mardi, octobre 20, 2026

LA TOTALE

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REMBRANDT. — « DE NACHTWACHT » (LA RONDE DE NUIT), 1642

Le Monde
Diplo
C’est comme un accident de la route : carrefour fatal, un mort. Le macronisme meurt à l’intersection qui l’attendait de toute éternité : l’intersection de la route du capital et de la route du peuple. Ici le capital se présente sous sa forme pure, la forme de l’argent qui fait de l’argent, sans médiation : la forme du capital financier. En face : le feu. Le Financial Times qui a le sens de la synthèse, dont manquent tous les médias français embarqués, titre de bonne heure : « La France entre le marché obligataire et les barricades ». Voilà, nous y sommes : à l’os.

La pompe à phynance / 

par Frédéric Lordon 12 octobre 2026

FRÉDÉRIC LORDON
 PARIS, NOVEMBRE 2018
PHOTOST ÉPHANE BURLOT

Quatre décennies de pourriture néolibérale sont en train d’arriver à maturité, en ce point de crise terminale, le point du télescopage de deux principes de souveraineté incompatibles : d’un côté, la revendication de souveraineté des marchés financiers, qui prétendent avoir barre sur l’entièreté des politiques publiques, les conformer selon leurs vœux, tuer dans l’œuf celles qui leur déplaisent ; de l’autre la souveraineté du peuple. Le macronisme est le parti de la première souveraineté contre la seconde : choose France, please the markets — pour le reste, CRS, éborgnements, mutilations. Il aura fallu attendre 2017 pour que le capital fasse élire un homme du capital et que tout apparaisse en pleine lumière : la politique pour le capital, et rien que pour le capital. Auparavant, tout avait été plus ou moins bien recouvert, par des atermoiements résiduels, des timidités embarrassées, des hésitations, parfois même des reculades. Avec Macron, tout est devenu clair.

UN ÉTUDIANT S'ENFUIT POUR ÉCHAPPER AUX GAZ LACRYMOGÈNES
LORS  D'UNE MANIFESTATION CONTRE LE MANQUE DE MOYENS
DANS LES ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES À LYON, EN FRANCE,
LE VENDREDI 2 OCTOBRE 2026.   
PHOTO LAURENT CIPRIANI

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Il n’est pas fortuit que la crise de la dette souveraine éclate en même temps que la crise politique (arrêter de parler de crise « sociale ») : ce sont là des phénomènes d’entrée en phase caractéristiques des ordres globaux allant à leur ruine, lorsque tous leurs processus internes se synchronisent, exprimant l’arrivée au point critique des contradictions fondamentales de la matrice. La matrice a créé elle-même sa propre impasse — son impasse totale.

1) Sanctuariser les marchés financiers, applaudir à leur emprise intégrale sur les politiques économiques, se féliciter de leur rôle de chiens de garde de l’ordre néolibéral : lointains, abstraits, incompréhensibles, hors d’atteinte de tout mouvement de contestation – parfaits. 2) Instituer la Loi fiscale : ni les riches ni le capital ne taxera. 3) Voir en conséquence le déficit se creuser immanquablement, la dette ballonner pareillement. 4) Invoquer LaDette (auto-créée), LesMarchés (délibérément installés) pour commencer le saccage : couper, paupériser, privatiser, marchandiser. 5) Transformer le peuple contestataire en ennemi, le mater à coup d’armes de guerre. Jusqu’au jour où…

Jusqu’au jour où non. Plus. Alors, le bunker que l’ordre des riches pensait s’être construit se retourne en sa fatalité : l’explosion terminale de la matrice. Puisque la dernière variable d’ajustement, celle sur laquelle elle avait tout misé, la variable de la servitude volontaire, vient de sauter. Le Quotidien de la Bourgeoisie, Le Monde, est accablé que Lecornu soit « accablé » – par « la superposition des crises ». On comprend l’accablement de tous ces gens, situés très exactement à l’intersection de la blabérocratie (le gouvernement des nuisibles) et de la morocratie (le gouvernement des crétins) : quand ils ne détruisent pas, ils ne comprennent rien. Leur impasse est totale. L’équation est sans solution, il n’y a plus aucune issue. Le peuple est sorti de la camisole et y a fait entrer Lecornu. Sur injonction, le malheureux doit annoncer un plan de redressement budgétaire au moment où le pays entier se dresse pour lui signifier que non, plus cette fois.

Immense némésis : il ne s’agit même plus de Parcoursup ici, de désindexation des retraites là, d’APL ailleurs. Il s’agit de tout. Aucun pouvoir ne peut rien quand c’est tout qui vient en question. C’est-à-dire quand se redresse la souveraineté primitive du peuple, niée par la souveraineté usurpatrice du capital et des marchés. Cette gigantomachie devait finir par avoir lieu. Nous y voilà.

D’une Totale l’autre

Le pauvre Lecornu n’a pourtant encore rien vu. Comme tous les morocrates de médias, il pense que « la crise financière », c’est la crise de la dette publique. Et ceci du seul fait que le cyclone financier, le vrai, celui des dettes privées, de l’IA, du private credit et du private equity, des dettes des ménages, n’est pas encore là, n’en finit pas de forcir. Il va ravager la finance étasunienne, donc toute la finance mondiale néolibéralisée. Banques et compagnies d’assurance vont aller au sol, il faudra les sauver. Une nouvelle fois. À coup d’argent public. Les sauver en ce moment. De toute façon, la récession qui suivra sera meurtrière. Les déficits exploseront. Ah non, il ne faut pas : les marchés. Lecornu va finir en cure de sommeil.

Parce que c’est la Totale.

La Totale, est aussi une ouverture historique. Sous la figure de la jeunesse, stupéfiante à tous égards, la souveraineté populaire est en train de s’y engouffrer. On connait la seule réponse de l’ordre bourgeois : terroriser. Mais ces « solutions » n’ont qu’un temps. Et surtout qu’une portée limitée : si tout débaroule. Le tout de tout qui est insupportable — lycées, facs, diesel, alimentation, salaires, pompiers, santé, services publics, retraites —, et le tout de tous ceux qui ne peuvent plus supporter l’insupportable. Fatale erreur du macronisme : tout est la martingale de son renversement puisque tout est le nombre. Derrière le fer de lance lycéen, les gros bataillons commencent à piaffer.

C’est la martingale car lorsque tout entre en scène, la terreur change de camp. La révolte Nahel, dont le mouvement actuel est très largement héritier, avait vu la police frôler le point de rupture : trop de clignotants rouges sur le big board de la salle de crise au ministère de l’intérieur, trop de foyers en trop d’endroits sur le territoire, impossible de suivre — alors le Raid, alors la BRI, folies d’un pouvoir déjà aux abois. Nous n’attendons plus maintenant que, dominant une Intersyndicale vouée à l’échec, la classe ouvrière en ses bastions entre en scène : raffineurs, transports, éboueurs. Partout des piquets, partout des blocages : la Totale — mais la nôtre. D’une Totale l’autre : la Totale du soulèvement contre la Totale de la crise bourgeoise. Police débordée, police pourchassée, ou bien rendue à des extrémités qui porteront la haine contre elle à des niveaux où la peur est transmutée en désir de vengeance.

Quoi qu’il arrive désormais, ce pouvoir a perdu. En dix ans, le macronisme a très littéralement détruit le pays. Il sombre dans la honte et le dégoût. Longtemps nous avons attendu le moment de lui présenter la note. Le voici. D’ores et déjà, en plus d’être moralement abaissé, il est symboliquement vaincu. Aucun mouvement en France depuis Mai 68 n’a produit une telle densité d’images. TikTok est devenu la chaîne de la vitalité, de l’invention et de la créativité : quand on ne tremble pas de rage aux vidéos de violences policières, on pleure de rire, ou on pleure tout court tellement c’est beau. Qui l’eut cru : TikTok, la chaîne de Simone Weill revenue : « joie pure ». Un pouvoir tyrannique ne peut pas gagner contre ça. Ici des lycéens chantent « Emmenez-moi » d’Aznavour et sa misère au soleil, là des battles d’aura sous le nez des brutes, ailleurs des requins et des dinosaures, on ne sait plus où donner de la tête. Une radio nous transporte sur le blocage de… l’École Alsacienne. On croit qu’on a mal entendu. Un street medic, nous est-il raconté, y discute avec une bourgeoise en fourrure (sic) du quartier. La fourrure : « Je les soutiens ». En fond sonore, on entend la fin de L’Internationale entonnée à pleins poumons. Seules des périodes de crise extrême produisent des scènes aussi aberrantes, aussi réjouissantes.

Et puis Bally : entré dans l’histoire iconique mondiale d’un coup d’un seul. Il fallait voir mardi dernier la « colonne Bally » remonter la manif sur le côté du boulevard au pas de course en foulées cadencées, sous les hurlements d’enthousiasme. Bally transformé en manga — ses métamorphoses ne sont pas près de s’arrêter. Et en face ? Nuñez, son crane rasé qui en rappelle d’autres, son refus de toute excuse, ses encouragements réitérés à une police massacreuse. Et puis ? Et puis c’est tout. Le désastre symbolique est total. On ne se remet pas de telles conjonctions d’images.

La Totale, c’est donc l’arrivée à son paroxysme d’une configuration de l’État bourgeois qu’on voyait se profiler depuis longtemps déjà : réduit à deux ministères. Le ministère du budget et le ministère de l’intérieur. Ou, pour le dire autrement : le ministère des amis (exemptés d’impôt) et le ministère des ennemis (de l’intérieur). Le premier étant pris à la gorge par l’impasse économique néolibérale, c’est le second qui a désormais tout pouvoir. Il n’est plus qu’un regroupement de brutes sadiques — et à tous les étages, telle est bien la nouveauté du macronisme. Même Pasqua, même Pandraud, même Sarkozy, même Hortefeux savaient s’arrêter. Lallement, Nuñez non. Alors les brutes jouissent de cogner, à crever des yeux, à mutiler, à étrangler des jeunes filles ou à les peloter. Nous vivons une époque où la police contrôle les pancartes. On se demande quel grelot peut s’agiter dans une tête de CRS pour décider si celle-ci oui celle-là non. Qui donne des instructions pareilles ? La violence sexuelle des gardes à vue est sidérante. La police n’est plus qu’un corps dégénéré, et de dégénérés. C’est vrai finalement qu’il y a des zones de non-droit dans le pays : le ministère de l’intérieur, les commissariats.

Tel est le spasme hideux des pouvoirs finissants. Macron, souverain de pacotille et jouet de forces historiques qui le dépassent de toutes parts, est arrivé au pouvoir pour accomplir le néolibéralisme — c’est-à-dire pour le faire finir. Et renversé par qui ? Par des gosses – la honte abyssale en plus de l’échec historique. Une jeune fille noire plie le match en une phrase : « Je ne comprends pas pourquoi ils nous disent de ne pas nous révolter alors qu’on a littéralement au programme que des gens qui se révoltent, Arthur Rimbaud au bac de français, La Boétie, on a Olympe de Gouge et après ils s’étonnent qu’on se révolte ». D’un coup les morocrates des chaînes continues, vieux, blancs, bourgeois — cons –, ridiculisés. Et surtout : l’insondable hypocrisie de la culture bourgeoise exposée en pleine lumière, qui ne fait rien ni de ce qu’elle lit ni de ce qu’elle voit ni de ce qu’elle prétend révérer : qui célèbre pour embaumer et neutraliser. Et que seuls des jeunes gens, du fond de leur intégrité, peuvent redécouvrir.

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Parmi l’avalanche des photos appelées à entrer dans l’histoire, une se distinguera sans doute. On y voit un enfant, assis par terre contre un fourgon, menotté, dominé par les deux brutes qui l’ont arrêté. Tout est sombre dans la photo, le cadrage rend la rue sombre, le véhicule de police est sombre, les deux brutes casquées sont le sombre du sombre. Mais une tache de lumière irradie, saute littéralement de l’image : le visage de cet enfant qui regarde l’objectif. C’est beau comme du Rembrandt.

"Un enfant arrêté par des policiers à Nancy"
PHOTO   SAMY LAIACHI. 
NANCY 7 OCTOBRE 2026


La période entière est devenue mélodramatique – et ça n’est pas un reproche à lui faire. Mélodramatique : tout en polarités accusées — pour ainsi dire, de Rembrandt à Hugo. Il y a la lutte qui est la vie et la bourgeoisie qui est la mort.

 Frédéric Lordon

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samedi, octobre 17, 2026

«NE CHERCHE PAS LE CHAOS» DE MARION BRUNET, COMMENT EXORCISER LES FANTÔMES DU CHILI

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Marion Brunet - Ne cherche pas le chaos Librairie Mollat
CAPTURE D'ÉCRAN 

RFI
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À travers une superbe histoire d’amour entre un père et sa fille, la romancière raconte comment une victime de la dictature de Pinochet est contrainte d’affronter ses traumatismes. / «Ne cherche pas le chaos» de Marion Brunet, comment exorciser les fantômes du Chili

Écouter - 19'30''

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Jean-François Cadet. Publié le : 17/10/2026 - 07:01

JEAN-FRANÇOIS CADET

Victoria ne lui a pas laissé le choix. Elle l’a mis devant le fait accompli. Mais elle l’a fait : elle est partie au Chili, ce pays qui fait partie d’elle-même, puisque c’est celui de son père, mais dont on lui a si peu parlé. Car à ses nombreuses questions, Pablo n’a opposé que le silence. Il ne lui a pas raconté la dictature de Pinochet, il n’a rien dit de ses engagements politiques, il lui a tu la prison et la torture, il ne lui a même pas parlé de ce qui l’a conduit, une fois libre, à quitter le Chili et à s’installer en France, où il a refait sa vie, rencontré Florence, la mère de Victoria, et élevé avec fierté cette fille qu’il aime tant.

MARION BRUNET A LONGTEMPS MÛRI CE ROMAN.
PHOTO  PASCAL ITO

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Jeu de piste

Si Ne cherche pas le chaos est un livre sur le silence, c’est aussi un formidable roman d’amour entre un père et sa fille. Malgré les non-dits, la relation entre les deux personnages est complice, intense, solide. Elle est également nourrie par l’amour des chevaux et par la seule richesse chilienne que Pablo a transmise à Victoria : la poésie. Les mots de Victor Jara, Pablo Neruda, Fernando Alegria ou Violetta Parra ne se contentent pas d’accompagner les personnages : ils les ont forgés. Leurs paroles rythment également le « jeu de piste », de Santiago à Valparaiso, auquel Pablo, obligé de retourner sur le sol chilien après plus de 30 ans d’exil, va bien devoir se soumettre.

► À lire aussi : JOURNÉE DU 17 OCTOBRE, À PARIS : «MACRON, LA VOILÀ TA RÉPUBLIQUE EN MARCHE ! »

SALVADOR ALLENDE EN 1973.
PHOTO JÜRGEN MÜLLER-SCHNECK

Récompensée en 2025 par le prestigieux prix Astrid-Lindgren – que l’on présente souvent comme le « Nobel » de la littérature jeunesse –, Marion Brunet dépeint à la fois les fantômes qui hantent Pablo et l’empêchent de se livrer, et l’aspiration légitime de sa fille à connaître le passé pour construire son avenir.

PRISONNIERS RETENUS DANS LE STADE DE SANTIAGO
 APRÈS LE COUP D’ÉTAT DE 1973.
PHOTO AP

Délicatesse

Peu à peu, les zones d’ombre commencent à s’éclaircir. Et c’est avec beaucoup de sobriété, de pudeur et de tendresse, trois traits de caractère indissociables de son héros, que la romancière lève peu à peu le voile sur ce qu’a vécu Pablo. Une délicatesse que l’on retrouve dans les derniers chapitres du livre, où l’on découvre pourquoi Victoria s’appelle ainsi. Infiniment touchante, la fin du roman est tout simplement magnifique. Tout en rappelant que les peuples ne tirent pas toujours toutes les leçons de l’Histoire : le livre se termine au moment de l’élection de José Antonio Kast, président d’extrême droite qui assume ouvertement son admiration pour l’héritage d’Augusto Pinochet.

► Ne cherche pas le chaos, Marion Brunet (Albin Michel)

LES VERS DE PABLO NERUDA ET D’AUTRES POÈTES CHILIENS SONT
 AUTANT DE PONTS SUR LA RIVIÈRE DE NON-DITS ENTRE LE PÈRE ET SA FILLE.
PHOTO AFP - STF
Les vers de Pablo Neruda et d’autres poètes chiliens sont autant de ponts sur la rivière de non-dits entre le père et sa fille.


vendredi, octobre 16, 2026

UNE NOUVELLE ÉGLISE ÉVANGÉLIQUE CRÉÉE EN MOYENNE CHAQUE JOUR AU CHILI

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PHOTO EX-ANTE

info chretienne
Au cours des trois derniers mois, 82 églises et ministères protestants évangéliques ont été créés au Chili. Un chiffre qui témoigne de l’expansion et de la visibilité croissante de cette branche du christianisme dans le pays.

Info Chretienne Publié le 15 octobre 2026

Ex-Ante

un article publié le 11 octobre dans le média chilien Ex-Ante révèle la création de 82 églises et ministères protestants évangéliques au cours des trois derniers mois. Plus précisément, le Journal officiel du pays fait état de 36 créations en juin, 28 en juillet et 18 en août, soit une moyenne d'environ une église par jour.

PHOTO IA CHATGPT

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Ces églises sont concentrées dans les zones centrales et méridionales du pays et couvrent 13 régions. Contrairement à la structure hiérarchique de l'Église catholique, les églises évangéliques s'organisent à l'échelle locale et de petites communautés émergent, parfois à proximité de leurs voisins.

«Au Chili, on voit naître près d'une église évangélique par jour /
 les implications politiques de l'expansion protestante»
FLYER EX-ANTE

► À lire aussi : AU BRÉSIL, LES ÉVANGÉLIQUES « EN GUERRE SPIRITUELLE » CONTRE LE CANDIDAT LULA

Selon un recensement de 2024, 16,3 % des Chiliens s'identifiaient comme chrétiens évangéliques ou protestants, contre 13,2 % en 1992. Leur présence est particulièrement importante à Biobío (33 %), La Araucanía (27 %), Los Ríos (25 %) et Ñuble (24 %). Les catholiques du pays sont, quant à eux, passés de 70 % à 54 % entre 2002 et 2024.

La place et la visibilité des évangéliques dans la vie politique a également été abordées. Au moins sept membres du Parlement s'identifient comme chrétiens évangéliques et le vice-président du Sénat, Iván Moreira, fréquente une église pentecôtiste à Los Lagos. Cette année, le gouvernement a par ailleurs mis en place une chapelle évangélique dans le palais présidentiel de La Moneda.

Mélanie Boukorras


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jeudi, octobre 15, 2026

TEMPÊTE AU CHILI : CHAOS DANS LES RUES DE SANTIAGO

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TEMPÊTE AU CHILI : CHAOS DANS
 LES RUES DE SANTIAGO

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Article rédigé par Enguerran Babault, Les Révélateurs  France Télévisions Publié le 14/10/2026 14:00

Tempête au Chili : chaos dans les rues de Santiago

De violentes intempéries ont touché la capitale chilienne ce mardi, inondant le métro et privant 20 000 habitants d'électricité. Rares pendant la période sèche, elles sont renforcées par le phénomène climatique El Niño.

► Para leer también:    EL ALUVIÓN DE LAS CONDES Y UNA MIRADA NECESARIA A LA ÉLITE

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Chaos à Santiago  grêle, inondations et coupures de courant frappent la capitale chilienne

Euronews Mis à jour: 14/10/2026 - 10:26 UTC+2
De violents orages accompagnés de grêle ont frappé Santiago, au Chili, mardi 13 octobre, provoquant des inondations, perturbant les transports et privant plus de 36 000 abonnés d’électricité. Toute la région métropolitaine a été placée en alerte rouge.

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Des images tournées par Jennifer Vidal, une habitante de Santiago, montrent des routes recouvertes de grêle et des rues submergées, tandis que d'autres séquences dévoilent des habitants réfugiés à l'entrée d'un immeuble pour échapper aux intempéries.


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DES VÉHICULES SONT SUBMERGÉS DANS
 DES EAUX BOUEUSES APRÈS DES PLUIES AYANT
PROVOQUÉ DES CRUES SOUDAINES À LAS CONDES,
SANTIAGO, AU CHILI, JEUDI 8 OCTOBRE 2026 
AP PHOTO

mardi, octobre 13, 2026

À SANTIAGO, LE PRINTEMPS FLEURIT AU MILIEU DES LIVRES

 

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PHOTO PRISE LE 9 OCTOBRE 2026 MONTRANT DES EXPOSANTS PARTICIPANT À LA QUINZIÈME ÉDITION DE LA « PRIMAVERA DEL LIBRO », À LA GARE MAPOCHO, À SANTIAGO, CAPITALE DU CHILI. L'ARRIVÉE DU PRINTEMPS (AUSTRAL) A ÉTÉ CÉLÉBRÉE À SANTIAGO DU CHILI AU MILIEU DES LIVRES, DES AUTEURS ET DES LECTEURS À LA GARE DE MAPOCHO, UNE GARE FERROVIAIRE CENTENAIRE SITUÉE AU CŒUR DE LA CAPITALE CHILIENNE, QUI A ACCUEILLI CE WEEK-END PLUS DE 200 MAISONS D'ÉDITION À L'OCCASION DE LA QUINZIÈME ÉDITION DU « PRIMAVERA DEL LIBRO ».
PHOTO JORGE VILLEGAS

Xinhuanet
SANTIAGO, 12 octobre 2026. — L’arrivée du printemps austral s’est célébrée à Santiago du Chili au rythme des livres, des auteurs et des lecteurs. Située au cœur de la capitale chilienne, l’Estación Mapocho, ancienne gare ferroviaire centenaire, a accueilli ce week-end plus de 200 maisons d’édition à l’occasion de la quinzième édition du Printemps du livre (Primavera del Libro).

Xinhua Spanish.news.cn | 13 octobre 2026, 06 h 10

organisée par Editoriales de Chile, la manifestation a investi cette année un nouveau lieu, après plusieurs éditions tenues au parc du Stade national. Ce changement a permis de rapprocher la foire de l’un des principaux espaces culturels et patrimoniaux de la ville.

DES VISITEURS DÉCOUVRENT DES LIVRES LORS DE LA QUINZIÈME ÉDITION DU PRINTEMPS DU LIVRE, LE 9 OCTOBRE 2026, À L’ESTACIÓN MAPOCHO, À SANTIAGO, CAPITALE DU CHILI. CETTE ANCIENNE GARE FERROVIAIRE CENTENAIRE A ACCUEILLI PLUS DE 200 MAISONS D’ÉDITION À L’OCCASION DE LA MANIFESTATION.
PHOTO JORGE VILLEGAS

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« Nous célébrons les 15 ans du Printemps du livre, qui s’est imposé comme un important lieu de rencontre autour du livre et de la lecture », a déclaré le ministre des Cultures, des Arts et du Patrimoine, Francisco Undurraga.

Le ministre a également salué la contribution de la foire à la diffusion des livres et au renforcement du secteur éditorial, ainsi qu’à la consolidation des liens entre auteurs et lecteurs.

De son côté, Rocío Barros, présidente du conseil d’administration d’Editoriales de Chile, a souligné que « le Printemps du livre reste le reflet de la bibliodiversité, mais aussi de la professionnalisation du secteur », mettant en avant l’évolution de la manifestation et de l’édition indépendante au Chili.

DES EXPOSANTS PARTICIPENT À LA QUINZIÈME ÉDITION DU PRINTEMPS
 DU LIVRE, LE 9 OCTOBRE 2026, À L’ESTACIÓN MAPOCHO,
À SANTIAGO, CAPITALE DU CHILI.
PHOTO JORGE VILLEGAS

Elle a ajouté que le développement de la foire témoignait de la persévérance d’un secteur qui a su se maintenir et surmonter de nombreux défis.

La programmation comprenait plus de 100 activités : présentations de livres, rencontres et discussions avec des auteurs, séances de dédicaces, rendez-vous professionnels, ateliers et spectacles musicaux.

Roman, poésie, illustration, bande dessinée, littérature pour enfants et adolescents, recherche, patrimoine et bien d’autres domaines littéraires se sont côtoyés tout au long de la manifestation.

Parmi les invités figurait l’écrivaine chilienne Cynthia Rimsky, lauréate du Prix national de littérature 2026, aux côtés d’auteurs et d’éditeurs venus d’Argentine, du Pérou, de Colombie et du Mexique.

La foire a également mis à l’honneur les métiers du livre à travers des activités consacrées à la gravure, au collage, à la reliure, à la sérigraphie et à l’édition expérimentale.

Tania López, une jeune femme de 23 ans venue visiter la foire dimanche, a salué la diversité des livres et des auteurs proposés au public.

« J’essaie de venir chaque année au Printemps du livre, parce qu’on y trouve une très grande diversité d’écrivains et d’ouvrages. C’est passionnant de pouvoir prendre le temps de regarder tranquillement. Il y a aussi toujours des conférences et des présentations intéressantes », a-t-elle déclaré à Xinhua.

DES VISITEURS PARCOURENT LES OUVRAGES PRÉSENTÉS LORS DE LA QUINZIÈME
ÉDITION DU PRINTEMPS DU LIVRE, LE 9 OCTOBRE 2026,
À L’ESTACIÓN MAPOCHO, À SANTIAGO, CAPITALE DU CHILI.
PHOTO JORGE VILLEGAS

Le changement de lieu témoigne également de la croissance d’une initiative lancée en 2012 dans le quartier Italia, dans la commune de Providencia, avec une quarantaine de maisons d’édition.

Depuis, le Printemps du livre n’a cessé d’élargir son public. Cette année, il a célébré sa quinzième édition, tandis qu’Editoriales de Chile marquait le vingt-cinquième anniversaire de sa création.

La manifestation a également proposé des concerts et des prestations musicales d’artistes chiliennes, notamment Cancamusa et Pascuala Ilabaca, ainsi que du chanteur et auteur-compositeur Ángel Parra. Des activités comme le traditionnel « Round de l’illustration » ont élargi la programmation à d’autres formes de création graphique.

Le Printemps du livre a ainsi refermé les portes de sa quinzième édition dans un nouveau cadre, tout en préservant l’essentiel : permettre au public d’accéder gratuitement à une grande diversité de maisons d’édition, de créateurs et de conceptions du livre.


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lundi, octobre 12, 2026

L’AMBASSADEUR DES ÉTATS-UNIS AU CHILI INTERVIENT AVEC PEU DE DIPLOMATIE

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FRANCISCO PÉREZ MACKENNA ET  BRANDON JUDD  
PHOTOMONTAGE EL MOSTRADOR

Diario
Red

L’ingérence manifeste du représentant de Donald Trump au Chili a fragilisé le ministre des Affaires étrangères du gouvernement d’extrême droite de José Antonio Kast. Celui-ci préfère éviter l’escalade des controverses plutôt que de confronter le département d’État aux agissements de l’ambassadeur Brandon Judd.

Libio Pérez Zúñiga — Diario Red   12 octobre 2026, 10 h

LIBIO PÉREZ ZÚÑIGA

Il y a près d’un an, l’ambassadeur de Donald Trump au Chili arrivait à Santiago. Brandon Judd bénéficiait du soutien de la Maison-Blanche, qui le présentait comme un agent particulièrement performant des services américains de contrôle des frontières. Selon les autorités américaines, il avait obtenu des résultats remarquables en matière de contrôle migratoire après avoir travaillé dans une dizaine de postes le long de la frontière avec le Mexique, où il avait également appris l’espagnol.

PHOTO IA CHATGPT

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Son style direct et rugueux est devenu un véritable casse-tête pour la diplomatie chilienne sous le gouvernement d’extrême droite de José Antonio Kast. À plusieurs reprises, Judd a suscité la controverse par ses déclarations sur la sécurité dans l’hémisphère américain, les accords commerciaux avec le Chili, la souveraineté chilienne dans le détroit de Magellan, les revendications territoriales en Antarctique, les minerais critiques et les terres rares. En toile de fond de toutes ces interventions : les relations avec la Chine.

La semaine dernière, le diplomate n’a pris aucune précaution dans ses déclarations sur des sujets particulièrement sensibles.

Le mardi 6 octobre, lors d’un forum ouvert organisé par la Fondation chilienne du Pacifique, un participant l’a interrogé sur l’avenir du système antarctique, les revendications territoriales et le rôle que les États-Unis pourraient jouer dans ce contexte. « L’Antarctique ne relève pas de ma juridiction », a-t-il commencé par répondre, avant d’ajouter : « Le système des traités sur l’Antarctique stipule qu’aucun territoire n’appartient à un pays ; par conséquent, il n’existe pas d’Antarctique qui appartienne au Chili. »

Cette déclaration a ouvert une controverse que les gouvernements concernés par les revendications territoriales préfèrent, jusqu’à présent, ne pas faire monter en intensité, alors que les traités en vigueur continuent de s’appliquer.

Le lendemain, mercredi 7 octobre, Judd a déclenché une nouvelle polémique lors d’une rencontre consacrée à la Journée du commerce mondial. Il a déclaré que les États-Unis « seraient fermes » dans le respect et la défense de la souveraineté chilienne sur le détroit de Magellan, que des responsables argentins ont remise en question. Mais il a immédiatement ajouté :

« Si vous voulez un pays qui vous aide à protéger vos droits sur le détroit de Magellan, si vous voulez toutes ces choses, alors vous devrez aussi travailler avec nous sur les questions qui sont importantes pour nous. »

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Cette déclaration a provoqué une vague de rejet dépassant les clivages politiques. À l’exception de l’extrême droite, une grande partie de la classe politique a dénoncé cette forme de « colonialisme », selon l’expression employée par le sénateur de droite Iván Moreira.

L’opposition a également mis en cause l’ambassadeur Judd et le ministre chilien des Affaires étrangères, Francisco Pérez Mackenna. Le premier a rappelé qu’un ambassadeur ne devait pas s’immiscer dans les affaires intérieures d’un pays, et encore moins de manière aussi répétée que le fait Judd.

La semaine précédente, celui-ci avait déjà critiqué les organisations étudiantes universitaires qui manifestaient dans les rues contre les mesures d’austérité économique du gouvernement Kast. « Nous ne laisserons pas les violents entrer aux États-Unis », avait déclaré le diplomate, alors même que personne ne l’avait interrogé sur les étudiants ni sur leurs actions.

Le ministre chilien des Affaires étrangères a, lui aussi, essuyé des critiques. Francisco Pérez Mackenna a affirmé que la souveraineté du Chili n’avait pas besoin de la protection proposée par les États-Unis. Pourtant, il s’est jusqu’ici refusé à adresser une protestation officielle contre les interventions répétées du diplomate américain.

L’opposition lui reproche le ton conciliant adopté par le chef de la diplomatie chilienne. Celui-ci invoque l’existence de traités bilatéraux, alors même que les États-Unis ne les auraient pas toujours respectés. Washington a notamment imposé des droits de douane sur des produits chiliens exportés vers le marché américain, passant outre les accords de libre-échange conclus entre les deux pays.

Des pressions américaines sur les relations entre Santiago et Pékin

Les débuts de Brandon Judd au Chili ont été difficiles et ont donné le ton de ses interventions ultérieures. L’accord conclu entre le Chili et la Chine pour le déploiement d’un câble de fibre optique reliant Valparaíso à Hong Kong a été écarté à la suite de pressions américaines. Celles-ci ont notamment donné lieu à l’annulation de visas délivrés à un ministre chargé des communications et à d’autres hauts responsables chiliens.

Le lendemain de l’investiture de José Antonio Kast à la présidence du Chili, le département d’État américain et la diplomatie chilienne ont signé un mémorandum portant sur l’accès des États-Unis aux minerais critiques — notamment le cuivre et le lithium, abondants dans le pays sud-américain — ainsi qu’aux terres rares, indispensables aux technologies de pointe dans les communications et l’industrie militaire.

Le contenu de ce document n’a été rendu public que plusieurs mois plus tard. Face au refus des autorités chiliennes de le rendre transparent, c’est l’ambassadeur Judd lui-même qui l’a divulgué.

Un scénario similaire s’est produit avec l’accord baptisé « Bouclier des Amériques », auquel le Chili a adhéré le 22 septembre dernier à New York. Kast avait pourtant participé à la cérémonie de lancement de cette initiative en mars, à Miami, quelques jours avant son entrée en fonction.

Là encore, la présentation chilienne s’est limitée aux aspects liés à la sécurité et à la coopération policière dans la lutte contre la criminalité. Elle a passé sous silence les dimensions militaires de l’accord, la réactivation du Traité interaméricain d’assistance réciproque (TIAR) et les dispositions relatives aux minerais critiques. Les implications de cette initiative pour les relations avec la Chine ont également été occultées, alors que celle-ci est le premier partenaire commercial du Chili en matière d’échanges extérieurs.

Le ministre Pérez Mackenna a d’ailleurs qualifié les États-Unis de « partenaire stratégique », sans rappeler que le volume des échanges commerciaux du Chili avec la Chine dépasse celui réalisé avec Washington.

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Jusqu’où ira l’ingérence de l’ambassadeur ?

Les interventions de Brandon Judd dans les affaires intérieures chiliennes ont atteint un point tel que le parquet national est lui-même intervenu.

L’ambassadeur avait affirmé que son pays disposait d’informations sur la présence présumée de groupes étrangers de gauche qui auraient participé aux épisodes de violence survenus pendant le soulèvement populaire d’octobre 2019. Ces faits font toujours l’objet d’enquêtes de la justice chilienne.

Invité à transmettre ces informations aux tribunaux et à expliquer comment les services de renseignement américains les avaient obtenues, Judd a répondu qu’elles provenaient de sources ouvertes, principalement de la presse.

Cet épisode a mis en évidence, selon l’auteur, le caractère interventionniste des déclarations de l’ambassadeur, mais aussi la fragilité des informations sur lesquelles elles reposaient.

Les deux protagonistes de cette séquence diplomatique ont en commun de ne pas avoir de formation spécifique en relations internationales ni de parcours politique traditionnel.

Brandon Judd, ancien agent du contrôle des frontières et dirigeant syndical, connaît peu les usages diplomatiques. Quant au ministre chilien des Affaires étrangères, il a passé vingt-huit ans à exercer des fonctions de direction au sein du groupe Luksic, l’un des principaux conglomérats économiques du pays, dont la fortune repose notamment sur les secteurs minier, bancaire, forestier et des communications.

Au Chili, plusieurs secteurs politiques réclament que l’ambassadeur américain soit déclaré persona non grata et contraint de regagner son pays. Dans le même temps, des voix demandent la démission du ministre Pérez Mackenna, dont l’autorité diplomatique apparaît affaiblie par les interventions répétées de Judd.

Source : Diario Red — Libio Pérez Zúñiga, 12 octobre 2026.

Mots-clés : extrême droite, Chili, José Antonio Kast, États-Unis, Antarctique, Chine, Brandon Judd, souveraineté nationale.

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« Politique et gouvernement / Comment les flatteries adressées à Trump
ont permis à un agent de la police des frontières d'obtenir un poste
confortable à l'étranger. / Brandon Judd, chef du syndicat
de la police des frontières, flattait Trump.
Il est désormais ambassadeur au Chili. 
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 ILLUSTRATION  GREG HOUSTON