vendredi, septembre 11, 2026

EL SIGLO À LA FÊTE DE L'HUMANITÉ 2026

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EL SIGLO À LA FÊTE DE L'HUMANITÉ. 2026
   

Ce week-end à la Fête de l'Humanité – Une Fête culturelle, politique et populaire
Retrouvez le stand du Chili à la fête de l’Humanité !

El Siglo, hebdomadaire chilien fondé le 31 aout 1940, par le Parti communiste chilien (PCCh), tiendra un stand au Village du monde à la Fête de l'Humanité, ces 11, 12 et 13 septembre 2026 ! 

EL SIGLO À LA FÊTE DE L'HUMANITÉ 2026

Gastronomie et cuisine du Chili.

L'occasion de nous rencontrer, et d'échanger autour d'une empanada et d'un verre de vin.
Télécharger « El Siglo à la fête de l’Humanité 2026 » en format PDF
"Empanadas idéologiques".

Librairie Éphémère  / Dédicaces d'Auteur – 

* Alvaro Alarcón Bravo, « Le travail décent fondement du travail efficient », Licanantay, 109 p., 15 euros.

"Empanadas artistiques". 

Exposition de  Néstor Salas – 

* Exposition "Fenêtre sur cour" de Néstor Salas (France), llustrateur, dessinateur et graphiste. / Néstor  publie régulièrement un dessin éditorial dans le blog chilien Araucaria de Chile.

 

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FENÊTRE SUR COUR

 

jeudi, septembre 10, 2026

BRANDON JUDD RECONNAÎT QU’IL N’Y A PAS EU D’ENQUÊTE INDÉPENDANTE AMÉRICAINE SUR L’EXPLOSION SOCIALE DE 2019

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PHOTO IA CHATGPT

Brandon Judd est un ancien agent de la patrouille frontalière américaine et ex-président du syndicat National Border Patrol Council. Proche allié politique de Donald Trump, il a vigoureusement soutenu sa politique migratoire stricte au fil des ans. / En récompense de sa loyauté et de son alignement idéologique, Donald Trump l'a nommé ambassadeur des États-Unis au Chili, poste qu'il occupe officiellement depuis la fin de l'année 2025. / Cette transition d'un rôle syndicaliste à un poste diplomatique de haut rang a fait l'objet de vives critiques / Critiques des médias et opposants : Des publications comme le Phoenix New Times ont ouvertement qualifié sa nomination de récompense politique, utilisant des expressions familières ou satiriques pour décrire son attitude passée très flatteuse et soumise envers Donald Trump afin d'obtenir ce poste confortable. 

L’ambassadeur des États-Unis au Chili précise qu’il n’y a pas eu d’enquête indépendante sur l’explosion sociale /  Brandon Judd précise à Santiago que ses déclarations sur les événements de 2019 reposent sur des rapports chiliens examinés par les services de renseignement américains. [Le bluff « pour voir si ça passe » ]

Par Agencias Publié le 9 septembre 2026 2 minutes 

L’ambassadeur des États-Unis au Chili, Brandon Judd, a précisé ce mercredi, après avoir été convoqué par le ministère des Affaires étrangères chilien à la suite de déclarations dans lesquelles il attribuait à « des activistes de gauche » les désordres de l’explosion sociale de 2019, que ses affirmations reposaient sur des conclusions des services de renseignement américains élaborées à partir d’informations provenant du Congrès chilien, du monde académique et des forces de l’ordre.

PENDANT DES ANNÉES, BRANDON JUDD, ANCIEN PRÉSIDENT DU
SYNDICAT DE LA POLICE DES FRONTIÈRES, A PROPAGÉ LA MÊME
RHÉTORIQUE ALARMISTE ET XÉNOPHOBE QUI ÉTAIT DEVENUE
LA MARQUE DE FABRIQUE DE LA POLITIQUE DE DONALD TRUMP. 
 ILLUSTRATION GREG HOUSTON

► À penser en dessin :    FENÊTRE SUR COUR

« Nous n’avons pas mené d’enquête indépendante. Ce que nous avons fait, c’est examiner les informations provenant du Chili », a-t-il déclaré devant la presse, selon le quotidien La Tercera, après avoir rencontré le ministre des Affaires étrangères, Francisco Pérez Mackenna.

► À lire aussi :    HEURTS AU CHILI POUR LE TROISIÈME ANNIVERSAIRE DU SOULÈVEMENT SOCIAL DE 2019

Judd avait été convoqué au siège de la Chancellerie après avoir affirmé, dans une interview accordée à CNN, que « sans aucun doute, les preuves montrent que ce sont des activistes de gauche qui ont perpétré » les troubles qui ont secoué le Chili en 2019.

 BRANDO NJUDD vs LAUTARO CARMONA 
IMÁGEN PIPPIT AI 

► Para leer también:    CARMONA TILDÓ AL EMBAJADOR JUDD DE “IMPRUDENTE” TRAS SUS DICHOS SOBRE EL ESTALLIDO SOCIAL

« En 2019, ce que nos services de renseignement nous disent, c’est que, catégoriquement, cela provenait d’organisations de gauche ou d’idéologie de gauche », avait alors insisté le représentant diplomatique de Washington à Santiago, tout en précisant que les agences de renseignement s’étaient limitées à « analyser » les informations disponibles et ne s’étaient pas rendues sur le territoire chilien pour mener leurs propres investigations.

À la suite de ces déclarations, et après avoir souligné que ces éléments n’avaient pas été transmis à la justice chilienne, le ministère des Affaires étrangères avait convoqué l’ambassadeur afin de « demander des informations concernant les éléments liés aux épisodes de violence survenus le 18 octobre 2019 et dans les jours suivants ».

Selon un rapport de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), en 2019, divers groupes avaient attaqué des propriétés privées, des lieux de culte, des infrastructures publiques et des sièges de médias. L’organisme avait également conclu que les forces de sécurité avaient agi « de manière disproportionnée » et qu’il y avait eu un « usage excessif de la force » de la part de l’État, alors présidé par Sebastián Piñera, qui avait décrété l’état d’urgence et instauré un couvre-feu pour tenter de contenir les manifestations.

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Collage fotográfico en el que aparece Brandon Judd, presidente del
 sindicato de la Patrulla Fronteriza, el presidente Donald Trump
ILUSTRACIÓN MAX-O-MATIC)

mercredi, septembre 09, 2026

CHILI / SANTIAGO CONVOQUE L’AMBASSADEUR AMÉRICAIN APRÈS SES DÉCLARATIONS SUR L’EXPLOSION SOCIALE DE 2019

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Brandon Judd est un ancien agent de la patrouille frontalière américaine et ex-président du syndicat National Border Patrol Council. Proche allié politique de Donald Trump, il a vigoureusement soutenu sa politique migratoire stricte au fil des ans. / En récompense de sa loyauté et de son alignement idéologique, Donald Trump l'a nommé ambassadeur des États-Unis au Chili, poste qu'il occupe officiellement depuis la fin de l'année 2025. / Cette transition d'un rôle syndicaliste à un poste diplomatique de haut rang a fait l'objet de vives critiques / Critiques des médias et opposants : Des publications comme le Phoenix New Times ont ouvertement qualifié sa nomination de récompense politique, utilisant des expressions familières ou satiriques pour décrire son attitude passée très flatteuse et soumise envers Donald Trump afin d'obtenir ce poste confortable. 
[ Explosion sociale de 2019 : les déclarations de l’ambassadeur américain suscitent la polémique au Chili ] / L’ambassadeur des États-Unis au Chili, Brandon Judd, a assuré ce mardi que, selon les agences de renseignement américaines, des « activistes de gauche » seraient à l’origine des graves troubles enregistrés lors de l’« explosion sociale » de 2019 au Chili. Cette année-là, une forte hausse du prix des transports publics avait déclenché des manifestations massives qui s’étaient prolongées pendant plusieurs mois, cristallisant un profond mécontentement social face aux inégalités dans le pays.

 Par Agencias Publié le 9 septembre 2026 – 05 h 08 – Lecture : 2 minutes

« En 2019, ce que nos services de renseignement nous disent, c’est que, catégoriquement, cela provenait d’organisations de gauche ou d’idéologie de gauche », a déclaré le représentant diplomatique dans une interview accordée à la chaîne CNN. Il a insisté : « Sans aucun doute, les preuves montrent que ce sont des activistes de gauche qui ont perpétré » les troubles qui avaient alors secoué le pays sud-américain.

PENDANT DES ANNÉES, BRANDON JUDD, ANCIEN PRÉSIDENT DU
SYNDICAT DE LA POLICE DES FRONTIÈRES, A PROPAGÉ LA MÊME
RHÉTORIQUE ALARMISTE ET XÉNOPHOBE QUI ÉTAIT DEVENUE
LA MARQUE DE FABRIQUE DE LA POLITIQUE DE DONALD TRUMP. 
 ILLUSTRATION GREG HOUSTON

► À penser en dessin :    FENÊTRE SUR COUR

Interrogé par la journaliste sur l’existence d’informations de renseignement établissant un lien direct entre les manifestations et des forces de gauche, Judd a répondu : « Absolument. »

► À lire aussi :    HEURTS AU CHILI POUR LE TROISIÈME ANNIVERSAIRE DU SOULÈVEMENT SOCIAL DE 2019

« Lorsque nos agences de renseignement analysent — et quand je dis “analyser”, je ne veux pas dire qu’elles sont venues au Chili pour le faire —, lorsque nous faisons une analyse de ce qui s’est passé en 2019, sans aucun doute, les preuves montrent que ce sont effectivement des activistes de gauche qui ont provoqué ces troubles ou les perturbations qui ont été observées », a ajouté l’ambassadeur.

AVEC LE RETOUR AU POUVOIR DE DONALD TRUMP, LES OPINIONS
DE BRANDON JUDD ONT TROUVÉ UN ÉCHO BIEN AU-DELÀ DES
MÉDIAS DE DROITE. JUDD DEVRAIT EN RÉCOLTER LES FRUITS.
PHOTO BRANDON BELL

Une analyse qui n’a pas été transmise à la justice chilienne

Concernant cette « analyse spécifique » élaborée par les services de renseignement américains, Judd a expliqué qu’elle n’avait pas encore été transmise à la justice chilienne, tout en n’excluant pas qu’elle puisse l’être ultérieurement.

« Je n’ai pas remis cette information à la justice chilienne. À ma connaissance, ce qui s’est passé en 2019 n’est pas contesté à l’heure actuelle », a-t-il déclaré.

« Gauchards crasseux !»
MALAIMAGEN

► À lire aussi :    AU FORUM DE MADRID, LE PRÉSIDENT ARGENTIN APPELLE LES DROITES SUD-AMÉRICAINES À «S’ORGANISER»

L’ambassadeur a ajouté que si le gouvernement chilien « s’adressait » à Washington pour demander des renseignements spécifiques, ceux-ci pourraient lui être communiqués, puisque les deux pays « partagent des informations de renseignement ». Il a toutefois précisé qu’à sa connaissance, aucune demande officielle n’avait, pour l’instant, été formulée en ce sens.

L'ANCIEN PRÉSIDENT DONALD TRUMP REPOUSSE UN BALLON ALORS
QU'IL CÉLÈBRE AVEC SA FAMILLE APRÈS AVOIR ACCEPTÉ L'INVESTITURE
DU PARTI RÉPUBLICAIN POUR LA PRÉSIDENCE LORS DU QUATRIÈME ET
DERNIER JOUR DE LA CONVENTION NATIONALE RÉPUBLICAINE DE 2024
AU FISERV FORUM DE MILWAUKEE, DANS LE WISCONSIN,
LE JEUDI 18 JUILLET 2024.
PHOTO ASHLEE REZIN  

Le ministère des Affaires étrangères convoque l’ambassadeur

À la suite de ces déclarations, le ministère des Affaires étrangères du Chili a convoqué Brandon Judd afin de lui demander des précisions sur les informations détenues par les États-Unis concernant les épisodes de violence survenus en 2019.

« Le ministère des Relations extérieures a convoqué pour ce mercredi l’ambassadeur des États-Unis au Chili, Brandon Judd, afin de lui demander des informations concernant les éléments dont disposent les autorités américaines au sujet des épisodes de violence survenus le 18 octobre 2019 et dans les jours suivants », a indiqué le ministère chilien dans un communiqué.

CHARLIE CHAPLIN DANS « LE DICTATEUR »
 EN 1940, SON PREMIER FILM PARLANT
©AFP - COLLECTION CHRISTOPHEL

Le ministère a également souligné qu’il considérait comme étant de « la plus haute importance » toutes les informations susceptibles de « contribuer à éclaircir les faits survenus durant cette période et à les mettre à la disposition des instances compétentes afin d’identifier les responsables des actes de violence ».

LE PRÉSIDENT DONALD TRUMP (À GAUCHE) ÉCOUTE BRANDON JUDD,
PRÉSIDENT DU CONSEIL NATIONAL DE LA PATROUILLE FRONTALIÈRE,
 PARLER DE SÉCURITÉ AUX FRONTIÈRES, LE JEUDI 3 JANVIER 2019,
APRÈS UNE VISITE SURPRISE DANS LA SALLE DE
PRESSE DE LA MAISON-BLANCHE À WASHINGTON.
PHOTO JACQUELYN MARTIN

Selon un rapport de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), durant les manifestations de 2019, des attaques avaient été commises contre des propriétés privées, des lieux de culte, des infrastructures publiques et des sièges de médias.

L’organisme avait également conclu que les forces de sécurité avaient agi « de manière disproportionnée » et qu’il y avait eu un « usage excessif de la force » de la part de l’État, alors dirigé par Sebastián Piñera. Celui-ci avait décrété l’état d’urgence ainsi qu’un couvre-feu afin de tenter de contenir les mobilisations.

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Collage fotográfico en el que aparece Brandon Judd, presidente del
 sindicato de la Patrulla Fronteriza, el presidente Donald Trump
ILUSTRACIÓN MAX-O-MATIC)

mardi, septembre 01, 2026

CHILI : « L’ORDRE » DE KAST, OU COMMENT LA DÉMOCRATIE DEVIENT ENCOMBRANTE

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LE CANDIDAT À LA PRÉSIDENCE CHILIENNE JOSÉ ANTONIO KAST,
DU PARTI RÉPUBLICAIN, LORS DE SON DERNIER MEETING
À TEMUCO (CHILI), LE 11 DÉCEMBRE 2025.
PHOTO EITAN ABRAMOVICH

Le Chili connaît un tournant politique vers l’extrême droite. Depuis mars 2026, le gouvernement de José Antonio Kast a placé au centre de son programme la sécurité, le contrôle de l’immigration irrégulière et une politique économique favorable à l’investissement privé. Le durcissement de l’appareil sécuritaire, la réduction des charges pesant sur le capital et la promesse de rétablir l’ordre ne constituent pas uniquement des choix de gouvernement : ils expriment une tentative de réorganiser les conditions de l’accumulation du capital dans un contexte de conflictualité sociale croissante.

 Manuel Cáriz Publié le 1 septembre 2026  

DONALD TRUMP, NAYIB BUKELE,
JAVIER MILEI ET JOSÉ ANTONIO KAST
PHOTOMONTAGE L’ACTUALITÉ
L’aspect le plus délicat de l’agenda sécuritaire est le projet de l’exécutif d’élargir les pouvoirs présidentiels au moyen de nouveaux états d’exception. Un état d’exception à l’orientation clairement autoritaire, voire dictatoriale, mais qualifié, par euphémisme, d’« illibéral » par la presse et les médias dominants. Celui-ci impose de fortes restrictions et permettrait de le décréter pendant une période allant jusqu’à 240 jours sans autorisation du Congrès.

PINOCHET KAST SEGUIDORES DE KAST CELEBRARON
EL TRIUNFO CON IMÁGENES DEL DICTADOR PINOCHET.
PHOTO EITAN ABRAMOVICH
► À penser en dessin :    FENÊTRE SUR COUR

La bataille culturelle

Des secteurs de la droite radicale conservatrice tentent de porter devant le Congrès des initiatives concernant l’avortement et d’autres questions sociétales. Kast a explicitement utilisé le langage de la lutte contre les « ismes », notamment le féminisme, l’indigénisme et le multiculturalisme. L’idée sous-jacente est assez claire : la gauche n’aurait pas seulement gouverné l’État ; elle aurait transformé la culture. Par conséquent, la droite ne devrait pas se limiter à gagner des élections : elle devrait reconquérir l’hégémonie culturelle.

La défaite électorale des forces progressistes a, entre-temps, ouvert une période de recomposition de la gauche. Mais il serait insuffisant d’interpréter cette conjoncture uniquement en termes institutionnels. La question décisive est ailleurs : quelle place le Chili occupe-t-il dans la division internationale du travail et quels rapports de pouvoir structurent son insertion dans le capitalisme mondial ?

D’un point de vue léniniste, le point de départ est le caractère international du capitalisme contemporain : concentration du capital, prédominance financière, exportation des capitaux et concurrence entre les grands centres économiques pour les marchés, les ressources et les positions stratégiques. Dans ce système, le Chili n’occupe pas une position comparable à celle des grandes puissances capitalistes. Son économie se caractérise plutôt par une forte dépendance à l’exportation de ressources naturelles — cuivre, lithium, produits agro-industriels et énergie — ainsi que par une présence considérable de capitaux étrangers.

Parler de dépendance ne signifie toutefois pas imaginer une bourgeoisie nationale passivement subordonnée à des intérêts extérieurs. Une partie importante des élites économiques participe à cet ordre économique et en tire profit. Le capital étranger investit, exploite les ressources et s’associe aux capitaux locaux ; les exportations génèrent des devises et de la plus-value, tandis qu’une bourgeoisie dépendante ou associée trouve dans cette intégration internationale les conditions de sa propre reproduction. La dépendance n’élimine donc pas la bourgeoisie nationale : elle définit le cadre dans lequel celle-ci accumule.

La relation entre les États-Unis et la Chine revêt ici une importance particulière. Le Chili entretient avec la Chine une relation commerciale fondamentale, renforcée historiquement par le fait que le Chili fut le premier pays d’Amérique du Sud à établir des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine, en 1970, sous le gouvernement de Salvador Allende. Pendant ce temps, Washington conserve un poids considérable dans les domaines financier, technologique, politique et stratégique. La lutte autour des « minerais critiques » — en particulier le cuivre et le lithium — fait du pays un espace d’une importance géoéconomique croissante. Ces minerais ne sont plus seulement des marchandises destinées à l’exportation: ils constituent des ressources essentielles pour l’électrification, les batteries, les infrastructures énergétiques et diverses industries technologiques.

La question ne consiste donc pas simplement à déterminer si le Chili est « dominé » par les États-Unis. La réalité est plus complexe. La concurrence entre les grands capitaux et les grandes puissances pour les ressources, les investissements, les marchés et les chaînes stratégiques introduit une dimension multipolaire dans la conjoncture chilienne. Le concept de « néo-impérialisme », bien que postérieur à Lénine, permet de décrire certaines de ces formes contemporaines de pouvoir : investissement étranger, contrôle technologique, propriété des entreprises, crédit, chaînes mondiales de production, propriété intellectuelle et dépendance à l’égard de certains marchés.

Dans ce contexte, le programme de Kast est plus qu’un simple projet idéologique de droite. Sa politique cherche à renforcer l’autorité de l’État, à garantir des conditions de sécurité favorables à l’accumulation, à encourager l’investissement privé, à approfondir l’exploitation des ressources stratégiques et à consolider l’insertion du Chili dans le marché mondial. Le discours sur la criminalité, l’immigration et « l’ordre » soulève ainsi une question de classe : qui supporte les coûts de la crise et sur quels secteurs sociaux repose principalement le renforcement de l’appareil répressif ?

La contradiction centrale demeure intacte. Le Chili possède des ressources stratégiques d’une immense valeur, mais continue de dépendre largement de leur exportation et des capitaux étrangers. Le dilemme ne réside donc pas dans la simple possession du cuivre ou du lithium, mais dans la question de savoir qui contrôle ces ressources, qui maîtrise la technologie, qui décide des investissements, qui s’approprie le surplus et quelle part de celui-ci est transformée en industrialisation et en autonomie économique.

La conjoncture chilienne de 2026 peut ainsi être caractérisée comme la convergence de trois processus: une offensive politique de la droite, une reconfiguration des conditions de l’accumulation capitaliste et une importance géopolitique croissante du pays dans la compétition pour les ressources stratégiques. Le Chili n’est pas un pays capitaliste expansionniste, pas plus qu’il n’est une simple victime de forces extérieures : c’est un capitalisme dépendant dont la bourgeoisie participe activement à l’ordre international qui la subordonne. La lutte autour du cuivre et du lithium pourrait ouvrir de nouvelles possibilités de développement ; elle pourrait également approfondir, si les rapports de propriété et de pouvoir ne sont pas modifiés, une dépendance dont la forme contemporaine n’a plus besoin de drapeaux coloniaux pour exercer sa domination.

M.C.

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LE CANDIDAT JOSÉ KAST, SALUE SES PARTISANS
 LORS DE SON MEETING DE CLÔTURE DE CAMPAGNE
À TEMUCO, AU CHILI, LE 11 DÉCEMBRE 2025
PHOTO EITAN ABRAMOVICH
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