mercredi, juin 03, 2020

VIE ET MORT AU CHILI (1/2)

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COUVERTURE DU « LE TREMBLEMENT DE TERRE DU CHILI »
 ILLUSTRATION EAUX-FORTE D'ERIK DESMAZIERES
Littérature - Chronique 
Que reste-t-il de l’homme après la fin du monde ? Que ­devient-il dans le fantasmatique et fantomatique « monde d’après » ? La question agite depuis longtemps la science-fiction. Elle flotte ­aujourd’hui dans les discours et les conversations. Elle était au cœur d’une nouvelle de l’écrivain allemand Heinrich von Kleist, chef-d’œuvre de quelques pages : Le Tremblement de terre au Chili. Kleist a 29 ans lorsqu’il l’écrit, en 1806, à Königsberg, la ville de Kant, au moment où les armées germaniques s’effondrent. L’écrivain et officier prussien s’est engagé contre Napoléon, qu’il considère comme un fléau. Les Français, dit-il, sont devenus « des singes de la raison  ». L’Europe est un champ de bataille et de répression. Un sentiment de catastrophe inspire son texte dense, précis, violent.
« JERONIMO ET JOSEPHE » 
ILLUSTRATION EAUX-FORTE D'ERIK DESMAZIERES
On est en 1647, à Santiago. Josephe, fille d’un noble important de la ville, tombe amoureuse de son jeune précepteur espagnol, Jeronimo. Son père s’en aperçoit, éloigne Jeronimo et met sa fille au couvent. Les deux amoureux se retrouvent clandestinement, le soir, dans les jardins du couvent. Un jour, en pleine messe, Josephe s’évanouit. La bonne société découvre, avec fureur, qu’elle est sur le point d’accoucher. On enferme Jeronimo. Josephe est condamnée à être brûlée vive (après la naissance de leur fils). Le vice-roi du Chili commue la peine : elle sera décapitée. Le jour de l’exécution, devant une foule nombreuse et satisfaite, on la dirige en procession vers le bourreau, à travers les rues de la ville, au moment où, dans sa prison, Jeronimo décide de se pendre. C’est alors qu’un tremblement de terre, en détruisant la ville, en tuant une grande partie des habitants et en provoquant la panique, sauve les deux amants. Chacun ignore si l’autre a survécu.
« SCÈNE D'ÉCROULEMENT »  
ILLUSTRATION EAUX-FORTE D'ERIK DESMAZIERES


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