mercredi, décembre 13, 2006

Vu de droite

Pour le journal de la droite chilienne, Pinochet n’a pas démérité, même s’il faut bien admettre que son image a été ternie.

Avec le décès de l’ancien commandant en chef de l’armée de terre et ancien président de la République, Augusto Pinochet Ugarte, disparaît l’une des figures qui ont le plus marqué l’histoire du Chili au XXe siècle. Objectivement, c’est la personnalité chilienne qui a eu le plus d’impact sur l’histoire mondiale récente, en bien comme en mal. Si l’on essaie d’anticiper ce que pourrait être le jugement des générations futures, elles devraient reconnaître que l’intervention militaire dont Pinochet a pris la tête et s’est fait le symbole était motivée par la plus grave crise chilienne du siècle passé. L’armée et les forces de l’ordre sont entrées en action pour régler un conflit que la société civile n’était pas parvenue à résoudre par des moyens politiques et constitutionnels.

Cette intervention a eu beau être très coûteuse en termes d’image internationale, elle a évité au Chili de sombrer dans une guerre civile sanglante – ou dans le totalitarisme. Après ces convulsions, Pinochet a conduit un gouvernement – autoritaire, selon ses partisans, dictatorial, selon ses opposants – dont l’héritage le plus durable a été de donner au Chili un modèle économique fondé sur la liberté individuelle et la propriété privée, des valeurs qui en 1973 n’avaient plus cours. L’héritage positif du régime de Pinochet est terni par d’inadmissibles violations des droits de l’homme, lesquelles – une fois passée la période qui a immédiatement suivi le coup d’Etat – n’avaient aucune raison d’être. L’image de Pinochet a aussi été entachée par la découverte de ses comptes personnels à l’étranger, ce qui éloigna de lui beaucoup de ses partisans.
El Mercurio