ne dispose par ailleurs pas de la majorité au Congrès, ce qui pourrait entraver sa capacité à mettre en oeuvre son programme. Les blocs de droite alliés ne détiennent que 76 des 155 sièges de la chambre basse et 25 des 50 sièges du Sénat.

La pièce maîtresse du projet de loi est une proposition de réduction progressive du taux d'imposition des sociétés de 27 % à 23 %, ce qui, selon le gouvernement, s'alerait sur quatre ans. Certains membres de l'opposition ont toutefois soutenu que l'impact réel d'une telle baisse d'impôt restait incertain.

D'autres mesures fiscales incluent la création d'un crédit d'impôt pour le paiement des salaires, conçu pour encourager de nombreuses petites entreprises à déclarer leurs employés plutôt que de recourir au travail au noir.

"Cela injecte 1,4 milliard de dollars par an dans le secteur productif, bénéficie à 235 000 PME (représentant 86 % des bénéficiaires du crédit) et protège plus de 4 millions de travailleurs. L'emploi formel ne sera plus une pénalité mais un avantage", a-t-il affirmé.

  « Petite Grenouille de Darwin et manchot
de Humboldt  la fête est finie... »

MÈME KAST 

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Parmi les autres réformes figurent des mesures visant à accélérer la délivrance des permis environnementaux pour des projets tels que les mines, une exonération temporaire de TVA sur les ventes de logements neufs, 400 milliards de pesos (450 millions de dollars) de fonds pour les régions touchées par les incendies, ainsi qu'une exonération de taxe foncière sur la résidence principale pour les propriétaires de plus de 65 ans.

(1 $ = 884,0000 pesos chiliens) (Reportage de Fabian Cambero ; Version française par [Nom du traducteur])

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"Les riches ont besoin des pauvres… pour rester riches"


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