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| LE PRÉSIDENT ÉLU DU CHILI, JOSÉ ANTONIO KAST, FAIT UN GESTE APRÈS AVOIR RENCONTRÉ LE PREMIER MINISTRE ITALIEN AU PALAZZO CHIGI, À ROME, LE 5 FÉVRIER 2026. PHOTO DE FILIPPO MONTEFORTE |
Meloni, Milei, Orban, les modèles du futur président chilien / José Antonio Kast doit prêter serment le 11 mars prochain. / Juan Antonio kast, le président élu du Chili, a rencontré la présidente du conseil italien Giorgia Meloni ce mercredi 4 février. / José Antonio Kast, 60 ans, ultraconservateur, sera le prochain président chilien. Il doit prêter serment le 11 mars prochain après sa victoire au second de la présidentielle du 14 décembre avec 58,2 % des voix.
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La Libre
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| KAST, A RENCONTRÉ GIORGIA MELONI CE MERCREDI 4 FÉVRIER 2026 PHOTO PRENSA LATINA |
Cette semaine, de passage à Rome où il a pu s'entretenir avec la présidente du conseil Giorgia Meloni, le président élu chilien, qui avait aussi eu des rendez-vous à Bruxelles, au siège des institutions européennes, et avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban, a quelque peu levé le voile sur son futur programme en expliquant qu'il comptait "s'inspirer" de la politique de ses homologues en Italie pour la lutte contre la mafia, en Argentine sur l'inflation, ou encore en Hongrie sur l'immigration.
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| « La seule limite, c'est ma moralité » DESSIN MONERO_PAT |
En quête de majorité
Mais le futur président chilien, premier élu de droite depuis la fin du régime de Pinochet, qui revendique son attachement l'héritage du caudillo resté au pouvoir de 1974 à 1990, sait qu'il devra composer avec une absence de majorité au parlement, renouvelé lors de législatives qui se sont tenues le 16 novembre 2025, en même temps que le premier tour de la présidentielle.
En alliance avec l'extrême droite de Johannes Kaiser (Parti national libertarien) et la droite d'Evelyn Matthei (Chile Vamos), il ne pourra compter que sur 25 des 100 sièges du Sénat et 76 députés sur 155, à deux sièges de la majorité. Il devra donc toujours composer pour mener la ligne dure contre la criminalité et l'immigration clandestine qu'il a promis lors de la campagne, d'autant que beaucoup d'observateurs de la vie politique chilienne affirment que les élus de Chile vamos ne sont pas disposés à suivre docilement la ligne du nouveau président. Un futur chef de l'État qui a déjà démontré par ailleurs dans ces précédentes fonctions politiques qu'il pouvait faire preuve de rigidité dans la négociation d'accords.
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| «Réhabilitation à titre posthume» DESSIN JOEP BERTRAMS |
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Gouvernement "d'urgence"
Interrogé ce jeudi sur ses sources d'inspiration après ses rencontres avec Meloni et Orban, M. Kast a répondu : "nous pouvons nous inspirer d'exemples qui ont fait leurs preuves dans différents pays, tels que la lutte contre l'inflation en Argentine, la lutte contre les mafias ici en Italie, la lutte contre l'immigration clandestine en Hongrie ou en République dominicaine, et la lutte contre les gangs au Salvador", avant d'ajouter : "Nous n'allons pas nécessairement copier exactement ces modèles, mais nous pouvons intégrer les politiques publiques de chaque nation".
Alors qu'il avait promis de former un gouvernement représentatif des partis de droite et d'extrême droite qui l'ont soutenu au second tour de la présidentielle, l'équipe qu'il a présenté à la toute fin du mois de janvier fait surtout la part belle aux "indépendants" (16 ministres sur les 24 qui composent le futur exécutif) qui affichent une expérience politique particulièrement faible (13 n'ont jamais occupé de fonction publique) et à des poids lourds du milieu des affaires.
"Ce cabinet ne naît ni de quotas, ni de calculs, ni de pressions. Il naît d'une conviction profonde et d'une vocation commune : toujours placer le Chili au premier plan", a expliqué le président élu qui a évoqué un "gouvernement d'urgence" composé de 24 ministres (qui ont tous été soumis à un test antidrogue préalable).
Cette quête de ministres "indépendants" démontre à souhait la méfiance de José Luis Kast pour le milieu politique. En s'entourant de non-politiciens, il espère pouvoir aller vite dès les premiers jours de son mandat mais la méconnaissance des arcanes politiques pourrait donner un gouvernement d'annonces plus que de réalisations.
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