mardi, décembre 24, 2019

LE GOUVERNEMENT ACCUSE LES ÉTRANGERS, LES INTERNAUTES IRONISENT

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« ENNEMI K-POP »
CRISE AU CHILI: LE GOUVERNEMENT ACCUSE LES ÉTRANGERS, LES INTERNAUTES IRONISENT 
Le gouvernement chilien l'assure depuis plusieurs semaines déjà : les actes de vandalisme au début du mouvement social au Chili mi-octobre auraient été le fruit d'une intervention étrangère. Ces affirmations de l'exécutif ont été plusieurs fois contredites par le parquet chilien. 
 « EL PUEBLO UNIDO, VERSION K-POP » 
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 LA FAUTE À LA K-POP! 
« ENNEMI K-POP »
DESSIN ALEN LAUZAN

Pour le gouvernement chilien, les casseurs auraient fait preuve d'un haut niveau d'organisation pour coordonner certaines attaques contre des infrastructures publiques. La semaine dernière, le gouvernement expliquait donc avoir remis à la justice un rapport détaillé pour étayer ces informations. Mais ce rapport, qui a fuité dans la presse chilienne ce week-end, est sous le feu des critiques.

Il ne serait en fait qu'une simple analyse des interactions concernant le mouvement social sur les réseaux sociaux. C'est en tout cas ce dont rend compte le journal La Tercera, qui a publié des extraits du rapport ce dimanche 22 décembre. Précision embarrassante pour le gouvernement : le document ne permet d'identifier aucun auteur présumé de délits, ni des informations précises concernant les nombreux actes de vandalisme observés notamment aux premiers jours du mouvement social.

Pourtant, le ministre de l'Intérieur avait annoncé la semaine dernière avoir remis au parquet un rapport contenant des informations « extrêmement sophistiquées  », disait-il, des informations réunies par les services de renseignement chiliens, via l'analyse de données massives, le big data en anglais. Un rapport censé faire avancer l'enquête sur ces affaires, notamment concernant les incendies de plusieurs stations de métro à Santiago.

Des incitations à la violence depuis l’étranger ?


« EN DEHORS DU CHILI »
La porte-parole du gouvernement soutient que le rapport montre que certains comptes sur les réseaux sociaux ont « incité à la violence depuis l'étranger », dit-elle. Sur la période étudiée dans le rapport, un tiers des messages concernant le mouvement social au Chili auraient en effet été publiés hors du pays. Les comptes de la télévision publique vénézuélienne Telesur ou encore la chaîne Russia Today, sont aussi cités.

Le document souligne par ailleurs l'écho important donné aux messages de vedettes de la chanson ou du football concernant le mouvement social, ou même le fait que de nombreux comptes ayant tweeté sur la situation au Chili appartiennent à des jeunes, qui apprécient notamment la K-pop, la pop coréenne.

Ce passage suscite l'hilarité sur les réseaux sociaux depuis dimanche, comme cet internaute qui ironise sur les responsables des manifestations, « selon le gouvernement » et « au fil des semaines ». 


CAPTURE D'ÉCRAN
Certains ont même appelé - avec humour - à une manifestation en hommage à la K-Pop, en lieu et place des habituels rassemblements contre les inégalités au Chili.

Pour l’opposition, le gouvernement se tourne en ridicule

L'opposition n'a pas non plus tardé à réagir à la publication des extraits de ce rapport. Un sénateur d'opposition assurait ce même dimanche que le gouvernement se tournait en ridicule avec la publication de ce rapport. D'autres parlementaires de gauche ont demandé, eux, publiquement qui a commandé ce document et combien l'exécutif a payé pour l'obtenir. Ces questions sont pour l'instant restées sans réponse.

Le directeur du parquet national chilien a lui répété ce lundi qu'à ce stade de l'enquête, les juges d'instruction n'avaient constaté dans les actes de vandalisme perpétrés depuis le début du mouvement social ni intervention d'une puissance étrangère, ni un niveau d'organisation particulièrement élevé.


 
PHOTOMONTAGE DU GROUPE DE K-POP BTS
DEMANDANT 
LA DÉMISSION DU PRÉSIDENT PIÑERA