LES PORTRAITS DES DEUX CANDIDATS À LA CANONISATION ONT ÉTÉ EXPOSÉS AU VATICAN. PHOTO ALESSANDRO BIANCHI
La canonisation le même jour de Paul VI et de Mgr Romero est plus qu’un symbole. ll s’agit pour François, au mitan du Synode des jeunes, de transmettre aux nouvelles générations la tâche de rénover l’Église que Vatican II s’était assignée.
Le symbole est fort : dimanche 14 octobre, le premier pape latino-américain va canoniser le premier pape à avoir posé le pied en Amérique latine. « C’était en 1968, Paul VI venait à Medellin (Colombie) pour l’assemblée de l’épiscopat latino-américain : un rendez-vous marqué par la théologie de la libération », rappelle le journaliste Michel Cool pour qui « cet événement n’a pu que marquer le jeune Bergoglio. »
Pape des années de formation de Jorge Mario Bergoglio, Paul VI peut en effet être considéré comme le « mentor » de François qui le cite souvent dans ses textes et considère l’exhortation apostolique Evangelii nuntiandi comme le « document pastoral le plus grand écrit à ce jour ».
UN SATELLITE EN ORBITE AUX PANNEAUX SOLAIRES DÉPLOYÉS?
NON, IL S'AGIT D'UNE VUE AÉRIENNE DES BASSINS DE SAUMURE
DES DIFFÉRENTES ZONES DE TRAITEMENT DU LITHIUM DANS LE SALAR D'ATACAMA, SITUÉ AU NORD DU CHILI.
PHOTO IVAN ALVARADO
Le Chili, le deuxième pays producteur de lithium au monde derrière l'Australie, espère bien que le LME entrera ce métal dans la liste des produits cotés afin d’avoir une meilleure visibilité sur sa valeur.
En déplacement en Grande-Bretagne, le ministre chilien des Mines, Baldo Prokurica, a demandé le 10 octobre 2018 au London Metals Exchange (LME) d’inscrire le lithium à la cote. Le Chili extrait environ 35% de la production mondiale de ce métal, principalement utilisé dans la fabrication des batteries électriques des véhicules électriques et des smartphones.
Transparence
"Nous voulons créer des conditions pour que nos produits soient vendus de manière transparente, ce qui met en avant la possibilité que le lithium soit commercialisé sur le LME afin de clarifier sa valeur", a déclaré le ministre chilien, selon le journal chilien Estrategia. Cette cotation devrait permettre au marché, d’être plus transparent. À l'heure actuelle, les producteurs négocient des contrats avec les acheteurs, mais les conditions des contrats ne sont pas rendues publiques. En septembre 2017, le LME avait annoncé étudier le référencement du lithium, et d'autres métaux, tout en se donnant 18 mois.
Au cours de ces derniers mois, la société minière SQM (Sociedad Quimica y Minera de Chile) qui exploite le lithium au Chili a augmenté ses capacités d’extraction dans le Salar del Carmen, pour atteindre un volume de 70 000 tonnes par an. Sur l’ensemble de ses sites, la SQM a produit 80 000 tonnes de lithium en 2017. SQM ne compte pas s’arrêter là et vise la premier place mondiale d’ici 2022.
Serge Gruzinski est historien, il travaille depuis plus de trente ans sur la question de la colonisation européenne du Nouveau Monde. Il enseigne à l'EHESS (Paris), à l'université de Princeton (États-Unis) et à celle de Belém (Brésil). Spécialiste de l'Amérique latine des XVIe-XVIIIe siècles, il échange ici avec Emmanuel Laurentin, membre du conseil de rédaction d'Esprit, autour de son dernier livre : « La Machine à remonter le temps ; Quand l'Europe s'est mise à écrire l'histoire du monde », (Fayard histoire, octobre 2017). Pionnier de l'histoire "globale", Serge Gruzinsky tente de comprendre comment cette conquête spatiale des Européens s'est doublée de celle du temps. Comment les processus d’écrasement et de domination se sont-ils entremêlés aux traditions et aux imaginaires des Indiens ?
Pendant plus d'un siècle, les grandes puissances colonisatrices ont exhibé comme des bêtes sauvages des êtres humains arrachés à leur terre natale. Retracée dans ce passionnant documentaire, cette "pratique" a servi bien des intérêts.
Ils se nomment Petite Capeline, Tambo, Moliko, Ota Benga, Marius Kaloïe et Jean Thiam. Fuégienne de Patagonie, Aborigène d’Australie, Kali’na de Guyane, Pygmée du Congo, Kanak de Nouvelle-Calédonie, ces six-là, comme 35 000 autres entre 1810 et 1940, ont été arrachés à leur terre lointaine pour répondre à la curiosité d'un public en mal d'exotisme, dans les grandes métropoles occidentales. Présentés comme des monstres de foire, voire comme des cannibales, exhibés dans de véritables zoos humains, ils ont été source de distraction pour plus d'un milliard et demi d'Européens et d'Américains, venus les découvrir en famille au cirque ou dans des villages indigènes reconstitués, lors des grandes expositions universelles et coloniales.
Racisme populaire
S'appuyant sur de riches archives (photos, films, journaux…) ainsi que sur le témoignage inédit des descendants de plusieurs de ces exhibés involontaires, Pascal Blanchard et Bruno Victor-Pujebet restituent le phénomène des exhibitions ethnographiques dans leur contexte historique, de l’émergence à l'essor des grands empires coloniaux. Ponctué d'éclairages de spécialistes et d'universitaires, parmi lesquels l'anthropologue Gilles Boëtsch (CNRS, Dakar) et les historiens Benjamin Stora, Sandrine Lemaire et Fanny Robles, leur passionnant récit permet d'appréhender la façon dont nos sociétés se sont construites en fabriquant, lors de grandes fêtes populaires, une représentation stéréotypée du "sauvage". Et comment, succédant au racisme scientifique des débuts, a pu s'instituer un racisme populaire légitimant la domination des grandes puissances sur les autres peuples du monde;
«LA FEMME AU BANDEAU VERT», ŒUVRE DE GONZALO MATIZ, PEINTE AU CŒUR DU QUARTIER BELLAVISTA, À SANTIAGO DU CHILI PHOTO LISA HANOUN
Reportage.– Un an après #Metoo, immersion à Bellavista, plus vieux quartier de Santiago, où le street-art appelle à déconstruire la société machiste et condamne les violences faites aux femmes.
«Je peins les femmes parce qu’elles sont une véritable source d’inspiration. À travers leur visage je peux raconter mon quotidien», explique Gonzalo Matiz Salinas, perché sur son échelle, pinceau dans la main droite. Dans l'autre, il tient son téléphone portable. Il reproduit avec précision le modèle qu'il a réalisé dans son atelier, situé juste en face. Fin août, c’est la fin de l’hiver à Santiago. En plein cœur de Bellavista, le plus vieux «barrio» (quartier) de la ville, ce grapheur chilien de 34 ans s’attèle à sa nouvelle fresque. Une femme. Pour le moment, on ne discerne que la moitié du visage. On devine qu’elle porte un bandeau vert, symbole du mouvement pro-IVG en Amérique latine. « Les femmes devraient avoir le droit de choisir de garder ou pas un enfant. Aujourd’hui c’est comme si l’avortement était encore illégal (au Chili, il est partiellement légalisé, NDLR). C’est pour cela que je peins ce bandeau vert». Matiz ne représente que des femmes. «Nous vivons dans une société machiste, ce n’est pas qu’au Chili, c’est historique. »
L’Institut de France a pour mission de perfectionner les arts et les sciences et d’encourager la création sous toutes ses formes. En son sein siègent l’Académie française, l’Académie des inscriptions et belles-lettres, l’Académie des sciences, l’Académie des beaux-arts et l’Académie des sciences morales et politiques.
PASCAL BOYART DIT PBOY
L’Institut de France invite l’artiste urbain Pascal Boyart, alias PBoy, à lui donner un éclairage inédit. Depuis le pont des Arts, vous apercevrez, au pied de la majestueuse Coupole de l’Institut, un portrait revisité de Mazarin, bâtisseur des lieux, qui vous guidera jusqu’à la cour d’honneur pour y découvrir une performance artistique.
Granma reproduit ce texte qui salue la dignité d'un peuple pacifique qui a perdu 3 478 de ses enfants victimes de la barbarie du terrorisme
Il y a trente ans, je m'interrogeais sur l'attitude du gouvernement des États-Unis, qui interdisait à ses citoyens de se rendre librement à Cuba : « Si cette île est, comme on dit, l'enfer, pourquoi les États-Unis n'organisent-ils pas des excursions afin que leurs citoyens puissent la connaître et se désenchanter ? »
Aujourd’hui encore, je continue de me le demander.
Il y a dix ans, je me posais une autre question sur l’infernalisation de Cuba : « Pourquoi la confondrais-je, maintenant, avec l'enfer, si je ne l'ai jamais confondu avec le paradis ? »
Aujourd’hui encore, je continue de me le demander.
Ni enfer, ni paradis. La Révolution cubaine, œuvre de ce monde, s'est façonnée avec la boue et la glaise des humains et c'est justement pour cette raison, et non malgré cela, qu'elle est contagieuse.
Les temps que nous vivons ne sont pas très honorables. On a l’impression d’assister à une Coupe du monde des paillassons. On a l'impression, et j'espère me tromper, que les gouvernements sont en concurrence les uns avec les autres pour voir lequel se traîne le mieux sur le terrain, et lequel se laisse piétiner avec le plus d’enthousiasme. La concurrence ne date pas d’aujourd’hui, mais depuis les attaques terroristes du 11 septembre, il y a quasi-unanimité dans l'obsession officielle envers les dirigeants du monde.
Je dis bien quasi-unanimité. Et je dis qu'aujourd'hui, je suis fier de recevoir cette distinction dans le pays qui a le plus clairement mis les points sur les i en disant non à l'impunité des puissants, le pays qui a le plus fermement et lucidement refusé d'accepter ce genre de laissez-passer universel accordé aux seigneurs de la guerre, qui au nom de la lutte contre le terrorisme peuvent pratiquer tout le terrorisme qui leur passe par la tête, bombarder qui ils veulent et tuer quand ils en ont envie. Dans un monde où la servilité est une grande vertu, il devient rare d’entendre la voix de la dignité que représente Cuba. Cette Révolution, punie assiégée, a réalisé bien moins que ce qu’elle voulait mais bien plus que ce qu’elle pouvait. Et elle continue à commettre la folie dangereuse de croire que les êtres humains ne sont pas condamnés à l’humiliation des puissants de ce monde.
Fragments de l'intervention d'Eduardo Galeano lors de la remise du titre Docteur Honoris Causa de l'Université de La Havane, en décembre 2001.
EVGENY MOROZOV: «APRÈS AVOIR VU LES INVENTEURS CHINOIS S’EMPARER DES JOYAUX DE SON INDUSTRIE ROBOTIQUE ET TECHNOLOGIQUE, BERLIN OSE ENFIN UTILISER SON DROIT DE VETO POUR BLOQUER LES ACQUISITIONS.» PHOTO: «DIGITALE DEMENZ» DE MUHARREM BATMAN, HEINZ NIXDORF MUSEUMSFORUM, PADERBORN (D). KEYSTONE
Au milieu des lamentations que suscite l’inévitable progression du nationalisme et du populisme, on pourrait aisément passer à côté des changements surprenants et salutaires qui se sont opérés dans l’opinion publique au cours des deux dernières années. Bien malgré lui, même Donald Trump peut avoir des effets positifs.
Ce changement d’attitude transparaît notamment dans la manière dont nous appréhendons les dilemmes que soulèvent les mesures prises en matière de nouvelles technologies. L’idée même du « numérique », conçu comme un royaume magique et intouchable capable d’apporter à tous la prospérité grâce à une succession de « disruptions », est dépassée. Les questions épineuses posées par la technologie ne sont plus la prérogative des bobos du magazine Wired ou des conférences TED ; elles sont revenues sur leurs terrains d’origine : le commerce international, le développement économique et la sécurité nationale.
La force d’un système économique tient à sa capacité à s’insinuer dans les moindres replis de l’existence, et en particulier dans nos assiettes. Une banale boîte de concentré de tomate contient ainsi deux siècles d’histoire du capitalisme. Pour son nouvel ouvrage, Jean-Baptiste Malet a mené une enquête au long cours sur quatre continents. Une géopolitique de la « malbouffe » dont il présente ici un tour d’horizon inédit.
Dans la salle d’un restaurant décorée d’ours et de cobras empaillés, au cœur de la vallée de Sacramento, en Californie, un homme mord dans son hamburger face à une bouteille de ketchup. M. Chris Rufer, patron de la Morning Star Company, règne sur la filière mondiale de la tomate d’industrie. Avec trois usines seulement, les plus grandes du monde, son entreprise produit 12 % du concentré de tomate consommé sur la planète.
PREMIER ANNIVERSAIRE DU DÉCÈS DE L’HAÏTIENNE JOANE FLORVIL
Une « Journée nationale contre le racisme » au Chili a été instaurée par une centaine d’organisations pour commémorer le premier anniversaire du décès de l’haïtienne Joane Florvil
PREMIER ANNIVERSAIRE DU DÉCÈS DE L’HAÏTIENNE JOANE FLORVIL
Le dimanche 30 septembre dernier, des organisations ont organisé une marche contre le racisme, en commémoration du premier anniversaire de la mort de la jeune haïtienne, Joane Florvil, décédée un mois après son arrestation sous l’accusation d’avoir abandonné sa fille âgée de deux mois au bureau de la protection des droits (OPD) de la commune de Lo Prado.
PREMIER ANNIVERSAIRE DU DÉCÈS DE L’HAÏTIENNE JOANE FLORVIL
L’incident ayant débouché sur la mort de Joane Florvil, selon les organisations de défense de droits humains, a mis en évidence la discrimination culturelle et institutionnelle que vivent quotidiennement les étrangers dans le pays andin.
Violeta del Carmen Parra Sandoval, née à San Fabián de
Alico, dans la région de Chillan, au sud du Chili, le 4 octobre 1917 et décédé
le 5 février 1967, fut une artiste chilienne, connue sous le nom de Violeta
Parra, qui a remis à l'honneur la musique populaire et traditionnelle de son
pays et l'a fait connaître au-delà des frontières du Chili.