dimanche, juillet 31, 2022

AU CHILI, LE TEXTE DE LA NOUVELLE CONSTITUTION SE VEND COMME DES PETITS PAINS

  [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] 

 

PHOTO  ESTEBAN FELIX

Au Chili, le texte de la nouvelle Constitution s'est déjà vendu à des dizaines de milliers d'exemplaires, du jamais-vu. À un peu plus d’un mois du référendum « pour » ou « contre » la nouvelle Constitution, beaucoup de Chiliens veulent se procurer le petit livre bleu et ses 388 articles juridiques. Alors les maisons d’éditions réimpriment le texte par centaines à la grande joie des vendeurs de rue.

Avec notre correspondante à Santiago, Naïla Derroisné

CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »

Dans une rue piétonne du centre de la capitale, Manuel vend la nouvelle Constitution pour deux euros. Il en écoule entre 80 et 100 exemplaires par jours. « C’est un bon business, bien rentable, se réjouit-il. Même si tout le monde peut télécharger le texte gratuitement en ligne, les gens veulent quand même avoir la version imprimée pour annoter des choses, surligner ou pouvoir lire à nouveau. »

En cinq minutes, quatre personnes s’arrêtent pour acheter le texte. « L’information dans les médias n’a pas été claire. Je veux lire la nouvelle Constitution pour la comprendre moi-même, le partager avec ma famille et aller voter bien informée », explique Iris.

CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »

Felipe vient d’une commune rurale dans le sud de Santiago. « Là-bas, on ne vend pas la nouvelle Constitution, alors mes amis me demandent de la leur acheter quand je viens ici et je la leur donne ensuite», témoigne-t-il.

70 000 exemplaires vendus en un mois

En un mois, la maison d’édition LOM a vendu 70 000 exemplaires de la nouvelle Constitution.

« Dans cette campagne très forte de la droite contre la convention, ils ont utilisé à peu près tous les moyens, et parmi eux, malheureusement, la publication de faux textes. Et c’est important en ce sens que les gens s’assurent que ce soit le vrai », détaille Paulo Slachevsky, le directeur de LOM. Pour lutter contre ces faux textes, le gouvernement chilien distribue désormais gratuitement la version officielle de la nouvelle Constitution.

CHILI

    [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] 

RÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION
CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »

SUR LE MÊME SUJET :

mardi, juillet 19, 2022

LE BOYCOTT DES ARTISTES RUSSES

    [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] 

Concerts annulés, films déprogrammés, contrats rompus avec des théâtres ou des orchestres. On ne compte plus les sanctions que les institutions culturelles prennent contre les artistes russes. Certaines demandent aux artistes évoluant en leur sein de condamner la guerre, alors que d’autres, comme le Festival d’Avignon, proclament la nécessité de faire entendre les voix des artistes russes dissidents. Dans la situation actuelle, tout se passe comme si seule la dissidence pouvait laver ces artistes du péché d’être nés en Russie. Mais la déprogrammation des œuvres et des artistes n’est pas la seule forme de boycott, il en existe une autre, moins apparente, qui n’a nul besoin d’être revendiquée ni même assumée. 

Bernardo Toro 

BERNARDO TORO

Citons, à titre d’exemple, le sort réservé aux nouvelles de Léonid Andreïev que  les éditions Rue Saint Ambroise viennent de publier dans le cadre de leur collection Les Meilleures nouvelles. Parmi les librairies qui diffusent habituellement cette collection, 2 sur 3 ont préféré ne pas mettre en vente le recueil, jugeant qu’il ne se vendrait pas en raison de la nationalité de son auteur.

  LÉONID ANDREÏEV
CHEZ QUIMANTÚ
 

On peut s’étonner d’un tel raisonnement quand on connaît la vie et les prises de position de Léonid Andreïev. Mais notre étonnement ne provient pas de ce malentendu. Ce qui sollicite notre attention est la manière acéphale dont opère cette forme de boycott. Quand on les interroge, les libraires sont les premiers à déplorer un tel boycott qu’ils n’ont pas l’impression d’exercer, mais au contraire de subir. Et, en un sens, on ne peut que leur donner raison. Ce sont en réalité les lecteurs qui, de manière bien souvent inconsciente, se détournent des auteurs russes, les libraires, quant à eux, ne font que prendre acte de ce rejet. On serait par ailleurs mal avisés de reprocher aux libraires leur manque de courage, sachant que la survie de leur commerce, bien souvent menacé, dépend de l’attractivité des produits qu’ils exposent.

Dans cette difficile recherche de responsabilité, il est souvent de bon ton d’incriminer les médias, voire le pouvoir politique. N’est-ce pas eux qui nous parlent jour et nuit de la nécessité de boycotter la Russie par tous les moyens ? L’hypothèse est d’autant plus séduisante qu’elle dédouane les consommateurs qui ne seraient en réalité que les victimes consentantes du matraquage politico-médiatique. Dans tous les cas, force est de constater que les agents qui exercent la censure sont en même temps les victimes qui la subissent et que dans ce brouillage de rôles la notion même de responsabilité perd toute pertinence. Le boycott ressemble ici à un crime parfait.

On a abondamment critiqué la censure que le pouvoir soviétique opérait sur ses opposants et, qu’en digne héritier de ce régime, Poutine continue d’exercer aujourd’hui en Russie. Il serait temps que nous nous penchions sur nos propres formes de censure et sur le rôle qu’y joue la logique marchande et sa souveraineté irresponsable. Les méthodes de censure de nos démocraties libérales sont d’une grande souplesse si on les compare à la brutalité des diktats totalitaires. Tant et si bien qu’on peut à peine parler de censure et de boycott, puisque dans l’acte d’achat où elle se réalise, nous voyons au contraire l’exercice de l’une de nos libertés les plus fondamentales, celle de choisir. Autrefois les régimes totalitaires organisaient des autodafés, nous nous contentons de ne pas acheter des livres, et les libraires nous facilitent la tâche en les ôtant de notre vue. Il s’agit à n’en pas douter, d’un progrès considérable, celui qui, d’après Guy Debord, sépare le spectaculaire concentré (propre aux sociétés totalitaires) du spectaculaire intégré (à l’œuvre dans nos démocraties libérales). Mais il s’agit bien d’un seul et même mécanisme. 

Si vous voulez vous procurer les Meilleures nouvelles de Léonid Andreïev et bénéficier de la promotion que les Editions Rue Saint Ambroise réservent aux lecteurs d’Araucaria, rendez-vous à la boutique en ligne des éditions et tapez (à la dernière étape du paiement) le code promo araucaria. Vous paierez 13,50 € au lieu de 16,50, les frais de port étant offerts.

    [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] 

NOUVELLES DE LÉONID ANDREÏEV 


348 pages
Préface et notices de Serge Rolet
Nouvelles traductions d’Olga Artyushkina,
Laetitia Decourt, Jean-Luc Goester et Serge Rolet


SUR LE MÊME SUJET :


mercredi, juillet 13, 2022

L'INCROYABLE ET TRISTE HISTOIRE D'UNE ÉROTISATION DE LA DROITE !

   [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] 

PHOTOMONTAGE- LA TERCERA

Il est curieux que la disqualification du processus constituant vienne de certaines personnalités du centre gauche. Un cadeau inattendu pour la droite. Mais de quelle droite parle-t-on ?  
RÉFÉRENDUM 4S 2022
« J'APPROUVE »

De la droite la plus conservatrice, partisane de la constitution de 1980. Une droite qui a conservé les idées d' « ordre et de propriété » de la période dictatoriale et qui fait siennes les valeurs de la droite alternative (alternative right o alt-right) nord-américaine (Bolsonaro, Trump).

► À lire aussi :   CHILI / « LE RETOUR À L'ORDRE »

Et cela, au détriment d'une droite sociale, disons, une droite républicaine à l'européenne, avec d'autres principes que le credo néo-libéral.

Il y a, de la part de certaines personnalités politiques du centre-gauche, une inexplicable attirance, sinon une érotisation sournoise des objectifs politiques de la droite, (discréditer la Convention Constituante), «avant de tuer le chien, on dit qu'il a la rage ».

RÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION
CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »

Dans ce flirt, sont éludés  les facteurs qui ont déclenché le « Révolte sociale » du 18 octobre 2019 (ce ne sont pas trente pesos, ce sont trente années). On adopte une position « apolitique » et «raisonnable  », en disqualifiant la valeur souveraine du processus constituant. On proclame le chaos, on oublie que nous venons d'une crise et d'une révolte social dont le leitmotiv  principal aura été la Dignité. Placer la Dignité au centre du débat social, « ce qui est au-dessus de tout prix et ne se prête à aucune équivalence, cela possède une Dignité»(E. Kant).

PHOTO LAURENT VU

Le caractère inique de l'origine de la constitution de Pinochet devrait être une raison suffisante pour vouloir la changer. Mais il semble, que ceux qui auparavant  réclamaient la tête du monstre constitutionnelle de 1980, maintenant se contenteraient d'un changement de coiffure.

Le phénomène qui nous interpelle est l'engouement, qui atteint des secteurs du centre-gauche, pour « l'objet perdu » de la droite.

Comme l'a déclaré Carmen Frei : « Nous ne devons pas être complices de la droite. Nous avons besoin d'un nouveau pacte social ».

CAPTURE D’ÉCRAN

L'attraction irrésistible que ces personnalités ressentent pour le « rejet » de la nouvelle constitution est pour le moins bizarre. Les grands médias s'en font l'écho et la droite s'en réjouit.

Les modifications apportées en 2005 à l'actuelle constitution de 1980, ont voulu donner une nouvelle virginité à cette dernière. En même temps, que faire barrage à tout processus constituant. En d'autres termes, les modifications ont été apportées pour préserver la constitution de 1980 et non pour la changer, légitimant ainsi, a posteriori, tout ce qui s'est passé depuis le coup d'État de 1973.

Cette ambiguïté semble ressurgir dans le processus constituant qui vient de se terminer. Le projet d'une nouvelle constitution est critiqué comme une simple lutte d'intérêts, lui niant son caractère démocratique et souverain.

CAPTURE D’ÉCRAN

Le projet constitutionnel dans son article 1 dit : « Article 1 : le Chili est un État social et démocratique régit par l'État de droit. Il est plurinational, interculturel, régional et écologique ».

Il est clair que l'objectif du nouveau projet de constitution est celui de rompre avec l’État subsidiaire. (le point crucial ici réside dans l'idée qu'on se fait de la société civile, et du droit. Dans une vision purement contractuelle et atomisée des rapports sociaux, le droit dérive de l'intérêt. C'est la notion de Marché, comme forme régulatrice  des liens et des rapports sociaux. Main invisible du marché. Laissez-faire. Dans ce cadre la notion de « contrat social » devient superflue, puisque c'est au marché qui revient le « droit » d'optimiser les prestations et les services. J'ai accès à des services:  santé, éducation. Mais l'éducation et la santé n'est pas un droit).

Déclarer : « le Chili est un État social et démocratique régit par l'État de droit. » c'est postuler que le droit en dérive pas de l'intérêt, mais d'un principe universel. Le même qui préside à la Déclaration Universelle des droits de l'homme. L'homme n'est pas un moyen pour une fin, il est cette même fin. Ce qui est in-substituable, cela a une Dignité. Une société civil, nulle marché ne saurait la fonder,  le pacte social, oui. C'est-à-dire un État de droit. MC

    [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] 

RÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION
CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »

SUR LE MÊME SUJET :


lundi, juillet 11, 2022

NEIGE AU CHILI ET EN ARGENTINE : LE CHAOS ET DES NAUFRAGÉS DE LA ROUTE

  [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]   

CAPTURE D’ÉCRAN

De très fortes chutes de neige ont paralysé les zones frontalières du Chili et de l'Argentine au cours des dernières heures. Les opérations de sauvetage se poursuivent mais sont délicates en raison de centaines de personnes et de camions piégés dans les montagnes.
CAPTURE D’ÉCRAN 

Le système frontal qui a touché plusieurs régions du Chili ces derniers jours a provoqué d'importantes chutes de neige dans la zone montagneuse du centre du pays, où plus de 250 véhicules ont été bloqués aux postes frontières de Los Libertadores et Cristo Redentor, qui relient le Chili à l'Argentine. Les carabiniers aident les personnes bloquées en haute montagne.
CAPTURE D’ÉCRAN 

Dans un communiqué, le délégué présidentiel de la province de Los Andes a fait le point sur la situation du côté chilien de la frontière ce dimanche matin (10 juillet). Il a souligné qu'ils ont travaillé toute la nuit avec les services publics, compte tenu de la préoccupation pour les personnes qui sont bloquées dans ces conditions météorologiques défavorables.

Il a également indiqué que des responsables des routes, des postes frontières, des carabiniers, de l'armée chilienne et des pompiers travaillent dans la zone touchée. De nombreuses personnes se trouvent dans des abris proches, mais certaines ont décidé de rester dans leur véhicule ; ces personnes sont en bonne santé.

RÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION
CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »

Le personnel du poste frontière argentin de Cristo Redentor informe également qu'il travaille depuis hier avec des machines pour dégager la route, afin de secourir les personnes isolées dans le climat montagneux extrême.

Selon les informations fournies par le coordinateur du fret international de l'association des camionneurs de Mendoza, Eduardo Yaya, au média Aconcagua al Día, un événement de cette ampleur n'a jamais été vu auparavant. "Il y a environ 100 camions bloqués dans les caracoles et plus de 200 voitures privées dans la zone de Las Cuevas et Penitentes".

Malheureusement, les conditions défavorables vont se poursuivre au cours des prochaines heures, ce qui rendra difficile le dégagement des routes. Les fortes chutes de neige devraient commencer à diminuer aujourd'hui malgré tout dans la cordillère centrale du Chili, s'arrêtant brièvement au cours de la journée de mardi (12), en attendant l'arrivée d'un nouveau système frontal qui reviendra laisser de la neige dans cette partie de la cordillère dans l'après-midi du mercredi (13).

  [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] 

ÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION
CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »

SUR LE MÊME SUJET :

dimanche, juillet 10, 2022

L’EX-PRÉSIDENT ECHEVERRIA, POURSUIVI POUR LA « GUERRE SALE » CONTRE DES OPPOSANTS AU MEXIQUE, EST MORT

  [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]  

PHOTO JORGE UZON / AFP

Avocat de profession, Luis Echeverria Alvarez a aussi été accusé du massacre de deux cents étudiants dans le quartier de Tlatelolco juste avant les Jeux olympiques de 1968 à Mexico. 
LUIS ECHEVERRIA ALVAREZ
LORS DE SON CENTENAIRE.
PHOTO PEDRO VALTIERRA

l’ancien président du Mexique Luis Echeverria Alvarez (1970-1976), passé à la postérité pour sa « guerre sale » contre des opposants politiques, est mort dans la nuit de vendredi à samedi 9 juillet à l’âge de 100 ans, a annoncé l’exécutif. « J’envoie mes condoléances respectueuses à la famille et aux amis », a déclaré sur Twitter le président actuel, Andres Manuel Lopez Obrador, au sujet de son lointain prédécesseur.

RÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION
CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »



Issu du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, au pouvoir pendant soixante ans jusqu’en 2000), Echeverria est accusé d’être l’un des responsables des massacres d’étudiants du 2 octobre 1968 à Mexico en tant que ministre de l’intérieur, et de la répression d’un autre mouvement étudiant le 10 juin 1971, en tant que président.

Acquitté en 2009 faute de preuves

Avocat de profession, Echeverria a été le premier président mexicain poursuivi en procès, pour sa responsabilité dans le massacre de deux cents étudiants dans le quartier de Tlatelolco juste avant les Jeux olympiques de 1968 à Mexico. Placé sous mandat d’arrêt à domicile, il a finalement été acquitté en 2009 faute de preuves.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés L'ex-président mexicain Luis Echeverria échappe à la justice
Le président a aussi été accusé de disparitions forcées pendant la « guerre sale » contre des groupes d’opposants des années 60 aux années 80. Echeverria est mort deux semaines après l’annonce de l’ouverture des archives militaires de la « guerre sale » aux proches des victimes.

Sur le plan diplomatique, il avait soutenu l’expérience du socialisme démocratique au Chili, et accueilli des réfugiés chiliens au Mexique après le renversement de Salvador Allende par le général Pinochet, en septembre 1973.

Père de huit enfants, Echeverria a été ambassadeur du Mexique devant l’Unesco à Paris après avoir quitté la présidence.

mardi, juillet 05, 2022

CHILI LE PROJET DE CONSTITUTION OFFICIELLEMENT REMIS AU PRÉSIDENT BORIC

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]   

(Santiago) Élaboré pendant un an, le projet de nouvelle Constitution est remis officiellement lundi au président chilien Gabriel Boric. Le texte, qui établit de nouveaux droits sociaux, va ensuite devoir passer par l’étape du référendum dans un pays polarisé.  

PAULA BUSTAMANTE AGENCE FRANCE-PRESSE

PHOTO FERNANDO RAMIREZ

Dans la foulée de la remise, l’Assemblée constituante, composée de 154 citoyens indépendants ou affiliés à des partis politiques, sera dissoute, un an tout juste après avoir commencé ses travaux, le 4 juillet 2021.  

Lire aussi : CHILI : UNE NOUVELLE CONSTITUTION

Puis le texte sera soumis à un référendum à vote obligatoire le 4 septembre prochain : 15 millions de Chiliens devront dire s’ils acceptent (« Apruebo ») ou rejettent (« Rechazo ») cette nouvelle Constitution. Si le rejet l’emporte, la loi fondamentale actuelle, datant de l’époque de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990), restera en vigueur.  

RÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION
CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »

Vu comme une sortie de crise politique au soulèvement de 2019 pour plus d’égalité sociale, le projet constitutionnel consacre à travers ses 388 articles les principales revendications des manifestants.  

Lire aussi : CHILI: LE PROJET DE NOUVELLE CONSTITUTION REMIS AU PRÉSIDENT AVANT SON VOTE PAR RÉFÉRENDUM

Dans le 1er article, le Chili est ainsi défini comme un « État social et démocratique de droit », « plurinational, interculturel et écologique ». « Sa démocratie est paritaire » et « il reconnaît comme valeurs intrinsèques et inaliénables la dignité, la liberté, l’égalité substantielle des êtres humains et leur relation indissoluble avec la nature ».  

« Je pense que nous avons répondu aux demandes sociales, aux aspirations des citoyens », se félicite auprès de l’AFP Barbara Sepulveda, élue de la Constituante pour le Parti communiste. Il s’agit d’une « avancée historique en matière […] de garantie des droits sociaux, qui en outre est imprégnée de féminisme de bout en bout », défend Alondra Carillo, du Front large (gauche).  

D’autres Constituants, à droite sur l’échiquier politique, se montrent plus réservés sur le processus. Cristian Monckeberg, élu de la droite — qui avec 37 sièges sur 154 n’avait pas de majorité de blocage — estime que l’occasion a été « manquée » pour « construire quelque chose qui unit et ne divise pas » le pays.  

« Cela n’a pas été le processus simple et amical que nous aurions voulu ou rêvé. Il y a eu de fortes tensions », reconnaît l’écrivain et journaliste Patricio Fernandez, élu à l’Assemblée constituante parmi les indépendants qui, avec 104 sièges, étaient les plus nombreux.

ÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION
CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »

Désinformation

Outre les vifs débats, les longs mois de travaux ont été marqués par la circulation de nombreuses infox auprès du public sur les articles en train d’être discutés. Les deux tiers nécessaires pour voter les articles ont toutefois contraints au dialogue et permis de modérer les positions.  

Si le texte est approuvé, il placera le Chili à l’avant-garde dans plusieurs domaines. Le droit à l’avortement sera notamment inscrit dans la loi fondamentale.

« C’est une Constitution d’une autre ère. Je suis persuadé que si la Constitution est approuvée, quand on regardera avec recul le processus (…) on le verra avec plus de tendresse et d’admiration que nous le voyons aujourd’hui », estime Patricio Fernandez.  

Totalement paritaire, l’Assemblée constituante comptait aussi 17 sièges réservés à des représentants des peuples autochtones chiliens, dont les Mapuches, peuple originaire majoritaire dans le pays.  

Pour l’avocate mapuche Natividad Llanquileo, élue de l’Assemblée, le processus constitutionnel a représenté « l’espace le plus démocratique que nous ayons connu au fil de l’histoire de ce pays ».

ÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION
CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »

Outre le fait que le texte reconnaît l’existence de divers peuples au sein de la nation chilienne, il accorde une certaine autonomie à des institutions indigènes, notamment en matière de justice.  

À plusieurs reprises ces dernières semaines, le jeune président de gauche, Gabriel Boric, a réitéré à son soutien au projet de Constitution, estimant que l’actuelle, adoptée en 1980 en plein régime militaire et qui limite au maximum l’intervention de l’État, représentait un « obstacle » pour toute réforme sociale de fond.  

À deux mois du référendum, de nombreux sondages indiquent toutefois que le « non » (Rechazo) pourrait l’emporter. Mais le texte final n’a pas encore été diffusé en totalité et une partie des Chiliens reconnaissent ne pas avoir d’opinion définitive sur le texte.

« Les partisans du “oui” doivent convaincre que le texte changera vraiment la vie des gens, tandis que ceux du “non” vont devoir attirer des secteurs plus modérés derrière eux », résume pour l’AFP Claudio Fuentes, politologue à l’Université Diego Portales. La campagne officielle débute mercredi.  


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] 

ÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION
CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »


 SUR LE MÊME SUJET :

lundi, juillet 04, 2022

CHILI : UNE NOUVELLE CONSTITUTION

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]  

PHOTO  MARCELO HERNANDEZ

Le président du Chili, Gabriel Boric, reçoit le nouveau projet de constitution des mains de la présidente de la Convention constituante, María Elisa Quinteros, et du vice-président, Gaspar Domínguez, le 4 juillet 2022, à Santiago, au Chili. 
PHOTO  JAVIER TORRES (AFP)
la nouvelle Constitution, écrite par des membres de la société civile, sera soumise au peuple lors d'un référendum le 4 septembre. Le texte est censé réduire la fracture sociale dans le pays profondément divisé sur nombre de sujets.


- Ñ - Cliquez sur la flèche pour visionner la vidéo ]  

Réaction après la cérémonie de clôture de la Convention
« J'ai 89 ans et je fais confiance aux jeunes. Un accord pour plus de démocratie a été signé aujourd'hui. Il y a des gens qui se gargarisent avec le mot démocratie et qui ont applaudi 17 ans de dictature » (Valentín Trujillo Sánchez, également connu sous le nom de "Maestro Valentín" ou "Tío Valentín")

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]  

RÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION
CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »

JULIAN ASSANGE «FÊTE» SES 50 ANS EN PRISON

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]  

ILLUSTRATION

À
 Londres, Washington, Athènes, Berlin, Paris, les soutiens de Julian Assange se sont rassemblés ce 3 juillet à l’occasion du 50ème anniversaire du journaliste emprisonné, dont ils réclament la libération immédiate. Le journaliste Julian Assange passe ce 3 juillet son 50e anniversaire derrière les barreaux de la prison de haute sécurité de Belmarsh à Londres. Ses soutiens mobilisés depuis une semaine sous le mot d’ordre Assange Week ont tenu à marquer le coup en célébrant l’anniversaire du créateur de WikiLeaks.

Almaghribia Alarabia

PHOTO APK9TO5

Stella Moris, sa compagne ainsi que leurs deux enfants Gabriel (quatre ans) et Max (deux ans) ont participé à un pique-nique sur la place du Parlement à Londres où ils étaient plusieurs dizaines.

La veille, la famille et les soutiens du journaliste avaient fait un tour sur un bateau affublé d’une banderole «Free Assange», sur la Tamise.

Un pique-nique a également été organisé ce 3 juillet devant l’enceinte de la prison de Belmarsh où est détenu le journaliste. Ses soutiens ont apporté un gâteau à son effigie.

À Berlin, ils étaient une dizaine de personnes rassemblées pour demander la libération immédiate du fondateur de WikiLeaks.

À Athènes où vit Yanis Varoufakis, ancien ministre grec des Finances, soutien de longue date d’Assange, ils étaient plusieurs dizaines de personnes rassemblées à l’appel de son organisation Diem, devant l’ambassade de Grande-Bretagne.

PHOTO AFP

Le 17 juin 2022, le gouvernement britannique a annoncé avoir signé le décret d’extradition vers les États-Unis de l’Australien de 50 ans, détenu à la prison de haute sécurité de Belmarsh, près de Londres, depuis trois ans

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a fait appel vendredi de la décision prise par le gouvernement britannique de l’extrader vers les États-Unis, a indiqué la Haute Cour de Londres. L’Australien de 50 ans est poursuivi aux États-Unis où il risque 175 ans de prison pour une fuite massive de documents confidentiels.

Après un long bras de fer judiciaire à rebondissements, la ministre britannique de l’Intérieur Priti Patel a signé le 17 juin un décret d’extradition. Julian Assange, détenu depuis trois ans à la prison de haute sécurité de Belmarsh près de Londres, avait jusqu’à vendredi pour interjeter appel. La justice britannique a confirmé qu’une « notification de Julian Assange pour faire appel de la décision du Home Office de l’extrader a été reçue»(20minutes)

À Washington où John et Gabriel Shipton père et frère de Julian Assange achevaient une tournée pour sensibiliser sur son cas, ils étaient plusieurs dizaines à se rassembler, avec notamment des militants de l’organisation de gauche Code Pink.

À l’autre bout du monde, à Biron Shire, à l’est de l’Australie, pays d’origine de Julian Assange, ses soutiens se sont également réunis à l’occasion de son anniversaire.

À Melbourne également, une grande affiche célébrant les 50 ans de leur compatriote a été brandie par ses soutiens.

À Paris, ils étaient une petite dizaine à se rassembler autour d’un pique-nique en hommage à Julian Assange..

Le patron de Wikileaks a été incarcéré par la police britannique en avril 2019 après avoir passé sept ans reclus dans l’ambassade d’Equateur à Londres, sous surveillance permanente. Soutenu par de nombreuses organisations de défense de la liberté de la presse, il risque aux États-Unis 175 ans de prison pour avoir diffusé, à partir de 2010, plus de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, révélant des crimes de guerre et crimes contre l’humanité, notamment en Irak et en Afghanistan. Les États-Unis, qui veulent le juger pour espionnage, lui reprochent d’avoir mis en danger des sources des services américains, accusation qu’il rejette formellement, soutenu dans sa contestation par les journalistes de grands médias internationaux qui ont contribué aux révélations de WikiLeaks.

#FreeAssange

[ Cliquez sur la flèche pour visionner la vidéo ]  

EXPLIQUEZ-MOI... JULIAN ASSANGE ET WIKILEAKS PAR PASCAL BONIFACE 

SUR LE MÊME SUJET :