jeudi, février 11, 2021

POURRONT, OU POURRONT PAS, SE FAIRE VACCINER LES ÉTRANGERS AU CHILI ?

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CAPTURE D'ÉCRAN
Le gouvernement chilien est revenu aujourd’hui, jeudi 11 février, sur des annonces faites la veille au sujet de la vaccination des étrangers qui vivent dans le pays.

Par Naïla Derroisné 

 ANDRÉS ALLAMAND À CUBA 

Les annonces de ces derniers jours à propos de la vaccination pour les personnes étrangères vivant au Chili, ont donné lieu à une belle cacophonie dans le pays. Dans un premier temps, le ministère de la Santé avait annoncé que tous les étrangers pourraient avoir accès au vaccin contre le coronavirus. Le ministre de la Santé, Enrique Paris, avait alors dit que : "Ici, le vaccin est gratuit, universel et sur la base du volontariat."

Mais la position du gouvernement a brutalement changé suite à la diffusion sur une chaîne péruvienne d’un reportage détaillant, une à une, les étapes pour aller se faire vacciner gratuitement au Chili. Suite à cela, et pour éviter un "tourisme covid", le ministère de la Santé avait clarifié, mercredi 10 février, les conditions pour se faire vacciner dans le pays. Les personnes possédant la nationalité chilienne, la permanence définitive, un visa de résident, un visa étudiant, un visa de travail, ou ayant déposé une demande de visa temporaire ou de permanence définitive, pourront avoir accès au vaccin contre le coronavirus. Le ministre des Affaires étrangères, Andrès Allamand, avait également précisé que les personnes en possession d’un visa touriste n’auraient pas accès au vaccin et qu’il en serait de même pour les étrangers qui se trouvent en situation irrégulière dans le pays.

Nous voulons éviter le 'tourisme des vaccins' - Enrique Paris, ministre de la Santé

LE MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ANDRÉS ALLAMAND SÉVÈREMENT CRITIQUÉ
PAR MAIRE DE DANIEL JADUE POUR AVOIR REFUSÉ LES VACCINS AUX MIGRANTS.

CAPTURE D'ÉCRAN

Cette déclaration du ministre Allamand, a entraîné une vague de contestations. Le collège médical du Chili a appelé à "ne pas interdire la vaccination aux personnes qui se trouvent en situation irrégulière. Cela affectera les migrants qui sont déjà dans une situation de vulnérabilité. Cette mesure pourrait aussi avoir des effets négatifs sur le reste de la population. Il existe d’autres formes de limiter 'le tourisme des vaccins'", a précisé l’organisation sur son compte Twitter.  

Ce jeudi 11 février, face aux nombreuses réactions qu’ont suscité ces annonces, le ministre de la Santé, Enrique Paris, est revenu sur les éléments exposés la veille, en précisant que : "Les seules personnes qui ne pourront pas se faire vacciner sont les touristes. Nous voulons éviter le 'tourisme des vaccins'." Et d’ajouter : "Nous vaccinerons les migrants, nous n’avons jamais dit le contraire." Le chef du département des migrations du Chili, Alaro Bellolio, a également expliqué à la radio que : "Les migrants qui se trouvent au Chili de façon irrégulière, par un décret de 2016, appartiennent au régime de santé de Fonasa A, et auront donc accès au vaccin."

Un peu plus d’un mois après le début de la campagne de vaccination, le Chili a d’ores et déjà vacciné plus d’un million de personnes.

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