jeudi, octobre 12, 2006
La ville ouverte

Premièrement nous pouvons dire qu'elle a été construite avec la poésie comme fondation.
Deuxièmement, c'est le mélange de plusieurs disciplines. Ce n'est pas seulement de l'écrit mais la parole mise en pratique. Parole et action. Troisièmement, c'est un projet ouvert, conçu par des architectes, des poètes, des sculpteurs,des ingénieurs et des designers. Une aventure partagée par plusieurs." Le projet a été lancé en 1970 et certains de ses instigateurs vivent encore sur place. La Ville ouverte s'inspire du poème Améreida écrit en 1965 par l'Argentin Godolfredo Lommi. Gao Yuanfei, CCTV
Rédacteur: Baiyun Origine:CCTV.com
LES PENTECÔTISTES
Un volumineux rapport de 233 pages portant sur les pentecôtistes de 10 pays vient d'être publié par le Forum Pew sur les Religions et la Vie Publique. Il confirme que ce qu'on appelle le "christianisme revivaliste" (terme qui regroupe les charismatiques et les pentecôtistes), est en pleine croissance et peut atteindre 9% de la population au Chili, et jusqu'à 33% au Kenya. Cependant, une des plus surprenantes conclusions de l'étude, qui peut donner lieu à de multiples interprétations, est que "dans 6 des pays étudiés, au moins 4 pentecôtistes sur 10 ne parlent ou ne prient jamais en langues ". Etonnant n'est-ce pas?
Combien sont-ils?
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D'après l'étude, le nombre des "revivalistes" varie considérablement selon les pays. Ils peuvent représenter 5% de la population dans certaines régions de l'Inde, et monter jusqu'à 60% au Guatémala. Dans toutes les nations étudiées sauf en Inde, au moins 10% de la population peut être qualifiée de "revivaliste". Dans 3 pays (Brésil, Guatémala et Kenya), les membres du mouvement revivaliste peuvent approcher ou dépasser les 50%. Dans 2 nations (Kenya et Nigéria), les pentecôtistes dépassent en nombre les charismatiques. Dans tous les autres pays, au contraire, le mouvement revivaliste est avant tout charismatique, les charismatiques étant en moyenne 2 fois plus nombreux que les pentecôtistes. Les pentecôtistes sont majoritairement présents en Amérique Latine et en Afrique (9% de la population au Chili et 33% au Kenya) et plus nombreux qu'en Asie ou aux Etats-Unis (où ils représentent 1% dans les régions de l'Inde étudiées, et 5% aux Etats-Unis). Dans 6 des 10 pays étudiés, les revivalistes représentent la part la plus importante du protestantisme.
Les revivalistes et la politique
L'emphase du mouvement sur le surnaturel donne
l'impression qu'il ne s'intéresse pas à la politique. Ce n'est pas tout à fait juste puisque nombre d'entre estime que la religion peut jouer un rôle dans la vie publique et politique. Dans 9 des 10 pays étudiés, par exemple, la moitié des pentecôtistes estiment que les groupes religieux devraient exprimer leur point de vue sur les questions sociales ou politiques du moment. De nombreux charismatiques soutiennent également ce point de vue. Dans tous les pays étudiés, les revivalistes jugent important que les politiciens aient de fortes valeurs chrétiennes. Dans 7 des 10 pays étudiés, bon nombre de pentecôtistes estiment qu'il doit subsister une séparation entre l'église et l'état. Mais dans chacun de ces pays, des minorités importantes de pentecôtistes pensent que leur gouvernement devraient prendre des mesures pour faire de leur nation une nation chrétienne. Et dans 3 pays, dont les Etats-Unis, les pentecôtistes qui sont en faveur de la séparation de l'église et de l'état sont à peine plus nombreux que les pentecôtistes qui voudraient voir leur nation devenir une nation chrétienne.
lundi, octobre 09, 2006
YO TUVE UN HERMANO
Yo tuve un hermano
no nos vimos nunca pero no importaba. Yo tuve un hermano que iba por los montes mientras yo dormía. Lo quise a mi modo le tomé su voz libre como el agua. Camine de a ratos cerca de su sombra no nos vimos nunca pero no importaba. Mi hermano despierto mientras yo dormía. Mi hermano mostrándome detrás de la noche su estrella elegida. |
Julio Cortázar
DES «ATOCAS» DU CHILI?

Les pays émergents sont en voie de supplanter plusieurs grandes puissances agricoles. Le Brésil, par exemple, a l'espace, le soleil et la main-d'oeuvre bon marché, mais comme la canneberge aime les climats frais et l'eau, ses terres ne sont pas nécessairement propices à cette culture. «On n'est jamais à l'abri de ce genre de concurrence, prévient toutefois le producteur Martin Lemoine. Le Chili a commencé à faire de la canneberge, dans sa partie la plus au sud.»
Si la concurrence des pays émergents fait mal à certaines cultures, c'est aussi une question de main-d'oeuvre: les pays qui payent moins leurs ouvriers vendent évidemment leurs produits moins cher. «Ça fait très mal pour les fraises et les framboises», dit Martin Lemoine. Or, dans le cas de la canneberge, la main-d'oeuvre ne pèse pas lourd dans la balance, parce que la récolte ne demande pas un grand nombre de cueilleurs, même pour d'immenses superficies de champs. Une fois qu'elles flottent, quelques personnes n'ont qu'à guider les baies vers le drain.
La productrice Marie Bieler croit que le Québec à réussi à se «faufiler» sur la scène internationale juste au bon moment.
«Les pays de l'Est commencent à s'intéresser à la canneberge, dit Marie Bieler. Pour l'instant, ça ne nous affecte pas parce que nous sommes très en avance. Dans 10 ans, est-ce que ça sera la même chose? Je ne sais pas.»
L'effet antibactérien
Pouvons-nous utiliser du jus de canneberge pour traiter des maladies de la gencive? Peut-être. Un groupe de chercheurs de l'Université Laval a démontré que certaines composantes de la canneberge nuisent aux bactéries qui veulent s'accrocher aux gencives. Ce qui veut dire que certaines maladies buccales, comme la gingivite, pourraient être prévenues ou atténuées si un patient consomme ces composantes précises. Les tests en laboratoire ont été concluants, mais il reste à démontrer l'efficacité de la canneberge par des études cliniques.
Le Dr Daniel Grenier, professeur au département de médecine dentaire de l'Université Laval, invite toutefois à la prudence: beaucoup de jus de canneberge sont en fait des «cocktails» très sucrés, et le vrai jus de canneberge est très acide. Les recherches du groupe pourraient donc mener à isoler certaines composantes du fruit pour traiter localement des problèmes de gencives. On déconseille donc pour l'instant de se gargariser avec du jus de canneberge et pamplemousse rose...
L'effet anti-inflammatoire
Depuis des années, les médecins recommandent à leurs patients souffrant d'infections urinaires de boire du jus de canneberge.
Une équipe de l'Institut polytechnique de Worcester, aux États-Unis, vient de prouver que des composantes de la canneberge réussissent à modifier la bactérie E. coli, responsable de nombreuses infections.
Une fois modifiée, la bactérie ne peut plus entrer en contact avec des cellules et est éliminée sans causer d'infection, ont conclu les chercheurs.
L'équipe a aussi calculé l'effet du jus de canneberge sur les bactéries selon le temps durant lequel elles y sont exposées.
Les résultats préliminaires suggèrent que la consommation de canneberges entraînerait des effets bénéfiques à long terme. «Nous commençons à comprendre la canneberge et ses tannins en tant qu'antibactériens potentiels, a dit la chimiste Terri Camesano lorsqu'elle dévoilait les conclusions de ses recherches, le mois dernier. Ces résultats sont surprenants et intrigants, surtout dans le contexte où de nombreuses maladies sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques.»
Une autre équipe américaine s'est intéressée à l'effet du jus de canneberge sur les bactéries E. coli, dans la nourriture. Les chercheurs ont ajouté du jus de canneberge directement dans de la viande hachée, pour découvrir que le fruit aurait le même effet antibactérien dans la viande.

Le terme « canneberge » a une origine inconnue, mais il s’agit possiblement d’une déformation du mot anglais cranberry, dérivé de crane, signifiant « grue ». Les Américains auraient donné un tel nom à cette plante parce que ses fleurs, au début de leur développement, poussent vers le sol et ressemblent à la tête d’une grue (Monette, 1989). Cet oiseau apprécie d'ailleurs ce fruit qui fait partie de son alimentation.
Depuis toujours, les Amérindiens d'Amérique du Nord utilisent la canneberge qu'ils cueillent après les gelées, juste avant la première chute de neige, pour neutraliser les mauvais effets d'une trop grande consommation de viande.
Chez les Anglo-Saxons, elle prend nom d' airelle et est reliée aux festivités culinaires de Noël . La dinde du réveillon n'aurait pas la même saveur si elle n'était pas accompagnée de la traditionnelle "cranberry sauce" .
Famille : des éricacées comme la myrtille ou bleuet
Sol : humide, sablonneux ou bourbeux
Description : la canneberge pousse sur un arbrisseau rampant au feuillage lisse et persistant. Il présente des branches rigides et de nombreuses racines
Baies : de 10 à 20 cm; ressemblent à de petites cerises, lumignons rouges sur fond vert, aux couleurs de Noël dès la fin juillet. Mais il en existe aussi des blanches. La chair blanche est peu juteuse et renferme de nombreux pépins blancs.
Culture : sensible au froid, il faut arroser la base lorsqu'il y a risque de gel avant la récolte
Premières nations durant les mois d'hiver.
©Parcs Canada / C. Fysh / F-99 / 1984
vendredi, octobre 06, 2006
BELIZE, CE PAYS OÙ PERSONNE NE VA JAMAIS

Pourquoi se rendre au Belize, nation qui n’a produit aucune star de la musique ni inspiré aucun écrivain, et où il n’y a ni guerre ni famine? L’écrivain chilien Alberto Fuguet a son idée.
Né au Chili en 1964, ce journaliste, critique et écrivain est l’un des instigateurs du collectif McOndo, qui publia en 1996 un recueil de nouvelles du même nom écrites par dix-huit auteurs latino-américains assez irrévérencieux, âgés de moins de 35 ans, et qui voulaient rompre avec le réalisme de leurs célèbres aînés. McOndo est, selon Alberto Fuguet, un mélange de McDonald’s, de Macintosh et de condo (les condominiums étant des complexes résidentiels sécurisés qui fleurissent partout en Amérique). C’est aussi évidemment une satire du village fictif de Cent ans de solitude de García Márquez. Alberto Fuguet est l’auteur de cinq romans, dont Mala OndaTinta Roja (Encre rouge), en 1996, édités chez Alfaguara. Pour en savoir plus visitez son blog : http://albertofuguet.blogspot.com/
mercredi, octobre 04, 2006
Direction Chili pour les Éditions du Mécène
Le Consul honoraire du Chili, M. Miguel Montérichard, un fervent promoteur de la participation des Éditions du Mécène à la Foire internationale du livre de Santiago. À sa droite assis on reconnaît Diane Pouliot, auteur et relationniste aux Éditions du Mécène, et Marie-Claude Bernard, reponsable du réseau de distribution des Éditions du Mécène, Félix Nunez, auteur, et Jacques Bernard. éditeur, qui représenteront le Québec à la Foire internationale du livre de Santiago.
«L'Envol de Maya» ouvre les portes du Chili aux Éditions du Mécène
Pour une 1re fois, le Québec sera représenté à la Foire internationale du Livre de Santiago
La publication en 2005 de «L'Envol de maya» un conte philosophique de Félix Nunez, illustré des dessins de Mélanie Lachance par les Éditions du Mécène, amènera son auteur et les représentants des Éditions du Mécène à la Foire internationale du Livre de Santiago au Chili.«Il s'agit d'une première pour une maison d'édition québécoise» a signalé avec fierté M. Jacques Bernard, fondateur de la Maison d'édition, mardi dernier, lors d'une conférence de presse organisée pour faire part de la participation de sa maison d'édition à cette exposition d'envergure internationale, qui accueille quelque 250 000 visiteurs par année comparativement à 50 000 pour celle de Québec.La participation des Éditions du Mécène à cette exposition est rendue possible grâce à l'appui de nombreux partenaires, donc celles du Consul honoraire du Chili, M. Miguel Montérichard, qui voit dans cette participation une occasion rêvée de jeter les bases d'une collaboration plus étroite entre les peuples chilien et québécois au plan culturel et de leurs institutions d'enseignement. L'Office Québec-Amériques pour la jeunesse, la Commission scolaire de la Beauce-Etchemins, la compagnie Telus et la députée Diane Leblanc souscrivent aussi à cette vision et appuient l'initiative de la maison d'édition etcheminoise.Ces appuis la Maison d'édition du Mécène de Saint-Prosper les doit à l'originalité du conte «L'Envol de Maya» qui est, selon M. Miguel Montérichard, voué à devenir un outil privilégié de communication entre les peuples des Amériques. Publié en français, en anglais, en espagnol et en portugais, les quatre langues officielles des Amériques, ce conte véhicule les valeurs essentielles que sont l'amour, la tolérance, la fraternité et l'effort pour dépasser sa propre essence.D'autre part, les retombées positives susceptibles de découler de ce voyage tant en termes éducatifs que culturels qu'en terme d'ouvertures de nouveaux marchés pour les éditeurs québécois au Chili, où le fait français est bien présent, ont aussi contribué à l'obtention des appuis financiers requis pour le financement des 13 000 $ de dépenses associées à la participation des Éditions du Mécène à cette Foire internationale du livre dont M. Bernard espère qu'elle amènera le reste de la province et en particulier les milieux culturels montréalais à reconnaître que le Québec culturel n'existe pas seulement dans les villes mais aussi dans les petits villages comme Saint-Prosper.
Le Consul honoraire du Chili, M. Miguel Montérichard, un fervent promoteur de la participation des Éditions du Mécène à la Foire internationale du livre de Santiago. À sa droite assis on reconnaît Diane Pouliot, auteur et relationniste aux Éditions du Mécène, et Marie-Claude Bernard, reponsable du réseau de distribution des Éditions du Mécène, Félix Nunez, auteur, et Jacques Bernard. éditeur, qui représenteront le Québec à la Foire internationale du livre de Santiago.
mardi, septembre 26, 2006
Pouvoir et disparition
Les camps de concentration en ArgentineLa fabrique éditions
traduit de l’espagnol par Isabelle Taudière Préface par Marina Franco Postface par Michel Benasayag
ISBN : 2-913372-55-4
Paru le 21 sept. 2006
Rescapée des centres de détention et de torture sous la dictature militaire argentine, Pilar Calveiro revient sur l’expérience concentrationnaire pour s’interroger sur la genèse, la nature et les modalités d’un pouvoir totalitaire fondé sur le principe de disparition : comment et pourquoi l’existence de camps de concentration et d’extermination a-t-elle été possible en Argentine ? À quel projet politique répondaient-ils ? Quelles traces ont-ils laissés jusqu’à ce jour sur la société et dans la mémoire collective ? À travers l’expérience des camps, elle dépasse les logiques binaires (victimes/bourreaux, traîtres/héros) pour identifier des constantes qui témoignent d’un plan concerté et cohérent visant à déposséder l’autre (l’opposant, le « subversif ») de toute humanité (en le torturant), de tout pouvoir (en le coupant du monde) et enfin de toute existence (en le faisant disparaître), pour au bout du compte, dépolitiser la société tout entière. En analysant sans aucune complaisance les aspects, mécanismes et protagonistes de cette « logique de la disparition », Pilar Calveiro explique ce passé proche et douloureux pour en dégager des clés politiques permettant d’appréhender le présent et d’affronter l’avenir.
Pilar Calveiro est née à Buenos Aires. Elle vit depuis 1979 au Mexique où elle s’est installée après un bref exil en Espagne. Militante de l’organisation Montoneros pendant les années 1970, elle fut arrêtée par la dictature militaire argentine en 1977, illégalement détenue (officiellement « disparue ») pendant un et demi dans plusieurs centres clandestins de détention comme Mansión Seré et Escuela de Mecánica de la Armada. Docteur en sciences politiques diplômée de l’UNAM (Universidad Autonoma de México), elle occupe actuellement un poste de professeur et chercheuse à la Benemérita Universidad Autonoma de Puebla. Son travail de recherche porte sur l’analyse politique de l’expérience argentine. Principales publications : Poder y desaparición (Colihue, 1998), Política y/o violencia (Ed. Norma, 2005).
Buljubasich opéré d'une tumeur au cerveau
"L'opération s'est déroulée normalement et ne présente aucune complication. Nous espérons que sa convalescence ira de même", a déclaré à la presse le docteur Gonzalo Torrealba, de l'hôpital de l'Université catholique de Santiago.
Buljubasich, 35 ans, évolue au club depuis 2005. Il a notamment joué à River Plate (1re div. argentine) en 2002/2003. (AFP)
samedi, septembre 02, 2006
JOSÉ MIGUEL VARAS - PRIX NATIONAL DE LITTÉRATURE
Le monde privé du lauréat José Miguel Varas. Quelqu’un de tranquille. Communiste, journaliste, fils d’un militaire qui l’empêchait de manger du pain beurré à cause de l’inclination de celui-ci pour les paris, le nouveau Prix National de Littérature parle de ses difficultés, de ses triomphes et de «Milicos», son nouveau roman qu’il veut terminer à la fin de l’année.
Varas vit à Ñuñoa, près d’un lycée et d’un magasin de quartier de fruits et légumes dans la rue Exequiel Fernández. Son habitation, qu’il partage avec sa femme et la plus jeune de ses cinq filles, est l’appartement d’une famille typique de la classe moyenne, avec beaucoup de photos de parents, quelques poupées russes et un portrait de Salvador Allende à côté de quelques enfants, qui se détache sur l’un des murs.En dehors de toute présomption, Varas supervise la maison, répond à l’interphone, au téléphone et ouvre la porte à sa petite-fille qui monte voir son épouse, qui doit garder le lit. Et c’est que derrière cet homme au visage sévère, il paraît exister quelqu’un de timide et renfermé, qui essaie même de réduire l’importance de son œuvre et du fait qu’il ait obtenu, il y a quelque jours, le si disputé Prix National de Littérature. « Je n’ai jamais été très expansif, je n’exprime pas beaucoup certains sentiments, mais avec le Prix je ne me reconnais pas moi-même. J’ai été assez sentimental, mais ça passera ».
VIE MILITAIRE
Peut-être à cause de son travail intense à la radio, il aurait paru plus raisonnable à beaucoup que Varas gagne le prix dans la catégorie journalisme. Mais non. Ses 16 livres publiés et principalement - d’après le jury - ses contes « lui ont fatigué les yeux avec tant de flashes » et lui ont donné une nouvelle impulsion pour finir un roman appelé «Milico ». Dans celui-ci il parle de sa connaissance du monde militaire, qui lui vient de son père, un colonel commandant des troupes qui a publié plus de 12 livres sur les soldats ; jusqu’à ses premières lectures de Kafka, dans la maison de son oncle, le général Leocán Ponce.« Milicos » traite du monde que j’ai connu depuis mon enfance et de l’autre, où il y a pas mal de militaires brutes et brutaux, que je ne connaissais pas. Ce n’est pas un livre politique ou de thèse. Il y a un personnage central, d’environ 40 ans, qui est fils d’un militaire. Il y a beaucoup d’éléments autobiographiques qui ont été convertis en roman ».
IL N’Y PAS DE BEURRE
Dans son souhait journalistique « d’essayer de ne pas embellir les réalités dans le souvenir », comme il dit, commence à apparaître dans sa mémoire l’«Union verrou», cette congrégation d’étudiants de l’Institut National qui fait partie du « Cahuín », son premier roman prématuré, auto-édité lorsqu’il n’avait que 18 ans. Il plonge aussi dans le souvenir de ses continuels déménagements, dus aux déplacements de son père à Arica, Concepción, Traiguén, Antofagasta ou Punta Arenas. « Tout ceci est un désastre : liquider une maison, se défaire des meubles. Détruire une manière de vivre pour se déplacer à un autre endroit ».Avec une voix qui tout le temps rappelle les ondes courtes sur lesquelles il transmettait à Radio Moscou pour essayer de faire passer des nouvelles à une société chilienne désinformée, Varas s’efforce - comme s’il était dans un studio et avec la lumière rouge allumée - de raconter les choses de la manière la plus exacte possible, avec tous les détails des dates et des noms.
Son père insistait beaucoup pour qu’il fasse des études, mais surtout il ne voulait pas qu’il soit ni curé, ni militaire. « Je n’avais pas très envie d’étudier à l’université et, en plus, chez moi il y avait la pauvreté. Les militaires gagnaient très peu à cette époque et je suspecte que ceci était accentué un peu plus que nécessaire par le fait que mon père jouait aux courses : c’était une saignée permanente et un des principaux motifs de dispute avec ma mère. J’avais moins de vêtements que n’importe lequel de mes camarades. Il y avait des périodes où il n’y avait pas de beurre et moi, j’adorais le pain beurré. La nourriture changeait en fin de mois, nous commencions à manger des pommes de terre avec du « mote » (du blé cuit Ndt), du luche (des algues Ndt). Il y avait des choses, telles que la viande, qui disparaissaient ».
INDEPENDANCE ET POLITIQUE
À cette même période il publie son second livre et effectue sa première incursion dans le roman : « Ca arrive », texte accouché après qu’un libraire d’origine juive - Carlos Cesarman - ait décidé d’éditer cette prose avant-gardiste qui, selon l’aveu même de Varas, était très influencée par le nord-américain John Dos Passos. Il y avait déjà une première maison d’édition intéressée lorsqu’il s’est inscrit en tant que militant du Parti de la faucille et du marteau. « Je suis entré au Parti communiste lorsque celui-ci avait plongé dans l’illégalité. C’était l’époque de González Videla et de son régime de répression, avec les premiers camps de concentration à Pisagua ».
Sa lune de miel communiste allait trébucher en 1959, lorsque Varas a passé trois ans à travailler dans une radio en Tchécoslovaquie. « Là j’ai vécu le socialisme tel qu’il était, et je n’ai pas aimé ».
GENERATION DES ANNEES 50
Même si l’œuvre de Varas s’inscrit dans la génération appelée des années 50, l’auteur de « Le courrier de Bagdad » ne trouve pas d’intérêt à être classé dans cette catégorie. « Le terme fut inventé par Enrique Lafourcade, mais je n’ai participé à aucun de ces cercles. Je n’avais pas de relation personnelle avec eux. Je ne sais pas si ce fut une question de caractère, mais j’avais une certaine pudeur à parler de littérature. Une connerie, c’est tout. Cette génération ne fut pas autant politisée que moi ou d’autres qui avions pris un chemin de définition politique plus forte, qui suivions Neruda en tant que poète et par ailleurs admirions sa position ».
Durant ces années, Varas préférait participer à des réunions littéraires organisées par Joaquin Gutiérrez, écrivain costa-ricien et vendeur en chef de la librairie Nascimento “Lui, il était communiste et aux rencontres venaient, entre autres, Mariano Latorre, Joaquín Edwards Bello et Nicanor Parra. Ils étaient amis de Gutiérrez, des aînés, et moi j’allais les écouter. Jamais je n’ai été bon pour parler, je suis plutôt laconique ».
UNE BESTIOLE BIZARRE
Varas a participé activement au Gouvernement de Salvador Allende. Il fut directeur de presse de TVN (Télévision Nationale) jusqu’au 11 septembre 1973. Ce même jour, avec l’écrivain Fernando Alegría (« Lautaro, jeune libérateur d’Arauco »), il se disposait à se rendre à l’Ile Noire pour voir Pablo Neruda, malade du cancer. Après avoir parlé pour la dernière fois avec lui et être resté quelques heures aux studios, Varas a commencé une longue diaspora, qui l’a maintenu dès décembre 1973 jusqu’en 1988 en dehors du pays. « Je suis allé me cacher dans une maison de Bellavista (un quartier de Santiago/Ndt), mais l’endroit était un mauvais refuge : ont commencé à arriver des grosses pointures. Rodrigo Rojas (directeur de « El Siglo »), Carlos Toro (sous-directeur de la police civile) et des jeunes cons de la Jeunesse communiste, qui ont apporté un panier plein de cocktails Molotov. C’était un désastre, le lieu le plus dangereux de Santiago. Comme nous étions très nerveux, nous avons bu une caisse de bouteilles de pisco et personne ne s’est saoûlé ». Par la suite viendra l’asile en Allemagne Fédérale et la fameuse et énigmatique lettre « L » dans son passeport. - Vous n’avez jamais pensé à rester et faire votre vie en exil ?
- Non. Nous vivions en fonction du Chili. Un jour on m’a mis en communication avec Volodia Teiltelboim, qui depuis le 15 septembre transmettait déjà depuis Moscou « Ecoute le Chili ». Il m’a demandé de voyager pour aider au programme.
- Les raisons pour vous octroyer le Prix ont beaucoup à voir avec votre trajectoire et principalement avec vos contes. Pourquoi votre travail n’apparaît-il pas beaucoup dans les anthologies qui ont été faites au Chili ?
- En quoi votre vie va changer avec le Prix que vous venez d’obtenir ?
- En rien. Je le prends sereinement. Je ne me crois pas le nombril du monde. Je vis d’une pension de journaliste, qui s’élève à 450 mille pesos. La loi des licenciés pour motifs politiques m’a apporté 20 mois d’ancienneté. Le Prix va me faciliter certaines choses, pour résoudre des problèmes pratiques, me donnera un certain répit.dimanche, août 13, 2006
Graffiti 2


Un graffiti est une inscription ou un dessin tracé, peint ou gravé sur un support qui n'est normalement pas prévu à cet effet. Longtemps regardé comme un sujet négligeable, le graffiti est aujourd'hui considéré, selon les points de vue, comme un moyen d'expression, comme un art visuel, comme une nuisance urbaine ou comme un facteur d'insécurité.








