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| LE PRÉSIDENT CHILIEN D'EXTRÊME DROITE JOSÉ ANTONIO KAST EST AU POUVOIR DEPUIS LE 11 MARS. PHOTO PABLO SANHUEZA) |
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Les EchosDécryptage / Chili : en refusant de régulariser 182.000 migrants, José Antonio Kast concrétise sa politique anti-immigration / Le président chilien José Antonio Kast a annoncé qu'il ne régulariserait pas 182.000 migrants entrés illégalement dans le pays. Fidèle à ses promesses de campagne, il a également lancé la construction d'un mur frontalier et doublé les effectifs militaires pour renforcer la lutte contre l'immigration clandestine.
Par Marion Torquebiau Publié le 9 avr. 2026 à 11:50
Chose promise, chose due. Le gouvernement de José Antonio Kast a annoncé qu'il ne régulariserait pas la situation de près de 182.000 migrants entrés illégalement dans le pays. « Nous n'allons pas procéder à une régularisation massive comme l'avait proposé le gouvernement Boric », a récemment déclaré le directeur du Service des migrations, Frank Sauerbaum.
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Face à la vague de migration qu'a connue le Chili avec l'arrivée de plusieurs millions d'étrangers depuis 2015, le président de gauche Gabriel Boric (2022-2026) avait annoncé par décret la régularisation de 182.000 migrants sur les 337.000 ayant franchi la frontière illégalement. Il s'agit en majorité de Vénézuéliens qui, pour fuir le régime autoritaire de Nicolas Maduro, ont traversé plusieurs frontières pour arriver à pied ou en bus au Chili par les plaines désertiques du nord.
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« Heureusement, [le décret] n'a pas été mis en oeuvre car nous avons appris aujourd'hui que 6.000 personnes sur les 182.000 avaient déjà commis un délit », a souligné le Service des migrations. Le premier président d'extrême droite depuis la dictature (1973-1990) avait promis pendant sa campagne qu'il aurait « la main dure » contre l'immigration illégale. « Le Chili a été fragilisé par l'immigration illégale, le narcotrafic et le crime organisé », a-t-il justifié en conférence de presse ce lundi.
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Méthode Trump
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À peine quelques jours après son arrivée au pouvoir, le 11 mars dernier, José Antonio Kast s'est déplacé au nord du pays à la frontière avec le Pérou pour lancer la construction de barrières afin de lutter contre l'immigration illégale. Dès le 16 mars, dans le désert d'Arica, au nord du Chili, les pelleteuses creusaient déjà des fossés de trois mètres de profondeur et érigeaient des murs de cinq mètres de hauteur pour freiner l'arrivée des migrants.
Ce « bouclier frontalier », comme l'a nommé le président Kast, a déjà été construit sur 10 kilomètres et devrait s'étendre sur 580 kilomètres. Par ailleurs, les effectifs militaires ont également été doublés, passant de 300 à 600 gardes frontaliers. José Antonio Kast cherche également à faire approuver au Parlement deux projets de loi pour freiner l'immigration : un pour sanctionner les passeurs aidant les migrants illégaux et un autre qui créerait le délit l'accès illégal au pays.
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Expulsions
Bien qu'il ait promis pendant sa campagne d'expulser les 337.000 migrants illégaux du Chili lors des premiers jours de son mandat, le président Kast a reconnu qu'aucun migrant n'avait pour l'instant été renvoyé du pays.
«Beaucoup de gens sortiront volontairement du pays.»
José Antonio Kast, président du Chili
« Mais au cours des prochains mois, vous allez assister à un processus continu d'expulsion des migrants. Nous étudions actuellement comment procéder par voie aérienne et comment organiser cela par voie terrestre », a-t-il insisté en conférence de presse. Le président chilien l'a assuré, « beaucoup de gens sortiront volontairement du pays ».
L'annonce des mesures antimigratoires intervient alors que l'exécutif traverse une mauvaise passe. Il y a quelques jours, le gouvernement a annoncé une hausse historique du prix de l'essence de près de 580 pesos le litre (50 centimes) ce qui a considérablement fait baisser la cote de popularité du président. Trois semaines après son arrivée au pouvoir, José Antonio Kast a perdu 14 points d'opinion positive atteignant 43 % d'approbation.
Avec un début de mandat difficile, l'exécutif cherche désormais à marquer les esprits sur l'immigration. Le gouvernement prépare actuellement le premier vol d'expulsion de migrants qui, selon le journal chilien « La Tercera », devra avoir « un fort retentissement médiatique, car il constituera le signe tangible de la concrétisation de l'une des principales promesses de campagne ».
Marion Torquebiau (Correspondante à Santiago (Chili))
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