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| TRUMP CONVOQUE SES LAQUAIS LATINO-AMÉRICAINS POUR CONTRER L'INFLUENCE DE LA CHINE |
Décryptage / Trump convoque ses alliés latino-américains pour contrer l'influence de la Chine / Ce samedi, Donald Trump avait donné rendez-vous à Miami à ses principaux [laquais] alliés latino-américains, parmi lesquels l'Argentin Javier Milei et le Salvadorien Nayib Bukele. Objectif du président américain : resserrer les rangs face à l'influence grandissante de la Chine en Amérique latine.[«Bouclier des Amériques» / Chefferie d'extrême droite ]
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Les Echos
Par Marion Torquebiau Publié le 7 mars 2026 à 10:33Mis à jour le 8 mars 2026 à 09:03
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| CE SOMMET A ÉTÉ L'OCCASION POUR TRUMP DE RESSERRER LES LIENS DE SES SOUTIENS CONSERVATEURS SUR DIFFÉRENTS SUJETS DONT CUBA ET LES CARTELS (PHOTO DANIEL TOROK |
Une nouvelle tentative pour garder l'Amérique latine sous le coude. Ce samedi, Donald Trump a réuni ses soutiens régionaux à Miami pour le sommet « Shield of the Americas » (bouclier des Amériques). Il s'agit de la première rencontre régionale officielle depuis le retour du président américain à la Maison-Blanche. Sont attendus les principaux dirigeants latino-américains de droite comme Nayib Bukele du Salvador, Daniel Noboa de l'Équateur, l'Argentin Javier Milei ou le président récemment élu du Chili José Antonio Kast.
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| ILUSTRACIÓN IINTERFERENCIA |
► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR
« Il ne s'agit pas d'une instance multilatérale mais bien d'une rencontre avec ses alliés politiques », détaille Patricio Navia, politologue et professeur au Chili et à l'université de New York. La réunion avait d'ailleurs été déclinée par les dirigeants des plus grands pays d'Amérique latine dirigés par la gauche comme Claudia Sheinbaum (Maxique) ou Lula (Brésil).
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La Chine a accéléré dans tous les domaines
Ce sommet a été l'occasion pour Donald Trump de resserrer les liens de ses soutiens conservateurs sur des sujets comme la sécurité, les migrations, le crime organisé et surtout « l'interférence étrangère » dans la zone. Les États-Unis cherchent avant tout à contrerl'influence de la Chine qui grignote petit à petit du terrain dans la région.
Avec l'initiative des « nouvelles routes de la soie », l'offensive chinoise s'est accélérée ces dernières années en Amérique latine. Rapidement, Pékin a supplanté les États-Unis en tant que premier partenaire commercial de pays comme le Chili, le Pérou et le Brésil. Entre 2010 et 2019, les investissements directs chinois en Amérique latine ont été multipliés par sept par rapport à la décennie précédente. En 2024, ils ont atteint 14,7 milliards de dollars.
Minéraux, industrie, transports… la Chine a accéléré dans tous les domaines. Les entreprises chinoises ont notamment investi dans le lithium chilien, les lignes de transmission électriques au Brésil ou encore l'industrie automobile avec BYD. Dernier exemple en date au Pérou où la Chine a inauguré il y a un an et demi son mégaport de Chancay la reliant en moins de dix jours à la région.
Bases spatiales
L'influence de la Chine dans la région est loin d'être seulement économique. La semaine dernière, un rapport de la Chambre des représentants des Etats-Unis fait état du déploiement chinois de nombreuses bases d'observation spatiales en Amérique du Sud. C'est le cas de la Station de l'espace lointain située en Argentine ou encore des stations d'El Sombrero et de Luepa au Venezuela, soutenues par l'industrie chinoise.
En tout, le rapport fait état de onze stations spatiales associées à la Chine en Argentine, au Venezuela, en Bolivie, au Chili et au Brésil. Selon le rapport, sous couvert d'exploration spatiale, Pékin utiliserait ces bases à des fins militaires en récoltant des informations sensibles.
« La Chine investit dans des opérations spatiales en Amérique latine seulement pour faire avancer son programme et affaiblir les États-Unis dans l'espace », a déclaré John Moolenaar, le président du groupe parlementaire de la Chambre.
Doctrine Monroe 2.0
Au Chili, la pression américaine contre l'influence de la Chine a fonctionné puisqu'un projet d'installation de télescopes chinois dans le nord du pays a été définitivement annulé après des mises en garde de Washington. « Aujourd'hui, l'objectif des Etats-Unis est clair : chercher des soutiens régionaux pour la mise en place de la nouvelle doctrine Monroe en Amérique latine », détaille Patricio Navia.
Le problème, c'est que le président américain n'a rien à offrir en retour. Patricio Navia, politologue
Ce retour en force dans la région s'est illustré le 3 janvier 2026 avec l'arrestation spectaculaire du président du Venezuela, Nicolas Maduro. Selon le chercheur chilien, « Trump aimerait transformer cette victoire au Venezuela en changements politiques et économiques dans les pays d'Amérique latine ».
« Le problème, c'est que le président américain n'a rien à offrir en retour. Les États-Unis menacent ces pays mais ils ne sont pas non plus disposés à acheter plus de produits en Amérique latine. De plus, Donald Trump ne démontre pas être un allié de confiance pour ses partenaires historiques. Il maltraite ses alliés Européens, donc je n'imagine même pas comment il va traiter l'Amérique latine », signale Patricio Navia.
Pour les dirigeants latino-américains qui dépendent principalement des exportations vers la Chine, c'est un vrai jeu d'équilibriste qu'il va falloir continuer à tenir : maintenir les relations économiques avec Pékin tout en ne s'attirant pas les foudres de Washington.
Marion Torquebiau (Correspondante à Santiago (Chili))
« BOUCLIER DES AMÉRIQUES » : TRUMP LANCE UNE COALITION RÉGIONALE
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| DONALD TRUMP A SIGNÉ UNE PROCLAMATION ÉTABLISSANT LA COALITION RÉGIONALE LORS DU SOMMET PHOTO REBECCA BLACKWELL |
Politique des États-Unis d'Amérique /« Bouclier des Amériques » : Trump lance une coalition régionale / Lors d'une rencontre avec les dirigeants des États d'Amérique latine, Donald Trump a déclaré que la région possédait un « potentiel énorme » qui ne pourrait se réaliser que si les cartels et les gangs criminels étaient vaincus. / Le président américain Donald Trump a accueilli samedi les dirigeants latino-américains dans son club de golf de Miami pour ce que la Maison Blanche a appelé le sommet du « Bouclier des Amériques ».
Deutsche Welle
Jenipher Camino Gonzalez avec l'AFP, AP, Reuters 7 mars 2026
Cette réunion intervient quelques jours après qu'un sommet sur la lutte contre le trafic de drogue, organisé par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avec des dirigeants latino-américains au Commandement Sud des États-Unis, également à Doral, en Floride, s'est tenu à Doral.
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- Nouvelle gaffe de Kast après avoir répondu à l'appel du controversé « Shield of the Americas » (bouclier des Amériques)
Trump a fait une brève apparition au sommet, honorant ainsi son engagement politique envers l'hémisphère occidental, malgré la guerre qui se déroule actuellement en Iran , où les États-Unis sont désormais impliqués.
Lors de son intervention, Trump a signé une proclamation lançant la coalition régionale.
Étaient présents les dirigeants de l'Argentine, de la Bolivie, du Chili, du Costa Rica, de la République dominicaine, de l'Équateur, du Salvador, du Guyana, du Honduras, du Panama, du Paraguay et de Trinité-et-Tobago. À noter que les dirigeants du Brésil, du Mexique et de la Colombie étaient absents.
Les trois poids lourds de la région sont actuellement dirigés par des présidents de gauche.
Qu'est-ce que le Bouclier des Amériques ?
L’administration Trump s’est engagée à accorder une attention renouvelée à l’Amérique latine, qu’elle a décrite comme le « corollaire Trump » de la doctrine Monroe du XIème siècle, qui visait alors à interdire les incursions européennes dans les Amériques.
La Maison Blanche a présenté ce sommet comme la fondation de la « Coalition américaine contre les cartels », qu'elle a décrite comme un nouveau partenariat militaire avec les dirigeants de la région .
À noter que le « Bouclier des Amériques » aura pour envoyée spéciale la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem.
Noem, récemment limogée de son poste de chef de la sécurité intérieure, a déclaré qu'elle se réjouissait de ce nouveau rôle, ainsi que de travailler avec Hegseth et le secrétaire d'État Marco Rubio sur les questions de sécurité dans la région.
Elle a déclaré que la déclaration du sommet portait sur « la manière dont nous allons lutter contre les cartels et le trafic de drogue dans tout l'hémisphère occidental ».
Trump propose des frappes de missiles américains pour cibler les cartels de la drogue
Dans son discours, Trump a déclaré que l'Amérique latine était « une grande partie du monde », dotée d'un potentiel énorme qui ne pourrait être réalisé que si les cartels et les gangs criminels étaient vaincus.
« Le seul moyen de vaincre ces ennemis est de déployer toute la puissance de nos forces armées », a déclaré Trump, reprenant le message du sommet sur les cartels de la drogue organisé précédemment par Hegseth.
« Nous travaillons avec vous pour faire tout ce qui est nécessaire. Nous utiliserons des missiles. Vous voulez que nous utilisions des missiles ? Ils sont extrêmement précis », a déclaré Trump.
« Piu, en plein dans le salon ! » s'exclama-t-il en imitant le bruit des missiles. « C'en est fini de ce membre du cartel. Mais nous ferons tout ce qu'il vous faudra », ajouta le président américain.
Édité par : Dmytro Hubenko
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| « AURA-IL ENFIN SON PRIX NOBEL DE LA PAIX ? » |
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