jeudi, juillet 30, 2026

CHILI / UNE FEMME ANNONCÉE DISPARUE SOUS LA DICTATURE DE PINOCHET RÉAPPARAÎT 50 ANS PLUS TARD

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UN HOMME REGARDANT LA LISTE DES PRISONNIERS DISPARUS DURANT
 LA DICTATURE MILITAIRE DU GÉNÉRAL PINOCHET AU CHILI (1973-1990),
SUR UN MUR DU MÉMORIAL AU CIMETIÈRE NATIONAL DE SANTIAGO.
(IMAGE D'ILLUSTRATION AFP

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RFI
Chili: une femme annoncée disparue sous la dictature de Pinochet réapparaît 50 ans plus tard / 
Elle était considérée comme l'une des quelque 1 500 victimes de disparitions forcées de la dictature d'Augusto Pinochet au Chili. Bernarda Vera a été retrouvée vivante, 50 ans plus tard, en Argentine. Un test ADN a confirmé son identité le 27 juillet. Des parlementaires réclament désormais des comptes.

Par RFI Publié le : 30/07/2026 - 05:00 1 min

En 1973, Bernarda Vera a 27 ans. Elle est mariée, a une fille de cinq ans handicapée, et elle milite au sein de la gauche révolutionnaire au Chili. Un mois après le coup d'État d'Augusto Pinochet, elle est arrêtée par les militaires et disparaît. Un rapport établira qu'elle a été tuée avec 15 autres personnes.

BERNARDA VERA CONTARDO À 27 ET 80 ANS

À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR  

En réalité, Bernarda Vera est parvenue à s'échapper en Argentine. Elle y refait sa vie, puis part s'installer en Suède où elle obtient la nationalité, pour finalement rentrer en Argentine.

Cela faisait des années que des doutes subsistaient concernant sa mort, jusqu'à ce qu'une équipe de télévision retrouve sa trace en septembre 2025. Depuis, un test ADN a confirmé son identité.

Aujourd'hui, la droite chilienne réclame des comptes. L'Union démocrate indépendante [(UDI), principale formation légataire de l'œuvre de Pinochet, fondée par l'idéologue du régime, Jaime Guzmán.] demande la restitution des pensions versées à la famille de Bernarda Vera, au titre de la loi de réparation – même si, en l'état, rien ne permet d'affirmer que ses proches la savaient en vie. Le Parti républicain, la formation du président d'extrême droite José Antonio Kast, évoque, lui, la création d'une commission d'enquête pour déterminer de possibles responsabilités politiques.

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PHOTOMONTAGE CHILEVISIÓN (CHV) 
CAPTURE D'ÉCRAN

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PARIS MATCH

Sa fille la croyait morte depuis 53 ans : l’étrange histoire d’une disparue de la dictature chilienne retrouvée vivante / Bernarda Vera figurait depuis 1991 parmi les victimes officielles de la dictature chilienne. Un test ADN vient d’établir avec une probabilité supérieure à 99,9999 % que cette ancienne militante de gauche, aujourd’hui âgée de 80 ans, vit en Argentine.

Martin Lagrave 29/07/2026 à 14:28

Elle figurait depuis 1991 parmi les victimes de la dictature chilienne d'Augusto Pinochet (1973-1990). Bernarda Vera Contardo, institutrice et militante du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR), est vivante. Un test ADN ordonné par un juge chilien l'a établi avec une fiabilité d'identification supérieure à 99,9999 %, selon le pouvoir judiciaire chilien, raconte le quotidien espagnol El País. L'examen a comparé le profil génétique d'une femme retrouvée en Argentine avec les échantillons de la famille Vera conservés dans la banque génétique chilienne des proches de détenus disparus. Âgée de 80 ans, elle a été localisée en Argentine, où une équipe de la chaîne Chilevisión l'a filmée en 2025 à Mar del Plata.

Sa fille, aujourd'hui âgée de 58 ans, l'a appris officiellement ce lundi 27 juillet. Les premiers signalements remontaient à janvier 2025, mais la confirmation judiciaire vient seulement de tomber. Elle avait cinq ans lors de la dernière visite de sa mère, quelques jours avant le coup d'État du 11 septembre 1973. Élevée par ses grands-parents, elle a grandi avec la version consignée par un rapport rendu public en 1991 par la Commission nationale de vérité et réconciliation. Le document indiquait que sa mère avait été arrêtée le 10 octobre 1973 par des militaires, et présumait son exécution avec d'autres détenus. Ses grands-parents, qui avaient témoigné devant la commission, sont morts sans savoir leur fille vivante.

La piste a été remontée par le Plan national de recherche, dispositif d'État lancé par l'ancien président du Chili Gabriel Boric (2022-2026). Le Plan national documente le parcours des 1 469 personnes toujours portées disparues. La journaliste Pascale Bonnefoy y a relevé des incohérences dans les récits de l'époque : plusieurs habitants de la région de Los Ríos affirment que la militante avait réussi à fuir après le putsch. Des témoignages la situaient au Chili, en Argentine puis en Suède. Certains évoquaient une possible participation à des guérillas, puis un départ du Brésil vers la Suède comme réfugiée politique entre 1977 et 1978, et enfin l'obtention de la nationalité suédoise en 1984. Ces éléments ont servi de base à l'enquête.

En attente de réponse

Avant le coup d'État, Bernarda Vera enseignait dans une école publique de Puerto Fuy, un village dans le sud du Chili, près de la frontière argentine. La région comptait alors des dizaines de militants du MIR, un mouvement révolutionnaire qui soutenait, tout en le débordant sur sa gauche, le gouvernement socialiste de Salvador Allende. Sous le nom politique d'Anita, la jeune femme, alors âgée de 27 ans, faisait l'objet de recherches actives et avait été condamnée à mort par contumace par un conseil de guerre pour sa participation supposée à l'attaque d'un poste de police. La plupart des militants de son groupe ont, eux, bien été exécutés ou ont disparu.

ILLUSTRATION DE RAMIRO ALONSO

Au Chili, la révélation a immédiatement pris une tournure politique. Trois députés de l'UDI, un parti de la droite traditionnelle, demandent au gouvernement de José Antonio Kast d'engager des démarches pour récupérer les sommes versées à la famille de Bernarda Vera au titre de la loi de réparation. Ce texte prévoit le versement de pensions aux proches des victimes de la dictature, sur la base de la liste officielle des disparus établie par la commission. La mère de Bernarda Vera en a perçu une de son vivant et sa fille en touche une. Aucun élément ne permet à ce stade d'établir que la famille savait la militante en vie.

Reste une question à laquelle personne n'a encore répondu : pourquoi Bernarda Vera n'a jamais repris contact avec sa famille et en particulier avec sa fille. « Peut-être a-t-elle pensé que sa fille était mieux avec ses parents, ou avait-elle peur d'être capturée », avance Vladimir Riesco, l'avocat qui avait déposé plainte en 2009 pour la disparition de l'institutrice. Il rappelle que la militante a perdu son compagnon et ses amis dans la répression. À 80 ans, elle ne s'est pas encore exprimée publiquement.


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