mercredi, novembre 28, 2012

UNE LOI QUI SENT LE POISSON

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
« SAUVONS LA MER CHILIENNE » DES MILITANTS DE GREENPEACE MAQUILLÉS EN POISSONS PROTESTENT CONTRE UNE LOI CHILIENNE ACCUSÉE DE FAVORISER LA PÊCHE INTENSIVE, À VALPARAISO, LE 30 OCTOBRE 2012. PHOTO GREENPEACE CHILE


L’Etat pourrait privatiser les quotas de pêche via une loi polémique.

De quoi la mer chilienne est-elle le nom ? C’est la question qui se cache derrière la loi Longueira, du nom du ministre de l’Economie, discutée en ce moment au Sénat chilien. Avec 4 000 km de côte, la pêche représente un secteur clé - même si loin derrière le cuivre - de l’économie chilienne. Pendant des années, le Chili a d’ailleurs été le deuxième exportateur mondial de saumon avant que le virus « Isa» ne décime une partie des élevages. Pour les organisations environnementales, cette loi vise tout simplement à privatiser la mer chilienne et s’inscrit dans la continuité des politiques économiques en place depuis que l’ex-président Ricardo Lagos a licité les quotas de pêche en 2001 pour une durée de dix ans.

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
PHOTO GIRL INTERRUPTED EATING CHEZ  FLICKR  
À l’époque, grâce à un lobbying intense, 92 % des quotas avaient été raflés par le secteur industriel détenu par sept grandes familles dont le pouvoir économique dépasse largement le secteur de la pêche. C’est ainsi que les Angelini, Lecaros, Yaconi-Santa Cruz, Sarquis, Stengel, Fernandez et Izquierdo ont généré 9 milliards de dollars de profit sans avoir payé de droits d’exploitation des ressources maritimes - évalués à 734 millions de dollars. En dix ans, la pêche intensive a entraîné une diminution dramatique de la biomasse de stock d’anchois - quatre millions de tonnes en 1995 contre trois cent mille en 2012.