mercredi, janvier 16, 2008

Le Pérou porte son différend maritime avec le Chili devant la CIJ


Le gouvernement péruvien a présenté officiellement mercredi une requête devant la Cour internationale de Justice (CIJ) de la Haye concernant son différend maritime avec le Chili, a annoncé le président Alan Garcia.

L'ancien ministre de la Défense, Allan Wagner, a été chargé de défendre le dossier devant les instances internationales avec une équipe de juriste.

"Aujourd'hui nous entamons le long chemin pour obtenir une solution juste avec le Chili concernant les espaces maritimes", a déclaré le chef de l'Etat péruvien devant le parlement.

Le ministre chilien des relations extérieures, Alejandro Foxley, a déclaré mercredi soir à Santiago, "regretter profondément" cette décision, expliquant que la requête du Pérou "ignorait les traités en vigueur entre les deux pays et que les territoires (en question) se trouvaient indiscutablement sous souveraineté et juridiction chilienne".

Le Pérou réclame au Chili un espace maritime de près de 100.000 km2 sur l'Océan Pacifique à la frontière entre les deux pays. Selon Lima, la frontière devrait être représentée par une ligne partageant de manière égale l'angle formé par le côte péruvienne et chilienne.
Le Chili soutient que la ligne de partage doit être perpendiculaire à ses côtes comme cela a été défini par des accords en 1952 et 1954. Santiago estime que ces accords sont définitifs alors que les diplomates péruviens soutiennent qu'il ne s'agit que d'accords concernant des zones de pêche mais pas d'un traité frontalier.

Le Pérou a perdu une partie de son territoire au sud de Lima lors de la guerre de Pacifique contre le Chili en 1879.

Une décision de la CIJ pourrait prendre cinq à dix ans.

LE CHILI SE PORTE CANDIDAT POUR ACCUEILLIR LE RALLYE DAKAR

Le sous-secrétaire d'Etat chilien aux Sports, Jaime Pizarro, en visite mercredi à Paris, proposera officiellement que son pays accueille le rallye Dakar, annulé cette année en raison de la situation en Mauritanie, a annoncé mardi le porte-parole du gouvernement chilien, Francisco Vidal.

M. Pizarro "se rend à Paris avec une lettre signée par la présidente du Chili, Michelle Bachelet, qui garantit les conditions réclamées par les organisateurs (du rallye Dakar) au gouvernement chilien", a indiqué Francisco Vidal.

Jaime Pizarro rencontrera jeudi à Paris les responsables d'Amaury Sport Organisation (ASO), organisateurs du rallye Dakar, afin d'officialiser la proposition du Chili d'accueillir l'épreuve sur son sol. (AFP)


Après l'annulation du rallye en 2008 pou cause de menace terroriste en Mauritanie, le gouvernement chilien n'a pas écarté l'hypothèse d'une course commune avec l'Argentine, autre candidat.

Le gouvernement chilien a annoncé mercredi 16 janvier qu'il était prêt à accueillir le rallye Dakar, annulé cette année, sans exclure un parcours commun avec l'Argentine, autre candidat qui s'est manifesté auprès d'Amaury Sport Organisation (ASO).
"Nous avons noté l'inquiétude des fédérations (automobile et moto) et notre intention est de satisfaire leurs exigences. Il est clair que sans l'appui d'un pays, cette course ne peut se faire", a avancé le sous-secrétaire d'Etat aux Sports, Jaime Pizarro."Là-bas, le plus important, c'est ce que décidera l'organisateur français. De notre côté, nous préparons une carte pour concrétiser notre proposition officielle", a précisé Oscar Santelices, directeur de l'Office national du Tourisme chilien.

"Amener la course en Amérique du Sud"

Oscar Santelices n'a pas écarté l'hypothèse d'une course commune avec l'Argentine, avec qui le Chili organise déjà le rallye Patagonie-Atacama.
"Nous n'excluons pas de prendre contact avec les autorités (argentines) mais nous n'en avons pas encore pris l'initiative, a-t-il précisé. Décider d'où part et où arrive le rallye, c'est le travail d'ASO. La première tâche, c'est d'amener la course en Amérique du Sud."
L'édition 2008 du Rallye-raid Dakar a été annulée le vendredi 4 janvier en raison de menaces terroristes, à la veille du départ de Lisbonne.

DEUX ANS APRÈS SON ÉLECTION, MICHELLE BACHELET DÉÇOIT


Première femme élue à la tête d’un pays sud-américain, en janvier 2006, la locataire du Palais de la Moneda ne convainc pas.

Après deux années à la tête du Chili, Michelle Bachelet serait-elle déjà "à bout de souffle"? Largement victorieuse le 15 janvier 2006, avec 53,5 % des voix, la présidente socialiste dégringole, dans les sondages, sous la barre des 40 %. Et suscite des critiques de moins en moins voilées, y compris au sein de la coalition gouvernementale. 

Malgré plusieurs nouveaux programmes destinés à réduire la "fracture sociale", son bilan à mi-mandat déçoit. D’autant que la croissance ralentit et que l’inflation augmente. "Manque de sens politique" Dès les premiers mois, tout a mal commencé. En mai 2006, peu après son intronisation, des manifestations monstres de lycéens et de collégiens éclatent, à la surprise générale. Qualifié de "légitime" par la présidente, ce long mouvement social, centré sur la qualité de l’éducation, entraîne un premier remaniement ministériel, suivi d’un autre quelques mois plus tard. Depuis lors, la locataire du palais de la Moneda multiplie les maladresses. 

"Ancienne ministre de la Santé, puis de la Défense, Michelle Bachelet n’a jamais occupé de charge élective avant de devenir présidente de la République, note l’analyste Oscar Godoy. Son manque de sens politique est évident. À chaque crise, elle répond par la formation d’une commission. Cela dégage une impression de naïveté et d’absence de programme politique." De fait, la coalition au pouvoir depuis la fin de la dictature, en 1990, est plus fragile que jamais. Avec la mort du général Pinochet, voilà un an, le principal facteur de cohésion entre socialistes, démocrates-chrétiens et radicaux a cessé d’exister. Alors que la présidentielle de janvier 2010 habite déjà les esprits, un institut de sondage a publié récemment une enquête qui fait mal : 55% des Chiliens préféreraient que le prochain président soit un homme…

mardi, janvier 15, 2008

Lien Siglo XXI

CHRISTOPHE COLOMB A BIEN IMPORTÉ LA SYPHILIS D'AMÉRIQUE

REPRÉSENTATION PHOTOGRAPHIQUE NON DATÉE D'UN TRÉPONÈME, UNE BACTÉRIE 
DU GENRE DES SPIROCHÈTES, TELLE QUE L'AGENT DE LA SYPHILIS, RÉALISÉE DANS 
LE LABORATOIRE DE VIROLOGIE ET DE BACTÉRIOLOGIE DE L'HÔPITAL HENRI MONDOR DE CRÉTEIL.
PHOTO AFP


Une étude sur l'évolution génétique de la bactérie responsable de la syphilis accrédite la thèse d'un agent infectieux rapporté d'Amérique en Europe par les expéditions de Christophe Colomb. Une équipe américano-anglo-canadienne a publié, lundi 14 janvier, sur le site de la revue en ligne PLoS Neglected Tropical Diseases, un article qui tend à trancher dans ce sens une controverse vieille de cinq cents ans.
la première épidémie connue de syphilis est survenue en 1495, alors que Charles VIII assiégeait Naples. Une fois rentrés dans leurs pays, les mercenaires étrangers qui servaient dans les troupes du roi de France disséminèrent la maladie. La survenue d'une telle épidémie, trois ans seulement après la découverte de l'Amérique, a fait naître l'hypothèse d'une maladie rapportée du Nouveau Monde par les marins au service du roi d'Espagne, d'autant que des cas de syphilis ont été décrits parmi eux. Mais d'autres théories ont suggéré la trajectoire inverse, partant de l'idée qu'avant l'épidémie de 1495 la syphilis avait pu être confondue en Europe avec d'autres maladies.

La syphilis est une infection sexuellement transmissible due à une bactérie, le tréponème pâle (Treponema pallidum). Tous les tréponèmes ne sont pas pathogènes pour l'homme. Certaines sous-espèces sont responsables, en zone tropicale, de maladies cutanées à transmission non sexuelle : le pian, la pinta et le bejel. Transmis par contact cutané dans l'enfance, le pian sévit en Amérique, en Afrique, en Océanie. Comme les caractéristiques antigéniques du tréponème pâle sont proches de celles du Treponema pertenue, agent du pian, il existe une immunité croisée entre les deux maladies : le fait d'avoir l'une immunise contre l'autre.

EVOLUTION DE LA BACTÉRIE

L'étude phylogénétique de PLoS Neglected Tropical Diseases reconstitue l'arbre généalogique des tréponèmes. Katherine Harper et ses collègues arrivent à la conclusion que le pian est une maladie ancienne, contrairement à la syphilis, qui serait apparue beaucoup plus récemment. De plus, de toutes les souches non vénériennes étudiées, les souches les plus proches de celles responsables de la syphilis sont celles du pian en Amérique.

Ces constatations étayent la thèse d'une évolution de la bactérie sur ce continent vers le tréponème pâle. L'équipage de Christophe Colomb aurait rapporté l'agent infectieux, ou tout au moins une sous-espèce de tréponème responsable du pian, qui aurait ensuite évolué vers la forme du tréponème pâle, dans les conditions environnementales différentes de celles de l'Amérique tropicale.

Cette théorie est cohérente avec le fait que des scientifiques ont pu établir l'existence d'infections à tréponèmes dans le Nouveau Monde il y a sept mille ans, à une époque où ni l'Europe ni l'Afrique ne les connaissaient. Cependant, l'étude comporte des limites. Comme le font remarquer, dans un commentaire accompagnant l'article, trois autres chercheurs américains, elle n'a porté que sur un petit nombre de variations génétiques.

Paul Benkimoun

lundi, janvier 14, 2008

VOL 714 POUR ANTARCTICA


Il n’y a vraiment plus aucune terre inaccessible sur cette Terre. Le premier d’une série de vols commerciaux pour l’Antarctique a eu lieu vendredi, inaugurant la première navette régulière vers le continent glacé.
Jusqu’ici, scientifiques et touristes se rendaient essentiellement en Antarctique par bateau —un voyage de deux semaines si on part de l’Australie. Des avions militaires américains, russes et autres s’y rendent également depuis longtemps, en été, via la Nouvelle-Zélande, le Chili ou l’Afrique du Sud. Mais une liaison commerciale? Certains caressaient le rêve depuis un demi-siècle, d’autres souhaitaient ne jamais voir ce rêve prendre forme; déjà, le nombre croissant de touristes qui viennent jusque-là par croisières organisées a été accusé de menacer le fragile écosystème de ce continent glacé.

C’est à bord d’un Airbus A319 de la compagnie aérienne australienne que 20 personnes, des dignitaires -dont le ministre australien de l'Environnement- et quelques représentants des médias (dont le photographe de l’Agence France-Presse), ont effectué ce vol inaugural depuis Hobart, Australie, jusqu’à la station australienne de l’Antarctique, Casey, près de laquelle a été érigée une piste d’atterrissage au coût de 41 millions$ US.

Le vol a duré quatre heures et demi. L’avion est demeuré au sol trois heures avant de repartir, sans qu’il ne lui soit nécessaire de refaire le plein (photos sur le site de la BBC).

es vols devraient être hebdomadaires pendant l’été, soit d’octobre à mars. Officiellement, la ligne aérienne n’est pas ouverte aux touristes, mais uniquement aux scientifiques, encore que l’expérience de la station spatiale ait démontré que la définition d’un touriste peut être élastique.

« Cela révolutionnera la façon dont nous pouvons faire nos recherches », s’est réjoui le chef scientifique de la station Casey, Michael Stoddart, sur les ondes de l’agence de presse australienne.
Pascal Lapointe

Au Chili, un océan construit pour les touristes


Sur la côte Pacifique, à 130 kilomètres de Santiago du Chili, se dresse San Alfonso del Mar. Plage de sable, restaurant, salles de cinéma et boîtes de nuit : ce complexe touristique créé en 2007 pourrait ressembler à n'importe quelle station balnéaire. A ceci près qu'il entoure la plus grande piscine du monde.

1 kilomètre de long, 2,5 millions de litres d'eau, une surface de 8 hectares. Le gigantisme de la piscine de San Alfonso del Mar, n'a pas d'équivalent sur Terre. Ces dimensions exceptionnelles lui ont valu d'entrer dans le livre Guinness des records en 2007.

Se baigner dans une piscine n'a rien d'original. Pouvoir y naviguer beaucoup plus. Grâce à ses dimensions hors du commun, la piscine de San Alfonso del Mar permet à ces vacanciers du bord de mer de pratiquer des activités nautiques (bateau, canoë ou planche à voile) sans affronter les vagues et les embruns du Pacifique.

Réaliser cette piscine a nécessité un investissement de 3,5 millions de dollars, soit environ 2,4 millions d'euros, selon le constructeur Crystal Lagoons. Un coût qui semble limité, compte tenu du gigantisme de l'ouvrage. Quant à la maintenance, Crystal Lagoons se contente d'expliquer que son coût se limite à un quart des sommes nécessaires à l'entretien d'un terrain de golf.

Située au bord de la mer, cette piscine est remplie d'eau provenant directement de l'océan Pacifique. De l'eau salée, donc, mais claire et propre grâce à un procédé unique au monde, appelé l'oxygénation pulsée. Non seulement, il permet de purifier d'énormes masses d'eau, mais en plus, il utilise 100 fois moins de produits chimiques que les procédés traditionnels.

La prouesse technique des concepteurs de cette piscine profonde de 3 mètres réside dans la clarté de l'eau salée. D'un bleu turquoise digne des plus beaux lagons tropicaux, l'eau de cette piscine permet aux plongeurs, selon ses créateurs, de bénéficier d'une visibilité de 35 mètres.

Si les touristes ressentent le besoin de se baigner dans une mer artificielle, c'est bien que l'océan Pacifique tout proche n'est pas particulièrement attirant. L'eau y est bien souvent fraîche, les rivages rocailleux : difficile d'y pratiquer des sports nautiques en toute sérénité.

L'initiateur de ce projet pharaonique s'appelle Fernando Fischmann. En 1997, ce biochimiste chilien, devenu promoteur immobilier pour hauts revenus, décide d'installer un complexe immobilier autour d'une piscine géante sur la côte. Les techniques traditionnelles étant trop onéreuses, il se lance dans la conception d'une technologie originale adaptée aux gros volumes et crée Crystal Lagoons Corporation.

Débuté en 1997, l'aventure de Crystal Lagoons Corporation aura duré presque 10 ans avant de se concrétiser sur le sol chilien. La mise au point du procédé technique de nettoyage de l'eau puis la construction de la piscine et des infrastructures immoblières ont permis aux premiers touristes de débarquer à San Alfonso del Mar en 2006 mais le chantier n'est pas achevé. Le dernier coup de peinture sera donné en 2009.

Autour de la piscine, le complexe doit comporter au total une dizaine d'immeubles. Aucun hôtel, les appartements sont soit vendus, soit mis en locations. A ce jour, 800 logements ont trouvé preneurs et 140 autres en cours de construction sont en vente. A terme, le promoteur, la société El Plomo, qui appartient aussi à Fernando Fischmann, entend commercialiser 1.300 appartements sur le site.

Au bord de la piscine, ces appartements bénéficient d'une vue imprenable sur l'océan Pacifique. Les acquéreurs ont dû payer le prix fort pour devenir propriétaires de ces logements : le promoteur les vend 2.000 dollars le m², soit environ 1.350 euros.

Pour le complexe touristique de San Alfonso del Mar, Fernando Fischmann n'a rien laissé au hasard. Le créateur de la piscine géante et promoteur des immeubles gère aussi les activités des résidents. Restaurant, boîte de nuit ou thalasso, tout est géré par la société El Plomo dont il est PDG.

Le site de San Alfonso del Mar comporte le plus aquarium du pays. Derrière les 25 mètres de vitres, 42 espèces de la faune maritime chilienne évoluent dans une eau claire et transparente identique à celle de la piscine.

La société de Fernando Fischmann déborde d'idées pour installer d'autres complexes sur les côtes chiliennes. A la Serena, à Maitencillo, mais aussi une nouvelle fois à Algaborro, des projets similaires devraient sortir de terre prochainement. Quant au complexe de Bahia Tricao, il comptera deux grands lagons de 7 et 12,5 hectares ainsi qu'un golf 36 trous. Au total, ce sont 9 projets qui sont à l'étude au Chili.

Crystal Lagoons ambitionne de dépasser largement les frontières chiliennes pour son développement. Et c'est au Panama que sera construite la deuxième plus grande piscine du monde, d'une suface de 7 hectares. A Coronado, le projet Playa Blanca Resorts comptera un hôtel 5 étoiles et coutera au total la bagatelle de 700 millions de dollars.

Dans les prochaines années, c'est du côté de Dubaï que devrait se concrétiser les prochaines réalisations de Crystal Lagoons. La société y a même ouvert un bureau régional. A ce jour, plusieurs projets sont en discussion avec différents promoteurs immobilier de la région, mais rien n'a encore été signé et les études restent confidentielles.

Fête des Pastèques à Paine

Photos Pablo Mardones

samedi, janvier 12, 2008

STEPHEN HAWKING EST ARRIVÉ AU CHILI POUR PARTICIPER À L’ANNIVERSAIRE DE SON COLLÈGUE CLAUDIO BUNSTER.

Claudio Bunster
Le scientifique Stephen Hawking est arrivé au Chili mardi, pour prendre part l'anniversaire de son collègue, le physicien Chilien Claudio Bunster, où, au lieu de couper un gâteaux d’anniversaire, les hôtes effectueront des révisions du travail de Claudio Bunster pour postérieurement publier un livre à ce sujet.

En arrivant au 60 anniversaire d’un membre consacré de la Communauté scientifique ses collègues proches voyagent pour le visiter dans son pays où ils célèbrent une « fête – séminaire » basé sur le travail de scientifique de Claudio Bunster. Les hôtes préparent préalablement une communication «paper» a exposer pendant la célébration puis coordonnent les conclusions qui serons compilées et publiées.

La proximité entre Bunster et Hawking est due à la similitude entre leurs sujets d'étude.

Le physicien Chilien Claudio Bunster, reçois outre Hawking, Leonard Susskind, Francois Englert, Robert Wald, Lars Blink entre autres.

QUE LES TROUS NOIRS SOIENT !

PHOTO  © NASA. PAUL E. ALERS
Stephen Hawking est sans conteste le scientifique en activité (disons le physicien en activité, pour ne froisser qu'eux) le plus connu du monde, surtout si l'on mesure la célébrité à l'aune de la médiatisation : qui d'autre peut se targuer d'apparaître en "guest star" dans les Simpsons tout en siégeant à la prestigieuse Royal Society de Londres?
Les éditeurs rivalisent d'opiniâtreté, de talent et/ou de moyens pour qu'il inscrive son nom sur la jaquette d'une de leurs publications, qu'il ait contribué substantiellement ou non à sa rédaction. Ses livres destinés au grand public ont remporté un franc succès, particulièrement pour des ouvrages de vulgarisation scientifique (publié en 1988, Une brève histoire du temps s'est vendu, à ce jour, à plusieurs millions d'exemplaires, sans compter la version abrégée et mise à jour, Une belle histoire du temps, parue en 2005).

La réédition l'été dernier d'Une brève histoire du temps offre l'occasion de s'intéresser à nouveau au physicien britannique et au livre qui l'a rendu célèbre.

Né en 1942 à Oxford, Stephen Hawking ne manque jamais de préciser que sa naissance coïncide jour pour jour avec le trois-centième anniversaire de la mort de Galilée. C'est à l'université d'Oxford qu'il effectue son premier cycle universitaire (undergraduate), après une scolarité primaire et secondaire dans le privé, comme la majorité des étudiants d'Oxbridge à l'époque (la proportion est aujourd'hui "tombée" à environ quarante-cinq pour cent). Il poursuit ensuite ses études à Cambridge, où il entre à l'Institut d'Astronomie au début des années 1960. C'est à cette même époque qu'une série d'examens médicaux, effectués à la suite de chutes sans cause apparente, révèlent qu'il est atteint de sclérose latérale amyotrophique, plus connue en France sous le nom de maladie de Charcot, une maladie neurodégénérative conduisant à une atrophie musculaire avancée, d'issue généralement mortelle. On imagine sans trop de peine le désarroi dans lequel le plonge ce diagnostic. La rencontre de celle qui deviendra sa (première) femme et la mère de ses trois enfants l'aide à sortir de la dépression, et il s'engage résolument sur la voie d'une carrière universitaire, après l'obtention de son doctorat en 1966. Il s'impose rapidement comme un acteur majeur de la physique théorique contemporaine : il est élu à la Royal Society en 1974 et accède en 1979 à la chaire lucasienne de mathématiques de l'université de Cambridge, chaire fondée au XVIIe siècle par un parlementaire, Henry Lucas, et occupée en son temps par Isaac Newton.

Avant d'être la figure médiatique que l'on connaît, Hawking est donc un savant reconnu par ses pairs comme l'un des plus brillants de sa génération. Stephen Hawking possède en effet à son actif quelques réussites scientifiques remarquables. Il prouve dès la fin des années 1960, avec Roger Penrose, que la théorie de la relativité générale d'Einstein (qui donne une essence géométrique à la gravitation) implique l'existence de singularités dans l'espace-temps, c'est-à-dire de points en lesquels la densité de matière, ou la courbure de l'espace-temps, deviennent infinies. Le Big Bang et les trous noirs constituent précisément de tels points, et l'importance des travaux d'Hawking et Penrose tient en grande partie à ce qu'ils démontrent l'existence de ces singularités dans le cadre d'une théorie acceptée et vérifiée (la relativité générale d'Einstein), les faisant ainsi entrer pleinement dans le domaine de la physique et quitter celui des seules anomalies mathématiques.

Les trous noirs, en particulier, fascinent Hawking : la masse concentrée en leur cœur est telle que rien ne peut échapper à leur emprise gravitationnelle, pas même la lumière. Les trous noirs n'émettent donc rien ? Pas tout à fait – et c'est Hawking qui le découvre, dans les années 1970 . Ces astres singuliers émettraient un flux, ténu mais réel, de particules et d'antiparticules surgies du vide sous l'impulsion déchirante des forces de marée, flux connu aujourd'hui sous le nom de rayonnement de Hawking. Ces travaux le font connaître des astrophysiciens du monde entier dès le milieu des années 1970, et le placent d'emblée au rang des scientifiques les plus marquants de la seconde moitié du XXe siècle.

Le grand public, lui, découvre Hawking principalement à partir des années 1980, sa condition physique jouant bien sûr un rôle prépondérant dans l'accroissement de sa renommée, ce dont il est conscient.

L'immense succès de librairie qu'il connaît avec Une brève histoire du temps assoit sa célébrité dans le monde entier, bien au-delà du cénacle scientifique. Le texte, clair et sans équations , est écrit à l'intention du public le plus large, Hawking confiant dans l'introduction avoir voulu "rendre accessible à une personne dépourvue de formation scientifique les idées fondamentales sur l'origine et le destin de l'Univers". Il y aborde en détail ses thèmes de prédilection : Big Bang, trous noirs, astroparticules, flèche du temps, relativité restreinte et générale ; avec comme fil directeur la quête d'une théorie ultime permettant de décrire les quatres forces fondamentales de la physique . Hawking s'inscrit ainsi dans le mouvement de la physique qui, de l'unification des phénomènes électriques et magnétiques par Maxwell dans les années 1860-1870, à celle, dite du "modèle standard", de l'électrodynamique et des interactions nucléaires dans les années 1970, semble pointer vers une possible "équation du tout", n'était la difficulté encore insurmontée de concilier relativité générale et physique quantique pour décrire la gravitation . Dans cette odyssée, Hawking se place volontiers au bout d'une lignée de savants remontant à Aristote, savants dont il reprend, ou au contraire écarte, les idées. Malheureusement, il donne parfois l'impression de se contenter, pour découvrir la pensée d'un philosophe, de lire un résumé critique de son œuvre, ou de s'en remettre à l'équivalent universitaire des conversations de comptoirs (dont les salles-à-manger conventuelles des Colleges britanniques bruissent, pour le meilleur et pour le pire). Ceci ne l'empêche pas de regretter la "déchéance" des philosophes, qui "n'ont pas été capables de se maintenir dans le courant avancé des théories scientifiques". S'il est déplorable, en effet, que les développements de la recherche scientifique ne jouissent plus aujourd'hui d'un écho aussi grand que par le passé parmi des gens lettrés et cultivés dont les homologues, jadis, possédaient parfois une culture scientifique plus étendue, il est évident que le problème se pose des deux côtés et que la médiocrité des connaissances des uns et des autres en dehors de leur domaine ne laisse pas d'entraver les progrès de la pensée et du développement humain.

Avec Une brève histoire du temps, Hawking prend goût, semble-t-il, à la littérature de diffusion des connaissances scientifiques. Il y revient par la suite régulièrement, tâchant d'expliquer au grand public les avancées de la recherche en astrophysique (Trous noirs et bébés univers, en 1993 ; L'Univers dans une coquille de noix, en 2001). Difficile de ne pas y voir, parfois, des opérations un brin marchandes, comme dans la parution de deux sommes rassemblant de grands textes de l'histoire de la physique (Sur les épaules des géants , paru en 2003) et des mathématiques (Et Dieu créa les nombres , paru en 2005). Néanmoins, concernant ces deux ouvrages, si Hawking se montre peu rigoureux dans l'étude des sources biographiques , ses présentations scientifiques sont à la hauteur de ses connaissances, et le génie des textes réunis fait qu'on les (re)découvre avec plaisir si l'on n'y a pas accès par ailleurs.

Hawking aime, on l'a vu, se placer plus ou moins implicitement dans la lignée des grandes figures de la science, et même, plus généralement, de la pensée. La comparaison, fréquente, avec Albert Einstein, qu'elle se justifie ou non sur le plan scientifique , semble pertinente au moins sur un plan symbolique. En effet, dans un cas comme dans l'autre, nous avons une figure, un nom que l'on investit de tous les attributs de l'intelligence rationnelle jusqu'à ce qu'il fonctionne comme non seulement une métaphore mais même un signifiant de celle-ci, des cours de récréation à la télévision. Chacun connaît les photographies d'Einstein donnant prise au cliché du savant hirsute éprouvant quelques difficultés à vivre en société ou même à garder le contact avec une réalité terrestre que son intelligence lui permet de dépasser voire de transformer. Dans le cas de Stephen Hawking, la maladie assume bien entendu à elle seule une part considérable, dans la perception collective, de la distanciation entre le savant et le commun des mortels. Elle fait également entrer en jeu l'affectif, à travers la sympathie, si ce n'est la pitié, que chacun ressentira à la vue de cette intelligence prisonnière d'un corps débile, que l'on met en scène tel un Icare tentant d'atteindre l'astre tout puissant, la théorie ultime.

Ainsi se trouvent réunis chez Stephen Hawking bon nombres d'éléments, réels ou fantasmés, propres à frapper les esprits contemporains : l'homme maudit pour avoir voulu savoir, condamné à mourir avant même d'avoir achevé la troisième décennie de son existence, mais qui s'arrache par la volonté et l'intelligence à cette trop courte destinée et s'élève dans les plus hautes sphères de la science. Pourtant, là ne réside pas toute la source de sa renommée : pour être connu du grand public, et espérer en être entendu, Messieurs les scientifiques, encore faut-il s'adresser à lui.

INÉS DE MON ÂME D'ISABEL ALLENDE

Milieu du XVIe siècle. Inés, jeune et humble couturière d'Estrémadure s'embarque pour le Nouveau Monde afin d'y chercher son mari, parti quelques années plus tôt, égaré par ses rêves de gloire de l'autre côté de l'Atlantique. Après une traversée mouvementée, Inès accoste au Pérou, où elle apprend que son mari est mort. Elle se sent alors libre de se joindre à une troupe de conquistadors en route pour le Chili. Amoureuse de leur chef Pedro de Valdivia, elle l'aidera à se sortir de bien des situations périlleuses grâce à son intuition féminine, son intelligence et son courage. Valdivia est ambitieux, il veut réussir là où les autres ont échoué. Il cherche les honneurs et la gloire - sinon pourquoi s'acharner à conquérir un pays défendu par des Indiens sanguinaires, un pays dont le sol ne contient ni or, ni argent? Ses visées politiques auront raison de ce grand amour : loin d'Inés, il succombera au combat. Mais celle-ci poursuivra avec Rodrigo Quiroga, l'homme de confiance de Valdivia, la construction de Santiago. Entre eux, c'est un amour puissant qui naît, qui leur permettra de fonder le Royaume du Chili.
Biographie d'Isabel Allende

Nièce du président Salvador Allende et fille de diplomate, la jeune Isabel prend vite le goût des voyages. Après la mort de son père en 1945, elle suit sa mère en Bolivie et au Liban avant de retourner au Chili. Devenue journaliste, elle travaille à partir de 1964, sur des documentaires, des shows télévisés et écrit dans le magazine féminin Paula. En 1971, elle révèle ses talents d'auteur avec plusieurs pièces de théâtre comme 'El embajador', 'La Balada del medio pelo' et 'Los Siete Espejos'. Mais en 1975, fuyant la dictature de Pinochet après le coup d'Etat de 1973 contre son oncle Salvador, elle s'exile avec son mari et ses enfants à Caracas, au Venezuela. Elle travaille pour la télévision, écrit des chroniques pour le quotidien d'information El Nacional, mais aussi des contes pour enfants. Elle se lance dans le roman en publiant 'La Casa de los espiritus' en 1982 dont le succès immédiat fait d'elle l'un des plus grands auteurs latino-américains. Installée en Californie, elle écrit successivement 'De amor y de sombra', 'Eva Luna', 'Los Cuentos de Eva Luna', 'El Plan infinito', 'Paula', 'Afrodita' et 'Hija de la fortuna', tous traduits dans une trentaine de langues et vendus à des millions d'exemplaires.

INES DE MON AME
  • 19,90 Prix éditeur
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vendredi, janvier 11, 2008

LES DROITS DES INDIENS MAPUCHES TOUJOURS NIÉS


José Aylwin Oyarzún, avocat. Photo de W. Painemal.
Pour le directeur de l’Observatoire chilien des droits indigènes, la situation des peuples indiens est plus préoccupante que jamais. L’État ne fait rien pour que leurs droits les plus élémentaires soient reconnus et respectés. 

Une année s’achève et aucun progrès n’a été enregistré dans les relations entre l’État [chilien] et les peuples indigènes. Le Sénat n’a toujours pas ratifié la Convention 169 de ­l’Organisation internationale du travail (OIT), restée dans les cartons depuis 1991. Cette convention, qui reconnaît aux peuples indigènes des droits collectifs, tels la participation et l’autonomie, le droit à la terre, au territoire, et l’intéressement aux ressources naturelles, a déjà été ratifiée par 17 pays, dont 13 d’Amérique latine, et contribue à ouvrir des voies institutionnelles à la solution de conflits historiques. 

Au-delà du plan juridique, l’État chilien a continué par sa politique à léser de différentes façons les droits collectifs et individuels des peuples indigènes. Le gouvernement a notamment maintenu son soutien aux projets d’investissement qui ont été lancés ou qui sont prévus par des entreprises privées, souvent transnationales, sur des territoires indigènes et auxquels s’opposent les communautés. 

De même, la violence policière et la persécution judiciaire à l’encontre de communautés qui résistent à ces projets ou revendiquent leurs terres spoliées constituent toujours une politique d’État. Le cas de la communauté mapuche de Temucuicui, à Ercilla, qui revendique des terres ancestrales qui lui appartenaient, offre un exemple flagrant de cette politique. Tout comme en 2006, la communauté a fait en 2007 l’objet de plusieurs razzias, manœuvres qui visaient à la maintenir dans la terreur. 

Plus de 17 ordres d’arrestation ont été prononcés à l’encontre de ses dirigeants pour divers délits, ce qui l’a paralysée. Faute de motifs valables, la justice a fini par innocenter le mois dernier deux de ces dirigeants mis en cause arbitrairement dans diverses affaires, mais cela n’a pas empêché ces derniers de purger de longues périodes de détention préventive. La détention prolongée d’une dizaine de dirigeants mapuche, arrêtés sous couvert de la législation antiterroriste pour des faits liés à des conflits terriens survenus dans les deux dernières années, constitue une infraction particulièrement grave. 

Deux d’entre eux, qui se définissent, avec quelque raison, comme des prisonniers politiques mapuche, poursuivent depuis déjà [le 10 octobre 2007] une grève de la faim, pour réclamer leur libération et la démilitarisation des zones communautaires en conflit. Le silence du gouvernement – auquel s’ajoute celui de la presse et des secteurs du pouvoir – face à cette réalité dramatique est immoral. 

L’État chilien reste sourd aussi bien aux revendications des Mapuches qu’aux rappels à l’ordre d’instances officielles comme la Commission des droits de l’homme de l’ONU. Celle-ci l’a exhorté, en mars dernier, à prendre diverses mesures : mettre fin aux violences policières, engager des consultations préalables aux projets ­d’investissement envisagés sur les territoires indigènes et modifier la loi antiterroriste afin d’assurer aux peuples indigènes le respect de leurs droits fondamentaux. 

Dans ce contexte, il ne reste pas grand-chose à espérer pour 2008. S’il n’y a pas de la part de l’État une reconnaissance des peuples indigènes et un respect minimum de leurs droits, si aucune voie constitutionnelle ne s’ouvre pour empêcher et résoudre les conflits historiques et actuels qui impliquent ces communautés indigènes, le scénario le plus probable est celui d’une aggravation de ces conflits. C’est une réalité regrettable que ni le gouvernement ni l’opposition ne peuvent ignorer.

* Directeur de l’observatoire des droits indigènes.
José Aylwin*The Clinic

mercredi, janvier 09, 2008

LA VICTORIA A EU 50 ANS





La localité de La Victoria, à Santiago du Chili, a eu 50 ans au mois d'octobre. Elle fut l'une des premières occupations organisées de terres urbaines sur le continent. En un demi-siècle, ses habitants ont construit une ville alternative, résisté à Pinochet, et continuent de tracer des chemins pour sortir du modèle néo-libéral.par Raúl ZibechiL'avenue du 30 octobre arbore fièrement des dizaines de fresques peintes par les brigades de muralistes de la población, du quartier. Elles semblent indiquer au visiteur qu'il est arrivé ailleurs, dans une zone où les habitants ont fait et continuent à faire l'histoire. "Tu vois cette fenêtre où il y a la bougie ?". Macarena désigne une minuscule ouverture en haut d'une modeste habitation, similaire à tous les logements auto-construits de cette localité. " C'est là qu'est mort le père André Jarlán. Une balle l'a tué alors qu'il lisait la Bible, justement le passage qui dit 'pardonnez-leur, Seigneur, car ils ne savent pas ce qu'ils font' " [1].

D'autres témoignages disent que le prêtre était en train de lire le psaume De Profundis, et affirment aussi savoir quelle phrase il lisait quand il fut tué par une balle tirée par les carabiniers, les "pacos" comme on les appelle au Chili. Quoi qu'il en soit, le père André Jarlán fait partie de l'abondante mythologie qui entoure La Victoria. Sa mort eut lieu le 4 septembre 1984 dans le cadre d'une action de protestation nationale contre le régime d'Augusto Pinochet.

Ce jour-là, les carabiniers entrèrent dans la localité en tirant en l'air, comme ils avaient l'habitude de le faire chaque fois qu'ils entraient dans le quartier depuis le coup d'Etat du 11 septembre 1973. A la nouvelle de sa mort, des milliers de personnes allumèrent des bougies et marchèrent jusqu'à sa maison.

Trente-trois ans après, le 10 décembre 2006, à la nouvelle de la mort de Pinochet, La Victoria était en fête. "Les habitants sortaient de leurs maisons, s'embrassaient, pleuraient. Ils avaient ouvert les vannes et s'arrosaient comme pendant le Carnaval ; ils partageaient du vin et dansaient", se souvient Macarena. Dans ce quartier aguerri, il y a peu de familles qui n'ont pas eu un fils tué, prisonnier ou disparu à cause de la dictature militaire.

Un tournant de l'histoire

La nuit du 29 octobre 1957, un groupe d'habitants du Zanjón de la Aguada, un quartier pauvre de 35 000 personnes, de 5 kilomètres de long et de 100 mètres de large dans le centre de Santiago, décida de réaliser la première occupation massive et organisée de terres urbaines. A huit heures du soir, ils commencèrent à démonter leurs cahutes, rassemblèrent des morceaux de tissu pour couvrir les sabots des chevaux pour éviter le bruit, et réunirent " les trois bâtons et le drapeau " avec lesquels ils allaient créer le nouveau quartier. Vers deux heures et demie du matin, ils arrivèrent à l'endroit choisi, un terrain appartenant à l'Etat dans le Sud de la ville [2]. " L'obscurité nous faisait avancer pas à pas. Avec les premières lumières de l'aube, chacun commença à nettoyer son bout de mauvaises herbes, à construire sa baraque et à hisser le drapeau ", raconte l'un des témoignages [3].

Le "campement" a résisté aux actions policières entreprises pour les déloger et les familles ont commencé à construire le quartier. Dès le début, ils ont défini par eux-mêmes les critères qu'ils suivraient. La construction de la localité qu'ils ont appelée La Victoria, fut " un énorme exercice d'auto organisation des habitants ", qui ont dû " joindre leurs efforts et inventer les ressources, en mettant en jeu tous les savoirs et toutes les capacités " puisque le gouvernement, s'il ne les a pas expulsés, n'a pas non plus collaboré à la construction du nouveau quartier [4].

Le premier aspect qui différencie cette expérience des luttes antérieures est l'auto organisation. Une grande assemblée se tint la première nuit pendant laquelle on décida de créer des commissions de surveillance, de subsistance, d'hygiène, etc. Dorénavant toutes les décisions importantes devaient passer par l'étape du débat collectif. Le second aspect est l'auto construction. Les premiers bâtiments publics, également construits par les habitants, ont été l'école et la polyclinique, ce qui reflète leurs priorités.

Pour l'école, chaque habitant devait apporter quinze briques d'adobe [5] : les femmes se procuraient la paille, les jeunes fabriquaient les briques et les enseignants les collaient. Elle commença à fonctionner quelques mois après l'installation du campement et les professeurs travaillaient bénévolement. La polyclinique reçut d'abord les habitants dans une tente jusqu'à ce que l'on puisse construire le bâtiment, de la même manière que l'école. Deux ans après le début de l'occupation, La Victoria comptait 18 mille habitants et un peu plus de trois mille logements. Une ville construite et gouvernée par les plus pauvres sur la base d'un réseau communautaire riche et étendu, comme le rappelle Mario Garcés.

L'"occupation" de La Victoria devint un modèle d'action sociale qui a été reproduit pendant les décennies suivantes et jusqu'à aujourd'hui, non seulement au Chili mais aussi dans le reste de l'Amérique latine, avec des petites variantes. Il consiste en l'organisation collective préliminaire à l'occupation, le choix soigneux d'un espace approprié, l'action surprise de préférence pendant la nuit, la recherche d'une protection légale en entretenant des relations avec les églises ou les partis politiques, et l'élaboration d'un discours qui légitime l'action illégale. Si l'occupation réussit à résister aux premiers moments durant lesquels les forces publiques tentent l'expulsion, il est très probable que les occupants vont réussir à s'installer.
Ce modèle d'action sociale, assez différent des installations individuelles par familles qui prédominent dans les favelas, les callampas et les villas miseria [6], a d'abord été mis en pratique dans les années 1950 à Santiago et à Lima et est ensuite apparu dans les années 1980 à Buenos Aires et à Montevideo, des villes plus " européennes " parce que plus homogènes [7].

Une ville nouvelle

L'occupation "suppose une rupture radicale avec les logiques institutionnelles et avec le principe fondamental des démocraties libérales : la propriété" [8]. La légitimité tient lieu de légalité et la valeur d'usage de la terre prévaut par rapport à sa valeur commerciale. A travers cette action, un groupe de personnes qui n'était pas pris en compte se convertit en un sujet politique et social. A La Victoria, il y a quelque chose en plus : l'auto construction des logements et du quartier signifie l'appropriation par les habitants d'un espace dans lequel habite désormais un "nous" qui s'érige en auto gouvernement du lieu.

Cette caractéristique englobe tous les aspects de la vie quotidienne. Les habitants de La Victoria n'ont pas seulement construit leurs logements, leurs rues, leurs canalisations d'eau et installé l'électricité, ils ont aussi construit l'école et la polyclinique. Ils ont gouverné leurs vies, gouverné tout une localité, et créé des formes de pouvoir populaire ou contre-pouvoirs.

Les femmes ont joué un rôle remarquable, au point que beaucoup d'entre elles prétendent avoir laissé leurs maris pour participer à l'occupation, ou ne pas les avoir informés du tournant crucial qu'elles allaient prendre dans leur vie. " J'y suis allée seule avec ma fille de sept mois, puisque mon mari ne m'a pas accompagnée ", raconte Luisa, qui avait 18 ans au moment de l'occupation [9]. Zulema, 42 ans, se souvient que " plusieurs familles sont venues en cachette de leurs maris, comme moi " [10]. Les femmes des couches populaires avaient, même au milieu des années 50, un niveau d'autonomie surprenant. Pour parler précisément, il faudrait dire les femmes et leurs enfants, les mères. Elles ont pris les devants non seulement lors de l'occupation, mais aussi à l'heure de résister à l'expulsion et de se mettre face aux carabiniers avec leurs enfants.

L'historien chilien Gabriel Salazar affirme que les femmes des couches populaires ont appris dès avant 1950 à organiser des assemblées de conventillo (maison d'habitation collective), des grèves de locataires, des occupations de terrains, des groupes de santé, des résistances aux expulsions policières et d'autres formes de luttes. Pour devenir " maîtresses de maison ", elles ont dû devenir activistes et promouvoir les occupations ; ainsi, les pobladoras ont développé "un certain type de pouvoir populaire et local", qui se résume en la capacité de créer des territoires libres dans lesquels se pratiquait un " exercice direct de souveraineté ", dans le sens où ils constituaient de véritables communes autonomes [11].

La Victoria s'est construite comme une communauté de sentiments et de sens. Là-bas, l'identité n'est pas ancrée dans le lieu physique, mais dans les affects, dans ce qui a été vécu en commun. Les témoignages racontent que, dans les premiers temps, tous s'appelaient compañeros. En partie parce qu'ils tout se faisait tous ensemble. Mais il ne s'agit pas d'un compañerismo idéologique, mais de quelque chose de plus sérieux : les pluies de novembre ont provoqué la mort de 21 nourrissons.

Journée internationale de la Femme et l'Anniversaire de la Población La Victoria.Cette activité il a eu lieu dans le Centre Culturel Pedro Mariqueo, organisé par le Groupe de femmes la Kuneta
La mort des enfants est quelque chose de spécial. Quand les travailleurs ruraux sans terre du Brésil occupent un terrain, ils dressent une immense croix en bois. A chaque fois qu'un enfant meurt dans le campement, ils y pendent un morceau de tissu blanc. C'est quelque chose de sacré. A La Victoria, quand un enfant mourrait, et parfois aussi quand un adulte décédait, une longue caravane se formait et marchait jusqu'au cimetière après avoir parcouru les rues de la localité.
Jusqu'au coup d'Etat de 1973, les secteurs populaires ont été les principaux créateurs d'espace urbain. En septembre 1970, la ville était en complète transformation, de par l'influence des campements qui étaient " la force sociale la plus influente dans la communauté urbaine du grand Santiago " [12]. Le coup d'Etat d'Augusto Pinochet cherchait à renverser cette position quasi hégémonique acquise par les couches populaires. Ce tiers de la population de la capitale qui avait construit ses quartiers, ses logements, ses écoles, ses dispensaires et faisait pression pour obtenir les services de base, était une menace pour la domination des élites. Le régime militaire s'est employé à mettre fin à cette situation, en déplaçant toute cette population vers des lieux construits par l'Etat ou le marché.
Entre 1980 et 2000, on a construit à Santiago 202 000 "logements sociaux" pour transférer un million de personnes - un cinquième de la population de la capitale - qui vivaient dans des poblaciones auto construites, c'est-à-dire, dans des complexes d'habitations séparés, éloignés du centre. On a construit pour les pauvres une énorme quantité de logements de mauvaise qualité dans tout le pays. On a commencé par "nettoyer" les quartiers riches. Il y avait deux objectifs à cela : supprimer les distorsions de la valeur du sol dans les secteurs centraux provoquées par l'installation de ces populations, et consolider la ségrégation spatiale des classes sociales comme mesure de sécurité.Des urbanistes chiliens considèrent que l'éradication des pauvres de la ville par la dictature a été une mesure radicale et unique sur le continent. Apparemment, la vague de mobilisations de 1983 dans ces quartiers - après dix années de féroce répression et de restructuration de la société - a convaincu les élites qu'elles devaient agir d'urgence, puisque les pobladores avaient été les grands protagonistes des massives actions de protestation nationale qui avaient mis la dictature sur la défensive.
En 1980, il y eut de nouvelles occupations, qui menaçaient de se généraliser.Les femmes contre PinochetA partir 1983, les quartiers créés par les secteurs populaires après l'occupation de La Victoria jouèrent un rôle décisif dans la résistance à la dictature. Les quartiers auto construits et auto gouvernés remplacèrent les usines comme épicentre de l'action populaire. En 1983, après dix ans de dictature, les secteurs populaires défièrent le régime dans la rue à travers onze "actions de protestation nationale" entre le 11 mars de cette année-là et le 30 octobre 1984. Ce sont des jeunes qui y jouèrent le rôle principal, en dressant des barricades et en allumant des feux pour démarquer leurs territoires.
A partir du début des années 1980, les femmes et les jeunes, à travers leurs organisations de subsistance et socio-culturelles, commencent à jouer un rôle de plus en plus important et à répondre à la tentative de la dictature de désarticuler le monde populaire. L'appropriation du territoire que l'on observe dans les actions de protestation, où les barricades imposent des limites à la présence étatique, a été la manière de refuser l'autorité dans les espaces auto contrôlés (" ici ils n'entrent pas ", entendait-on sur les barricades à propos des carabiniers), en organisant de fait un "verrouillage de la población" qui représentait "l'affirmation de la communauté populaire comme alternative à l'autorité de l'Etat et le refus de la dictature comme projet de totalité " [13].
La réponse de l'Etat fut brutale. En un peu plus d'un an, il y eut au moins 75 morts, plus de 1 000 blessés et 6 000 arrestations. En une seule journée de contestation, les 11 et 12 août 1983, 1 000 personnes furent arrêtées et 29 tuées ; 18 000 militaires participèrent à la répression, ainsi que des civils et des carabiniers. Cela donne une idée de l'intensité des mouvements de contestation, qui ont pu exister uniquement grâce à une forte détermination communautaire. Malgré la répression, on ne peut pas parler de défaite. L'identité a été récupérée et le succès a consisté dans l'existence même des mouvements de contestation, dans la capacité de lancer à nouveau un défi de taille au système pendant un an et demi, après une décennie de répression, de tortures et de disparitions.Parmi les nouveaux acteurs, qui sont surtout des femmes et des jeunes, il y a quelques différences sur lesquelles il est nécessaire de s'arrêter. Les secteurs populaires, et tout particulièrement les femmes des couches les plus basses, développent de nouvelles capacités, dont la principale est celle de produire et de reproduire leurs vies sans passer par le marché, c'est-à-dire sans patrons. Gabriel Salazar affirme que " si l'expérience des femmes dans les années 60 a été profonde, celle des pobladoras des années 80 et 90 a été encore plus profonde et a produit une réponse sociale encore plus intégrale et puissante ".Les pobladoras des années 80 ne se sont pas organisées seulement pour occuper un endroit et y installer un campement dans l'attente du décret de l'Etat. " Elles se sont organisées entre elles (et avec d'autres pobladores) pour produire (en créant des boulangeries, des laveries, des ateliers de tissage, etc.), subsister ('soupes populaires', potagers familiaux, achats collectifs), s'auto-éduquer (collectifs de femmes, groupes culturels) et, en plus, résister (militance, groupes de santé). Tout cela non seulement en marge de l'Etat, mais aussi contre l'Etat " [14].
La force des femmes, et ceci est une caractéristique des mouvements actuels sur tout le continent, consiste tout simplement à s'unir, s'appuyer les unes les autres, résoudre les problèmes à " leur " façon, avec comme implacable logique de faire comme elles font à la maison, de transposer dans l'espace collectif le style de vie de l'espace privé. Cette attitude communautaire spontanée de la femme-mère, nous l'avons vue dans des mouvements comme les Mères de la Place de Mai en Argentine et dans bien d'autres.Ces femmes ont modifié ce que nous entendions par mouvement social. Elles n'ont pas créé d'appareils ni de structures bureaucratiques avec les postes et les liturgies qui caractérisent ces organismes, qui sont nécessairement séparés de leurs bases. Mais elles se sont bougées, et pas qu'un peu. Sous la dictature, les pobladoras chiliennes se sont transformées en petites fourmis parcourant les maisons de leurs quartiers, connaissant et parlant avec tous les habitants. Leur mobilité leur a permis de tisser des " réseaux de voisinage " et même communaux, qui ont rendu inutiles les réunions formelles des assemblées de quartier [15] (Salazar y Pinto, 2002a : 267).
L'image des femmes pauvres qui se bougent dans leurs quartiers, et qui en se bougeant tissent des réseaux territoriaux qui sont, comme le note Salazar, des " cellules de communauté ", est la meilleur image d'un mouvement non institutionnalisé et de la création de pouvoirs non étatiques : c'est-à-dire, ni hiérarchisés ni séparés de l'ensemble. C'est ainsi que naît aussi une nouvelle manière de faire de la politique de la main de nouveaux sujets, qui ne sont ni fixés ni répertoriés dans les institutions étatiques, politiques ou sociales.
Pour ces femmes la transition fut un désastre. A partir de 1990, avec le retour du régime électoral, elles subirent une défaite qu'elles n'avaient jamais imaginée. En d'autres termes : "Le mouvement des pobladores n'a pas été vaincu par la dictature sur le terrain de lutte qu'ils avaient choisi, mais sur le terrain de la transaction choisi par ceux qui, a priori, étaient leurs alliés : les diplômés de la classe moyenne et les politiciens de centre-gauche " [16].
La Victoria aujourd'hui
A La Victoria, dans le centre culturel Pedro Mariqueo, dans lequel on se préparait à célébrer le 12e anniversaire de la fondation de la Radio Primero de Mayo, j'ai pu vérifier personnellement le degré d'autonomie des nouvelles organisations de pobladores. Une phrase m'a impressionné plus que toutes les autres : "Notre problème a commencé avec la démocratie" [17]. Cela ne semblait pas être une affirmation de type idéologique mais de bon sens, que le reste des personnes présentes, une trentaine, partageaient sans lui donner une transcendance particulière.
Le panorama qu'offrait la réunion était digne d'être analysé. La majorité était des jeunes, bien qu'il y avait quelques personnes plus âgées, et les femmes prédominaient. Chaque assistant était responsable d'un programme de la radio : cela allait du style hip-hop et des travestis aux ouvriers ; il y avait des chrétiens, des socialistes, des punks et des personnes qui ne se définissaient pas. La diversité était énorme, presque aussi grande que celle qui existe dans la población. En quelque sorte, on peut dire que toutes ces personnes expérimentent, en petit, la coexistence dans la diversité, l'action sociale dans la diversité, la résistance dans la diversité.En sortant du centre Pedro Mariqueo, où se trouvent la radio et la bibliothèque, j'ai senti que ceux d'en bas sont en train de préparer quelque chose de grand : ils testent comment sera le monde nouveau. Non loin de là, se trouve la chaîne de télévision communautaire Señal 3. Elle est dirigée part Cristian Valdivia, qui est peintre, charpentier, réparateur d'ordinateur, et tout qui lui permet de survivre et de consacrer du temps à sa passion, la télé communautaire. Señal 3 a un rayon d'émission de 9 kilomètres et transmet de jeudi à dimanche de 18h à minuit. Vingt-quatre personnes s'occupent de cette télé " éducative, informative et récréative " dans laquelle les centres culturels et sociaux du quartier ont leur propre programmation.La chaîne ne reçoit pas de financement extérieur, elle n'est soutenue que par ses membres, les groupes qui réalisent les programmes et quelques commerçants du quartier. " On ne demande rien à la municipalité ", dit Cristian. " Ce que nous pouvons faire nous le faisons avec les ressources des gens, c'est-à-dire que plus que des ressources économiques, ce qu'on utilise ce sont des ressources humaines " [18]. Ils veulent contribuer à la création d'un réseau de chaînes de télévision communautaire dans tout le Chili et prêtent déjà leur matériel à d'autres quartiers.Il semble évident qu'après 50 ans, à La Victoria comme dans tant de lieux en Amérique latine, le changement social est avant tout un changement culturel. Pour les gouvernements néo-libéraux, et même pour ceux qui sont dirigés par des forces progressistes, l'autonomie et la différence culturelle sont dangereuses. De fait, La Victoria est un quartier où l'État intervient, il envoie les carabiniers surveiller les poblaciones. Derrière l'excuse de la drogue et de la délinquance, le ministère de l'Intérieur a lancé en 2001 le " Programme Quartier Sûr " (" Programa Barrio Seguro "). Avec des fonds de la Banque Interaméricaine de Développement (BID), le programme implique l'intervention policière et sociale dans les quartiers " marginaux " ou " conflictuels ". La première población touchée a été La Legua, la seconde La Victoria, et ainsi de suite, jusqu'à neuf poblaciones.Les objectifs du plan apparaissent au grand jour lorsque les autorités elles-mêmes admettent qu'il consiste à " combattre le commerce ambulant et la délinquance dans le centre de Santiago " [19]. Dans chaque población, on cherche à impliquer les organisations sociales, en particulier les assemblées de riverains, ce qui aboutit à la division du quartier et de ses noyaux organisés. "Nous sommes surveillés par les carabiniers 24 heures sur 24. Il faut les prévenir dès qu'une activité est mise en place", dit Cristian.
En marchant à travers La Victoria vers la maison des Petites Soeurs de Jésus, qui ont travaillé aux côtés du père André Jarlán, on peut voir des camions de carabiniers armés de fusils aux coins des rues. María Inés nous fait passer dans une petite maison dans laquelle cohabitent les quatre religieuses, modeste mais digne, très ressemblante aux autres maisons du quartier. Elle nous sert du café et nous raconte longuement son expérience dans le Sud, auprès des communautés mapuches. Elle parle d'une manière douce et posée, peut-être parce qu'elle dépasse largement les 70 ans. Quand on l'interroge sur La Victoria aujourd'hui, elle baisse le regard et fait un geste entre la fatigue et l'ennui : "Les flics doivent s'en aller d'ici". Et elle reste à regarder dans le vide. Ou, peut-être, l'image de Jésus accrochée à côté de celle du père André.
Bibliographie
Fiamma, Paula "Haciendo televisión participativa", interview de Cristian Valdivia, novembre 2006, sur www.nuestro.cl.
Garcés, Mario, Tomando su sitio, El movimiento de pobladores de Santiago, 1957-1970, LOM, Santiago, 2002.
Garcés, Mario et al, El mundo de las poblaciones, LOM, Santiago, 2002.
Grupo Identidad de Memoria Popular, Memorias de la Victoria, Quimantú, Santiago, 2007.
Revilla, Marisa, "Chile : actores populares en a protesta nacional 1983-1984", in América Latina hoy, Salamanca, vol. 1, 1991.
Salazar, Gabriel y Julio Pinto, Historia contemporánea de Chile IV, Hombría y feminidad, LOM, Santiago, 2002.
NOTES:
[1] Entretien personnel, avril 2007.
[2] On peut trouver plus d'information sur la première occupation de terres réalisée au Chili dans les livres de Mario Garcés et dans le travail du Grupo Identidad de Memoria Popular (Groupe Identité de Mémoire Populaire) cités à la fin.
[3] Mario Garcés et al, op. cit. p. 130.
[4] Mario Garcés, op. cit. p. 138.
[5] [NDLR] L'adobe est une mixture de paille et de terre.
[6] [NDLR] Ces différents noms désignent des quartiers pauvres et des bidonvilles.
[7] Les callampas sont des agglomérations précaires qui reçoivent leur nom d'un champignon, car elles poussent en une seule nuit.
[8] Groupe Identité de Mémoire Populaire, op. cit. p. 14.
[9] Idem, p. 58.
[10] Idem, p. 25.
[11] Salazar et Pinto, op. cit. p. 251.
[12] Mario Garcés, op. cit, p. 416.
[13] Marisa Revilla, op. cit, p. 63.[
14] Salazar et Pinto, op. cit. p. 261. Les caractères en gras proviennent du texte original.
[15] Idem, p. 267.
[16] Idem, p. 263. Les caractères en gras proviennent du texte original.
[17] Entretien personnel, avril 2007.[18] Paula Fiamma, op. cit.
RISAL - Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latineURL: http://risal.collectifs.net/ Source : IRC Programa de las Américas (http://www.ircamericas.org/), 18 octobre 2007. Traduction : Anne Habozit