vendredi, février 19, 2021

LE CHILI DANS LE TRIO DE TÊTE DE LA COURSE À LA VACCINATION

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PHOTO IVAN ALVARADO / REUTERS 

Grâce à un vaste réseau de centres de santé publics de proximité et à l’achat anticipé de sérums auprès de différents laboratoires, le pays d’Amérique du Sud est l’un des trois Etats à vacciner le plus vite au monde.

par Justine Fontaine

MISE À JOUR LE 22 02 2021

À une vingtaine de minutes du centre historique de Santiago, le lycée Carmela Silva Donoso reçoit des visiteurs pour la première fois depuis près d’un an. Pas d’élèves pour l’instant – les vacances d’été austral ne sont pas terminées –, mais des personnes de plus de 65 ans, des soignants, et des travailleurs essentiels. L’établissement fait partie des quelques 1 400 centres de vaccination aménagés à travers tout le pays.

À l’entrée, des agents municipaux vérifient les justificatifs, distribuent du gel hydroalcoolique et prennent la température des patients. La cour de récré a été transformée en salle d’attente à l’air libre, protégée du soleil par un grand chapiteau. Juste à côté, dans une grande salle de classe du rez-de-chaussée, les habitants reçoivent – gratuitement et sur la base du volontariat – le vaccin CoronaVac, du laboratoire chinois Sinovac. «J’attendais le vaccin avec une telle impatience, vous n’imaginez pas, s’enthousiasme María Donoso, 73 ans, deux masques superposés sur le visage. Car j’aime danser, profiter de la vie, et je me suis toujours vaccinée

Mercredi, deux semaines seulement après le début de la campagne de vaccination grand public dans le pays, plus de 2,5 millions de personnes avaient déjà reçu au moins une dose de vaccin contre le coronavirus, sur 18,5 millions d’habitants. Le Chili est ainsi l’un des pays au monde à vacciner le plus rapidement sa population, seulement devancé par Israël et les Emirats arabes unis. Comment expliquer un tel succès jusqu’ici, dans un pays émergent, peu puissant sur la scène internationale, où la gestion de l’épidémie par le gouvernement a été particulièrement critiquée lors de la première vague ?

Stratégie d’achats anticipés

«Notre pays ne s’est pas limité à négocier avec un seul laboratoire : il a mis en place une stratégie de négociation diversifiée, auprès de Sinovac, Pfizer, Astra Zeneca, Johnson & Johnson, ou encore via le dispositif Covax», explique Izkia Siches, présidente de l’Ordre des médecins, qui n’hésite pas depuis le début de la pandémie à critiquer le gouvernement de droite au pouvoir quand elle le juge nécessaire.

Avec plusieurs lots de vaccins Pfizer et quatre millions de doses de CoronaVac, faciles à transporter et à stocker, «nous avons reçu un nombre important de doses de manière assez précoce par rapport à d’autres pays d’Amérique latine», salue Izkia Siches. Grâce à cette stratégie d’achats anticipés, le gouvernement chilien a signé des contrats pour 36 millions de doses. De quoi, en principe, immuniser presque toute sa population.

Le Chili, où d’après un récent sondage seul 13% de la population refuserait de se faire vacciner contre le Covid-19, a aussi su mettre à profit l’expérience de nombreuses autres campagnes de vaccination, notamment contre la grippe en mars dernier. «Nous avons mis en place depuis de nombreuses années une stratégie grâce à laquelle nous vaccinons plus de 80% ou 90% du public cible», précise Paula Daza, la secrétaire d’Etat à la Santé publique. Et ce notamment grâce aux 2 300 centres de santé publics de proximité répartis à travers tout le pays, dont les soignants administrent le vaccin.

Un héritage d’Allende

Un réseau hérité notamment de l’époque du président socialiste Salvador Allende, renversé par le coup d’Etat militaire du 11 septembre 1973. «La dictature de Pinochet a tenté de torpiller ce système, selon une logique néolibérale», souligne Juan Ilabaca, spécialiste en santé publique et professeur associé à la faculté de médecine de l’Université du Chili. Depuis, de fortes inégalités persistent dans le domaine de la santé : 15% de la population paye au prix fort des assurances privées, tandis que près de 80% des habitants (moins aisés et dont l’état de santé est plus fragile) dépendent du secteur public, sous-financé.

Le gouvernement a annoncé vouloir vacciner 80% de sa population d’ici juillet. Un objectif atteignable, selon Juan Ilabaca, compte tenu du rythme actuel, si toutefois les doses continuent d’être livrées à temps aux centres de santé publics. Or l’exécutif vient de reporter à mars le début de la vaccination des habitants souffrant de maladies chroniques, sur fond d’incertitudes quant à l’arrivée de six millions de doses du laboratoire chinois Sinovac. Le chargement est attendu au plus tard le mois prochain. Alors que le Chili peine en ce moment à contenir la seconde vague de l’épidémie, l’Ordre des médecins craint une «interruption» de la vaccination «si ces doses arrivent après mars», alerte sa présidente Izkia Siches. Elle juge qu’un tel retard serait «préoccupant», et rappelle que le virus a fait plus de 25 000 morts dans le pays.


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jeudi, février 18, 2021

UN DES ÉVÉNEMENTS HORRIBLES DE LA DICTATURE AU CHILI BIENTÔT AU CINÉMA

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 PHOTO DU FILM « LA MIRADA INCENDIADA »
Santiago de Chile, 18 février 2021. Sous la direction de Tatiana Gaviola, le film « La Mirada Incendiada » (Le regard en feu) portera prochainement sur les grands écrans chiliens l’un des faits les plus horribles de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-199).

Prensa Latina  

AFFICHE DU FILM

Le 2 juillet 1986, les jeunes Rodrigo Rojas de Negri et Carmen Gloria Quintana ont été arrêtés par une patrouille militaire dans cette capitale et ont été battus et brûlés vifs, ce qui a choqué le Chili et le monde entier.

Le film s’inspire de ce qui a ensuite été appelé L'Affaire des Brûlés, pour raconter par la fiction ce que le jeune photographe Rodrigo Rojas de Negri a vécu durant les deux mois qui se sont écoulés entre son arrivée au Chili et sa mort.

PHOTO DU FILM
 « LA MIRADA INCENDIADA »
Le film est interprété par le jeune et déjà reconnu acteur Juan Carlos Maldonado, récemment lauréat du Prix Caleuche dans la catégorie Révélation, accompagné au casting par Gonzalo Robles, María Izquierdo et Catalina Saavedra.

Commentant cette production, Gaviola, réalisatrice de cinéma et de télévision, a déclaré qu’elle relate l’un des faits les plus dramatiques de la dictature, mais 'tient à clairement le connecter à ce qui s’est passé depuis la révolte sociale' d’octobre 2019.

Elle juge important de garder à l’esprit ce qui est arrivé aux deux jeunes (Rodrigo est décédé mais Carmen Gloria a survécu aux terribles brûlures), «parce que la justice n’a pas été rendue, parce qu’il faut connaître la vérité et parce que c’est un apport à la mémoire et à la réflexion sur ce que nous vivons aujourd’hui ».

'Le regard en feu' a été tourné fin 2018, mais sa sortie a été retardée à cause de la pandémie et selon le journal spécialisé Cronica Digital le film sera finalement proposé en streaming, dans les prochains mois. peo/jcm/rc


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mardi, février 16, 2021

URGENCE. LE CHILI PARMI LES PAYS LES PLUS AVANCÉS DU MONDE DANS LA COURSE À LA VACCINATION

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 PHOTO / IVAN ALVARADO / REUTERS

Après un mois et demi de campagne, les autorités sanitaires avancent à marche forcée et sont déjà parvenues à vacciner plus de 2 millions de personnes, ce qui place le Chili largement en tête de tous les pays d’Amérique latine, et parmi les premiers dans le monde.
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Courrier international

Lundi 15 février, le Chili a annoncé avoir franchi le cap de 2 millions de personnes vaccinées contre le Covid-19, sur une population d’un peu plus de 19 millions d’habitants.

Le président de la république, Sebastián Piñera (centre droit), repris notamment par le quotidien La Tercera, s’est aussitôt félicité :

« Nous avons réussi à vacciner plus de 2 millions de nos concitoyens, ce qui fait de nous un pays privilégié et nous place au premier rang, non seulement en Amérique latine, mais dans le monde entier.»

La campagne commence pour les enseignants

Les deux tiers des vaccinations ont concerné les personnes âgées et le troisième le personnel de santé. Lundi 15 février, la campagne de vaccination a commencé auprès des enseignants, en prévision de la rentrée scolaire, début mars.

Au Chili, la vaccination est gratuite et non obligatoire. Selon le site d’information latino-américain Infobae, ce succès serait notamment dû au fait qu’“outre un solide réseau de soins de santé primaires, les municipalités ont également joué un rôle clé”.

Lesquelles ont mobilisé rapidement toutes les infrastructures possibles, publiques et privées, depuis les cours d’écoles jusqu’aux parkings des centres commerciaux.

Une moyenne mondiale de 2,28 % de personnes vaccinées

Le Chili compte avoir vacciné 80 % de sa population fin juin. Selon les derniers chiffres publiés le lundi 15 février par Our World in Data de l’université d’Oxford, le Chili arrive largement en tête parmi les pays d’Amérique latine en nombre de personnes vaccinées par rapport à la population, avec un chiffre de 11,23 pour 100 habitants, loin devant le Brésil (2,49) et le Mexique (0,58). La moyenne mondiale se situant à 2,28.

Et, selon les chiffres compilés du 14 février, le pays se situerait même dans le groupe de tête au niveau mondial, derrière Israël, les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni et les États-Unis.

Dès le vendredi 12 février, l’un des chercheurs responsables du programme de l’université d’Oxford tweetait : “Le Chili poursuit son impressionnante campagne de vaccination.

CAPTURE D'ÉCRAN

Selon un commentateur du quotidien mexicain Milenio, qui attaque les responsables de son pays sur la campagne de vaccination, le succès chilien est également dû à la capacité d’anticipation de Santiago, dès le printemps 2020 :

La véritable différence entre les stratégies de vaccination du Chili et du Mexique tient au fait que les Chiliens ont planifié leur campagne. […] La rapidité d’intervention du gouvernement chilien contribuera à sauver des vies et à hâter un retour à la normale, ce qui relancera sans aucun doute l’économie, tandis qu’au Mexique nous continuerons à subir plus longtemps les effets délétères de la pandémie.”


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samedi, février 13, 2021

JUAN GUZMAN, LE JUGE CHILIEN QUI A OSÉ AFFRONTER AUGUSTO PINOCHET

CAPTURE D'ÉCRAN

En 1990, après 17 ans de dictature, le général Augusto Pinochet est contraint de passer la main à un président élu démocratiquement. Il n’accepte néanmoins de le faire qu’en échange d’un accord tacite lui assurant l’impunité. Demeuré chef de l’armée et sénateur à vie, il bénéficiera de fait d’une immunité parlementaire et c’est lui-même qui a nommé la plupart des juges en exercice à ce moment.

TOUTUBE

par Maurice Lemoine

6Temps de Lecture 5 min

PHOTO L'HUMANITÉ

Après quelques années de rémission, les efforts acharnés des familles des victimes et des disparus porte ses fruits. Le pouvoir judiciaire cherche à retrouver un minimum d’autonomie. Début 1998, Juan Guzmán Tapia, juge plutôt conservateur de la Cour d’appel de Santiago, accepte d’instruire les premières plaintes déposées contre l’ex-dictateur. Il l’inculpe pour « séquestre permanent » et « homicide qualifié » dans le cadre de l’affaire dite de la « Calle Conferencia », qui porte sur la disparition de plusieurs dirigeants du Parti communiste en 1976. Dans les mois qui suivent, plusieurs centaines de plaintes sont déposées, dans différentes affaires, contre Pinochet.

Le 16 octobre 1998, alors qu’il se trouve à Londres pour raisons médicales, le général Pinochet est placé en état d’arrestation à la requête des juges de la « Audiencia nacional » espagnole Manuel García Castellón et Baltazar Garzón, qui instruisent deux plaintes parallèles concernant des disparitions et des assassinats de citoyens espagnols, au Chili et en Argentine, à l’époque des régimes militaires. La Chambre des lords refusant de concéder l’immunité diplomatique au général, le président chilien Eduardo Frei et son gouvernement de centre gauche ne vont cesser de réclamer le rapatriement de l’ancien dictateur dans son pays. Ministre des affaires étrangères socialiste, José Miguel Insulza justifie cette insistance : « En Espagne, Augusto Pinochet n’aurait pas, en raison du contexte trop politisé, un procès serein », alors qu’au Chili il pourrait être « plus efficacement jugé [1] ». De son côté, qualifiant la détention de « cruelle » et d’« injuste », l’ex-première ministre britannique Margaret Thatcher accuse le juge Garzón d’« être conseillé par un groupe de marxistes[2] ». 

Lorsque, en octobre 1999, la Cour suprême britannique ratifie l’extradition vers Santiago plutôt que vers Madrid, un discret « comité de crise » impliquant Washington (Bill Clinton), Londres (Tony Blair), Santiago (Eduardo Frei) et Madrid (José Maria Aznar) trouve une porte de sortie : un rapport de trois médecins britanniques désignés par le Royaume-Uni conclut à l’incapacité de Pinochet de comparaître en justice, en raison « de son délicat état de santé ». Le monde assiste donc, le 3 mars 2000, à une scène hors du commun : sur la piste de l’aéroport de Santiago du Chili, le « mourant », descendu de l’avion sur une chaise roulante, se lève avec vigueur pour saluer ses vieux camarades venus l’accueillir.

Quelques jours après ce retour, le juge Guzmán persiste et signe : refusant de se laisser abuser, il interroge l’ancien dictateur et décide de l’inculper pour les assassinats commis par la « Caravane de la mort», une escouade de militaires qui a parcouru le pays en exécutant une centaine d’opposants après le coup d’Etat de septembre 1973. Un général a révélé les tortures infligées aux victimes de cette opération : les membres du commando « leur arrachaient les yeux avec des couteaux de combat à lame courbe, ils leur brûlaient les mâchoires, les jambes [3].  »

On ne s’attaque pas impunément à l’ancien tyran. Les pressions sur le nouveau président, Ricardo Lagos, sont considérables. Si le pouvoir politique met fin aux poursuites judiciaires, les forces armées se déclarent « susceptibles d’accepter une réforme de la constitution » léguée par Pinochet. Plus ou moins discrètement et depuis des horizons divers, de la droite au Parti socialiste, les « conseils de modération » en direction de Guzman se multiplient. Des injonctions parfois… modérément modérées. Le 3 décembre 2000, des pinochetistes manifestent à Providencia, devant sa maison, le traitant de « honte nationale ». Début 2001, après l’avoir traité de « désaxé », Jacqueline, la fille cadette de Pinochet, demandera aux forces armées de faire preuve d’une « détermination plus énergique et forte » face aux poursuites dont son père est l’objet. Courageux, Guzman ne se laisse pas intimider. Mais sa sécurité doit être assurée en permanence par dix inspecteurs de la police judiciaire, qui constituent sa garde rapprochée.

Jamais Guzmán n’a perdu l’espoir de voir Pinochet jugé. Toutefois, après avoir soumis l’ancien dictateur à des expertises médicales, la Cour suprême décide le 1er juillet 2002 que l’ancien chef de l’État, censé souffrir de « démence sénile », ne peut plus être poursuivi. « J’aurais pu partager la décision de la Cour suprême, déclarera ultérieurement Guzman lors d’une interview, mais ayant vu Pinochet et étudié sérieusement les rapports médicaux, je ne pouvais qu’estimer qu’il avait des facultés mentales normales.»

Fort de cette certitude, il réussira à inculper à nouveau Pinochet en 2005 dans un autre dossier, celui de l’ « Opération Condor », un plan concerté qui a permis aux dictatures sud-américaines d’éliminer leurs opposants. La « justice » prononçant en septembre la relaxe de l’ex-dictateur, le magistrat échouera à aller plus loin.

Ayant pris sa retraite début mai 2005, après avoir dénoncé de nombreuses pressions, Guzman a raconté son parcours dans un ouvrage, Au bord du monde, les mémoires du juge de Pinochet [4]. En apprenant la triste nouvelle de son décès, le 22 janvier dernier, à Santiago, à l’âge de 81 ans, toute l’équipe de production d’un film documentaire qui lui fut consacré, Le Juge et le Général, a souhaité exprimer sa solidarité, son soutien et son affection à sa famille. « Juan Guzmán était un homme d’honneur, courageux et généreux. Nous estimons qu’il mérite une reconnaissance nationale. » A titre de contribution et d’hommage, dans l’espoir que son labeur soit amplement connu, et afin d’inciter l’ensemble des medias à mieux faire connaître « son engagement et sa droiture », cette équipe [5] propose le documentaire en libre accès.

LE JUGE ET LE GÉNÉRAL

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TOUTUBE

Notes :

[1]  Le Monde, Paris, 3 décembre 1998.

[2]  El País, Madrid, 7 octobre 1999.

[3]  Le Monde, 31 janvier 2001.

[4]  Les Arènes, Paris, 2005.

[5]  Elizabeth Farnsworth et Patricio Lanfranco (direction et réalisation), Maria Isabel Mordojovich et Jac Forton (traducteurs de la version française).

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jeudi, février 11, 2021

LE CHILI DÉPASSÉ PAR L’AFFLUX DE MIGRANTS VÉNÉZUÉLIENS

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PHOTO ALAN LOQUET
REPORTAGE - Chaque jour, plusieurs centaines d’exilés traversent la frontière entre la Bolivie et le Chili. Les autorités locales se disent débordées. En cinq ans, près d’un million d’étrangers sont venus s’installer dans le pays andin.

Par Alan Loquet

Pozo Almonte (Chili)

PHOTO ALAN LOQUET
M

aria Garcia pose son barda à l’ombre d’un panneau publicitaire défraîchi, en bordure de la route 5. La quinquagénaire se redresse, essoufflée, le visage zébré par la chaleur et la fatigue. La main en visière, elle distingue au loin une usine de salpêtre à l’abandon, tel un vaisseau de rouille échoué au milieu du désert d’Atacama. En transit entre Huara et Pozo Almonte, deux villages chiliens situés à une centaine de kilomètres de la frontière bolivienne, un pick-up rouge de l’industrie minière s’arrête spontanément à sa hauteur. Le passager lui tend un sac déjeuner avant que le véhicule ne reparte en trombe. Le repas sera partagé sans un mot avec ses deux adolescents et quatre autres compagnons d’infortune rencontrés sur son chemin.

Chaque jour, plusieurs centaines de migrants - le plus souvent venus du Venezuela, mais aussi de Colombie, Cuba ou Haïti - traversent illégalement la frontière bolivienne pour rallier le Chili, leur destination finale. Depuis des mois, la commune de Colchane concentre la moitié des arrivées irrégulières en territoire chilien. Dans ce pays engoncé entre le Pacifique et la cordillère des Andes, le nombre d’entrées illégales s’est envolé. En 2017, les autorités en dénombraient 2900, contre 13.650 l’an dernier. Un nouveau record devrait s’établir cette année, favorisé par la fermeture des frontières, pandémie oblige.

Maria Garcia se livre, peu à peu. Cette femme de ménage en exil indique avoir quitté Caracas, la capitale du Venezuela, il y a douze jours. «J’ai tout laissé derrière moi. J’ai vendu ce qu’il me restait pour offrir un avenir à mes enfants et rejoindre l’aînée, installée à Santiago depuis cinq ans.» L’hyperinflation, les coupures d’électricité à répétition et un pays miné par la corruption l’ont convaincue de parcourir plus de 6000 km en bus, à pied, parfois, en passant par la Colombie, l’Équateur, le Pérou et la Bolivie.

Le ministre des Affaires étrangères Andrés Allamand sévèrement critiqué
par maire de Daniel Jadue apour avoir refusé les vaccins aux migrants.

CAPTURE D'ÉCRAN


Altitude fatale

«Avec le coronavirus, il ne fait pas bon s’attarder au Pérou, reprend Maria Garcia. D’autant que l’armée a disposé des tanks aux frontières. Une fois en Bolivie, nous avons été contraints de donner 100 dollars aux policiers pour qu’ils nous laissent avancer.» Selon la frêle mère de famille, «le plus dur a été de passer au Chili, en pleine nuit, en marchant trois à quatre heures pour contourner le poste-frontière de Colchane, avec la crainte de se faire attraper par des militaires en patrouille». La traversée peut s’avérer fatale, surtout après le coucher du soleil lorsque les températures dévissent jusqu’à -8 ºC. Hypothermie, décompensation respiratoire… Ces derniers mois, deux Vénézuéliens et une Colombienne ont perdu la vie sur ces hauts plateaux andins, à plus de 3700 m d’altitude. «Ces décès rappellent la situation dans laquelle ces personnes parcourent des milliers de kilomètres: état physique précaire, alimentation insuffisante et méconnaissance du terrain», énumère Janet Gomez, membre d’Incami, une ONG d’aide aux migrants.

Une fois le pied posé au Chili, la course d’obstacles continue. Entrés clandestinement, ces migrants doivent «se dénoncer» dans le commissariat le plus proche. Un préalable indispensable pour espérer régulariser un jour leur situation. Ils sont alors contraints de respecter un confinement obligatoire de quatorze jours. Le 5 février, 1800 migrants étaient bloqués à Colchane. «La commune compte autant d’habitants, explique Janet Gomez. Il n’existe pas assez de structures pour recevoir tout le monde. Ces personnes dorment dans la rue ou dans des maisons à l’abandon. Les plus chanceux seront transférés à Iquique, la grande ville du littoral située à 200 km. Ils seront accueillis dans des résidences sanitaires, lorsque des places se libèrent…»

Une crise humanitaire sans précédent

Ceux qui restent ne se contentent pas de regarder partir les rares convois affrétés par l’État. Nombreux sont ceux à vouloir s’extirper au plus vite de Colchane pour rejoindre l’un des prochains postes de police, à plus de 160 kilomètres. Certains effectuent le trajet à pied. D’autres s’engouffrent dans des vans privés stationnés à un jet de pierre de la frontière, sans avoir la certitude d’arriver à destination. «Avec le confinement et les restrictions de déplacement, les contrôles de police se sont multipliés, explique un ex-soldat de l’armée vénézuélienne qui a préféré conserver l’anonymat. Pour éviter de payer une lourde amende, le chauffeur nous a fait descendre au milieu du désert. Nous avons dû marcher huit heures pour arriver à Pozo Almonte.»

Âgé d’une quarantaine d’années, l’ancien militaire a quitté son pays avec sa femme et ses deux enfants dans l’espoir de retrouver son frère, mécanicien dans la ville portuaire de Valparaíso. Ils viennent de passer leur sixième nuit au pied des grilles du commissariat de Pozo Almonte. Comme eux, ils sont plusieurs centaines à errer dans cette cité morose de 15.000 âmes, dans l’attente d’une hypothétique prise en charge par les autorités locales. La dernière semaine de janvier, un millier de migrants ont transité par le lycée de Pozo Almonte, reconverti en centre d’accueil d’urgence, selon le maire, Richard Godoy. «Nous sommes démunis. Les communes du nord du pays vivent une crise humanitaire sans précédent, dénonce l’édile. Les habitants se sont révélés solidaires alors que nous affrontons une deuxième vague de coronavirus et que les hôpitaux de la région sont saturés. Le manque de coordination entre les services de l’État et l’inefficacité du gouvernement ne permettent pas d’améliorer la situation, bien au contraire.»

Aujourd’hui, 500.000 Vénézuéliens en situation régulière sont présents dans le pays andin. Ils représentent un tiers du nombre total d’immigrés et la première communauté de migrants

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), principal acteur humanitaire présent sur place, s’emploie à distribuer régulièrement plusieurs centaines de kits d’hygiène et de la nourriture. Prémices d’un futur camp de réfugiés, une cinquantaine de toiles de tente viennent d’être installées à la frontière. Insuffisant à entendre ce carabinier: «On est débordés. Le flux est incessant. On voit des personnes âgées, des femmes enceintes, des enfants en bas âge… La situation est critique, car nous n’arrivons pas à traiter toutes les demandes», confie l’homme au képi vert olive. Début janvier, le président Sebastian Pinera (droite) avait tenté de réagir en sollicitant le soutien de l’armée. Le chef de l’État avait signé un décret autorisant les militaires chiliens à assurer un appui technique et logistique aux frontières «pour combattre l’immigration illégale». Un vœu pieux, lorsque l’on sait que les autorités ont identifié 32 points de passage, répartis entre le Pacifique péruvien et les hauts plateaux boliviens. Impossible de surveiller nuit et jour un millier de kilomètres de frontières poreuses. Le recours à l’armée a été présenté comme un complément à la nouvelle loi migratoire, dont la promulgation est prévue début mars. Elle permettra notamment l’expulsion immédiate d’immigrés clandestins. Le texte sera censé remettre «de l’ordre dans la maison», selon les mots du président conservateur, dans un pays sous pression migratoire: en cinq ans, près d’un million d’étrangers sont venus s’installer au Chili. Aujourd’hui, 500.000 Vénézuéliens en situation régulière sont présents dans le pays andin. Ils représentent un tiers du nombre total d’immigrés et la première communauté de migrants.

«Le Chili n’était pas préparé à gérer un tel flux, analyse Fernanda Torres, avocate et ex-responsable «nationalité» au service des migrations du ministère de l’Intérieur. L’arsenal législatif est obsolète.» La loi d’immigration en vigueur a été promulguée en 1975, sous la dictature du général Pinochet (1973-1990). «Il était donc urgent de réformer, poursuit Fernanda Torres. Cependant, le futur texte souffre de nombreuses insuffisances, notamment sur le respect des droits fondamentaux. Il exposera aussi ces individus au libre arbitre de l’administration, ouvrant la porte à de possibles dérives xénophobes ou racistes.» Avec la nouvelle loi, plusieurs associations d’aide aux migrants craignent une flambée du nombre de personnes en situation irrégulière, à cause d’une révision drastique de la politique des visas.

L’entreprise dans laquelle je travaillais a fait faillite. Jamais je n’aurais pensé devoir fuir mon pays, mais il n’y a pas d’avenir au Venezuela

Gladys Gonzalez, informaticienne

Sebastian Pinera n’en est pas à son coup d’essai. En 2018, dès le début de son second mandat, le président avait pris une série de mesures pour limiter la venue de ressortissants vénézuéliens. Il avait imposé, par décret, des visas spécifiques à solliciter depuis le pays d’origine. L’initiative aurait surtout généré un appel d’air pour l’immigration illégale. «Ce décret, appliqué également aux Haïtiens, n’a pas eu les résultats escomptés, note Fernanda Torres, anciennement responsable régionale de l’Institut national des droits humains, dans le nord du Chili. Les flux migratoires traduisent les crises politiques et économiques en cours en Amérique latine. Ces personnes effectuent un long trajet par nécessité. Si la communauté vénézuélienne est hétérogène, elle est surtout une grande pourvoyeuse de personnes diplômées qui ont su rapidement s’intégrer sur le marché du travail chilien.»

Trouver un emploi, c’est justement l’objectif de Gladys Gonzalez, assise sur le trottoir de la rue principale de Pozo Almonte, une couverture sur les épaules. «Je suis informaticienne, lance la volubile trentenaire, sa fille de 6 ans sur les genoux. L’entreprise dans laquelle je travaillais a fait faillite. Jamais je n’aurais pensé devoir fuir mon pays, mais il n’y a pas d’avenir au Venezuela.» Elle s’arrête un instant pour observer un car sur le point de quitter la ville. Seules les personnes avec des papiers en règle sont autorisées à monter. «Santiago, c’est encore loin?» 1800 kilomètres.

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LE CHILI A EXPULSÉ PLUS DE 130 MIGRANTS

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PHOTO IGNACIO MUÑOZ / AFP

Le Chili a expulsé plus de 130 migrants vers les pays d'Amérique latine dont ils sont originaires, après leur arrivée dans le nord du pays, a rapporté le ministère de l'Intérieur mercredi.

Radio Télé Luxembourg avec Belga 

PHOTO IGNACIO MUÑOZ / AFP

L'armée de l'air chilienne a transporté 86 migrants en Colombie et au Vénézuéla, tandis que 52 autres ont été transportés dans des bus à destination du Pérou et de la Bolivie. "C'est la première fois que nous déportons autant de personnes en une journée", a déclaré le ministre de l'Intérieur Rodrigo Delgado. "C'est un signal pour tous ceux qui envisagent d'entrer illégalement dans le pays", a ajouté le ministre. Récemment, 1.600 migrants se sont rendus dans le village de Colchane, à la frontière avec la Bolivie. Ils dormaient dans les rues et sur les places, et les autorités locales les ont avertis d'une catastrophe humanitaire. La plupart des migrants sont des Vénézuéliens qui avaient fui au Pérou pour échapper à la crise économique et politique de leur pays. Comme le Pérou a été durement touché économiquement par la pandémie de coronavirus, ils sont passés au Chili en passant par la Bolivie. L'opposition vénézuélienne a critiqué les expulsions, affirmant qu'elles ne respectaient pas les accords internationaux sur la protection des réfugiés. (Belga)

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«ZANJA» KAST S'EST INSPIRÉ DES
FOSSÉS DE MAUTHAUSEN EN AUTRICHE 

PHOTO ENCYCLOPÉDIE DE LA SHOAH

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POURRONT, OU POURRONT PAS, SE FAIRE VACCINER LES ÉTRANGERS AU CHILI ?

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CAPTURE D'ÉCRAN
Le gouvernement chilien est revenu aujourd’hui, jeudi 11 février, sur des annonces faites la veille au sujet de la vaccination des étrangers qui vivent dans le pays.

Par Naïla Derroisné 

 ANDRÉS ALLAMAND À CUBA 

Les annonces de ces derniers jours à propos de la vaccination pour les personnes étrangères vivant au Chili, ont donné lieu à une belle cacophonie dans le pays. Dans un premier temps, le ministère de la Santé avait annoncé que tous les étrangers pourraient avoir accès au vaccin contre le coronavirus. Le ministre de la Santé, Enrique Paris, avait alors dit que : "Ici, le vaccin est gratuit, universel et sur la base du volontariat."

Mais la position du gouvernement a brutalement changé suite à la diffusion sur une chaîne péruvienne d’un reportage détaillant, une à une, les étapes pour aller se faire vacciner gratuitement au Chili. Suite à cela, et pour éviter un "tourisme covid", le ministère de la Santé avait clarifié, mercredi 10 février, les conditions pour se faire vacciner dans le pays. Les personnes possédant la nationalité chilienne, la permanence définitive, un visa de résident, un visa étudiant, un visa de travail, ou ayant déposé une demande de visa temporaire ou de permanence définitive, pourront avoir accès au vaccin contre le coronavirus. Le ministre des Affaires étrangères, Andrès Allamand, avait également précisé que les personnes en possession d’un visa touriste n’auraient pas accès au vaccin et qu’il en serait de même pour les étrangers qui se trouvent en situation irrégulière dans le pays.

Nous voulons éviter le 'tourisme des vaccins' - Enrique Paris, ministre de la Santé

LE MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ANDRÉS ALLAMAND SÉVÈREMENT CRITIQUÉ
PAR MAIRE DE DANIEL JADUE POUR AVOIR REFUSÉ LES VACCINS AUX MIGRANTS.

CAPTURE D'ÉCRAN

Cette déclaration du ministre Allamand, a entraîné une vague de contestations. Le collège médical du Chili a appelé à "ne pas interdire la vaccination aux personnes qui se trouvent en situation irrégulière. Cela affectera les migrants qui sont déjà dans une situation de vulnérabilité. Cette mesure pourrait aussi avoir des effets négatifs sur le reste de la population. Il existe d’autres formes de limiter 'le tourisme des vaccins'", a précisé l’organisation sur son compte Twitter.  

Ce jeudi 11 février, face aux nombreuses réactions qu’ont suscité ces annonces, le ministre de la Santé, Enrique Paris, est revenu sur les éléments exposés la veille, en précisant que : "Les seules personnes qui ne pourront pas se faire vacciner sont les touristes. Nous voulons éviter le 'tourisme des vaccins'." Et d’ajouter : "Nous vaccinerons les migrants, nous n’avons jamais dit le contraire." Le chef du département des migrations du Chili, Alaro Bellolio, a également expliqué à la radio que : "Les migrants qui se trouvent au Chili de façon irrégulière, par un décret de 2016, appartiennent au régime de santé de Fonasa A, et auront donc accès au vaccin."

Un peu plus d’un mois après le début de la campagne de vaccination, le Chili a d’ores et déjà vacciné plus d’un million de personnes.

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mercredi, février 10, 2021

COVID-19: PLUS D'UN MILLION DE CHILIENS VACCINÉS EN SIX JOURS

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PHOTO  IVAN ALVARADO - REUTERS

Le Chili a dépassé mardi 9 février le million de personnes vaccinées contre le Covid-19, six jours après le début du processus de vaccination de masse chez les personnes âgées, qui ont rejoint le personnel médical déjà vacciné depuis décembre, a rapporté le ministère de la Santé. Le pays a vacciné un total de 1.025.580 personnes, dont 376.519 ont plus de 78 ans. Pour ce faire, le Chili a acquis quatre millions de doses auprès du laboratoire chinois Sinovac, selon la même source. «Aujourd'hui, nous dépassons le million de personnes vaccinées. Nous avons un million de raisons d'être heureux», a déclaré le président Sebastian Piñera, sur son compte Twitter.

Par Le Figaro avec l'AFP

DESSIN ALEN LAUZAN

Le Chili avait réussi à dépasser les 550.000 vaccinations samedi dernier. L'objectif du gouvernement est de vacciner cinq millions de personnes d'ici la fin mars et d'atteindre 15 des 18 millions d'habitants du pays d'ici juillet. Le Chili a commencé à vacciner son personnel de santé en décembre, lorsqu'il a reçu un premier lot de 154.000 doses de vaccins Pfizer/BioNtech.

CAPTURE D'ÉCRAN
Le pays compte 758.000 cas de Covid-19 pour 19.000 décès.

Le Chili a conclu des accords pour acheter environ 36 millions de doses de vaccins avec Pfizer, Sinovac, Johnson & Johnson et AstraZeneca.


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DESSIN ALEN LAUZAN
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mardi, février 09, 2021

CHILI : NOUVELLES JOURNEES DE SOULEVEMENT CONTRE LES VIOLENCES D’ÉTAT

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PHOTO EDUARDO FORTES,
ASSOCIATED PRESS
Suite au meurtre d’un jeune artiste de rue par un policier, ces derniers jours ont été marqués par de nouvelles fortes mobilisations au Chili. La révolte a éclaté vendredi soir dans la petite ville de Panguipulli, oú plusieurs bâtiments publics ont été incendiés – dont le commissariat. La colère s’est rapidement répandue à l’ensemble du territoire chilien. A Santiago, un grand rassemblement sur la Place Ñuñoa s’est vu brutalement réprimé par les forces de l’ordre. Un commissariat de Maipu, la plus grande commune de la capitale, a été incendié par des jets de fumigènes. De nombreuses barricades, des jets de cocktails molotov et des bus incendiés ont été observés un peu partout dans le pays.

par Mauricio Coulon

Ce nouveau soulèvement dans le pays sud-américain vient en réponse au meurtre du jeune Francisco Martinez Romero, jongleur de rue qui s’est fait abattre vendredi après-midi à bout portant par un carabinier, un policier chilien. Ce dernier a été arrêté et sa garde à vue a été prolongée jusqu’à son passage devant un juge. Les images divulguées de ce fait ont suscité l’émoi au sein de la population et ont débouché sur cette forte mobilisation, avec comme principales revendications la justice pour Francisco, la protection des artistes de rue et une refondation complète de l’institution militaro-policière des Carabiniers. Une mutinerie a même éclaté en prison en hommage au défunt !

Plus d’un an après l’éclatement social qui a marqué durablement le pays, cet événement vient à nouveau rallumer davantage le feu toujours latent au sein de la société chilienne. Les messages appelant à la mobilisation à travers tout le territoire annoncent une nouvelle semaine de forte pression sociale sur le gouvernement de Piñera, toujours en place malgré le soulèvement de 2019 et le non-respect des Droits de l’Homme constaté par un nombre important d’observateurs, dont un rapport détaillé d’Amnesty International.

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