samedi, novembre 17, 2018

L’ÉPISCOPAT CHILIEN COLLABORE AVEC L’ÉTAT DANS LUTTE CONTRE LES ABUS SEXUELS


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L’assemblée plénière des évêques du Chili s’est conclue ce vendredi 16 novembre. Dans leur communiqué final, évêques et administrateurs apostoliques du pays dressent un bilan des quatre jours de travaux, marqués surtout par la gestion de la crise des abus sexuels.
PHOTO ANSA
«Qu’aurait fait Jésus à notre place dans la réalité »  actuelle de l’Église et du pays? : telle est la question qui a orienté les travaux de la Conférence épiscopale du Chili au cours de cette 117ème assemblée plénière.

Une collaboration avec le Parquet national

ABUS SEXUELS AU CHILI
DESSIN ALFREDO MARTIRENA
Pendant quatre jours, les évêques ont surtout dialogué « sur les conséquences de la crise provoquée par les graves délits d’abus sexuels contre des mineurs et des adultes vulnérables commis par des personnes consacrées », lit-on dans le communiqué final publié vendredi.

L’assemblée s’est penchée sur la « Déclaration, décisions et engagements des évêques de la Conférence Épiscopale du Chili » du 3 août dernier, pour effectuer un suivi des résolutions adoptées. Elle a aussi étudié, en présence de représentants de l’État, « le projet d’accord de collaboration mutuelle entre le Parquet et les entités de l’Église, pour l’enquête sur les délits d’abus sur mineurs commis par des clercs ». Les évêques doivent «formaliser cet accord» et débuter sa mise en application «dans les prochaines semaines».

À l’écoute du Christ souffrant

Dans ce communiqué, l’épiscopat chilien s’adresse longuement au peuple de Dieu, se montrant compréhensif devant l’indignation suscitée par le scandale des abus sexuels. «Nous acceptons et nous accueillons les justes critiques, qui nous aident à améliorer notre service pastoral»,  reconnaissent les évêques. « Il n’y a jamais de quelconque justification devant le crime que constitue l’abus sexuel sur des garçons, des filles, des adolescents et des adultes vulnérables », ajoutent-ils.

Depuis le mois d’août, les évêques chiliens ont déjà pris le temps de «sérieusement écouter, accueillir et découvrir les chemins pour accompagner les victimes qui ont voulu se réunir avec nous. C’étaient des moments de rencontre avec le visage souffrant du Christ et de grand apprentissage», expliquent-ils.

Inquiétude face à la violence

Par ailleurs, le communiqué final fait part de l’inquiétude des évêques chiliens face à la situation sociale du pays. Des tensions et des violences, en particulier dans des «établissements d’éducation», devraient «remettre en question l’accompagnement que nous apportons aux nouvelles générations», estiment les prélats. Ils se disent également déconcertés par le fait «que certains frères migrants n’aient pas trouvé de moyen de commencer une nouvelle vie dans notre pays, et qu’ils aient dû retourner sur leur terre d’origine».

On apprend aussi qu’une troisième Assemblée Ecclésiale Nationale se tiendra en mai 2020 dans le pays, afin de poser «les fondements de nouvelles orientations pastorales pour l’Église du Chili».


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vendredi, novembre 16, 2018

EN MARCHE FORCÉE

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LA COLÈRE CONTRE LES PRIX DU CARBURANT SE NOURRIT SUR LES PARKINGS

L’AMÉRIQUE LATINE EST-ELLE TOUJOURS L’«ARRIÈRE-COUR» DES ÉTATS-UNIS ?


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L’AMÉRIQUE LATINE EST-ELLE TOUJOURS
L’« ARRIÈRE-COUR » DES ÉTATS-UNIS ?
À la fin du printemps 2008, le prestigieux Conseil des relations étrangères (Council on Foreign Relations [1]) publiait un rapport intitulé : « Les relations États-Unis-Amérique latine : nouvelle orientation pour une nouvelle réalité » [2]. Programmé pour influencer l’agenda de la politique étrangère de l’administration américaine suivante [celle de B. Obama], le rapport affirmait : « l’ère qui a vu les États-Unis exercer une influence dominante sur l’Amérique latine est révolue ». Au Sommet des Amériques d’avril 2009, le président Barack Obama semblait être sur la même longueur d’onde que les auteurs du rapport, promettant aux dirigeants latino-américains une « nouvelle ère » « de partenariat égalitaire » et de « respect mutuel ». Quatre ans plus tard, le second secrétaire d’État d’Obama, John Kerry, allait encore plus loin, en déclarant solennellement devant ses homologues de l’Organisation des États américains (Organization of American States, OAS – OEA en français [3]) que « l’ère de la doctrine Monroe était révolue ». Le discours [4] – qui annonçait la fin d’une politique vieille de près de 200 ans [5] largement perçue comme un chèque en blanc à l’intervention des États-Unis dans la région – avait été chaudement applaudie et avait sans doute aidé à pardonner partiellement à John Kerry d’avoir, quelques mois auparavant, fait référence à l’Amérique latine comme à l’ « arrière-cour » des États-Unis.
Par Alexander Main 
DESSIN OSMANI SIMANCA
Dans son approche de l’Amérique latine, l’administration du président Trump a tenu des propos d’un ton tout à fait différent de celui de l’administration Obama. Peu de temps après son installation à la Maison Blanche, le nouveau président annonçait qu’il allait revenir en arrière sur les politiques très largement applaudies de Barack Obama qui normalisaient les relations avec Cuba. Au lieu de confirmer l’abandon de la « doctrine Monroe », le premier secrétaire d’État du président Trump, Rex Tillerson, déclarait qu’« elle avait clairement été un succès ». De peur que quelqu’un puisse douter de sa parfaite maîtrise de l’histoire de la doctrine, il avait fièrement fait écho aux sentiments de ses auteurs initiaux, le président John Adams et le secrétaire d’État James Monroe, et il soulignait au passage – à propos du développement des relations de la région avec la Chine : «l’Amérique latine n’a pas besoin de nouvelles puissances impériales » et « notre région doit rester vigilante et se protéger des puissances lointaines » [6].


PLANISPHÈRE D’AGNESE BATTISTA (1543)
(BNF)
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jeudi, novembre 15, 2018

ÉTATS-UNIS : LES LAURÉATS 2018 DES NATIONAL BOOK AWARDS

MÉDAILLES POUR SERVICE RENDU À LA
COMMUNAUTÉ 
DES LETTRES AMÉRICAINES
La National Book Foundation a dévoilé les gagnants dans chacune des catégories du prix : fiction, traduction, non-fiction, jeunesse et poésie. Lors d’un diner de gala à New York, mercredi 14 novembre, la National Book Foundation a remis les 69es National Book Awards aux auteurs lauréats dans les catégories fiction, traduction, non-fiction, jeunesse et poésie.
THE FRIEND, DE SIGRID NUNEZ 
The Friend, de Sigrid Nunez (Riverhead Books/Pengun Random House) remporte le prix dans la catégorie Fiction. L’héroïne de Sigrid Nunez hérite d’un chien à la mort de son meilleur ami et mentor. Les premiers livres de Sigrid Nunez ont été traduits chez Flammarion, 13e note et Rue Fromentin.

THE EMISSARY, DE YOKO TAWADA
The Emissary, de Yoko Tawada, traduit par Mararet Mitsutani ( New Directions Publishing) est le gagnant dans la catégorie Littérature étrangère. Le livre met en scène un lieu isolé du monde dans lequel les enfants sont atteints d’un mal irréversible après une catastrophe naturelle. La romancière japonaise, qui vit à Berlin depuis 2006, écrit à la fois en japonais et en allemand.

THE NEW NEGRO.
THE LIFE OF ALAIN LOCKE,
DE JEFFREY C. STEWART 
The New Negro. The life of Alain Locke, de Jeffrey C. Stewart (Oxford University Press) est le lauréat dans la catégorie Non-fiction. L’auteur enseigne les "black studies" à l’université de Santa Barbara (Californie) et livre une "biographie définitive" d’Alain Locke, philosophe et mécène afro-américain célèbre pour ses écrits sur la Harlem Renaissance.

THE POET X, DE ELIZABETH ACEVEDO
The Poet X, premier roman de la poétesse et slameuse Elizabeth Acevedo (HarperTeen/ HarperCollins Publishers) est couronné dans la catégorie Littérature pour les jeunes adultes. Il met en scène une jeune fille qui découvre dans le slam le moyen de comprendre la religion de sa mère et son propre rapport au monde.

INDECENCY, DE JUSTIN PHILLIP REED
Indecency, de Justin Phillip Reed (Coffee House Press) reçoit le prix dans la catégorie Poésie. L’auteur, qui vit à Saint Louis, y utilise le langage comme "une exploration de l’injustice et une critique de la suprématie blanche et de l’ordre social dominant".

MÉDAILLES POUR SERVICE
RENDU À LA COMMUNAUTÉ
DES LETTRES AMÉRICAINES
Parallèlement, ont été remis deux médailles pour "service rendu à la communauté des lettres américaines" : l’une à Doron Weber, vice-président de la Fondation Alfred P. Sloan, et l’autre à la romancière chilienne Isabel Allende.

mercredi, novembre 14, 2018

LUCHO GATICA : LE « ROI DU BOLÉRO » EST MORT

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EN 2008, LUCHO GATICA INAUGURAIT 
SON ÉTOILE SUR HOLLYWOOD BOULEVARD
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LUCHO GATICA - BESAME MUCHO

Célèbre pour ses boléros romantiques, le chanteur chilien est décédé mardi à l'âge de 90 ans à Mexico. Il apparaît notamment dans l'œuvre de Vargas Llosa.
LE CHANTEUR AUX 70 ANS DE 
CARRIÈRE AVAIT SON ÉTOILE SUR 
HOLLYWOOD BOULEVARD.
PHOTO ARMANDO ARORIZO
On le surnommait le « Roi du boléro ». Le chanteur et acteur chilien Luis Enrique Gatica García, plus communément appelé Lucho Gatica et célèbre pour ses interprétations de boléros romantiques, est mort mardi 13 novembre 2018 à l'âge de 90 ans à Mexico (Mexique), a annoncé sa famille. « Bon voyage ! Je t'aime... », a sobrement écrit son fils Luis Gatica sur Instagram, accompagnant le message d'un crêpe noir en signe de deuil. Son père est mort en raison d'une détérioration généralisée de sa santé liée à son âge avancé.

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 LUCHO GATICA - YA NO ESTAS MAS A MI LADO


LE « ROI DU BOLÉRO » ET LE
« ROI DU ROCK'N'ROLL», 
EN 1957
Lucho Gatica avait percé sur la scène internationale dans les années 1950 en interprétant des titres comme « Piel Canela », « Contigo en la distancia » ou encore le célébrissime « Bésame mucho ». Installé au Mexique à partir de 1957, dans la maison où il s'est éteint mardi, il y a également connu le succès ainsi qu'une carrière au cinéma.


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LUCHO GATICA - PIEL CANELA


Jour de deuil national au Chili 

Lucho Gatica apparaissait par ailleurs dans l'œuvre de nombreux auteurs, notamment celle de Mario Vargas Llosa, Prix Nobel de littérature péruvien. En 2008, Lucho Gatica inaugurait même son étoile sur Hollywood Boulevard. À l'annonce de la mort du « Roi du boléro », le gouvernement chilien a réagi en décrétant un jour de deuil national.

POUR ROGER WATERS, BENJAMIN NETANYAHU MÈNE UNE « POLITIQUE SUPRÉMACISTE, RACISTE »


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ROGER WATERS AU CENTRE CULTUREL MATUCANA
DE SANTIAGO, LE 14 NOVEMBRE 2018
PHOTO MARTIN BERNETTI 
Santiago du Chili - Roger Waters, membre fondateur du mythique groupe de musique Pink Floyd, a estimé que le Premier ministre d'Israël Benjamin Netanyahu menait une « politique suprémaciste, raciste » à l'égard des Palestiniens, mardi à Santiago en marge d'un concert.
«ROGER WATERS À SANTIAGO DU CHILI « US + THEM » »

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     JOAN JARA ET ROGER WATERS
    Le Point avec l'AFP
    « Nous savons tous que la vie dans les Territoires palestiniens est insupportable », a déclaré l'artiste britannique, avant de comparer ce qui se passe à Gaza et en Cisjordanie avec le régime d'apartheid en Afrique du Sud. 

    « Je ne suis pas antisémite », a-t-il également souligné, alors que le Centre Simon Wiesenthal a envoyé depuis l'Argentine une lettre aux sponsors de sa tournée latino-américaine pour leur demander de lui retirer leur soutien, estimant qu'il véhiculait "un message de haine et de discrimination ». 

    Lors de cette tournée « Us + Them », l'ancien bassiste de Pink Floyd (75 ans) a cherché à sensibiliser le public sur la situation des Palestiniens et à promouvoir le boycott d'Israël. 


    lundi, novembre 12, 2018

    «IL S'EST TRUMPÉ », DE MIGUEL FARIAS (1/5)

    MIGUEL FARIAS PAR MAX SOTOMAYOR ET 
    PATRICIO SABATÉ PAR NICOLAS ETEROVIC
    [ Pour écouter cliquez ici ! ]
    «IL S'EST TRUMPÉ  », DE MIGUEL FARIAS

    « Création Mondiale », Par Anne Montaron
     MUSIQUE CONTEMPORAINE émission du Lundi 12 novembre 2018

    Dans Création Mondiale cette semaine, un opéra de poche en cinq micro-actes : « Il s’est trumpé». Cette comédie politique de Miguel Farias a pour héros Donald Trump !

    « Il s’est trumpé », de Miguel Farias
    Pour voix de baryton et cinq instruments
    Avec Patricio Sabaté, baryton et l’Ensemble 2e2m
    Direction Pierre Roullier
    Création enregistrée le 11 octobre 2018 à Radio France

    IL S’EST TRUMPÉ
    Opéra de poche en 5 micro-actes
    I.- Arrivée
    II.- Contrepèterie I : (T)onal (D)rum
    III.- Rayon 5
    IV.- Contrepèterie II : (N)aked (F)ews
    V.- Rayon 7

    Micro Acte n°1 :Arrivée dans le supermarché

    Arte et politique vont souvent ensemble chez les compositeurs latino-américains. Le jeune compositeur chilien Miguel Farias nous le rappelle cette semaine avec les cinq tableaux de son opéra satirique composé sur mesure pour la voix de Patricio Sabaté et l’ensemble 2e2m.
    Le héros de l’histoire : Donald Trump
    Le décor : les rayons d’un supermarché.

    L’action nous est racontée aujourd’hui par le compositeur


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    samedi, novembre 10, 2018

    AU CHILI, DES EX-MILITAIRES CONDAMNÉS POUR LEURS CRIMES SOUS LA DICTATURE

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    JUAN EMILIO CHEYRE PHOTO PATRICIO FUENTES
    En 1973, au début du régime de Pinochet, quinze opposants avaient été exécutés sommairement. Le 9 novembre, la justice chilienne a condamné onze ex-militaires. Parmi eux, un ancien haut gradé. Une première.
    LE GÉNÉRAL JUAN EMILIO CHEYRE,
    LE 17 AOÛT 2005, À SANTIGAO, AU CHILI.
    PHOTO LUIS HIDALGO 
    « Il s’agit de la première condamnation, pour les crimes d’État commis sous le régime militaire, qui touche un ancien haut commandant des forces armées », souligne La Tercera.

    À la tête de l’armée de terre de 2002 à 2006, Juan Emilio Cheyre a été condamné en première instance à trois ans d’assignation à résidence pour complicité dans quinze meurtres commis au début de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990).

    La  «caravane de la mort »

    En octobre 1973, quelques semaines après le coup d’État militaire contre le président socialiste Salvador Allende, quinze opposants sont exécutés dans le nord du pays, sans jugement préalable. Une  « caravane de la mort » parcourait alors le pays pour éliminer les opposants à Pinochet. Juan Emilio Cheyre et son supérieur hiérarchique dissimulent ensuite les faits.
    L’accusé Cheyre, à l’époque lieutenant et assistant du commandant du régiment, malgré ce massacre indiscutable, ne s’est pas soustrait à sa tâche d’effacer les traces, rapporte le quotidien de Santiago en citant le jugement.
    Pardon aux victimes

    Si le tribunal n’a pas pu déterminer si le général Cheyre avait participé ou non aux assassinats, les dix autres accusés ont écopé de peines allant jusqu’à 15 ans de prison. La dictature de Pinochet, décédé en 2006 sans jamais avoir été jugé pour ces crimes, a fait plus de 3 200 morts et disparus.

    « En 2004, Cheyre a publié le texte ‘Armée du Chili : la fin d’une vision’, dans lequel il assumait la responsabilité de l’institution pour les crimes commis entre 1973 et 1990, en demandant pardon à ses victimes », rappelle le journal.

    vendredi, novembre 09, 2018

    CHILI: LA BRIGADA RAMONA PARRA, 50 ANS DE FRESQUES POPULAIRES ET POLITIQUES

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    AFFICHE DE L'EXPOSITION DE LA
    BRIGADA RAMONA PARRA DU MUSÉE 
    D'ART CONTEMPORAIN DU CHILI 1971
    «[VIDÉO] CHILI: LA BRIGADA RAMONA PARRA, 50 ANS 
    DE FRESQUES POPULAIRES ET POLITIQUES »
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    Fondé pour écrire sur les murs du Chili les slogans de la campagne électorale de Salvador Allende, ce collectif est devenu une référence incontournable du muralisme chilien, entre art populaire et politique. Il fête ses 50 ans cette année.
    CAMION DE LA BRP
    APPELÉ DE FAÇON IRONIQUE
    « LA TETERA »  (LA THÉIÈRE)
    Sous un fort soleil de printemps austral, une dizaine de personnes s'affaire devant le centre de santé du quartier populaire La Victoria, à Santiago. Pendant que l'un trace le croquis sur le mur d’enceinte, chacun plonge son pinceau ou un gobelet dans de grands seaux de peinture rouge, jaune, ou bleue, puis recouvre la paroi de couleurs vives.

    Le quartier fête ses 61 ans, et une association locale a invité la Brigada Ramona Parra à peindre, encore une fois, les rues de La Victoria.

    LOGO BRP
    « Les habitants du quartier apprécient leur travail, et ils savent qu'ils ont été les précurseurs du muralisme au Chili », souligne Tania Nuñez, présidente de l'association des voisins de La Victoria. «  C'est une fierté pour nous, et quand des proches viennent nous rendre visite, on leur raconte l'histoire du quartier au travers des fresques », dont plusieurs ont été peintes par la Brigada Ramona Parra, avec la participation des habitants.

    Ce jour-là, la Brigade a décidé de rendre hommage à celle dont ils portent le nom : Ramona Parra, une jeune militante des jeunesses communistes tuée lors de la répression d'une manifestation à Santiago, en 1946. Son visage apparaît petit à petit au milieu de la fresque, au milieu de symboles récurrents de la Brigada Ramona Parra : une main empoignant un pinceau, un drapeau chilien, et des visages stylisés délimités par un trait noir.

    Des slogans à un « art populaire politique »

    LOGO BRP
    Ce collectif naît en 1968. À l’époque, les jeunesses communistes préparent la campagne de Salvador Allende, candidat de la gauche à la présidentielle, et décident de spécialiser certains de leurs militants dans la propagande politique. Pendant deux ans, les jeunes de la Brigada Ramona Parra (étudiants, ouvriers, militants...) suivent le candidat à travers tout le Chili et laissent derrière eux des milliers de slogans sur les murs des villes.

    Quand Salvador Allende remporte l'élection, en septembre 1970, « nous commençons à peindre des fresques, pour illustrer le programme d'Allende, par exemple la promesse de donner un demi-litre de lait par jour à tous les enfants », explique Alejandro González, responsable artistique de la Brigade à l'époque, et plus connu sous le nom de “Mono” González.

    « Pendant cette période de forte polarisation politique au Chili, ils devaient travailler très rapidement, et c'est comme ça qu'est né ce style très caractéristique », décrit Anayka Fuentealba, jeune responsable nationale de la Brigada Ramona Parra. « D'abord, le tracé est réalisé par quelqu'un de plus expérimenté, ensuite le remplissage peut être effectué par n'importe qui, et enfin on repasse les contours en noir », énonce-t-elle. Avec très peu de moyens au départ, la Brigada Ramona Parra peint avec les matériaux les moins chers, des peintures fabriquées à partir de charbon et de pigments naturels.

    « La Brigada Ramona Parra a réussi à occuper la ville au point d'être incontournable : c'était impossible de ne pas la voir », souligne Pedro Celedón, professeur d'histoire de l'art à l'Université catholique de Santiago. « Ils ont humanisé les rues », dit-il.

    « Nous n'étions pas des artistes, nous ne cherchions pas à faire des œuvres d'art, ou quelque chose de beau, nous cherchions à communiquer un message», répète « El Mono » González. De fait, au moins au début, « le milieu de l'art était assez distant vis-à-vis de cet art populaire, parce qu'il était politique, social, avant d’être esthétique ». Mais pour cet universitaire, l'art se fait de plus en plus présent dans le travail de la Brigada Ramona Parra après 1970, notamment grâce à la rencontre avec le peintre chilien Roberto Matta, avec qui ils réalisent une fresque, ensuite recouverte par la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990). Le collectif s'inspire aussi du muralisme mexicain, du Pop art, ou encore du peintre cubiste français Fernand Léger, en gardant toujours un contenu très militant.

    Reconquérir l’espace public

    ICONOGRAPHIE BRP
    Avec le coup d'État de 1973, la Brigada Ramona Parra entre dans la clandestinité. Les fresques sont trop longues et trop dangereuses à réaliser. Plusieurs de ses membres sont arrêtés, et torturés. Certains sont tués. « C'était un langage des pauvres, un symbole pour les pauvres, c'était une expression culturelle qu'il fallait anéantir », affirme « El Mono » Gonzalez, personnage central de Brigada Ramona Parra encore aujourd'hui, et qui signe aussi des œuvres personnelles.

    Après le retour à la démocratie, la Brigada Ramona Parra se reforme et se réorganise. Elle devient « de plus en plus artistique », affirme l'universitaire Pedro Celedón, « en gardant l'idée d'occuper la ville avec leur message politique ».

    « L'espace public est utilisé en grande partie par la publicité, qui appelle seulement à la consommation, pousse à l'individualisme. Alors qu'une fresque participe à un sentiment d'unité, de collectif, en plus de son message politique », estime Cristopher Rodriguez, responsable artistique de la Brigada Ramona Parra, en délimitant en noir le drapeau chilien sur la fresque du quartier de La Victoria. A côté de lui, Lisana, 17 ans, finit de peindre en bleu un détail de la fresque. « Je pensais n’avoir aucun don artistique, mais en peignant aujourd’hui je découvre quelque chose de nouveau en moi », sourit la lycéenne.

    LARREA
    « B.R.P. (BRIGADAS RAMONA PARRA) » (VICTOR JARA)
     
    MUSIQUE CELSO GARRIDO-LECCA, CE TITRE EST EXTRAIT DE L'ALBUM
     
    « EL DERECHO DE VIVIR EN PAZ », 
    ENREGISTRÉE CHEZ DICAP CHILI (JJL-11) EN 1971.
     
    LICENCE YOUTUBE STANDARD  
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