dimanche, septembre 01, 2019

ALEXANDER VON HUMBOLDT, POUR L’AMOUR DE LA SCIENCE



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ILLUSTRATION DE PIERLUIGI LONGO, ITALIE
En 1799, le naturaliste et géographe allemand entreprend un périple de cinq ans en Amérique du Sud. Il en revient avec le statut de héros – et une conception révolutionnaire du monde qui nous entoure.
ALEXANDER VON HUMBOLDT ET
AIMÉ BONPLAND, ÉQUATEUR, 1801
(SOURCE: BIBLIOTHÈQUE DU
MUSÉE BOTANIQUE DE BERLIN)
Courrier international
Lorsqu’il se met en route, le 23 juin 1802, pour faire l’ascension du Chimborazo, Alexander von Humboldt [1769-1859] débute une expédition destinée à entrer dans l’histoire. Le Chimborazo est alors considéré comme la montagne la plus élevée sur Terre et personne n’a jamais atteint son sommet. Accompagnés de trois guides indigènes portant leurs instruments, Humboldt et ses deux compagnons de voyage sont néanmoins déterminés à braver le froid des hautes altitudes et à gravir les 6 263 mètres du volcan équatorien.

L’ascension est tellement difficile que l’explorateur allemand écrit à son frère : “Les Indiens qui nous accompagnaient sont partis, déclarant que nous essayions de les tuer. Nous étions donc seuls, Bonpland, Carlos de Montúfar, moi et un de mes serviteurs qui portait quelques-uns de mes instruments.”

Ce n’est toutefois pas l’épuisement, ni la neige ni le manque de vêtements ou d’équipement appropriés qui les empêchera d’atteindre le sommet mais une immense crevasse. Malgré la raréfaction de l’oxygène et leurs membres ankylosés, les explorateurs parviendront à 5 900 mètres d’altitude, selon les calculs d’Humboldt. Qu’importe si le Chimborazo est plus tard détrôné par l’Himalaya [en tant que plus haut sommet du monde] ; aucun être humain n’a jamais atteint une telle altitude. Leur record va rester imbattu pendant trente ans.

Vénézuéla : 1799 – 1800



Alexander von Humboldt n’aurait même pas songé en rêve à de telles prouesses au moment où il quittait l’Espagne et le port de La Corogne, le 5 juin 1799, en compagnie du botaniste français Aimé Bonpland. Outre leurs vêtements et leurs couchages, les deux hommes embarquent des dizaines de caisses remplies d’instruments – parmi lesquels plusieurs télescopes, un sextant, un quadrant, une aiguille de 12 pouces, des compas, un pendule, des baromètres, plusieurs thermomètres, deux électromètres, un microscope, un hygromètre et un cyanomètre pour mesurer le bleu du ciel.

Après une escale sur l’île de Tenerife, dans les Canaries, leur navire jette l’ancre au large de Cumaná, au Venezuela, au bout d’une traversée de quarante et un jours. On imagine le soulagement des aventuriers en voyant enfin apparaître la terre ferme. Ils ont survécu à la traversée de l’Atlantique, mais déjà à l’époque il y a des questions d’immigration à régler, les forçant à patienter encore quelques heures avant d’obtenir le feu vert des officiers du port. Ils devaient avoir hâte de poser le pied sur le sol américain.

Ne pouvant contenir son émerveillement, Humboldt écrit à son frère, Wilhelm :
“ De quelles couleurs se parent les oiseaux, les poissons et même les crabes (bleu ciel et jaune) ! Jusqu’à présent, nous avons erré comme des sots ; nous n’avons rien pu identifier durant les trois premiers jours, un objet étant vite mis de côté pour en examiner un autre. Bonpland m’assure qu’il va devenir fou si ces merveilles n’en finissent pas. Pourtant, plus somptueuse encore que ces petits miracles individuels est l’impression générale que produit cette végétation puissante, luxuriante et pourtant si douce et enivrante. ”
Au Vénézuéla, les explorateurs découvrent également les horreurs de l’esclavage. Humboldt en est profondément choqué et dénoncera plus tard cette pratique comme étant sans le moindre doute “le pire fléau affligeant l’humanité”.

Après avoir passé plusieurs mois à Cumaná et Caracas ainsi que dans leurs environs, Humboldt, alors âgé de 30 ans, part pour sa première grande expédition : l’exploration du haut Orénoque à bord d’un large canot et accompagné de Bonpland, d’un chien et de rameurs indiens – ainsi que ses instruments. Leur périple va durer soixante-quinze jours et s’étendre sur 2 250 kilomètres à travers des territoires sauvages essentiellement inhabités et une jungle peuplée de crocodiles, d’impressionnantes anguilles électriques, de boas et de jaguars – le tout ponctué de descentes de rapides dans une atmosphère chargée d’humidité et avec la faim qui tenaille les entrailles. Les hommes boivent l’eau de la rivière et se nourrissent de riz, de fourmis, de manioc et à l’occasion de viande de singe. Jour et nuit, la forêt résonne de bourdonnements et de cris d’animaux.

Au fil de leur expédition, ils rencontrent des missionnaires espagnols et des tribus indigènes ; ils collectent des milliers d’échantillons de plantes, prennent des notes et dessinent des croquis d’animaux malgré leurs doigts et leurs visages boursouflés par les piqûres de moustiques. À propos d’une courte étape, Humboldt écrit à un ami :
“ Il est presque impossible d’écrire pendant la journée. Le poison de ces insectes est si douloureux que l’on ne peut tenir la plume dans sa main. Tout notre travail s’effectue au coin du feu dans la partie d’une hutte indienne abritée du soleil et à laquelle on ne peut accéder qu’en rampant à plat ventre. Là, l’air saturé de fumée est presque irrespirable mais on souffre moins des moustiques.”
CARTE RÉVOLUTIONNAIRE DE
HUMBOLDT DU FLEUVE ORÉNOQUE
Les explorateurs vivent dans des conditions épouvantables mais au terme de ce périple éreintant, Humboldt est en mesure de confirmer l’existence du canal de Casiquiare, reliant l’Orénoque à l’Amazone. Bien qu’il n’en soit pas le découvreur, Humboldt en fera connaître la position exacte à travers ses lettres et ses cartes. C’est aussi l’un de ses premiers hauts faits d’explorateur.

Les Andes : 1801-1803


LE PONT SUSPENDU PRÈS DE PENIPE, ÉQUATEUR EN 1802
Après un séjour à Cuba, les aventuriers retournent sur le continent. Arrivés à Bogota le 6 juillet 1801, ils font la connaissance de José Mutis, le naturaliste le plus réputé des colonies espagnoles. Mutis possède une immense collection botanique et Humboldt est impressionné par ses connaissances, sa bibliothèque et son équipe d’artistes dessinateurs. Ce sont les travaux de Mutis qui inspireront à Humboldt ses célèbres herbiers et planches botaniques.

Au bout de deux mois, Humboldt met le cap sur les Andes, la chaîne de montagnes – encore peu explorée à l’époque – qui traverse plusieurs pays d’Amérique latine. Lorsqu’il arrive à Quito en janvier 1802, la ville est en piteux état, dévastée par un puissant séisme. Les habitants y vivent toutefois bien et la ville attire les voyageurs. Les explorateurs passent huit mois dans la province, multipliant les expéditions pour escalader, dessiner et mesurer des volcans comme le Pichincha et le Cotopaxi avant de s’attaquer au plus majestueux d’entre eux : le Chimborazo.

Humboldt et ses compagnons poussent ensuite vers le sud jusqu’au Pérou, où ils découvrent des ruines incas ainsi que les restes d’un mammouth. Ils en rapportent également les premiers échantillons de guano, un engrais riche en azote composé d’excréments d’oiseaux ou de chauves-souris.

En septembre, Humboldt réalise un de ses rêves en contemplant pour la première fois l’océan Pacifique. Depuis Lima, ils remontent ensuite la côte en bateau jusqu’au Mexique. À bord, Humboldt prend des notes détaillées sur le courant froid qui remonte le long de la côte péruvienne. Aujourd’hui, ce courant n’influe pas seulement sur le climat de la planète en faisant remonter des eaux froides, il porte également le nom de l’explorateur.

Mexique : 1803 – 1804


ALEXANDER VON HUMBOLDT ET AIME BONPLAND À LA
CASCADE  DE REGLA  AU MEXIQUE EN 1803,
TIRÉ DE SON LIVRE « VUES DES CORDILLÈRES ET MONUMENS
 DES PEUPLES INDIGÈNES DE L'AMÉRIQUE»
Les explorateurs parviennent à Acapulco le 22 mars 1803 et se dirigent vers Mexico, de loin la plus grande ville d’Amérique latine à l’époque. Au Mexique, Humboldt se montre moins intéressé par la flore et les courants marins que par les ruines antiques, les peuples indigènes et les documents d’archives parlant de la population, de la production agricole, de l’industrie minière et de l’histoire.

Au cours de son voyage, Humboldt étudie plusieurs langues et en découvre la richesse et la complexité. Il dénombre 35 langues parlées au Mexique. Alors qu’il remontait l’Orénoque, il a appris que près de 200 langues différentes sont parlées dans la région. Bien qu’il parle lui-même au moins quatre langues couramment, il écrit : “Combien de fois ai-je admiré le talent des Indiens, qui parlent sans peine trois ou quatre de ces langues.

Humboldt l’Américain


Après avoir sillonné le Mexique, les explorateurs retournent à Cuba trier leurs collections et préparer leur voyage de retour. Au lieu de rentrer directement en Espagne, Humboldt décide toutefois de faire, en 1804, une dernière étape aux États-Unis. Il est probable qu’il ait surtout voulu éviter d’embarquer à bord d’un bateau appartenant à la couronne espagnole, de nouveau en guerre contre l’Angleterre [un conflit dans lequel est aussi impliquée la France de Napoléon Bonaparte et qui va déboucher, en 1805, sur la déroute de la flotte franco-espagnole lors de la bataille de Trafalgar]. Les navires de guerre et les pirates écumaient les océans et Humboldt devait craindre qu’il n’arrive malheur à ses précieux échantillons. Quelle qu’en soit la raison, il met le cap sur Philadelphie.

Le président Jefferson vient tout juste de conclure [avec la France] le contrat de vente de la Louisiane, qui double quasiment la surface du pays. Il souhaite avoir des données et des chiffres sur sa récente acquisition. Pourvu de lettres de présentation et d’une invitation à Washington, Humboldt est le candidat idéal pour dresser des cartes détaillées et ramener des informations sur ces nouveaux territoires. Les deux hommes se lient d’amitié – qu’ils cultivent jusqu’à leur mort. Humboldt découvre un pays qui a rejeté l’autorité de son roi, une véritable terre de démocratie. Même s’il n’y reste pas longtemps, Humboldt tombe sous le charme de la jeune nation et se dira plus tard “à moitié américain”.

Il est toutefois temps de rentrer et au bout de six semaines, Humboldt lève l’ancre pour l’Europe.

Le bilan


L’expédition d’Humboldt a duré en tout cinq ans et deux mois. Avant son départ, il avait écrit à ses banquiers berlinois ce qu’il espérait accomplir :
“ Je collecterai des plantes et des animaux, mesurerai la température, l’élasticité, la force magnétique et électrique dans l’atmosphère, je déterminerai des longitudes et latitudes et je mesurerai des montagnes. Mais là n’est pas le but premier de mon voyage. Mon seul réel dessein est d’étudier l’interaction et l’interconnexion des forces de la nature et les influences qu’exerce l’environnement sur la vie végétale et animale. ”
ALEXANDER VON HUMBOLDT EXPLORANT
“VOLCANS D'AIR DE TURBACO” , EN COLOMBIE, EN 1801
 
Il atteint son but et bien plus encore. Alors qu’il n’a pas réellement de plan, le destin le conduit de la chaleur étouffante de la jungle aux sommets enneigés des montagnes. Il traverse l’équateur à deux reprises, passe près de seize mois dans ce qui est aujourd’hui le Venezuela ; il explore le fleuve Orénoque, reste vingt-deux mois en Colombie et dans les Andes et près d’un an au Mexique.

Alexander von Humboldt n’a pas été le premier savant à parcourir l’Amérique latine, mais il est le seul à payer la totalité de ses dépenses avec ses propres deniers. Grâce à ses relevés détaillés et ses centres d’intérêt multiples, il a accompli l’un des plus grands voyages d’exploration jamais réalisé.

Grâce à ses nombreux notes et carnets, il va ensuite digérer, trier et publier les résultats de son expédition au cours des années suivantes. Ses livres regorgent d’une telle multitude d’informations, de chiffres, d’illustrations et de cartes qu’ils vont changer le point de vue des Européens sur les colonies.

Après la publication de ses travaux, personne ne peut affirmer que le continent américain est inférieur à l’Europe [et que les populations indigènes appartiennent à des civilisations arriérées, appelées à disparaître devant l’avancée du progrès — une croyance alors répandue sur le Vieux Continent]. Sa nature est luxuriante et pleine de ruines antiques laissant deviner le passé de civilisations brillantes. L’avenir de cette région du monde semble radieux et les travaux d’Humboldt contribuent à donner confiance en eux-mêmes à ses habitants. C’est pour cette raison que le célèbre libérateur sud-américain Simón Bolívar le considérait comme le véritable “découvreur du Nouveau Monde”.
Timothy Rooks

FEMME EN FEU: «EMA» DE LARRAIN RACONTE L'HISTOIRE DE LA LIBÉRATION

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AFFICHE DU FILM
VENICE, Italie (Reuters) – L'actrice de télévision chilienne Mariana Di Girolamo suit le rythme du reggaeton dans le film "Ema" de Pablo Larrain, son premier long métrage sur une femme en quête de découverte de soi alors que sa vie de famille s'effondre .
FILM «EMA»
Situé dans la ville portuaire chilienne de Valparaiso, Di Girolamo et l'acteur mexicain Gael Garcia Bernal jouent le couple marié Ema et Gaston, danseur et chorégraphe d'une troupe de danse expérimentale.

samedi, août 31, 2019

CHILI: LE BOOM DES ÉNERGIES RENOUVELABLES

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 PHOTO ARIEL CRUZ PIZARRO
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CHILI: LE BOOM DES ÉNERGIES RENOUVELABLES 


RFI:RADIO FRANCE INTERNATIONALE
 

ÉMISSION «CHRONIQUE TRANSPORTS», 
 « CHILI: LE BOOM DES ÉNERGIES RENOUVELABLES »   
PAR JUSTINE FONTAINE,  
DIFFUSION SAMEDI 31 AOÛT 2019
la part d’énergies renouvelables dans la consommation électrique du Chili est passée de 7 à 20% en l’espace de cinq ans à peine. Et le métro de Santiago fait encore mieux, car, depuis presque un an, 60% de l’électricité qu’il utilise provient de l’énergie solaire ou éolienne. Un record parmi les grands réseaux de métro à travers le monde. Reportage

EN MARCHE FORCÉE


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CROISSANCE, RETRAITES, CHÔMAGE... 
LA RENTRÉE ÉPINEUSE DU GOUVERNEMENT 

vendredi, août 30, 2019

MOBILISATION AUTOUR DES VICTIMES DE DISPARITIONS FORCÉES


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 «  ET SI C'ÉTAIT L'UN DES TIENS ?  
/ OÙ SONT-ILS?  »
ILLUSTRÉE PAR UNE IMAGE DE BANKSY

PROJECTIONS SUR LA FAÇADE DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE SANTIAGO
ILLUSTRÉE PAR UNE IMAGE DE BANKSY
PHOTO EL MOSTRADOR
Ce 30 août, à l'occasion de la Journée internationale des victimes de disparitions forcées, partout dans le monde des personnes se mobilisent contre cette atteinte aux droits de l'homme, qu'elle soit le fait d’États ou celui de groupes politiques ou mafieux. De nombreuses familles sont toujours démunies face à ces disparitions.
 «  ET SI C'ÉTAIT L'UN DES TIENS ?  
/ OÙ SONT-ILS? »
ILLUSTRÉE PAR UNE IMAGE DE BANKSY
C'est suite à une réflexion engagée par l'ONU sur la recrudescence des enlèvements forcés dans de nombreux pays dans le monde que cette journée a été instaurée en 2011. Il s'agit d'apporter un soutien aux familles touchées par ce phénomène et de dénoncer les stratégies de terreur qu'il sous-tend. «Le sentiment d’insécurité résultant de cette pratique touche non seulement les proches de la personne disparue mais aussi leur communauté et l’ensemble de la société », rappelle le texte de l'ONU.

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ALEXANDER VON HUMBOLDT, LE PREMIER GÉNIE UNIVERSEL


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PORTRAIT DE ALEXANDER VON HUMBOLDT (1769-1859).
 PEINTURE DE FRANCISCO FONOLLOSA, NON DATÉE. 
PHOTO PRISMAARCHIVO/LEEMAGE.
Né le 14 septembre 1769, il y a 250 ans, le scientifique allemand a été, à plus d’un titre, l’un des grands précurseurs de la mondialisation.
Courrier international
DIE ZEIT, 
UNE DU 25 JUILLET 201
Lu et admiré par Darwin, Alexander von Humboldt était un scientifique comme seul pouvait en produire le XIXème siècle, un esprit curieux et insatiable, un grand voyageur, un touche-à-tout de génie. Zoologie, chimie, physique, vulcanologie, botanique, océanographie, ethnologie et même géopolitique… La liste est longue des disciplines dans lesquelles il s’est illustré. “Mais on oublie souvent qu’il était aussi un inventeur”, souligne la Süddeutsche Zeitung. On lui doit le concept des isobares et des isothermes, toujours utilisé en météorologie. Il avait également
ALEXANDER VON HUMBOLDT ET 
AIMÉ BONPLAND DANS L'ORÉNOQUE
PHOTO DPA
mis au point une encre indélébile (raison pour laquelle les carnets de son périple sur l’Orénoque sont encore lisibles aujourd’hui, ma
lgré le naufrage dont il a été victime sur le fleuve vénézuélien lors de son expédition en Amérique latine) et un lointain prototype de masque à oxygène, pour mieux respirer en haute altitude.
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ALEXANDRE VON HUMBOLDT, ACCOMPAGNÉ
AU PIED DU CHIMBORAZO
(PEINTURE DE FRIEDRICH GEORG WEITSCH)
PHOTO AKG-MAGES
.

jeudi, août 29, 2019

VIDÉO. CHILI : LA CULTURE DE L'AVOCAT PRIVE LES HABITANTS D'EAU


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CAPTURE D'ÉCRAN

«VIDÉO. CHILI : LA CULTURE DE 
L'AVOCAT PRIVE LES HABITANTS D'EAU »
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C'est le fruit star du moment, que l'on retrouve dans les sushis ou encore les bowls, symbole du manger sain. L'avocat s'est imposé dans nos assiettes en France, mais il vient le plus souvent de pays lointains comme le Chili. Là-bas, sa culture nécessite énormément d'eau alors que les habitants ne peuvent parfois pas y avoir accès. Des champs d'avocats à perte de vue s'étendent au pied des montagnes chiliennes, faisant le bonheur de très gros producteurs, comme Ernesto Molina.

Une région désertique qui abritait un immense fleuve


Et pas question pour lui de plaisanter avec sa production. Il est méticuleux, et a souhaité une culture biologique. Sauf qu'il faut 1 000 litres d'eau pour un seul kilo d'avocat. Une consommation colossale dans une bande de terre devenue désertique, alors qu'elle abritait un immense fleuve une dizaine d'années auparavant. Du coup, les villages alentour se voient imposer des restrictions d'eau, avec 50 litres autorisés par jour, et par personne. "Si les avocats ont de l'eau, pourquoi nous, les êtres humains, on ne peut pas avoir d'eau ? C'est une honte qu'aujourd'hui, au Chili, on nous laisse sans eau", s'indigne une habitante qui subit les restrictions.

mercredi, août 28, 2019

AU CHILI, L'HIVER TROP CHAUD ET TROP SEC PRIVE DE NEIGE LES STATIONS DE SKI

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LA CORDILLÈRE DES ANDES, AU CHILI, LE 11 MAI 2005.
PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP
L’hiver, cette année anormalement chaud et sec, préoccupe ce pays coincé entre l'océan Pacifique et la cordillère des Andes, et notamment ses stations de ski, qui ont dû investir massivement dans des canons à neige.
Franceinfo
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AU CHILI, L'HIVER TROP CHAUD ET TROP CRE
SEC PRIVE DE NEIGE LES STATIONS DE SKI 

RFI: RADIO FRANCE INFO
ÉMISSION «EN DIRECT DU MONDE», 
 PAR JUSTINE FONTAINE, 
DIFFUSION MERCREDI 28 AOÛT 2019
l’hiver au Chili ne touche pas encore à sa fin. Un hiver qui a été cette année anormalement chaud et sec, surtout dans les régions proches de la capitale, Santiago. Cette tendance préoccupe d'autant plus au Chili qu'elle se répète au fil des ans, à cause du dérèglement climatique disent les scientifiques. Dans ce pays coincé entre l'océan Pacifique et la cordillère des Andes, cette sécheresse se ressent aussi dans les stations de ski, où il a très peu neigé cet hiver. Même à plus de 2 000 mètres d'altitude, ces stations ont dû investir massivement dans des canons à neige, pour garder un certain nombre de pistes ouvertes.

Toutes les stations du centre du Chili sont touchées


Ainsi, la station d'El Colorado, l'une des stations de ski les plus proches de Santiago, a déjà dû investir plus de trois millions et demi d'euros en canons à neige pour assurer l'ouverture de la majorité de ses pistes de ski. L'enjeu est de maintenir la fréquentation de la station, par les amateurs sud-américains mais aussi les skieurs professionnels de l'hémisphère nord, qui viennent s'entraîner ici en juillet-août. Et dans les années à venir, cette même station devrait investir encore trois fois plus d'argent pour compenser la baisse des chutes de neige. Mais les difficultés touchent en fait toutes les stations du centre du Chili, près de Santiago. Et le problème est d'autant plus frappant qu'une grande majorité de ces domaines skiables se trouvent pourtant à plus de 2500 mètres d'altitude.

La pollution de la capitale joue aussi sur la fonte des neiges dans la cordillère des Andes. Les habitants de Santiago vivent en effet une bonne partie de l'hiver sous une couche de smog visible, produite par la pollution des voitures notamment, qui touche aussi la neige de la cordillère, près de Santiago. Les particules sombres se déposent sur le manteau neigeux attirent davantage la chaleur du soleil et accélèrent donc la fonte de la neige. Selon un physicien de l'université de Santiago, interrogé par l'Agence France Presse, ce phénomène, combiné au réchauffement climatique explique que dans cette région le manteau neigeux aurait perdu jusqu'à 10% de son épaisseur et de sa surface depuis 2009.


La sécheresse dure depuis dix ans

Les sommets sont donc de moins en moins blancs, mais la sécheresse se fait en réalité sentir dans toutes les régions proches de la capitale chilienne. Il a en effet très peu plu cet hiver, et le problème est d'autant plus grave que cette sécheresse dure en fait depuis plus de dix ans, avec des années plus ou moins critiques. À 4 ou 5 heures au nord de Santiago, plusieurs communes ont vu partir ces dernières années ceux qui sont considérés comme les premiers réfugiés climatiques du Chili : des paysans qui partent travailler dans le secteur minier, faute de pouvoir encore exploiter leurs terres asséchées par le manque de pluie et le réchauffement climatique. Un peu plus au sud, les éleveurs sont de plus en plus nombreux à vendre leur bétail, qui ne trouve plus suffisamment à manger dans les champs. Quatre régions du pays ont déjà été déclarées en état d'urgence agricole cette année.


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ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE JOSÉ BALMES


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JOSÉ BALMES
PHOTO 
GUSTAVO GERMANO
2016 -28 AOÛT- 2019
TROISIÈME ANNIVERSAIRE
DE LA MORT DE 
JOSÉ BALMES
JOSÉ BALMES ET GRACIA BARRIOS
PHOTO MABEL MALDONADO 
José Balmes Parramón, né le 20 janvier 1927 à Montesquiu en Catalogne, Espagne, et décédé le 28 août 2016 à Santiago du Chili, fut un peintre chilien, Directeur du Musée de la Solidarité Salvador Allende. Il fut récompensé par de nombreux prix dont le Prix National d'Art, et  la médaille de « Chevalier des arts et des lettres », reconnaissance octroyée le 5 mai 2009 à José Balmes pour sa trajectoire internationale et les liens de travail et d’amitié durables noués avec la France.


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mardi, août 27, 2019

CHILI. MONICA GONZALEZ REÇOIT LE PRIX NATIONAL DU JOURNALISME 2019


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MÓNICA GONZÁLEZ MUJICA
CAPTURE D"ÉCRAN 
La journaliste Monica Gonzalez a reçu le Prix national du journalisme 2019 pour sa longue carrière dans les médias d’investigation, et elle s’est distinguée en prenant la direction journalistique de Ciper jusqu’en avril  2019.
MÓNICA GONZÁLEZ MUJICA
Elle a également été fondatrice et directrice de la revue 7+7 et du Journal 7, directrice adjointe de La Nación et du magazine Cosas, et a fait des recherches pour Cause, Analyse, le journal El Siglo et le magazine Ahora.

Gonzalez a étudié à l’école de journalisme de l’Université du Chili et compte sept livres en tant qu’auteur et coauteur : Bombe dans une rue de Palerme (1986), Les secrets du Commandement commun (1989), Chili entre le Oui et le Non (1988), La conjuration ; et Les mille et un jours du coup d’état (2000) et Les secrets de l’Empire de Karadima.


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[REPORTAGE] CHILI: LA LANGUE ET LA CULTURE MAPUCHE SONT APPRISES DANS LES ÉCOLES

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UNE ENSEIGNANTE LIT UN LIVRE A DES ENFANTS D'ORIGINE
 MAPUCHE. ILS REPRÉSENTENT 10% DE LA POPULATION 
CHILIENNE (IMAGE D'ILLUSTRATION). 
PHOTO MARTIN BERNETTI
Le peuple mapuches est le principal peuple natif au Chili. Depuis une dizaine d'années, les mapuches ont lancé un fort mouvement de revendication de leur culture. Une fondation a commencé à donner des cours de culture et de langue mapuche aux élèves de primaires à Recoleta dans le Nord de Santiago : une première hors de la région mapuche.
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CHILI: LA LANGUE ET LA CULTURE 
MAPUCHE SONT APPRISES DANS LES ÉCOLES

RFI: RADIO FRANCE INTERNATIONALE  
ÉMISSION «LES VOIX DU MONDE», 
 PAR JUSTINE FONTAINE, 
DIFFUSION MARDI 27 AOÛT 2019
il est 8 heures du matin dans cette école de la commune de Recoleta située à quelques stations de métro du centre de Santiago. Les enfants de première année de primaire sont en cercle au milieu de la salle de classe, et s'échauffent les pieds et les mains en comptant jusqu'à cinq en langue mapuche.

Leur professeure ce matin, Camila Huenchumil, âgée d'une trentaine d'années, vient une fois par semaine, avec son tambour traditionnel, pour faire chanter et jouer les enfants, en mapudungun, la langue du peuple mapuche : « Au Chili, la loi oblige les communes qui comptent plus de 20 % d'élèves d'origine indigène à mettre en place certains cours dans la langue de leur peuple. La commune de Recoleta compte peu d'élèves d'origine mapuche, et pourtant son maire communiste a décidé de mettre en place ces cours dans toutes les écoles municipales. Une première au Chili, hors de la région d'origine des Mapuches, dans le sud du pays. »

Karen Paichil est l'initiatrice et la directrice de ce projet : « L'objectif est que les enfants apprennent des choses sur la culture et sur la langue, mais on ne cherche pas à former des enfants bilingues. Car la réalité de ces enfants n'est pas celle-là. Ils auront peu de possibilités de communiquer dans cette langue et de la pratiquer. Ce que l'on recherche, c'est qu'ils apprennent le respect et des connaissances de base concernant d'autres cultures. »

Ouverture culturelle


Le fait d'apprendre à connaître une autre culture doit permettre aux enfants d'aller au-delà des préjugés sur les mapuches qui restent assez répandus au sein de la société chilienne. Mais cela permet aussi que les enfants puissent mieux s'accepter entre eux, dans une commune où beaucoup d'élèves sont des enfants d'immigrés péruviens, vénézuéliens, et parfois haïtiens.

Camila Huenchumil trouve important que le projet ait lieu dans une école comme celle-ci : « Justement on dit parfois de ces écoles qu'elles sont “interculturelles”, dans le sens où beaucoup d'enfants viennent de différents pays, surtout d'Amérique latine. Donc il n'y a pas seulement des enfants chiliens. Et puis parmi ceux qui sont chiliens, certains sont mapuches, parfois même sans vraiment le savoir. Ce sont des situations très diverses ».

Un peuple durement discriminé


Si certains enfants ne savent pas qu'ils sont d'origine mapuche, c'est parce que ce peuple a longtemps été durement discriminé et réprimé au Chili, au point que certains mapuches, notamment ceux poussés à l'exode vers les grandes villes, ont parfois dans le passé préféré cacher leur identité.

Aujourd'hui, près de la moitié des mapuche vit dans la région de Santiago et non dans le sud du Chili, et il est difficile dans ce contexte pour eux de conserver leurs traditions et leur langue, le mapudungun. Lyana est l'une des élèves qui viennent d'assister au cours ce matin : « Mon papa est mapuche. Il y a très longtemps, il savait parler mapudungun, mais maintenant il a oublié. »

Une volonté d'étendre le projet


560 enfants bénéficient actuellement de ces cours dans les écoles publiques de la commune de Recoleta. Pour l'instant, ce sont ceux uniquement en première année d'école primaire, équivalent au CP. L'idée est d'étendre progressivement cet enseignement aux autres niveaux.

Un projet que soutient, Margaret, dont le fils est actuellement en deuxième année de primaire à Recoleta. Elle est elle-même d'origine mapuche : «J'aurais trouvé ça super qu'il ait pendant toute la durée de l'école primaire des cours de langue mapuche, la langue de nos ancêtres, car elle se perd aujourd'hui. Ça aurait été très enrichissant pour les enfants, pour aider à récupérer notre culture ».


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