mardi, avril 07, 2020

À LA LOUPE - PABLO PICASSO, MASSACRE EN CORÉE


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Pablo Picasso (1881-1973), Massacre en Corée 
© Musée national Picasso-Paris, RMN-Grand Palais
Pablo Picasso, Massacre en Corée, 1951 
Au printemps-été 2019, le Musée de l’Armée présentait une exposition qui abordait la façon dont les conflits majeurs du XXème siècle ont impacté l’art de Picasso. Témoin des événements tragiques qui ont marqué notre histoire, le peintre espagnol n’a cessé de vouloir dénoncer les horreurs commises par toute forme de fascisme dans ses œuvres, dont son célèbre Massacre en Corée, peint en 1951. 
PHOTO RALPH GATTI / AFP
Pour réaliser cette toile, Picasso s’inspire de la Guerre de Corée, et plus précisément du massacre du pont No Gun Ri en 1950 où 400 civils furent tués par les soldats américains. Cette toile est une référence directe à la célèbre toile de Goya Tres de Mayo dans laquelle l’artiste dénonçait la répression sanglante des troupes napoléoniennes contre les civils espagnols.

Étant lui-même d’origine hispanique, il n’est pas étonnant que le maître cubiste s’en soit inspiré pour créer son œuvre. Avec ce tableau, Picasso réalise un véritable manifeste contre la guerre et les massacres qui l’accompagnent, à l’image de Guernica qu’il peint quelques années auparavant en 1937. En relatant un épisode réel, tout en peignant un paysage et des personnages non identifiables, Picasso réalise un tableau universel illustrant n’importe quelle scène de massacre, dans n’importe quelle région du monde.


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AU CHILI, DES TENTATIVES DE GRÂCE À DES OPPRESSEURS DE LA DICTATURE SONT DÉNONCÉES

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1980 - « ALORS ON VEUT DES DROITS DE L’HOMME COMMUNISTE DE MERDE ? »
2020 « ET MES DROITS DE GRAND-PÈRE ? »
DESSIN GOVAR
Santiago du Chili, 7 avril (Prensa Latina) Les tentatives du gouvernement et des partis de droite de changer les conditions de prison en prison à domicile pour des personnes ayant participé à la répression de la dictature et qui purgent des peines à Punta Peuco ont été fortement rejetées au Chili.
« CE NE SONT PAS DES PETITS-VIEUX,
CE SONT DES MEURTRIERS ! »
Lors d’une conférence de presse dans cette capitale, des représentants d’organisations de défense des droits de l’Homme et des victimes de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990) ont demandé que la loi dite « loi humanitaire » ne soit pas adoptée, alors que le président Sebastián Piñera prétend que le Congrès la traite d’urgence.
« Margotta a assuré que ces personnes qui purgent leur peine à la prison de Punta Peuco n’ont pas seulement refusé de collaborer à la clarification de la justice et à l’indemnisation des victimes, mais qu´elles n’ont pas exprimé de remords et que certains ont même publiquement revendiqué leurs crimes. » 
Le Président de la Commission chilienne des droits de l’Homme, Carlos Margotta, a déclaré que cette initiative était inconstitutionnelle, qu´elle va à l’encontre de l’opinion majoritaire de la société chilienne et placerait le gouvernement dans la ligne de mire des organismes internationaux pour violation des traités internationaux en la matière.

Il a rappelé que le droit international énonce clairement que les avantages accordés à la population pénale en général et aux personnes reconnues coupables de crimes contre l’humanité sont fondés sur des règles différentes et que, pour ces dernières, la coopération judiciaire est une condition préalable; ce qui n’est pas le cas au Chili.

Margotta a assuré que ces personnes qui purgent leur peine à la prison de Punta Peuco n’ont pas seulement refusé de collaborer à la clarification de la justice et à l’indemnisation des victimes, mais qu´elles n’ont pas exprimé de remords et que certains ont même publiquement revendiqué leurs crimes.

Pour sa part, Lorena Pizarro, présidente du Groupement des Familles de Détenus Disparus (AFDD), s’est dite préoccupée par les manœuvres du gouvernement et des partis de droite et a qualifié de stupéfiant le fait que sous couvert de bénéfice pour la population pénale face au Covid-19 on prétende également aider les auteurs de violations des droits de l’Homme.

Pizarro a souligné que «nous n’acceptons pas que l’impunité soit la voie à suivre au milieu de cette pandémie par ce gouvernement, ni que l’on discute immédiatement d’un projet de loi adapté aux génocidaires de Punta Peuco ».

Elle a appelé tous les secteurs de la société à rejeter et à détenir les tentatives visant à assurer l’impunité des assassins de la dictature en faisant appel à des arguments humanitaires sur la possible contagion par la pandémie de Covid-19.
peo/Jha/rc

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GESTES BARRIÈRES 

dimanche, avril 05, 2020

AU CHILI, UNE SÉCHERESSE HISTORIQUE EN PLEINE CRISE DU CORONAVIRUS


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PHOTO  MARTIN BERNETTI
"Vivre sans eau, c'est terrible": le centre du Chili est frappé de plein fouet par une sécheresse sans précédent qui assèche les rivières, vide les réservoirs des barrages et rend les habitants plus vulnérables face à l'épidémie de coronavirus.

6Temps de Lecture 3 Min 
VUE AÉRIENNE DE LA RÉSERVE LAGO PENUELAS,
 PRÈS DE VALPARAISO (CHILI), 
LE 22 JANVIER 2020
PHOTO  MARTIN BERNETTI
"Aujourd'hui, il y a plus de 400.000 familles, soit près de 1,5 million de personnes, dont la consommation quotidienne de 50 litres d'eau est fournie par des camions-citernes", explique à l'AFP Rodrigo Mundaca, porte-parole du Mouvement pour la défense de l'accès à l'eau, la terre et pour la protection de l'environnement (Modatima).

"Vivre sans eau, c'est terrible", se désole Dilma Castillo, qui habite avec ses enfants dans les montagnes, près d'El Melon, ville de 22.000 habitants située non loin de Valparaiso (centre).

"Le pire c'est qu'il n'y a aucune prise de conscience. Cela m'angoisse beaucoup car vivre dans ces conditions, c'est humiliant", dit-elle.

Dans la région métropolitaine de Santiago et à Valparaiso, les précipitations de l'année 2019 ont été inférieures de 80% au plus bas historique, et de 90% dans la région de Coquimbo (nord).


Des camions-citernes parcourent quotidiennement les routes et chemins de terre pour approvisionner les habitations où l'eau est conservée dans des bidons.

"Dans une situation de pandémie comme aujourd'hui, cela montre une fois de plus que lorsqu'il existe un modèle d'appropriation privée de l'eau (...), cela ne garantit pas le droit humain à l'eau et rend les communautés encore plus fragiles", dénonce Rodrigo Mundaca.

La législation chilienne prévoit que l'eau est un bien public, mais la quasi-totalité des droits d'exploitation appartiennent à des privés.

Une situation dénoncée par les manifestants depuis le début de la crise sociale en octobre 2019 qui critiquent un système socio-économique où le secteur privé prévaut dans les domaines tels que la santé, l'éducation, les retraites et la gestion de l'eau.

- "L'eau s'achète, se vend, se loue" -


VUE AÉRIENNE DU SOL TOTALEMENT SEC PRÈS 
DE VALPARAISO (CHILI), LE 22 JANVIER 2020
PHOTO MARTIN BERNETTI
Le directeur de Greenpeace-Chili, Matias Asun, a demandé récemment au gouvernement du président conservateur Sebastian Piñera de "s'assurer qu'il n'y avait pas de citoyen de seconde zone qui n'aurait pas accès aux services de base pour se protéger du Covid-19".

"Un savon dans les mains ça ne sert à rien si on n'a pas suffisamment d'eau pour se laver", a-t-il souligné, alors que le Chili a enregistré plus de 3.700 cas déclarés de coronavirus, dont 22 décès, selon les dernières statistiques officielles.

Une centaine d'habitants d'El Melon ont occupé récemment un des puits gérés par l'entreprise minière Anglo American, une des multinationales qui exploite le cuivre du Chili, premier pays producteur au monde.

Les habitants, qui ont été délogés à plusieurs reprises par la police, réclament que l'eau de ce puits soit destinée à l'approvisionnement en eau potable de la zone et non à l'activité minière, explique Fabian Villarroel, 26 ans, un des porte-parole du mouvement.


Dans un communiqué transmis à l'AFP, Anglo American assure chercher "des solutions permettant aux habitants de la zone d'avoir un accès permanent à l'eau potable".

Selon Rodrigo Mundaca, le code de l'eau élaboré en 1981, en pleine dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), "sépare la propriété de l'eau de celle de la terre. Il y a des propriétaires qui n'ont pas la propriété de l'eau et vice-versa, ce qui a donné naissance au marché (des droits) de l'eau", explique-t-il.

Dans le pays, "l'eau s'achète, se vend, se loue", rappelle-t-il.

Le directeur général des Eaux chiliennes, Oscar Cristi, assure que les droits de l'eau sont distribués à des gestionnaires privés, mais restent cependant aux mains de l'Etat qui a le pouvoir de réguler la quantité d'eau puisée.

Mais cela n'est pour l'heure jamais arrivé, et, le cas échéant, l'Etat doit alors indemniser les détenteurs des droits de leurs pertes financières au prix du marché, rappellent plusieurs experts.

"Le problème, c'est la façon dont sont distribués ces droits, et quelles conditions sont imposées" pour leur gestion, souligne Andrei Jouravlev, ancien membre de Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Cepalc) et spécialiste de ces questions.


samedi, avril 04, 2020

EN MARCHE FORCÉE

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PIC DE L'ÉPIDÉMIE DE CORONAVIRUS EN FRANCE 

« AL ALBA » - LUIS EDUARDO AUTE

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LUIS EDUARDO AUTE
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«AL ALBA»,
COMPOSÉE ET INTERPRÉTÉE
PAR LUIS EDUARDO AUTE 
LUIS EDUARDO AUTE
YOUTUBE
Luis Eduardo Aute Gutiérrez, né le 13 septembre 1943 à Manille, et mort à Madrid le 4 avril 2020, fut un musicien, auteur-compositeur-interprète, réalisateur  de cinéma, acteur, sculpteur, écrivain, peintre et poète espagnol.

vendredi, avril 03, 2020

LE DARWINISME DE LA SANTÉ AU CHILI

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PHOTO MONTAGE DARWIN 
AMÉRIQUE LATINE • Le sociologue Andrés Kogan Valderrama dénonce la politique sanitaire du gouvernement de Sebastián Piñera.
Comme si les graves violations des droits de l’homme durant les manifestations lancées contre le gouvernement de Sebastián Piñera en octobre dernier n’étaient pas suffisantes, s’ajoute aujourd’hui la réponse erratique de l’exécutif face à l’expansion du coronavirus. Bien qu’aucun gouvernement dans le monde n’ait problématisé les causes structurelles de la pandémie, qui sont liées à l’expansion de l’agrobusiness et de l’industrie de la viande, son expansion a suscité des réactions différentes de la part des dirigeants au niveau international. Parmi les mesures concentrées sur la mise en œuvre de mesures de prévention universelles pour la population, il faut saluer celles qui ont mis l’accent sur le renforcement du dépistage du virus, l’isolement des personnes infectées, la distanciation sociale et la promotion rigoureuse des mesures d’hygiène.

jeudi, avril 02, 2020

CORONAVIRUS : RAFAEL GOMEZ NIETO, HÉROS ESPAGNOL DE LA LIBÉRATION DE PARIS, EST MORT

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PHOTO GERARD JULIEN
Portrait Après avoir fui le régime franquiste puis débarqué en Normandie, Rafael Gomez Nieto avait participé à la libération de Paris et combattu les nazis. Il est décédé à Strasbourg, à 99 ans, du coronavirus.
6Temps de Lecture 3 Min
PHOTO GEORGES MELAMED
C’est un héros de la Seconde Guerre mondiale qui a été emporté, mardi 31 mars, par le coronavirus. «Avec lui part un pan de l’histoire de la libération de Paris et des Républicains espagnols », a déploré à l’AFP l’historienne Evelyn Mesquida.
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mardi, mars 31, 2020

EN MARCHE FORCÉE

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COVID-19 EN FRANCE

CHILI: UNE LOTERIE ORGANISÉE POUR COUVRIR LES FRAIS MÉDICAUX

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 BOÎTE DU JEU FRANÇAIS LOTO LOTERIA 
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UNE LOTERIE ORGANISÉE POUR 
COUVRIR LES FRAIS MÉDICAUX   


RADIO FRANCE INTERNATIONALE
 

ÉMISSION «REPORTAGE INTERNATIONAL», 
 «Chili: une loterie organisée pour couvrir les frais médicaux »   
Par : Justine Fontaine,  
diffusion du mardi 31 mars 2020
Le système de santé chilien fonctionne actuellement à deux vitesses : un système public qui manque de moyens, où l'attente est très longue, et les soins les plus lourds pas toujours remboursés à 100 % ; et un système privé très cher, accessible à une minorité de Chiliens seulement. Alors pour payer une opération chirurgicale coûteuse, ou bien pour éviter une attente trop longue dans le public, de nombreux foyers chiliens s'endettent, ou doivent faire appel à la solidarité de leurs proches.


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lundi, mars 30, 2020

CHILI. L’ÎLE DE PÂQUES, S’INQUIÈTE DE SES PREMIERS CAS DE COVID-19

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ANKIT SINHA / EYEEM
À 3 700 km des côtes chiliennes, l’île de Pâques n’est pas épargnée par la pandémie et connaît de premiers cas. La situation est d’autant plus inquiétante que ses moyens de prise en charge des patients sont limités. Le maire, s’appuyant sur une coutume ancestrale, a émis un ordre de confinement appliqué à la lettre. 

samedi, mars 28, 2020

CHILI 1985 : DES OPPOSANTS ÉGORGÉS

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CHILI 1985 : DES OPPOSANTS ÉGORGÉS 
NATTINO, PARADA ET GUERRERO
1985 -29 MARS- 2020
L'« Affaire des égorgés » Caso Degollados ) désigne au Chili l'assassinat de trois intellectuels communistes sous la dictature de Pinochet, le 29 mars 1985.
Le Monde diplomatique
 NATTINO, PARADA Y GUERRERO 
L’imagination des bourreaux connaît-elle des limites ? Les citoyens latino-américains ont longtemps supporté, à l’occasion de régimes répressifs, une riche panoplie de tortures « ordinaires », depuis les stades de concentration jusqu’à la pratique des «disparitions ». Au Chili, aujourd’hui, le régime du général Pinochet, dans son zèle autoritaire, retrouve un vieil usage perdu, introduit jadis par les Conquistadors, celui du couteau à égorger. Trois opposants, José-Manuel Parada, Manuel Guerrero et Santiago Nattino, enlevés par des inconnus, ont, en effet, été retrouvés égorgés le 29 mars 1985. Cet événement, que la presse en France a couvert insuffisamment, a eu un retentissement considérable dans le pays. Le bulletin Solidaridad du 13 avril 1985, publié par le vicariat à la solidarité de Santiago (où l’une des victimes, José-Manuel Parada, était employée) — et que reproduit intégralement DIAL (1) — décrit dans le détail les circonstances de ces enlèvements et des homicides, et publie des témoignages accablants pour les autorités.

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    vendredi, mars 27, 2020

    CONSEILS AUX CONFINÉS, PAR DES MINEURS CHILIENS ET DES SURVIVANTS DES ANDES


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    PHOTO DU FILM LES 33
    Santiago (AFP) - "Mettez en place des routines" et "obéissez à ceux qui savent", conseillent aux confinés de l'épidémie de coronavirus des mineurs chiliens, restés 69 jours sous terre en 2010, et des survivants uruguayens de la tragédie aérienne des Andes en 1972.
    Par L'Obs avec l'AFP
    AFFICHE DU FILM LES 33
    "Ne baissez pas les bras; le sens de l'humour est très important. Mettez de l'ordre chez vous. Mettez en place une routine pour ne pas vous ennuyer. Il y a beaucoup de choses à faire!", recommande dans un entretien à l'AFP Mario Sepulveda, un des 33 mineurs, célèbres pour leur sauvetage épique à 600 mètres sous terre, dans une vieille mine de cuivre du désert d'Atacama, le plus aride de la planète.

    Le plus charismatique des mineurs, incarné à l'écran par Antonio Banderas dans le film "Les 33", appelle les personnes confinées chez elles à profiter de cette période pour "faire des choses".

    "Soyons obéissants, c'est super important. Il ne s'agit pas d'un problème politique, mais d'un problème de santé", ajoute cet homme dont le sauvetage avait été suivi en direct par les télévisions du monde entier.

    "Nous étions dans une situation assez critique et grave. Nous n'avions aucune issue; il n'y avait pas de manière de nous sortir de là", se souvient un de ses camarades, Luis Urzua. C'était le chef d'équipe ce 5 août 2010, lorsqu'un éboulement les a bloqués, lui et les autres travailleurs, au fond de la mine.

    Il fut le dernier à être sauvé, le 13 octobre 2010.


    "Nous avons fait preuve de beaucoup de camaraderie, nous avons beaucoup discuté. Nous avons découvert le travail et les tâches des autres camarades. Prier est une autre chose qui nous a beaucoup aidés", poursuit-il.

    "Demander à Dieu non pas qu'il nous vienne en aide, mais qu'il aide les gens (à l'extérieur) pour qu'ils trouvent la force et la volonté d'essayer de nous trouver", raconte M. Urzua.

    - "Un ennemi invisible" -


    L'Uruguayen Carlos Paez, est un des 16 survivants de l'avion qui, le 13 octobre 1972, s'est écrasé dans les Andes, aux confins de l'Argentine et du Chili, avec 45 personnes à bord.

    L'histoire des "survivants des Andes", qui ont passé 72 jours dans la neige et ont eu recours à l'anthropophagie pour rester en vie, a été racontée des milliers de fois, donnant lieu à des livres, documentaires et un long métrage.

    "Il y a une grande différence entre ces deux quarantaines, pour les appeler ainsi. Celle que j'ai vécue, ce furent (plus de) 70 jours dans la cordillère des Andes mais sans aucune ressource: moins 25 degrés, pas de nourriture, avec neuf morts autour de nous, en altitude, sans radio, ni moyen de communication. Et j'avais 18 ans", confie à l'AFP cet ancien membre de l'équipe universitaire de rugby des Old Christians de Montevideo, qui se trouvait avec ses équipiers dans l'avion.

    Comme une grande partie de l'humanité, il vit ces jours-ci une nouvelle forme d'isolement à cause de la pandémie en cours.

    "La seule chose à faire c'est ne rien faire. On te dit de rester chez toi et de te laver les mains. Et tu as toutes les commodités: la télévision, internet et à manger. Il n'y a pas de quoi se plaindre", juge M. Paez, 66 ans.

    Au total, 12 personnes sont mortes lors du crash ou des suites de leurs blessures et 17 autres au fil des jours.

    "Dans la cordillère, nous nous battions contre un ennemi tangible, la montagne, la neige, le froid et à présent, nous nous battons contre un ennemi invisible, ce qui génère une certaine incertitude".

    "Mais moi je me bats contre l'arrogance, j'essaye d'être humble et d'obéir. Le message est clair: reste chez toi et lave-toi les mains. C'est simple", fait valoir M. Paez, qui "essaye d'être obéissant, car j'ai envie de vivre".

    Roberto Canessa, 67 ans, un autre de ces survivants, conseille de trouver "quelque chose à faire, un projet".

    "C'est ce que j'ai fait dans les Andes. Je travaillais toute la journée pour ne pas penser et ne pas ressentir d'anxiété", dit-il.

    Ce cardiologue participe actuellement à un projet en Uruguay qui vise à transformer des insufflateurs de réanimation manuels en respirateurs artificiels mécaniques pour répondre à une éventuelle pénurie de ces appareils en cas d'explosion du nombre de malades de Covid-19, dans ce petit pays de 3,5 millions d'habitants.

    Jeudi soir, 238 cas étaient officiellement confirmés.