samedi, octobre 26, 2019

CHILI. AU CŒUR DE LA CONTESTATION SOCIALE, « L’ARNAQUE » DU SYSTÈME DE RETRAITES


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UNE MANIFESTANTE RÉCLAME DES "RETRAITES DIGNES",
LE 23 OCTOBRE 2019 À SANTIAGO DU CHILI
PHOTO ((C) AFP)
« Du vol ! », « Une arnaque ! », « Néfaste » : le système de retraites chilien, emblématique du modèle économique ultra-libéral hérité de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990), cristallise la colère des Chiliens, car il condamne la majorité d’entre eux à des pensions inférieures au salaire minimum.
«  LE VOL  » 
PHOTO PABLO SANHUEZA  
Lors de sa création en 1981, le système est le premier au monde à faire le pari d’une capitalisation totalement individualisée pour les salariés, s’attirant les louanges des économistes de l’école de Chicago qui voient alors dans le Chili le laboratoire de leurs théories ultra-libérales.
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« NOUVELLE CONSTITUTION OU RIEN »
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DANS MAGIA DEL KAOS
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vendredi, octobre 25, 2019

CHILI : DES CENTAINES DE MILLIERS DE PERSONNES MANIFESTENT À SANTIAGO ET DANS PLUSIEURS VILLES DU PAYS


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LA MARÉE HUMAINE SUR LA PLAZA ITALIA,
À SANTIAGO, AU CHILI, VENDREDI 25 OCTOBRE 2019
La contestation se poursuit au Chili. Vendredi 25 octobre 2019, des centaines de milliers de manifestants ont convergé vers une place du centre de Santiago, afin de protester contre les inégalités socio-économiques. Les manifestants ont lancé des appels à la démission du président conservateur chilien Sebastian Piñera, a constaté l'AFP. 
Chili: « La plus grande marche » de l’histoire du pays rassemble 820 000 personnes  
Une caméra installée sur le toit d'une galerie d'art situé non loin de ce lieu de rassemblement diffuse en direct des images de cette marée humaine.
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LA MARÉE HUMAINE SUR
 LA PLAZA ITALIA, 

PHOTO SEBASTIAN OJEDA
Entonnant des chants popularisés pendant la période de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), les manifestants se sont dirigé vers la Plaza Italia, l'épicentre d'une fronde sociale inédite déclenchée il y a une semaine au Chili, un des pays les plus stables d'Amérique latine.
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« NOUVELLE CONSTITUTION OU RIEN »
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DANS MAGIA DEL KAOS

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CHILI: 70 THÉOLOGIENS DÉNONCENT LES VIOLATIONS DES DROITS DE L'HOMME


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PHOTOMONTAGE LA LIBERTÉ GUIDANT LE PEUPLE
70 théologiens chiliens, ont signé une déclaration mercredi 23 octobre soutenant le mouvement de contestation sociale contre le système en place au Chili. Ils s’opposent aux propos tenus par le président Sebastián Piñera ayant déclaré, en réaction aux violentes manifestations, que le pays était en situation «de guerre».
Malgré l'annonce d'une série de mesures sociales mardi par le président Sebastian Piñera, des dizaines de milliers de personnes continuent de manifester contre les inégalités sociales au Chili. Pillages et affrontements avec les forces de l'ordre continuent de se produire dans plusieurs villes du pays et dans la périphérie de la capitale.

CHILI: LA RÉPRESSION POLICIÈRE DÉNONCÉE PAR DES MILITANTS DES DROITS DE L'HOMME


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L'ARMÉE ARRÊTE DEUX PERSONNES SUSPECTÉES DE PILLAGES
LORS DES MANIFESTATIONS À CONCEPCION,
AU CHILI, LE 22 OCTOBRE 2019.
PHOTO JUAN GONZALEZ, REUTERS
De nouveaux rassemblements ont eu lieu jeudi 24 octobre à Santiago et dans plusieurs villes du pays, au septième jour consécutif de ce mouvement social au Chili. Ce jeudi au Chili, les violences commises par les forces de l'ordre depuis le début du mouvement ont été au centre des discussions politiques. 
 PHOTO RODRIGO GARRIDO
Selon l'institut chilien des droits de l'homme, un organisme public indépendant, plus de 2 500 personnes ont été arrêtées en une semaine, des centaines de manifestants blessés, et cinq personnes auraient été tuées par les forces de l'ordre.

« NOUVELLE CONSTITUTION OU RIEN »
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DANS MAGIA DEL KAOS
Le principal syndicat chilien de médecins, dont fait partie Enrique Morales, s'alarme de la gravité des blessures constatées dans les hôpitaux : « Les chiffres que nous avons compilés sont terribles : 43 personnes au moins ont été blessées aux yeux, avec perte de vision, et des séquelles à vie. »

LA DÉPUTÉE ET  AVOCATE CARMEN HERTZ
PHOTO CAMILO PINTO
 
La députée communiste Carmen Hertz, ancienne avocate de victimes de la dictature au Chili, reproche au gouvernement d'avoir confié aux militaires le maintien de l'ordre, en mettant en place l'état d'urgence dans le pays : « Pourquoi les militaires sont-ils en charge de la sécurité des citoyens alors qu'ils ne sont pas du tout formés à cela ? »

La haute-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, l'ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, a confirmé qu'elle enverrait une délégation dans le pays, face aux accusations de violations des droits humains. Cette délégation devrait arriver au Chili en début de semaine prochaine.

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À SANTIAGO, AU CHILI,
VENDREDI 25 OCTOBRE 2019
PHOTO  SUSANA HIDALGO

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CHILI: LES EXTRATERRESTRES SONT DANS LA RUE !

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DESSIN ALEN LAUZAN
On a cru initialement que c’était encore une fake news. Mais au terme d’une procédure rigoureuse de vérification des données, le quotidien chilien La Tercera a authentifié le message vocal stupéfiant envoyée à une amie via WhatsApp par Cecilia Morel, l’épouse du président chilien Sebastián Piñera. Nous le reproduisons ci-dessous :
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CECILIA MOREL MONTES


WHATSAPP DE CECILIA MOREL,

DU DIMANCHE 20 OCTOBRE 2019
CONFIRMATION DE L'INFO
DESSIN CARLOS LATUFF 
« Je crois que le plus important, c’est de garder la tête froide, de ne pas s’affoler, parce que ce qui vient est très, très, très grave.

On a avancé le couvre-feu parce qu’on a su que la stratégie était la rupture de toute la chaîne d’approvisionnement alimentaire, et même dans certaines régions, de l’eau, des pharmacies… ils ont essayé de brûler un hôpital, ils ont essayé de s’emparer de l’aéroport, bref, on est absolument dépassés, c’est comme une invasion étrangère, extraterrestre, je ne sais pas comment dire, et nous ne sommes pas armés pour les combattre.

S’il vous plait, gardons notre calme, faisons appel aux gens de bonne volonté, c’est le moment de ratio…, de rationa…, comment on dit ?, de rationner la nourriture, et nous allons devoir diminuer nos privilèges et partager avec les autres. »

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jeudi, octobre 24, 2019

CHILI: LA CRISE SOCIALE PERDURE, L'ONU ENVOIE UNE MISSION D'ENQUÊTE


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DES MANIFESTANTS À SANTIAGO, LE 24 OCTOBRE 2019
PHOTO MARTIN BERNETTI
Des dizaines de milliers de personnes ont une nouvelle fois manifesté jeudi contre les inégalités sociales au Chili où l'ONU a décidé d'envoyer une mission pour enquêter sur de présumées violations des droits humains.
Face à la multiplication des allégations sur le sujet, dans un pays dont plusieurs régions et la capitale Santiago restent placées sous état d'urgence, la Haut-Commissaire aux droits de l'homme des Nations unies Michelle Bachelet, qui a été à deux reprises présidente du Chili, a annoncé l'envoi de ces enquêteurs.

"Les parlementaires et le gouvernement (chiliens) ont tous exprimé le désir d'une mission des droits de l'homme de l'ONU", a-t-elle ajouté dans un tweet.

CHILI. LA CRISE SOCIALE PERDURE, LE PRÉSIDENT SEBASTIAN PIÑERA ÉVOQUE LA FIN DE L’ÉTAT D’EXCEPTION


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LA POLICE DÉPLOIE UN CANON À EAU CONTRE DES
 MANIFESTANTS, À SANTIAGO LE 23 OCTOBRE 2019
PHOTO JAVIER TORRES
Alors que la crise qui secoue le Chili et qui a fait dix-huit continue, le président Sebastian Piñera pourrait lever certaines mesures d’exception dans le but de faire redescendre la tension.
 «CHILI. LA CRISE SOCIALE PERDURE, LE PRÉSIDENT SEBASTIAN PIÑERA ÉVOQUE LA FIN DE L’ÉTAT D’EXCEPTION» 
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Ouest-France avec l'AFP
Le président chilien Sebastian Piñera a entrouvert la porte à une levée des mesures d’exception dans une tentative de faire baisser la tension au Chili : « Nous travaillons à un plan de normalisation de la vie de notre pays […] pour pouvoir cesser le recours au couvre-feu et, nous l’espérons, lever l’état d’urgence », a déclaré ce jeudi 24 octobre le président conservateur devant la presse.
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« NOUS SOMMES EN GUERRE... CONTRE LE PEUPLE! »
#EstoPasaEnChile 
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MANIFESTATIONS.AU CHILI, LES TIMIDES MESURES SOCIALES DU GOUVERNEMENT NE RÈGLENT RIEN


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UN MANIFESTANT BRANDIT UNE PANCARTE SUR LAQUELLE IL EST INSCRIT : 
« DÉSOLÉ, MAMAN, MAIS IL S’AGIT DE MON AVENIR », AU CHILI, LE 23 OCTOBRE.
 PHOTO / JUAN “GONZALES / REUTERS 
Les mesures sociales prises par le président Sebastián Piñera sous la pression des émeutes qui ont enflammé le pays se voulaient ambitieuses mais restent insuffisantes, constate le quotidien El Mostrador.
Courrier international
Alors que l’état d’urgence et le couvre-feu sont toujours en vigueur dans le pays, la nuit du 23 au 24 octobre a été plus calme, constatent les médias ce jeudi matin. Depuis le 18 octobre, les émeutes ont fait quinze morts, et plusieurs milliers de personnes ont été arrêtées. Mais ni la répression ni le couvre-feu n’ont empêché les Chiliens de retourner dans la rue. Les syndicats ont par ailleurs appelé à la grève générale.
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mercredi, octobre 23, 2019

LE PRÉSIDENT DU CHILI DEMANDE « PARDON» ET PROPOSE DES MESURES SOCIALES POUR CALMER LA COLÈRE


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« NOUS SOMMES EN GUERRE... CONTRE LE PEUPLE! »
#EstoPasaEnChile 
Une vingtaine de syndicats appellent à des grèves et à de nouveaux rassemblements cette semaine.  
« Nous avons entendu la voix de ceux qui ont exprimé leur douleur et leurs espoirs. » Mardi soir, au terme d’une cinquième journée de manifestations massives dans les grandes villes du pays, Sebastian Piñera s’est de nouveau adressé aux Chiliens à la télévision. « Nous n’avons pas été capables de reconnaître l’ampleur de cette situation d’inégalités et d’abus. Je vous demande pardon pour ce manque de vision », a admis le président de droite. 

Hausse de 20 % des pensions de retraite les plus basses, revalorisation du salaire minimum, baisse du salaire des parlementaires, gel du prix de l’électricité, baisse de celui des médicaments, augmentation d’impôts pour les plus riches… M. Piñera, qui avait réuni plusieurs présidents de partis politiques ce mardi, a déroulé une longue série de mesures qui seront soumises au vote du Congrès ou approuvées par décret présidentiel. « Cet agenda social ne résoudra pas tous les problèmes qui accablent les Chiliens, mais c’est un effort nécessaire et significatif pour améliorer la qualité de vie des plus vulnérables», a déclaré le chef d’État. « Échec du modèle économique actuel »

Retraites, santé, salaires… Les réformes promises par Sebastian Piñera portent sur des thèmes chers aux manifestants. Ce mardi après-midi, des milliers d’entre eux se sont rassemblés de manière pacifique à Santiago, la capitale chilienne. Pour Ivan Cornejo, dessinateur de 36 ans, « les retraites [qui fonctionnent au Chili par capitalisation individuelle auprès de fonds de pension privés] sont un sujet grave et urgent, leur niveau est très bas. Nous, les Chiliens, devons continuer de travailler très longtemps car on ne peut pas vivre avec ce que l’on perçoit. »

L’augmentation des pensions les plus basses devrait faire passer celles-ci de 110 000 à 132 000 pesos chiliens (de 136 à 163 euros). Une hausse « qui pourrait soulager de façon minime le portefeuille de certains retraités », souligne Claudio Fuentes, professeur de sciences politiques à l’université Diego-Portales, qui estime toutefois que « ces annonces ne suffiront pas à faire retomber la mobilisation sociale». L’appel à une nouvelle grève générale mercredi et jeudi, lancé par plusieurs organisations sociales et syndicats, a « toutes les chances d’être suivi », selon M. Fuentes.

Pour Alberto Mayol, vice-doyen de la faculté d’administration et d’économie de l’université de Santiago, « ce qui est fondamental dans les événements de ces derniers jours, c’est l’échec du modèle économique actuel. Et aucune des mesures annoncées par le président ne sort de ce modèle ». Les manifestants sont effectivement nombreux à réclamer des changements plus radicaux que ceux annoncés mardi soir, comme l’adoption d’une nouvelle Constitution – l’actuelle est héritée de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990).


Interpellations violentes



Au-delà de ses promesses de réformes, Sebastian Piñera n’a pas répondu, mardi soir, à l’une des demandes les plus pressantes de la société chilienne : le retrait de l’armée qui occupe actuellement les rues des grandes villes. « Je sais que certains veulent en finir avec l’état d’urgence et avec le couvre-feu. Nous le voulons tous », a déclaré le président. « Mais, en tant que président du Chili, je me dois de ne lever l’état d’urgence que lorsque je serai certain que l’ordre public, la tranquillité, la sécurité des Chiliens, et la protection des biens publics et privés seront respectés. » Ce mardi, les représentants de plusieurs partis de gauche avaient refusé de participer à la réunion avec M. Piñera, notamment en raison du maintien de l’état d’urgence dans le pays.

Des images d’interpellations violentes durant le couvre-feu circulent depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux, souvent accompagnées du hashtag #EstoPasaEnChile (« voilà ce qui se passe au Chili »). Alors que le gouvernement fait état de 15 morts depuis le début de la crise sociale, dont une majorité lors de saccages et incendies de magasins, l’Institut national des droits humains affirme que cinq personnes ont été tuées par les forces de l’ordre depuis le week-end. Cette organisation publique indépendante dénonce également des cas de violences sexuelles et parle de plus de 250 personnes blessées, dont la moitié par arme à feu. « Le président n’a pas parlé des victimes de ces derniers jours », déplore Claudio Fuentes. « Il n’a pas abordé la question des droits de l’homme, alors que c’est un sujet toujours plus préoccupant. »

Lire notre entretien : Au Chili, « il n’y a plus d’espoir que le modèle néolibéral de développement porte ses fruits »
Aude Villiers-Moriamé 
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LE PAPE FRANÇOIS LANCE UN APPEL POUR LE CHILI

LE PAPE FRANÇOIS LORS DE L'AUDIENCE
GÉNÉRALE DU 23 OCTOBRE 2019 
(VATICAN MEDIA)
Au terme de l’audience générale de ce 23 octobre, le Pape a appelé au dialogue au Chili, alors que le pays vit le sixième jour d’un mouvement de contestation massif, émaillé de violences.Depuis la place Saint-Pierre, le Pape François a lancé un appel pour le Chili, assurant suivre «avec inquiétude» la situation dans le pays. Il espère que le dialogue, «en mettant fin aux manifestations violentes», «permettra de trouver des solutions à la crise et de faire face aux difficultés qui l'ont engendrée». Le Saint-Père invoque «l'intérêt de toute la population».
Le Chili connaît depuis plusieurs jours un mouvement de colère sociale inédit depuis la fin de la dictature en 1990. Les contestataires dénoncent le pouvoir économique des dirigeants et l’injustice de la politique libérale. Les manifestations ont débuté après l'annonce ce mois-ci de la hausse du prix des titres de transport, donnant lieu à des scènes de chaos dans la capitale, Santiago, où l'état d'urgence a été déclaré et un couvre-feu instauré le week-end dernier. Au total, au moins 15 personnes ont été tuées et 5 400 arrêtées depuis le début des manifestations. C’est un pays «en guerre» que le chef de l’État Sebastián Piñera a décrit dimanche soir, après deux jours d’émeutes.

Ce mardi, le président chilien a annoncé un paquet de mesures destinées à apaiser la fronde, parmi lesquelles l'instauration d'un salaire minimum garanti, la hausse des retraites et la stabilisation des coûts de l'électricité. Mais de nouvelles manifestations sont attendues ce 23 octobre.

LE THÉOLOGIEN CARLOS SCHICKENDANTZ
Le théologien Carlos Schickendantz, théologien et chercheur de l’Université Alberto Hurtado, invité au Synode sur l'Amazonie, a été interrogé par la section hispanophone de Vatican News pour donner son analyse de cette crise au Chili: «Comme le dit la majorité des commentateurs, ça a été une explosion, inattendue, organisée par personne, ni des politiciens, ni des politologues, ni des sociologues, ni le gouvernement, ni l’opposition.»

Le Chili est une des économies latino-américaines les plus prospères, avec une croissance du PIB de 2,5%. «Mais il reste des inégalités qui ne peuvent pas être corrigées économiquement. La situation ne s’améliore ni n’empire. Mais le fait qu’il n’y ait pas d’amélioration accroit le malaise urbain.»

« Au Chili il y a des inégalités économiques, sociales et culturelles, rappelle le théologien chilien. Il y a quelque chose de l’aristocratie profonde qui divise les classes. Quelqu’un a dit qu’au Chili il y avait encore des Seigneurs en économie. Quelques familles propriétaires de beaucoup de terres au Chili. C’est un pays d’une économie extrêmement libérale. Tout est privatisé : l’électricité, l’eau et la vérité est que la vie est chère et à cela s’ajoute d’autres phénomènes que l’on peut constater dans toutes les grandes villes européennes, à Madrid, à Barcelone, je pense à ce qui se passe en ce moment, qui sont la hausse des prix des terres, des produits de consommation, des loyers. Ceci est source de mal être, et de migration »


Le rôle des jeunes


«Les jeunes ont en bonne partie marqué l’agenda politique du pays, explique-t-il. On peut repenser au soulèvement de 2011, qui avait mis la qualité de l’éducation et le coût de celle-ci à l’ordre du jour. L’éducation est très chère au Chili. Les familles doivent s’endetter, et de manière importante. Et il y a le sentiment d’avoir eu une éducation de mauvaise qualité alors qu’on s’est endetté pour toute sa vie, pour avoir étudié, pour avoir fait un cycle universitaire. C’est une idée corrosive qui blesse, et les gens finissent par y être sensibles. Ce sentiment a fait consensus, en commençant par les parents qui se sont mobilisés pour soutenir leurs enfants qui demandaient une éducation de qualité et gratuite».

La vie quotidienne suscite une grande lassitude


Cette manifestation a sans doute un rapport avec ce qui se passe partout dans le monde, dans tous les pays, où les gens se sentent maltraités, remarque Carlos Schikendantz. Les classes moyennes ont beaucoup de difficultés à surmonter leur vie quotidienne, je vis à Santiago, mais c’est la même chose à Rome. La vie quotidienne suscite une grande lassitude. Avec ces rythmes de vie, les personnes sont soumises à des pressions importantes, et tout cela mis bout à bout explique les explosions. Les abus des marchés économiques, quand on découvert que les entreprises privées ont volé, qu’elles ont encaissée des sommes indues pendant des années, des cas sont sortis ces dernières années au Chili et a suscité une grande indignation. La classe politique a de hauts salaires, elle est bien à l’aise, et elle est liée au Chili avec des personnalités et des familles, même avec certains évêques. Le sujet des abus est lié à cela. Le Pape l’a dit dans une lettre adressée aux évêques et aux clercs chiliens. Ceci concerne toute la société chilienne d’aujourd’hui.»

VIDEO. "IL EST BOULEVERSÉ" : AU CHILI, DES MANIFESTANTS ENLACENT DES GENDARMES POUR CONCLURE "UN PACTE DE NON-VIOLENCE"


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CAPTURE D'ÉCRAN
Au milieu de la foule, une femme hurle : " Sans violence ! ". À Santiago, capitale du Chili secouée par de violentes manifestations depuis quelques jours, la scène a détonné dans le climat de tensions. A Santiago, capitale du Chili secouée par de violentes manifestations depuis quelques jours, une scène a détonné dans le climat de tensions. Lundi 21 octobre, une manifestante pacifique a pris dans ses bras plusieurs gendarmes. C'est un internaute qui a publié ces images sur Facebook. "Nous ne sommes pas en guerre", a-t-il ajouté, en référence à la déclaration contradictoire faite par le président.
 
Assistant à la scène, la foule a applaudi. La jeune femme a rapidement été imitée par plusieurs autres manifestants présents. "Ils se serrent la main, ils passent un pacte de non-violence", commente l'internaute. Sur les images, on peut voir plusieurs gendarmes s'essuyer le visage, visiblement très émus par le geste, et hocher la tête en signe d'accord.

Mardi soir, le président Sebastian Piñera a proposé une série de mesures destinées à calmer le mouvement anti-gouvernemental, parmi lesquelles l'instauration d'un salaire minimum garanti, la hausse des retraites et la stabilisation des coûts de l'électricité.

mardi, octobre 22, 2019

CHILI. À SANTIAGO, LES MILITAIRES DANS LES RUES POUR MATER LA RÉVOLTE SOCIALE


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UNE DU JOURNAL L'HUMANITE
Face au soulèvement contre la hausse du prix des transports, le président, Sebastian Piñera, impose un couvre-feu et décrète l’état d’urgence. Ces mesures rappellent les heures noires de la dictature, alors que le modèle néolibéral hérité de Pinochet est contesté. 
PHOTO  EDGARD GARRIDO
Les images et la sémantique sont bouleversantes de sens. La scène se passe au Chili, en 2019, mais renvoie aux heures sombres de la dictature du général Augusto Pinochet qui, après le coup d’État de 1973, a plongé la nation australe dans les ténèbres d’un modèle néolibéral imposé dans le sang. Ce 20 octobre, c’est depuis la garnison militaire de Santiago du Chili, la capitale, que le président Sebastian Piñera s’est adressé à ses concitoyens, quatre jours après le début d’une explosion sociale contre la hausse des tarifs des transports, la seconde en moins d’un an. Contraint de revenir sur sa décision, le chef de l’État et multimillionnaire n’a pourtant rien cédé sur la forme et sur le fond. La veille, il avait décrété l’état d’urgence et imposé un couvre-feu. Du jamais-vu depuis le retour de la démocratie. Des vidéos amateurs – dont la fiabilité reste à confirmer – montrent des arrestations de citoyens en pleine nuit, ravivant le douloureux souvenir des agissements des sbires de Dina, la police politique du dictateur défunt.
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