mardi, septembre 15, 2026

PATRICIO GUZMAN, CINÉASTE ET DOCUMENTARISTE DU CHILI D’ALLENDE À PINOCHET, EST MORT

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LE RÉALISATEUR CHILIEN PATRICIO GUZMAN À LA PROJECTION
DE SON DOCUMENTAIRE « MON PAYS IMAGINAIRE », LORS DE
LA 75ᵉ ÉDITION DU FESTIVAL DE CANNES, LE 21 MAI 2022.
PHOTO JULIE SEBADELHA 

Le Monde
Multirécompensé, le réalisateur était connu pour avoir réalisé, entre 1972 et 1973, « La Bataille du Chili », trilogie de cinq heures sur le gouvernement de l’ancien président socialiste chilien Salvador Allende. Il est mort à l’âge de 85 ans.

Le Monde avec l'AFP Publié aujourd’hui à 22h10, modifié à 22h21  Temps de Lecture 1 min.

PATRICIO GUZMAN

Le cinéaste et documentariste chilien Patricio Guzman, qui a radiographié la chute de Salvador Allende et le coup d’Etat du général Augusto Pinochet en septembre 1973, est mort à Paris, mardi 15 septembre, à l’âge de 85 ans, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès de son épouse.

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Distingué dans les festivals internationaux (Cannes, Berlin…), cet orfèvre de la mémoire politique était connu pour avoir réalisé entre 1972 et 1973 La Bataille du Chili, une trilogie de cinq heures sur le gouvernement de l’ancien président socialiste chilien Salvador Allende jusqu’à son assassinat, le 11 septembre 1973. Cette somme a posé les fondations de son cinéma et reste considérée comme l’un des plus grands documentaires politiques de l’histoire.

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Après le coup d’État de Pinochet, Patricio Guzman avait lui-même été arrêté et soumis à des simulacres d’exécution. Il a consacré une grande partie de son œuvre de cinéaste à ausculter l’histoire récente de son pays. « La mémoire a sa propre force de gravité. Les Etats qui enfouissent leurs crimes passés sont à la traîne », affirmait-il à l’AFP en 2010, année où le Festival de Cannes avait sélectionné son film Nostalgie de la lumière, dans lequel il évoquait les séquelles de la dictature par le biais de l’astronomie.

« Le documentaire est un filet »

Né le 11 août 1941 à Santiago, il avait quitté le Chili en 1973 et s’était exilé à Cuba, en Espagne puis en France sans jamais perdre de vue l’histoire mouvementée de son pays.

En exil, il a continué de réaliser des documentaires, comme Au nom de Dieu (1987), sur le rôle de l’Église catholique chilienne lors de la dictature, ou Salvador Allende (2004). « Le documentaire est un filet que tu lances et dont tu retires ce qui t’intéresse. Grâce à cet exercice, on peut rendre compte de l’état d’âme d’un pays », affirmait-il, il y a quelques années.

Avec La Cordillère des songes, qui a remporté en 2019 l’Œil d’or à Cannes du meilleur documentaire, il a fait des Andes le témoin immuable des années de répression politique sur le continent sud-américain.

Son infatigable travail contre l’amnésie s’est conclu avec Mon pays imaginaire (2022) sur la révolte sociale qui a secoué le Chili en 2019. « Un pays qui n’a pas de cinéma documentaire, c’est comme une famille sans album de famille », avait-il coutume de dire.

Le Monde avec l'AFP

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