Logo TV5 Chili : après 100 jours au pouvoir, le président Kast ajuste ses ambitions / Lorsque le président d'extrême droite José Antonio Kast est arrivé au pouvoir au Chili, Franklin Prieto espérait une amélioration de son quotidien. Cent jours plus tard, ce jeune commerçant de Santiago dit ne pas voir les changements qu'il attendait.
TV5 Monde 19 Jun. 2026 à 05h40 / 3 minutes de lecture
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| KK KASST DESSIN BECS |
L'ancien avocat a accédé en mars à la présidence avec la promesse d'expulser quelque 340.000 migrants en situation irrégulière, de lutter fermement contre la criminalité et de relancer l'économie.
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| MANIFESTATION ÉTUDIANTE À SANTIAGO, LE 26 MARS. PHOTO PABLO SANHUEZA |
► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR
Mais Franklin Prieto, 19 ans, se dit "déçu".
"Tout ce qu'on achète, comme la nourriture, a beaucoup augmenté", déplore-t-il, en sillonnant les rues du quartier populaire d'Independencia avec son chariot de chicha, boisson traditionnelle andine.
Son quartier est toujours "gangrené par la délinquance", ajoute-t-il.
Le jeune homme n'est pas le seul à exprimer sa déception : selon plusieurs sondages, la cote de désapprobation de M. Kast dépasse les 50%.
La première grande décision du chef de l'Etat a été de modifier un fonds destiné à amortir la volatilité des carburants. La mesure a provoqué une flambée des prix à la pompe et alimenté l'inflation.
Le gouvernement a accusé son prédécesseur de gauche, Gabriel Boric, d'avoir laissé des finances publiques fragilisées et a fait de la réduction du déficit budgétaire sa priorité.
Solange Molina, employée administrative de 44 ans, en a ressenti les effets. "Je dépense moins pour les loisirs ou les sorties. J'ai davantage peur de dépasser mon budget", explique-t-elle.
Pour relancer l'économie, M. Kast a proposé une vaste réforme visant à stimuler l'activité via notamment des réductions progressives de l'impôt sur les grandes entreprises.
Mais le gouvernement a finalement reconnu qu'il n'atteindrait pas ses objectifs. Il a révisé sa prévision de déficit budgétaire de 0 à 1,5% et abaissé sa projection de croissance de 4% à 3,5% pour 2030, date de la fin de son mandat.
"Nous avions toujours envisagé que la situation puisse être complexe, mais pas dans les proportions que nous avons découvertes", a récemment déclaré le ministre des Finances, Jorge Quiroz.
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| UN HOMME PASSE DEVANT LE PALAIS DE LA MONEDA, SIÈGE DE LA PRÉSIDENCE DU CHILI, À SANTIAGO, LE 17 JUIN 2026 PHOTO RODRIGO ARANGUA |
Premiers revers
La lutte contre l'insécurité, autre grande promesse de José Antonio Kast, s'est aussi heurtée à des obstacles.
Si le Chili reste l'un des pays les plus sûrs de la région, les homicides et les enlèvements ont augmenté au cours de la dernière décennie avec l'arrivée notamment de groupes criminels transnationaux.
Dans ce contexte, la ministre de la Sécurité a été limogée après seulement 69 jours en fonction, un record depuis le retour de la démocratie au Chili en 1990.
Avant son départ, elle avait reconnu devant le Parlement ne pas s'attendre à devoir présenter aussi rapidement un plan de sécurité "structuré et concret".
Le président chilien José Antonio Kast prononce son discours annuel devant le Congrès à Valparaiso, au Chili, le 1er juin 2026.
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| UNE MANIFESTATION CONTRE LA POLITIQUE DU GOUVERNEMENT KAST, À SANTIAGO DU CHILI, LE 3 JUIN 2026. (ACAB) PHOTO PABLO SANHUEZA |
INSÉCURITÉ. LE CHILI PLANCHE SUR UN “REGISTRE DES VANDALES”, UNE MESURE “CLASSISTE”
Insécurité. Le Chili planche sur un “registre des vandales”, une mesure “classiste” / Le président chilien, José Antonio Kast, élu avec un programme d’extrême droite, ambitionne de créer un registre des auteurs d’infractions, délits et crimes, consultable publiquement. Les personnes y figurant s’exposeraient à la suspension de leurs aides sociales. Une mesure dénoncée par l’opposition comme dirigée contre les plus modestes.
Courrier
international
Courrier international Lecture 2 min. Publié le 18 juin 2026 à 09h28
Frapper un médecin ou frauder dans le métro, tuer un policier ou détruire du mobilier urbain, boire de l’alcool ou consommer de la drogue sur la voie publique… Au Chili, outre les peines prononcées par la justice et les amendes infligées par l’administration, ces crimes, délits et infractions de natures diverses pourraient tous avoir la même conséquence : l’inscription sur un “registre des incivilités et des actes de vandalisme” et la suspension d’aides sociales, telles que les allocations logement, les bourses universitaires ou les pensions de vieillesse, énumère El País América.
Le projet de loi visant à sa création a été présenté au Parlement lundi 15 juin, deux semaines après l’annonce officielle de cette mesure, et les réactions sont nombreuses dans la presse locale.Même si l’intention du gouvernement de tenter de dissuader les auteurs d’infractions est “louable”, toutes les méthodes “ne sont pas licites ou pertinentes, soit parce qu’elles peuvent entrer en conflit avec une série de garanties constitutionnelles, soit parce qu’elles pourraient, dans les faits, s’avérer inefficaces”, met ainsi en garde le quotidien La Tercera dans un éditorial. .../...
► À lire aussi : ÉCONOMIE. AU CHILI, LA MÉGARÉFORME DE KAST : MOTEUR DE CROISSANCE OU CADEAU POUR LES RICHES ?
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| LE ROBIN DES BOIS DES RICHES IMÁGEN IA CHATGPT |
Quelques jours plus tard, José Antonio Kast a tenté de reprendre l'initiative en annonçant un renforcement de la présence policière dans 50 quartiers, un durcissement des peines contre le crime organisé et un registre des "vandales" susceptible de priver certains contrevenants d'avantages publics.
Mais c'est sur le terrain de l'immigration irrégulière, en grande majorité vénézuélienne, que les promesses de campagne de Kast se sont heurtées aux plus grandes difficultés.
En trois mois, 639 personnes ont été expulsées, a indiqué le gouvernement à l'AFP. À ce rythme, il faudrait environ 130 ans pour atteindre l'objectif annoncé d'expulser 340.000 migrants.
Le Chili et le Venezuela n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 2024. L'organisation de vols de rapatriement est donc compliquée.
"Le président savait parfaitement que cette promesse n'avait aucun fondement technique ni réelle possibilité d'être appliquée", critique Constanza Schönhaut, députée du Frente Amplio, principal parti d'opposition.
Comme solution, le président entend désormais encourager les départs volontaires.
Pour Roberto Morales, un prédicateur de 69 ans, le gouvernement fait face à de "nombreux obstacles" et il convient d'attendre avant d'évaluer son action.
"Il faut laisser passer du temps avant de pouvoir donner une réponse définitive sur la manière dont ils gouvernent ou sur les promesses qu'ils ont faites", estime-t-il.
International CHILI
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