lundi, octobre 09, 2006

Des «atocas» du Chili?




Si plusieurs cultures québécoises souffrent de la mondialisation de l'industrie alimentaire, la canneberge, pour des raisons climatiques, devrait être moins touchée par cette nouvelle concurrence.

Les pays émergents sont en voie de supplanter plusieurs grandes puissances agricoles. Le Brésil, par exemple, a l'espace, le soleil et la main-d'oeuvre bon marché, mais comme la canneberge aime les climats frais et l'eau, ses terres ne sont pas nécessairement propices à cette culture. «On n'est jamais à l'abri de ce genre de concurrence, prévient toutefois le producteur Martin Lemoine. Le Chili a commencé à faire de la canneberge, dans sa partie la plus au sud.»

Si la concurrence des pays émergents fait mal à certaines cultures, c'est aussi une question de main-d'oeuvre: les pays qui payent moins leurs ouvriers vendent évidemment leurs produits moins cher. «Ça fait très mal pour les fraises et les framboises», dit Martin Lemoine. Or, dans le cas de la canneberge, la main-d'oeuvre ne pèse pas lourd dans la balance, parce que la récolte ne demande pas un grand nombre de cueilleurs, même pour d'immenses superficies de champs. Une fois qu'elles flottent, quelques personnes n'ont qu'à guider les baies vers le drain.

La productrice Marie Bieler croit que le Québec à réussi à se «faufiler» sur la scène internationale juste au bon moment.

«Les pays de l'Est commencent à s'intéresser à la canneberge, dit Marie Bieler. Pour l'instant, ça ne nous affecte pas parce que nous sommes très en avance. Dans 10 ans, est-ce que ça sera la même chose? Je ne sais pas.»

L'effet antibactérien

Pouvons-nous utiliser du jus de canneberge pour traiter des maladies de la gencive? Peut-être. Un groupe de chercheurs de l'Université Laval a démontré que certaines composantes de la canneberge nuisent aux bactéries qui veulent s'accrocher aux gencives. Ce qui veut dire que certaines maladies buccales, comme la gingivite, pourraient être prévenues ou atténuées si un patient consomme ces composantes précises. Les tests en laboratoire ont été concluants, mais il reste à démontrer l'efficacité de la canneberge par des études cliniques.

Le Dr Daniel Grenier, professeur au département de médecine dentaire de l'Université Laval, invite toutefois à la prudence: beaucoup de jus de canneberge sont en fait des «cocktails» très sucrés, et le vrai jus de canneberge est très acide. Les recherches du groupe pourraient donc mener à isoler certaines composantes du fruit pour traiter localement des problèmes de gencives. On déconseille donc pour l'instant de se gargariser avec du jus de canneberge et pamplemousse rose...

L'effet anti-inflammatoire

Depuis des années, les médecins recommandent à leurs patients souffrant d'infections urinaires de boire du jus de canneberge.

Une équipe de l'Institut polytechnique de Worcester, aux États-Unis, vient de prouver que des composantes de la canneberge réussissent à modifier la bactérie E. coli, responsable de nombreuses infections.

Une fois modifiée, la bactérie ne peut plus entrer en contact avec des cellules et est éliminée sans causer d'infection, ont conclu les chercheurs.

L'équipe a aussi calculé l'effet du jus de canneberge sur les bactéries selon le temps durant lequel elles y sont exposées.

Les résultats préliminaires suggèrent que la consommation de canneberges entraînerait des effets bénéfiques à long terme. «Nous commençons à comprendre la canneberge et ses tannins en tant qu'antibactériens potentiels, a dit la chimiste Terri Camesano lorsqu'elle dévoilait les conclusions de ses recherches, le mois dernier. Ces résultats sont surprenants et intrigants, surtout dans le contexte où de nombreuses maladies sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques.»

Une autre équipe américaine s'est intéressée à l'effet du jus de canneberge sur les bactéries E. coli, dans la nourriture. Les chercheurs ont ajouté du jus de canneberge directement dans de la viande hachée, pour découvrir que le fruit aurait le même effet antibactérien dans la viande.
Historique







Le terme « canneberge » a une origine inconnue, mais il s’agit possiblement d’une déformation du mot anglais cranberry, dérivé de crane, signifiant « grue ». Les Américains auraient donné un tel nom à cette plante parce que ses fleurs, au début de leur développement, poussent vers le sol et ressemblent à la tête d’une grue (Monette, 1989). Cet oiseau apprécie d'ailleurs ce fruit qui fait partie de son alimentation.
Depuis toujours, les Amérindiens d'Amérique du Nord utilisent la canneberge qu'ils cueillent après les gelées, juste avant la première chute de neige, pour neutraliser les mauvais effets d'une trop grande consommation de viande.
Selon certaines tribus, ces baies seraient un don providentiel des géants mythiques qui furent précipités dans des fosses, recouvertes, avec le temps, d'un sol capable d'engendrer des billes rouges et blanches qu'on pouvait faire sécher et enfiler pour en faire des colliers.

Chez les Anglo-Saxons, elle prend nom d' airelle et est reliée aux festivités culinaires de Noël . La dinde du réveillon n'aurait pas la même saveur si elle n'était pas accompagnée de la traditionnelle "cranberry sauce" .




Culture de la canneberge

Famille : des éricacées comme la myrtille ou bleuet

Sol : humide, sablonneux ou bourbeux

Description : la canneberge pousse sur un arbrisseau rampant au feuillage lisse et persistant. Il présente des branches rigides et de nombreuses racines


Baies : de 10 à 20 cm; ressemblent à de petites cerises, lumignons rouges sur fond vert, aux couleurs de Noël dès la fin juillet. Mais il en existe aussi des blanches. La chair blanche est peu juteuse et renferme de nombreux pépins blancs.


Culture : sensible au froid, il faut arroser la base lorsqu'il y a risque de gel avant la récolte




La canneberge commune assurait la subsistance des
Premières nations durant les mois d'hiver.
©Parcs Canada / C. Fysh / F-99 / 1984