mardi, juin 02, 2026

AU CHILI, LE NOUVEAU PRÉSIDENT D’EXTRÊME DROITE SOUS LE FEU DES CRITIQUES

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UN RASSEMBLEMENT À SANTIAGO (CHILI), LE 22 MARS 2026,
À L’OCCASION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE L’EAU, EN PLEINE
CONTESTATION DES PROJETS DU PRÉSIDENT JOSÉ ANTONIO KAST
VISANT À RÉDUIRE LES PROTECTIONS ENVIRONNEMENTALES. 
PHOTO RODRIGO ARANGUA

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La Croix
Reportage / Au Chili, le nouveau président d’extrême droite sous le feu des critiques / Investi le 11 mars, le président chilien José Antonio Kast a été élu avec la promesse de lutter contre la délinquance et de redresser l’économie du pays andin. Ce lundi 1er juin, il prendra la parole devant le Congrès pour présenter ses objectifs. Les débuts de son « gouvernement d’urgence » déçoivent jusque dans son propre camp.

Par Marion Esnault, correspondante à Valparaíso (Chili) Publié le 1 juin 2026 à 7h46 Lecture : 2 min

lundi 1er juin, le nouvel occupant du palais présidentiel de la Moneda se prête au jeu d’une grande tradition républicaine chilienne : une fois par an, le président doit faire le bilan de sa politique et présenter les perspectives futures depuis le Congrès. Très critiqué pour ses erreurs de communication et son manque de dialogue, José Antonio Kast, élu avec 58 % des voix, subit une baisse constante de son taux d’approbation depuis son arrivée au pouvoir.

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Selon l’institut Criteria, seulement 37 % des Chiliens approuvent sa politique et 72 % sont d’accord avec son précoce remaniement ministériel. En effet, 69 jours après le début de son mandat, le président s’est séparé de Mara Sedini (porte-parole du gouvernement) et Trinidad Steinert (ministre de la sécurité), toutes deux sans affiliation et sans expérience politique. Figures majeures du « gouvernement d’urgence », ces deux novices ont enchaîné les déclarations imprécises et contradictoires, notamment lorsque José Antonio Kast a décidé de suspendre le mécanisme de régulation des prix des combustibles début avril, répercutant ainsi la flambée de la hausse du baril du pétrole sur le portefeuille des Chiliens.

LE ROBIN DES BOIS DES RICHES
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Une méga-réforme économique qui favorise les plus riches

Mais il n’y a pas que les imprécisions de l’équipe de José Antonio Kast qui crispent jusque dans son propre camp. Il y a aussi la méga-réforme économique qui promet de réduire le déficit public. Intitulé « Reconstruction nationale » – formule empruntée au projet de refonte néolibérale d’Augusto Pinochet (1973-1990) – le projet de loi comprend une cinquantaine de mesures actuellement débattues au Congrès.

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Les partis politiques d’opposition accusent une «réforme fiscale déguisée » visant à favoriser les plus riches. Le gouvernement souhaite notamment réduire l’impôt sur les grandes entreprises de 27 % à 23 % tout en baissant drastiquement les dépenses et aides publiques. Les syndicats, associations étudiantes et mouvements sociaux dénoncent un recul social d’ampleur. La Centrale unitaire des travailleurs alerte « sur le fait que son adoption entraînera de graves régressions en matière de droits sociaux et compromettra la capacité de l’État à répondre aux besoins » des plus précaires.

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Absence de dialogue avec les collectivités locales

L’emblématique projet du gouvernement attire par ailleurs les foudres de l’Association chilienne des municipalités. Dans un communiqué, l’association déclare que le ministre des finances, Jorge Quiroz, n’a montré « aucune volonté pour ouvrir le dialogue » avec les collectivités locales, directement impactées par la réforme. Elle exige que l’exécutif et le Congrès mettent en suspens l’examen du projet de loi tant qu’il n’existe pas d’espaces de dialogue formels avec les 345 municipalités du pays.

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José Antonio Kast avait axé sa campagne sur une grande promesse : lutter avec une main de fer contre l’augmentation de la délinquance et du narcotrafic, qu’il associe directement à la migration irrégulière. Alors qu’il critiquait durement la faiblesse des mesures mises en place par Gabriel Boric (2022-2026), l’actuel président a annoncé par la voix de son nouveau ministre de la sécurité, Martín Arrau, que l’actuelle administration s’appuiera sur la politique nationale de sécurité publique de son prédécesseur progressiste. « Ça ressemble à une blague » estime Camila Vallejo, porte-parole du gouvernement précédent, « mais il est évident qu’ils n’ont jamais eu de plan. Ce n’était qu’un slogan de campagne. »


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KK KASST
DESSIN BECS

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