dimanche, janvier 18, 2026

DES INCENDIES AU CHILI CAUSENT LA MORT D'AU MOINS 15 PERSONNES ET LE DÉPLACEMENT DE 50 000 AUTRES

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UN BÂTIMENT EN FEU À CONCEPCION, AU CHILI,
 LE 18 JANVIER 2026.
PHOTO GUILLERMO SALGADO

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France info

Des incendies au Chili causent la mort d'au moins 15 personnes et le déplacement de 50 000 autres / Le président du Chili, Gabriel Boric, a décrété dimanche l'état de catastrophe naturelle. 

Article rédigé par franceinfo avec l'AFP France Télévisions Publié le 18/01/2026 Temps de lecture : 1 min

Un bilan dramatique. Au moins 15 personnes sont mortes dans les incendies qui ravagent deux régions du sud du Chili et qui ont contraint plus de 50 000 personnes à évacuer leurs foyers, a déclaré à la presse le ministre de la Sécurité, Luis Cordero, dimanche 18 janvier. Les régions concernées sont celles de Nuble et du Biobio, à quelque 500 kilomètres au sud de Santiago. Le président du Chili, Gabriel Boric, a annoncé sur X(Nouvelle fenêtre) avoir décrété l'état de catastrophe naturelle.

D'IMPORTANTS INCENDIES AU CHILI.
PHOTO LUCAS AGUAYO ARAOS

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

D'IMPORTANTS INCENDIES AU CHILI.
PHOTO LUCAS AGUAYO ARAOS

Ces incendies de forêt se sont déclarés samedi en plein été austral, marqué par des températures élevées et des vents violents. Ces dernières années, ces feux ont durement touché le pays, en particulier dans le centre-sud du Chili. Le 2 février 2024, plusieurs incendies s'étaient déclenchés simultanément aux abords de la ville de Viña del Mar, à 110 km au nord-ouest de Santiago, faisant 138 morts, selon les données actualisées du parquet.

► À lire aussi :      INCENDIES AU CHILI : 131 MORTS SELON UN NOUVEAU BILAN

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D'IMPORTANTS INCENDIES AU CHILI.
PHOTO LUCAS AGUAYO ARAOS


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samedi, janvier 17, 2026

CHILI / LA LOI NAÍN-RETAMAL ET LA REVICTIMISATION DE L’ESTALLIDO SOCIAL

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GUSTAVO GATICA, RENDU AVEUGLE PAR
UN TIR DE GRENADE LACRYMOGÈNE
LE 8 NOVEMBRE 2019 LORS D’UNE
MANIFESTATION DE L’ESTALLIDO SOCIAL,
 A VU L’AUTEUR DES TIRS, L’ANCIEN CARABINIER
CLAUDIO CRESPO, ÊTRE RÉCEMMENT ABSOUS.
PHOTO CLAUDIA ARANDA

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 Pressenza
Chili : la loi Naín-Retamal et la revictimisation des victimes de l’estallido social et du Wallmapu (territoire mapuche) / Chili : la loi Naín-Retamal et la revictimisation de l’estallido social / Une plaie ouverte dans la démocratie chilienne — de facto — fragile / La récente absolution de l’ancien carabinier Claudio Crespo, responsable du tir qui a rendu Gustavo Gatica aveugle le 8 novembre 2019 lors de l’estallido social, n’est pas un fait isolé. Le Quatrième tribunal oral pénal de Santiago a appliqué rétroactivement la loi 21.560 — connue sous le nom de loi Naín-Retamal — reconnaissant que Crespo a tiré le projectile, mais le déclarant « non punissable » au titre de la présomption de légitime défense privilégiée. Ce jugement, rendu le 13 janvier 2026, a rouvert une blessure nationale et provoqué une rupture au sein du camp gouvernemental chilien, le Parti socialiste (PS) ayant gelé sa participation à la coalition en raison des critiques formulées par le Parti Communiste du Chili (PCCh) et le Frente Amplio (FA) à l’encontre de la norme. (NdE : le FA est un groupement de partis et mouvements de gauche progressiste, écologiste et autogestionnaire).

Claudia Aranda 15.01.26 - Montréal, Canada - 

Cet article est aussi disponible en: Anglais, Espagnol

Pour des victimes comme moi — journaliste réfugiée politique au Canada, pour des tortures infligées par les Carabiniers durant l’estallido, avec des lésions physiques et psychologiques certifiées par le Protocole d’Istanbul — cette loi représente une revictimisation institutionnalisée. Elle ne se contente pas de perpétuer l’impunité des responsables de violations des droits humains lors de l’estallido social et des répressions dans le Wallmapu (territoire indigène mapuche), elle consacre également un héritage pinochetiste au sein des Carabiniers et des Forces armées : une structure qui a historiquement bénéficié d’un traitement pénal privilégié, difficile à briser.

Claudio Crespo, le policier qui a aveuglé Gustavo Gatica
FOTO EL CIUDADANO

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Le contexte de l’estallido et du Wallmapu : violences et abus systématiques

L’estallido social d’octobre 2019 a laissé un bilan de 464 traumatismes oculaires graves, des milliers de détentions arbitraires, des actes de torture et au moins 10 796 plaintes pour violences institutionnelles jusqu’en 2021. En parallèle, le Wallmapu (territoire indigène mapuche) cumule des décennies de militarisation, avec des états d’exception prolongés et un usage disproportionné de la force létale contre des communautés en résistance et en revendication territoriale.

Les Carabiniers (institution militaro-policière), héritiers directs de l’appareil répressif de la dictature pinochetiste (1973-1990), maintiennent une culture d’impunité profondément enracinée. Durant la dictature, des tortionnaires ont été amnistiés ou recyclés ; après la transition, les réformes superficielles ultérieures n’ont pas modifié la doctrine de « l’ennemi intérieur ». La loi Naín-Retamal actualise cette logique : elle présume la légitime défense policière face aux manifestations, exige de prouver un « manquement réglementaire » pour les sévices illégitimes et protège les rémunérations pendant les enquêtes.

Revictimisation : de la torture au silence juridique

La revictimisation survient lorsque le système pénal reproduit le traumatisme initial par des omissions ou des traitements inadéquats. La loi aggrave cette situation :

Présomption privilégiée :

Les Carabiniers/Forces armées sont présumés agir en légitime défense lorsqu’ils utilisent la force pour établir « l’ordre public », inversant la charge de la preuve au détriment des victimes, les obligeant à démontrer une agression grave malgré des éléments contraires, comme dans le cas de Gustavo Gatica. Il s’agit des manifestations pacifiques dans la plupart des cas, et d’autodéfense dans les situations les plus complexes à délimiter, étant donné que la manifestation pacifique n’a été possible que grâce au cordon de résistance de la dite « première ligne » de manifestants qui contenait les agressions arbitraires des Carabiniers, comme l’ont démontré divers rapports d’observateurs des droits humains.

Réforme des sévices :

Elle supprime la circonstance aggravante de « sous la garde de l’État » et exige un « manquement aux règlements » (très vague), réduisant les peines ou conduisant à des acquittements, comme dans les cas d’abus sexuels sur des détenues (une révision rétroactive a réduit les peines de 3 ans à 818 jours).

Rétroactivité :

Appliquée lors de l’estallido social ou dans le Wallmapu, (territoire indigène mapuche), elle a absous Crespo malgré les preuves balistiques ; cela bénéficie à 130 carabiniers mis en examen depuis 2019.

Pour les victimes de torture (comme moi, avec un Protocole d’Istanbul positif), cela signifie une justice impossible : la loi protège les tortionnaires, ravivant le traumatisme des faits et de l’exil.

La rupture au sein du camp gouvernemental : une blessure politique

L’absolution de Crespo dans l’affaire Gatica a déclenché la crise : le Parti communiste (PCCh) et le Frente Amplio (FA) critiquent cette loi comme une « impunité », face à quoi le PS a gelé l’alliance gouvernementale en accusant une « déloyauté ». Cette rupture révèle la fracture de la gauche entre le courant garantiste en matière de droits humains et ceux qui se concentrent sur la sécurité publique à tout prix et en toutes circonstances. Le gouvernement de Gabriel Boric, qui a porté la loi, fait désormais face à un mea culpa des forces officielles, tandis que le FA en particulier minimise l’affaire comme une « crise de colère » du PS, occultant la dimension humaine qui affecte la population.

Héritage pinochetiste : l’impunité éternelle

Les Carabiniers conservent une doctrine contre-insurrectionnelle pinochetiste : le supposé « ennemi intérieur » justifierait l’usage de la force létale (exemple : lors de l’estallido social ou dans le Wallmapu, territoire indigène mapuche). La loi Naín-Retamal (ainsi nommée en mémoire de deux carabiniers tués en service), ajoutée à quelque 70 normes similaires (lois sur les états d’exception, lois sur les infrastructures critiques, etc.), aboutit dans la pratique à la militarisation des territoires, normalisant les tirs sur la population civile désarmée comme une « défense ».

Au Chili, le pinochetisme vit encore : des pactes de silence militaires et des amnisties implicites existent et prospèrent. La loi Naín-Retamal s’est constituée comme un recul en matière de droits humains, une réponse politique à une question délicate de responsabilité face à l’ordre public et aux conflits sociaux, et représente une rupture sociale profonde en privilégiant le « soutien inconditionnel » à l’action des Carabiniers et des Forces armées au détriment de la vérité et de la justice.

Gustavo Gatica : symbole revictimisé

Dans l’affaire Gustavo Gatica, le Quatrième tribunal oral a explicitement invoqué la loi Naín-Retamal pour absoudre Claudio Crespo, malgré la confirmation que son fusil antiémeute a tiré le projectile qui l’a rendu aveugle (bien que Crespo l’ait toujours nié, le mensonge étant une pratique très courante au sein des Carabiniers). Le raisonnement judiciaire s’est articulé autour du principe in dubio pro reo —en cas de doute, en faveur de l’accusé— mais biaisé en faveur du policier par la présomption automatique de légitime défense : le tribunal a interprété la participation de Gatica à la manifestation comme une « agression » justifiant le tir, et a estimé que le « non-respect des règlements internes » exigé par la réforme des sévices illégitimes n’avait pas été démontré. Amnesty International et l’INDH (Institut national des droits humains) ont déclaré que, sans cette présomption privilégiée et les nouvelles exigences probatoires de la loi, les preuves balistiques et le contexte d’une manifestation majoritairement pacifique auraient permis une conclusion punitive pour sévices illégitimes ou lésions graves.

Rompre le cycle : vers la vérité, la réparation et la non-répétition

La loi Naín-Retamal n’est pas un simple ajustement normatif, mais un mécanisme structurel de revictimisation qui réduit au silence les victimes de l’estallido social et des répressions dans le Wallmapu, tout en perpétuant l’héritage pinochetiste d’impunité au sein des Carabiniers et des Forces armées. En consacrant une présomption privilégiée de légitime défense et en durcissant la charge de la preuve contre les victimes, la norme transforme la douleur individuelle en une défaite collective, rendant presque impossible la justice pour les tortures, les traumatismes oculaires et la létalité disproportionnée. La rupture au sein du camp gouvernemental — avec le PS gelant son alliance face aux critiques du PC et du FA — n’est pas un simple frottement politique, mais le symptôme d’une crise profonde de la gauche chilienne : la tension non résolue entre l’agenda de sécurité publique et l’impératif des droits humains, héritée de l’estallido et d’une transition démocratique inachevée. En tant que journaliste réfugiée politique au Canada, pour des tortures infligées par les Carabiniers durant l’estallido social — avec des lésions physiques et psychologiques certifiées par le Protocole d’Istanbul — mon exil est la preuve vivante de cette dynamique perverse.

J’ai quitté le Chili avec une documentation irréfutable, mais l’absolution de Crespo dans l’affaire Gatica et des lois comme celle-ci me condamnent à un retour impossible, où l’impunité ne nie pas seulement la justice, mais menace la répétition. J’exige la vérité intégrale sur les violations systématiques ; une réparation effective pour les victimes réduites au silence ; et des garanties de non-répétition par le démantèlement de la doctrine contre-insurrectionnelle des Carabiniers. Le Chili ne sera pas une démocratie pleine tant que son appareil répressif restera protégé par des héritages et des répétitions du passé.

Catégories: Amérique du Sud, Contenu Original, Droits humains, Jeunes, Non-violence

Tags: Chili, Démocratie, Droits humains, estallido social, impunité, journalisme non-violent, Loi Naín-Retamal, Peuple mapuche, répression policière, violence institutionnelle

Claudia Aranda

Journaliste chilienne, spécialisée en Sémiologie et Analyse Politique. Analyste internationale consacrée à l'analyse prospective des processus sociaux. Résidente à Montréal, Québec, elle couvre pour Pressenza les fronts d'actualité de l'agence et les sujets de débat philosophique contemporain dans le cadre de l'analyse de divers faits conjoncturels, avec un accent sur les droits humains, la géopolitique, les conflits armés, l'environnement et le développement technologique. Humaniste et activiste pour des causes justes.



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vendredi, janvier 16, 2026

MISE À L’HONNEUR AU CINÉMA, QUI ÉTAIT ELEANOR MARX, LA FILLE DE KARL ?

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ROMOLA GARAI «MISS MARX » PHOTO DU FILM

Des enfants de Karl Marx, on connaît plutôt sa fille Laura, qui fut l’épouse de Paul Lafargue, l’auteur du fameux Droit à la paresse (1883). Avec le film Miss Marx, la réalisatrice italienne Susanna Nicchiarelli rend hommage à la fille cadette du penseur à la barbe, Eleanor (1855-1898). Qui était cette femme au destin tragique, qui fut à l’avant-garde du féminisme socialiste ? Nous vous proposons un aperçu de son parcours, propos de la réalisatrice à l’appui.

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1855 - 16 janvier - 2026
171ème ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE 
DE JENNY JULIA ELEANOR MARX

par Samuel Lacroix

ELEANOR MARX
PHOTO FLICKR

Eleanor Marx est la plus jeune des enfants de Jenny von Westphalen et Karl Marx. Née à Londres en 1855, elle était très proche de son père, dont elle a rigoureusement étudié le travail avant de l’éditer. Toute sa vie est marquée par une activité intellectuelle et militante intense. Accompagnant très tôt son père lors de différentes rencontres et congrès (elle assista aux débats qui opposèrent Karl Marx et Mikhaïl Bakounine lors de l’Association internationale des travailleurs de 1871, âgée de seulement 16 ans), elle a développé un militantisme socialiste précoce, auquel se greffe une sensibilité artistique et littéraire. Celle-ci se traduit notamment dans son amour du théâtre, dont elle envisagea un moment de faire son activité professionnelle, et dans les traductions qu’elle réalisera des œuvres de Flaubert et Ibsen, deux auteurs qui ont pu raconter des destins de femmes proches du sien, comme le relève Susanna Nicchiarelli.

► À lire aussi :  LE FILM «LE JEUNE KARL MARX », DE RAOUL PECK

Dépendance morale

Car la vie d’Eleanor est aussi marquée par sa relation avec un homme, Edward Aveling, lui aussi socialiste, et les différents déboires qui en découlèrent et qui la conduisirent à une fin tragique. C’est aussi sur cette partie émotionnelle de la vie de la surnommée « Tussy » que s’est concentrée Nicchiarelli. « Je crois que la complexité du rapport entre vie privée et vie publique chez Eleanor est très importante », nous a ainsi confié la réalisatrice, très attachée au fameux slogan féministe des années 1960 selon lequel « le privé est politique ». De fait, la situation personnelle d’Eleanor Marx était très moderne, souligne-t-elle : elle n’était pas mariée, n’avait pas de dépendance économique vis-à-vis de son compagnon (c’était même plutôt le contraire qui était vrai, Aveling étant de notoriété publique un homme très nonchalamment dépensier), et n’avait pas d’enfant. Elle avait la liberté de quitter cet homme quand elle le voulait. Mais, en dépit de la réputation sulfureuse d’Aveling, de son côté volage et dilapidateur et des souffrances qu’elle en tirait, elle ne le fit pas – jusqu’à ce que, découvrant son mariage avec une autre femme, elle sombre dans le désespoir et se suicide, à l’âge de 43 ans.

La complexité du rapport entre la vie privée et publique d’Eleanor Marx se lit dans l’intéressant concept de « dépendance morale » qu’elle mobilise dans ses prises de parole en faveur du féminisme socialiste. L’idée est que même si la dépendance économique est absente au sein d’une union entre deux individus, les rapports amoureux peuvent demeurer écrasants, et qu’il faut interroger et politiser cette question, notamment en interrogeant la permanence des institutions bourgeoises, en premier lieu celle du mariage. C’est le parti de la réalisatrice que de montrer une Eleanor Marx chez qui les prises de positions féministes s’affinent à mesure qu’évolue sa relation avec cet homme, avec qui elle a par ailleurs signé un certain nombre d’ouvrages, dont un pamphlet féministe, The Woman Question, publié en 1886 (ses essais n’ont pas été officiellement traduits en français, mais vous pouvez trouver ici une version numérique de ce dernier, sous le titre de La Question féminine). La figure ambivalente d’Edward Aveling a d’ailleurs inspiré des débats chez les protagonistes du film. L’acteur Patrick Kennedy, qui le campe, cherchait à le réhabiliter comme un « bon socialiste » auprès du reste de l’équipe, pour qui il avait plutôt quelque chose du monstre froid. Une ambiguïté finale à laquelle tient la réalisatrice, pour qui « les films ne doivent pas apporter de solutions mais poser des questions, nourrir des débats ».

Pensée en acte

Et des débats, Miss Marx en soulève, comme en témoignent les discussions qui ont suivi les avant-premières, souligne la réalisatrice, elle qui cherchait beaucoup à remettre sur le devant de la scène des notions marxistes utiles pour penser nos sociétés, au premier rang desquelles celle d’aliénation. Chez Marx, ce concept vise à montrer qu’alors que le travail devrait nous permettre de nous accomplir, dans les faits, répétitif et épuisant, il perd toute signification en régime capitaliste et nous rend comme étrangers (alienus, en latin) à nous-mêmes. Toutefois, au-delà des questions proprement théoriques et programmatiques, Miss Marx donne à voir une femme d’action, qui ne cessa de puiser au sein même de ses engagements les matières d’une théorie en mouvement. Au contact permanent des ouvriers dans les usines, elle fut l’une des personnalités les plus mobilisées contre le travail des enfants – un motif récurrent du film déployé à travers des images d’archives saisissantes (« Je crois que la réalité de l’exploitation des enfants était tellement forte que je n’avais pas envie de la représenter, de la dramatiser », nous a expliqué Nicchiarelli), comme si le doute quant à savoir si nous faisons face à de la réalité ou de la fiction n’était pas permis. Là encore, on peut déceler une forme d’articulation entre la vie publique et privée de « Tussy », elle qui ne cessa de prendre soin d’autrui dans la sphère intime, qu’il s’agisse de ses parents vieillissants, de son neveu Johnny ou de son compagnon souffrant.

Eleanor Marx s’engagea jusqu’à ses derniers jours, et elle prit une place de plus en plus importante dans le développement du socialisme de la fin du XIXe siècle, notamment en participant à la fondation de l’Internationale ouvrière à Paris en 1889, puis à celle du Parti travailliste indépendant à Bradford en 1893. En 1895, le marxiste allemand Wilhelm Liebknecht écrivait à propos d’Eleanor : « L’auteur du Mouvement de la classe ouvrière en Angleterre a parfaitement maîtrisé et décrit la position des ouvriers anglais. Elle a écrit avec le cœur. […] Avec des mots éloquents, elle nous donne une image fidèle des hommes et des choses. […] Et toujours en avant vers l’objectif ; sans sursauts, parfois avec rapidité, parfois d’un pas lent, souvent en zigzag, souvent par déviations – mais toujours vers l’avant, toujours plus près du but. »

Si, comme le rappelle Nicchiarelli, Karl Marx a «changé le monde » avec sa philosophie, Eleanor Marx prit toute sa part dans la voie qui s’ouvrait vers le combat pour la justice sociale et l’union des travailleurs.

Miss Marx, de Susanna Nicchiarelli, avec Romola Garai, Patrick Kennedy et John Gordon Sinclair, est actuellement en salle.

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jeudi, janvier 15, 2026

LA POLARISATION EST UN MYTHE… C’EST LA DROITE QUI SE DURCIT


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ILLUSTRATION ISTOCK
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Analyse / La polarisation est un mythe… c’est la droite qui se durcit / Tout le monde parle de polarisation, mais la réalité est moins symétrique qu’on le croit : ce n’est pas que les camps s’éloignent, c’est la droite qui se radicalise et redessine la politique mondiale. / Dans la plupart des pays du monde, c’est la droite qui s’éloigne du centre, entraînant même avec elle une partie de la gauche et du centre. [La droite dure mène une guerre contre l’empathie]

par Alain Noël 14 janvier 2026

ALAIN NOËL

L’heure est à la polarisation. Au Chili, par exemple, les élections de décembre dernier opposaient un candidat d’extrême-droite nostalgique des années de la dictature à une coalition de gauche dirigée par une communiste. Le centre semblait tout simplement hors-jeu.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Définie par le dictionnaire américain Merriam-Webster comme « la division entre deux opposés nettement distincts », la polarisation décrit « un état dans lequel les opinions, les croyances ou les intérêts d’un groupe ou d’une société ne s’échelonnent plus sur un continuum mais se concentrent à des extrêmes opposés ».

CAMPAGNE POUR LA PRÉSIDENTIELLE ÉTATSUNIENNE 2024 :
L’OUTRANCE ET LA RADICALITÉ DES SUPPORTERS DE DONALD TRUMP
NE L’ONT PAS DESSERVI, BIEN AU CONTRAIRE..
PHOTO STEPHANIE KEITH

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Le mot polarisation, au sens politique, est effectivement sur toutes les lèvres. C’est même un peu ironique, notait l’un des dirigeants de Merriam-Webster, qui avait choisi ce mot comme mot de l’année en décembre 2024, que la montée de la polarisation politique soit « quelque chose sur quoi tout le monde s’entend ».

La polarisation sur toutes les lèvres

Un décompte de la fréquence du mot dans les millions d’ouvrages numérisés par Google laisse bien voir que ce constat ne relève pas seulement d’une intuition. La Figure 1 présente la montée en force du terme dans les livres en langue anglaise (publiés aux États-Unis ou en Grande-Bretagne) ainsi que, dans une moindre mesure, dans les ouvrages en français.

Graphique 1

Fréquence du terme « polarisation politique » dans les livres en anglais*, en français et en allemand 

* États-Unis et Grande-Bretagne Source : Google Ngram Viewer

Ce qui ressort de ce décompte, c’est que l’explosion des références à la polarisation est largement une affaire des années 2000, et même des années 2010, et que la tendance est particulièrement prononcée aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Les références à la polarisation augmentent également en France mais, fait significatif, pas en Allemagne.

Comme le pays a été gouverné de 2005 à 2009 puis de 2013 à 2021 par une grande coalition réunissant les chrétiens-démocrates et les sociaux-démocrates, l’heure était plus aux compromis et à la recherche de consensus qu’à la polarisation. De fait, depuis les années 1980, la polarisation politique, mesurée par les attitudes envers le parti opposé, a diminué en Allemagne.

DESSIN SERGIO LANGER

Une tendance récente, mais inquiétante

La tendance à la polarisation est donc un phénomène relativement récent et d’importance variable selon les pays. Elle n’en constitue pas moins un objet majeur de préoccupation et un sujet d’étude central de la science politique contemporaine.

De façon générale, les politologues s’inquiètent de la polarisation, qu’ils voient comme une source de recul des normes et des pratiques démocratiques. Quand l’adversaire devient un ennemi, la fibre démocratique se dégrade.

Les exemples ne manquent pas. Aux États-Unis, le président Donald Trump a franchi une nouvelle étape récemment en appelant à la pendaison d’élus démocrates qui avaient simplement rappelé que les forces de l’ordre n’ont pas l’obligation de respecter des ordres contraires à la constitution. Au Brésil, l’ex-président de droite Jair Bolsonaro, purge une peine de 27 ans de prison pour tentative de coup d’état. En France, les partis politiques ne réussissent que difficilement à faire tenir plus que quelques jours une coalition parlementaire capable d’exercer le pouvoir.

Quand le centre disparaît

La notion de polarisation, cependant, n’est pas à toute épreuve. Elle évoque en effet l’image de deux camps opposés qui s’éloignent graduellement l’un de l’autre, chaque côté se braquant sur des positions de plus en plus extrêmes.

C’est un peu l’inverse de la référence à l’électeur médian, selon laquelle les forces politiques convergent vers le centre, où se situerait la majorité des électeurs.

Candidate à la présidence, Jeannette Jara, de la coalition au pouvoir Unité pour le Chili,
s’adresse à ses partisans après avoir concédé la victoire à José Antonio Kast,
du Parti républicain d’opposition, lors du second tour de l’élection présidentielle
 à Santiago, au Chili, le dimanche 14 décembre 2025.

 
Photo Natacha Pisarenko 
Mais la réalité n’est pas nécessairement symétrique. Aux États-Unis, notamment, plusieurs politologues ont relevé le caractère asymétrique de la polarisation actuelle. Ce ne sont pas les deux côtés qui s’éloignent du centre, mais plutôt les Républicains qui se radicalisent unilatéralement depuis près de quarante ans.

COUVERTURE DE "SOLUTIONS TO POLITICAL
 POLARIZATION IN AMERICA"

Comme le notent les politologues Jacob Hacker et Paul Pierson, les chercheurs demeurent malgré tout attachés à l’idée d’une évolution symétrique. Attribuer la polarisation à un seul côté leur apparaitrait trop partisan, voire impoli.

Les élites donnent le ton

Mais les faits sont tenaces. Ce sont les Républicains qui ont fait usage à répétition de la tactique de l’obstruction parlementaire (filibuster) pour bloquer des initiatives démocrates. Ce sont aussi eux qui ont nommé des juges logés très à droite et qui ont utilisé tous les stratagèmes possibles pour supprimer les votes d’électeurs risquant de leur être défavorables. Ce sont aussi les Républicains et leurs alliés qui ont construit un système médiatique ouvertement à droite, sans équivalent sur la gauche.

Comme l’explique le politologue Larry Bartels, ce sont d’abord les élites politiques qui ont effectué ce virage, qui a, par la suite, influencé les électeurs.

Les idées de droite constituaient un terreau fertile pour cette polarisation asymétrique. Dans ses travaux sur la droite et la gauche, le psychologue John Jost établit qu’aux États-Unis, les gens de droite sont moins engagés envers l’équité et l’égalité, moins ouverts envers les groupes minoritaires, plus susceptibles d’entretenir des préjugés et des attitudes autoritaires, plus enclins à accepter des théories conspirationnistes, plus influencés par la désinformation, et moins favorables à la démocratie, entre autres.

Le terme « polarisation » masque la réalité

Il est possible que dans certains pays et à certaines époques, des forces de gauche aient manifesté des penchants autoritaires. Mais dans le monde qui est le nôtre aujourd’hui, ce que l’on nomme polarisation relève principalement d’un jeu de puissance des forces de droite, qui contribue à miner la démocratie et la justice sociale.

On retrouve ainsi les dirigeants des États-Unis, de la Russie, de l’Inde et de bien d’autres pays dans une alliance tacite clairement campée à droite. Et des élus, au Canada comme au Québec, qui pensent qu’il vaut mieux faire des concessions et s’aligner sur ces forces conservatrices plutôt que de les combattre.

"Trump, Milei, Noboa, Bukele, Kast dans L'Enfer de Dante"
IMÁGEN CHATGPT

Une offensive conservatrice

Pourtant, il serait plus juste de parler d’une offensive conservatrice et autoritaire que d’une polarisation qui n’en est pas vraiment une. Dans la plupart des pays du monde, c’est la droite qui s’éloigne du centre, entraînant même avec elle une partie de la gauche et du centre.

Au Chili, par exemple, la communiste Jeannette Jara a adopté une position très modérée, défendant les programmes sociaux en place au nom d’un « Chili qui se soucie des autres », alors que la droite de José Antonio Kast proposait plutôt une ligne dure et d’importants reculs sociaux.

Malgré l’équilibre qu’elle évoque, la polarisation politique actuelle constitue en fait une tendance fortement asymétrique. C’est la droite qui se durcit.

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COUVERTURE D’OBJEKTIV EN SLOVÉNIE
,DU 
9 JANVIER 2026
RÉALISÉE PAR @TOMATOKOSIR 

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lundi, janvier 12, 2026

CHILI / ¡FIESTA DE LOS ABRAZOS! 2026

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Affiche de la Fiesta de los abrazos 2026
    AFFICHE MONO GONZALEZ

 

CHILI, Santiago le 11 janvier 2026. / Fiesta de los Abrazos, (en français Fête des Accolades) / Le Parti communiste l’organise chaque année depuis 1988. Les trois premières ont eu lieu quand le Parti communiste était encore interdit. / La grande différence entre la Fiesta de los Abrazos et la Fête de l’Huma c’est le temps. À Paris on craint toujours que la pluie ne s’en mêle. À Santiago, on espère qu’il ne fera pas trop chaud. Il aura quand même fait 33° ce week-end.

 [ -Ñ- Cliquez sur la flèche pour visionner la vidéo ]

PCCh

Avec notre correspondant à Santiago, Pierre Cappanera 

Pierre
Cappanera

Cette fête était le premier grand évènement politique depuis le deuxième tour de l’élection présidentielle le 16 décembre qui avait vu la victoire du candidat d’extrême-droite Jose Antonio Kast.

Iinvitación a la Fiesta de los abrazos 2026
    AFICHE MONO GONZALEZ

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Pourtant l’heure n’était pas à la résignation, à l’abattement. On retrouvait dans cette fête les sourires complices et fraternels, la joie de se retrouver ensemble. On ne sentait pas de défaitisme. Les combats futurs se préparent dès aujourd’hui. Le mouvement féministe a d’ores et déjà appelé à trois jours de mobilisation pour le 8 mars. Le nouveau président sera investi le 11 mars.

HOMENAJE A LOS HÉROES DEL PUEBLO CHILENO
IMÁGEN CHATGPT

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L’inauguration de a Fête a été marqué par plusieurs discours, celui du nouveau maire de Recoleta, Fares Jadue (qui, malgré son nom, n’a pas de lien familial avec Daniel Jadue), celui de Jeannette Jara, l’ex-candidate de la gauche à la présidentielle et de Lautaro Carmona, le président du Parti communiste du Chili. 

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Les voix ont été concordantes pour dénoncer l’agression des USA contre le Venezuela et les menaces de guerre qui planent sur tout le continent américain, du Groenland au Mexique, de Cuba au Venezuela. Lautaro Carmona a appelé à la création d’un grand Mouvement pour la Paix au Chili qui rassemble de la façon la plus large. 

Jeannette Jara a demandé que tous les partis de gauche étudient de façon autocritique la façon dont s’était déroulé la campagne sans rester dans des formules générales « la montée de l’extrême-droite est un phénomène mondial ». La gauche doit créer les conditions pour devenir majoritaire électoralement et culturellement. 

Fares Jadue a rappelé toute l’œuvre qu’avait accompli Daniel Jadue, son prédécesseur comme maire de Recoleta, en particulier la création des pharmacies populaires, pharmacies municipales où il est possible d’acheter les médicaments jusqu’à 10 fois moins chers que dans les 3 grandes chaines de distribution privée. Daniel Jadue, représenté à la Fête par sa femme, avocate brésilienne, est toujours assigné à résidence chez lui, en attente de son procès où le procureur le menace de 18 ans de prison.

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«L'OTAN et Trump sont un danger pour l'humanité.»
Papelógrafo★ Brigade Chacon


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samedi, janvier 10, 2026

ANNIVERSAIRE DE LA MORT D'ALEJANDRO LIPSCHUTZ


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ALEJANDRO LIPSCHUTZ
CIRCA 1920
PHOTO COLLECTION NORMANN, HERBERT

QUARANTE-SIXIÈME ANNIVERSAIRE DE LA MORT 
D'ALEJANDRO LIPSCHUTZ 
1980 -10 JANVIER- 2026
Alejandro Lipschutz Friedman naît à Riga, Lettonie, le 28 août 1883 et décède à Santiago du Chili, le 10 janvier 1980. 
ALEJANDRO LIPSCHUTZ
CIRCA 1920
PHOTO HEINRICH RIEDEL
Alejandro Lipschutz fut un savant, médecin, anthropologue, académicien et philosophe chilien d'origine juive et lettone. Il réalise des études dans les domaines aussi divers que la physiologie, l'endocrinologie sexuelle, l'anthropologie physique et sociale, ou encore l'«indigénisme » en l'Amérique.

JACQUES CHONCHOL, ALEJANDRO LIPSCHUTZ
ET  SALVADOR ALLENDE LORS DE LA SIGNATURE
DE LA  NOUVELLE LOI INDIGÈNE EN 1972

Alejandro Lipschutz fut militant du Parti Ouvrier Social-Démocrate Russe. Face à l’offensive réactionnaire, suite à la Révolution Russe avortée de 1905, Lipschutz doit  quitter son pays.

 LE PROFESSEUR A LIPSCHÜTZ ET
SES COLLABORATEURS DE 

L'INSTITUT DE MÉDECINE EXPÉRIMENTALE
 DE SANTIAGO, EN 1957
PHOTO ARCHIVE D'ELIZABETH ZEHNDE
Lipschutz obtient son titre de Médecin en Allemagne à l'Université de Goetinger et est engagé par l'Université de Berlin pour enquêter sur le système nerveux humain. Il est aussi professeur à l'Université de Berne en Suisse.


DÉTAIL DE LA FRESQUE
DE JULIO ESCÁMEZ
Il arrive au Chili en 1926 suite à une invitation de l'Université de Concepción. Il s'établit dans le pays et réalise des recherches dans les domaines de l'endocrinologie, de la physiologie et du cancer. Il est un Doyen de la Faculté de Médecine de l'Université de Concepción et créé l'Institut de Physiologie et la Société de Biologie et l'Institut de Médecine Expérimentale du Service National de Santé.

En 1941 le Congrès National lui octroie la nationalité chilienne. 

ALEJANDRO LIPSCHUTZ FRIEDMAN
VISITE L’UNIVERSITÉ 
TECHNIQUE DE L'ÉTAT
SALLE DU CONSEIL UNIVERSITAIRE
(ACTUEL SALON D'HONNEUR), 1969
Plus tard il est professeur de la chaire de Physiologie à l'Université du Chili à Santiago. Pablo Neruda, prix Nobel, ami et voisin de Lipschutz, le considérait comme «l'homme le plus important de son pays ».

ALEJANDRO LIPSCHÜTZ ET SA FEMME
MARGARITA VOGEL, VERS 1960
PHOTO MEMORIA CHILENA
Il est la première personne à être distinguée par le Prix National de Sciences du Chili en 1969. Cette distinction lui est octroyée pour son travail de recherche dans les domaines de l'endocrinologie et de la médecine expérimentale.

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