dimanche, octobre 15, 2023

BNF - ATHÈNES-SANTIAGO, 1973-2023

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FLYER BNF
 
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Athènes-Santiago, 1973-2023 / Athènes-Santiago, 1973-2023 : une histoire culturelle des luttes contre les dictatures / Journée d’étude organisée par Anne-Laure Brisac-Chraïbi (BnF), Fabien Douet (BnF) et le réseau Transfopress avec Nicolas Pitsos (BULAC - CHCSC)

L’appel à la solidarité internationale pour aider les victimes de la junte militaire arrivée par la force au pouvoir à Santiago du Chili le 11 septembre 1973 rencontra un large écho, notamment en Grèce, où la résistance fut particulièrement âpre. Cette journée d’étude à la BnF revient sur ces événements en portant un regard croisé sur l’histoire culturelle des luttes contre ces dictatures.


jeudi, octobre 12, 2023

JACQUES CHONCHOL, PÈRE DE LA RÉFORME AGRAIRE AU CHILI, EST MORT

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JACQUES CHONCHOL,
AU DÉBUT DES ANNÉES 1970.
PHOTO AFP

DISPARITIONS/ CHILI / Jacques Chonchol, père de la réforme agraire au Chili, est mort / L’ancien ministre de Salvador Allende s’était exilé à Paris après le coup d’État de 1973, où il a dirigé l’Institut des hautes études de l’Amérique latine. /  Est-ce la petite musique du révisionnisme historique planant sur les commémorations du cinquantième anniversaire du 11 septembre 1973 qui a eu raison de sa longévité ? Les élucubrations de quelques intellectuels attribuant la responsabilité du coup d’Etat chilien à la gauche ont-elles fini par le lasser de notre monde ? Jacques Chonchol, ancien ministre de Salvador Allende sous le gouvernement d’Unité populaire, est mort le 5 octobre, à l’âge de 97 ans, au terme d’une vie d’engagement. Le président chilien, Gabriel Boric, lui a immédiatement rendu hommage, soulignant sa « trajectoire consacrée à donner de la dignité aux paysans » de son pays, et a décrété un deuil national.

Olivier Compagnon

Temps deLecture 2 min.

né à Santiago, en 1926, d’un père français, médecin, émigré au Chili avant la première guerre mondiale, et d’une mère argentine, il grandit dans une famille agnostique, mais se convertit, adolescent, au catholicisme. Lecteur précoce de Jacques Maritain (Humanisme intégral, 1936) et surtout d’Emmanuel Mounier (Le Personnalisme, 1950), il suit un cursus d’agronomie à l’université du Chili, où il fait ses premières armes militantes parmi les réseaux sociaux-chrétiens qui donnent naissance, en 1957, au Parti démocrate-chrétien (PDC).

Après avoir complété sa formation en France, puis au Royaume-Uni, un temps tenté par une carrière de viticulteur et d’œnologue, il devient une figure importante de la pensée du développement en Amérique latine, fréquentant des intellectuels aussi divers que le père dominicain Louis-Joseph Lebret, l’agronome René Dumont ou les économistes Charles Bettelheim et Celso Furtado.

Spécialiste reconnu de la question agraire, il travaille pour diverses institutions chiliennes et pour la Commission économique pour l’Amérique latine. Entre 1959 et 1961, il mène une mission de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Cuba, qui lui permet de rencontrer Fidel Castro et Ernesto « Che » Guevara. Une fois la démocratie chrétienne parvenue au pouvoir au Chili, en 1964, il est nommé vice-président exécutif de l’Institut de développement agricole.

«LE DÉVELOPPEMENT DE
L’AMÉRIQUE LATINE ET
LA RÉFORME AGRAIRE»

Auteur du « Développement de l’Amérique latine et la réforme agraire » (« El Desarrollo de America latina y la reforma agraria », Revista mexicana de sociologia, vol. 29, nº 2, avril-juin 1967, non traduit), il s’affirme comme l’un des maîtres d’œuvre de la loi de 1967 qui ouvre la voie à une réforme agraire. En 1969, il rompt toutefois avec le PDC, jugé trop conservateur, et est l’un des membres fondateurs du Mouvement d’action populaire unitaire (MAPU), qui soutient la coalition d’Unité populaire, menée par Salvador Allende qui remportera l’élection présidentielle en septembre 1970.

Un pays miné par les inégalités

Faisant partie de cette génération de chrétiens ouverts au dialogue avec le marxisme, promoteur d’une voie non capitaliste vers le développement, il devient alors ministre de l’agriculture pendant deux ans et intensifie le démembrement des grandes propriétés foncières (6,5 millions d’hectares redistribués). Il quitte toutefois le MAPU, dont l’ancrage de plus en plus affirmé dans le marxisme-léninisme le heurte, pour rejoindre le parti de la gauche chrétienne.

Le coup d’État de 1973 le contraint à l’exil et c’est en France, où il entretient des liens forts avec certains universitaires, comme le géographe Pierre Monbeig, spécialiste du Brésil, et les réseaux chrétiens de la gauche tiers-mondiste, qu’il trouve refuge. Il devient enseignant à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (Université Sorbonne-Nouvelle), dont il est élu directeur dans les années 1980. Il signe, lors de ces deux décennies d’exil, plusieurs ouvrages importants, dont L’Amérique latine et le latino-américanisme en France (avec Guy Martinière, L’Harmattan, 1985) et Paysans à venir. Les sociétés rurales du tiers monde (La Découverte, 1986).

«JACQUES CHONCHOL. UN
CHRÉTIEN RÉVOLUTIONNAIRE 
DANS LA POLITIQUE
CHILIENNE DU XXÈME SIÈCLE»

Rentré au Chili en 1994, après le retour de la démocratie, il continue à écrire sur la question agraire et les inégalités qui minent son pays natal, tout en se montrant critique à l’égard d’une démocratie chrétienne dont il juge qu’elle a vendu son âme au néolibéralisme. Humble et chaleureux, amical et bienveillant, il ne rechignait jamais à une conversation improvisée sur sa trajectoire militante ou sur les transformations de la société chilienne. En 2016, la publication, en espagnol, d’un livre d’entretiens, sous le titre Jacques Chonchol. Un cristiano revolucionario en la politica chilena del siglo XX (« Jacques Chonchol. Un chrétien révolutionnaire dans la politique chilienne du XXème siècle », Ediciones Universidad Finis Terrae), a valeur de testament intellectuel.

Jacques Chonchol en quelques dates

  • 12 mars 1926 Naissance à Santiago
  • 1970-1972 Ministre de l’agriculture de Salvador Allende
  • 1973 Exil à Paris
  • 1982-1993 Dirige l’Institut des hautes études de l’Amérique latine à Paris
  • 1994 Retour au Chili
  • 5 octobre 2023 Mort à Santiago à 97 ans


Olivier Compagnon (professeur d’histoire contemporaine à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine)

Du même auteur :

    SUR LE MÊME SUJET :

    mercredi, octobre 11, 2023

    LE CHILI DE RAYMOND DEPARDON ET DAVID BURNETT, L’ESPOIR ET LES LARMES

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    PHOTO RAYMOND DEPARDON
    (MAGNUM PHOTOS) 1971
    Le Chili de Raymond Depardon et David Burnett, l’espoir et les larmes / Il y a tout juste 50 ans, le Chili était ébranlé par le coup d’État contre le gouvernement d’union populaire d’Allende et l’arrivée au pouvoir du général Pinochet. La galerie du Château d’Eau de Toulouse expose pour cet anniversaire deux reportages : celui de 1971 de Raymond Depardon et celui de 1973 par David Burnett.

    par Michaël Naulin

    Dans un restaurant du centre-ville de Toulouse, Raymond Depardon arrive avec un peu de retard. David Burnett est déjà là. Les deux collègues et amis photographes se saluent par une franche accolade. Ils ne s’étaient pas vu depuis des années. Le Chili les rassemble. « C’est un honneur  pour moi de partager une exposition et un livre avec Raymond, il y a peu de gens pour qui j’ai autant de respect personnel et professionnel », salue avec admiration Burnett. « L’amitié avec David vient aussi du lien avec la langue, un photographe américain qui parle français, c’est précieux ! », plaisante Depardon.

    ► À lire aussi :     « AU CHILI, NOUS AVONS APPRIS À VIVRE AVEC LA PEUR », SE SOUVIENT LA PHOTOGRAPHE PAZ ERRÁZURIZ

    Christian Caujolles, directeur artistique du Château d’Eau de Toulouse a tenu à inaugurer cette exposition « Raymond Depardon – David Burnett, Septembre au Chili,1971/1973 », le jour du 11 septembre 2023, date anniversaire des 50 ans du coup d’Etat, le 11 septembre 1973. Ces 50 ans de la chute du gouvernement Allende et de l’instauration de la dictature de Pinochet résonnent à travers cette exposition et la sortie d’un livre Septembre au Chili, 1971/1973, aux éditions EXB. 

    Un photographe silencieux aux grands yeux surpris

    « Les 117 images de Depardon et Burnett, prises en moyenne au 1/250e de seconde pour le premier et au 1/125e pour le second, ne sont qu’une infime fraction du temps réel de l’Histoire », écrit Robert Pledge, cofondateur de l’agence Contact Press Image et moteur de ce projet de double témoignage sur le Chili. 

    ► À lire aussi :     EXPOSITION CHILE RESISTENCIA. LA LIBERTÉ DE PENSÉE

    Alors secrétaire de rédaction du magazine Zoom, c’est d’ailleurs lui qui convainc son ami Depardon à le suivre au Chili en septembre 1971 pour le premier anniversaire de l’Unité Populaire et l’arrivée au pouvoir, en 1970, de Salvador Allende. Les deux amis ont déjà partagé le terrain. Quelques mois plus tôt, en janvier 1970, ils étaient au Tchad avec Gilles Caron et Michel Honorin. Tombés dans une embuscade, ils sont faits prisonniers et libérés au bout d’un mois. Une amitié s’est nouée entre « Bob » Pledge et Depardon. 

    Depardon accepte l’aventure chilienne. Mais lui veut s’engouffrer au cœur du « plus long pays au monde», aller dans le sud du pays, sur les traces du poète et prix Nobel Pablo Neruda, puis en terres Mapuches, à la rencontre de ces paysages et de ces hommes qui rappellent l’Irlande et le Massif central. « Un photographe silencieux aux grands yeux surpris », décrit Luis Poirot, photographe officiel de la campagne présidentielle de Salvador Allende en 1970 qui croisera son chemin. Depardon saisit le temps de la semence, de la traite des vaches et de la vie pastorale avec l’œil averti et respectueux d’un fils d’agriculteurs. 

    « J’avais honte de dire que j’étais fils de paysan et ça s’est soudainement inversé.»
    Raymond Depardon 
     

    Pour le jeune photographe de 30 ans, ce voyage est initiatique. « Ça a été un choc », confie-t-il à la table de ce restaurant toulousain. « C’était la première fois que je photographiais des paysans et je m’y suis découvert un culot. J’avais honte de dire que j’étais fils de paysan et ça s’est soudainement inversé. » Le monde paysan n’a pas de frontière. Depardon retrouve dans les traits marqués de ces Chiliens oubliés par les citadins la même âme de ses souvenirs d’enfance de Villefranche-sur-Saône et de la ferme familiale du Garet. 

    Avec le compagnon Pledge, il capture aussi la scène sociale effervescente de Santiago et parvient à rencontrer le président Allende, porteur de cet idéal démocratique et socialiste. « Nous n’avions pas de rendez-vous, simplement nous avons eu une chance inouïe », avoue-t-il.  Dans une librairie internationale du centre de la capitale, Robert Pledge déniche un numéro de L’Express avec Georges Pompidou en couverture. La photo est signée Depardon. L’idée est de proposer le portrait du président chilien à la façon de son homologue français. Après plusieurs jours de négociation, la rencontre se fera le 5 octobre 1971, dans la résidence officielle à Tomas Moro. 

    PHOTO ® RAYMOND DEPARDON
     (MAGNUM PHOTOS) 1971

    Depardon et Pledge passent deux heures avec le président au lieu de la demi-heure initialement autorisée. « Allende s’est laissé prendre en photo très facilement, entouré de ses chiens. Il était enthousiaste à l’idée de représenter le peuple chilien. Il croyait en l’avenir de son pays. Il espérait aussi que son mandat aiderait à transformer le continent sud-américain. Malheureusement, on connaît la suite…», témoigne Depardon. 

    S’affiche en grand format dans l’exposition la dernière image de Salvador Allende vivant, sortant de son palais à la Moneda, l’arme à la main. Elle a été prise par le photographe chilien, Leopoldo Victor Vargas, seul militaire et photographe permanent attaché au palais présidentiel de La Moneda. Allende se suicidera quelques heures plus tard avec le fusil-mitrailleur qu’il portait sur son épaule droite. La photo miraculeusement arrivée sur le bureau du New York Times fera la Une sans que l’on ne connaisse l’auteur. 

    « C’est certainement le moment où j’ai eu le plus peur »

    La suite, c’est David Burnett qui la raconte. Le jeune reporter américain sort tout juste de deux ans au Vietnam pour les magazine Time et Life. En septembre 1973, désormais à l’agence Gamma New York – dirigée par Robert Pledge, avec qui il co-fondera Contact Press Images – Burnett s’envole pour le Chili. Le coup d’État vient d’éclater. 

    « Les soldats et les policiers étaient partout, sans aucun sentiment de bienvenue, sans aucun sourire. Il était évident que la situation était grave » 
    David Burnett

    Il débarque 10 jours après la prise de pouvoir par la junte militaire à bord d’un Boeing 707 rempli de journalistes. Burnett se souvient parfaitement de cette atmosphère étrange dans cette capitale quasi coupée du monde. « Plusieurs d’entre nous, qui ne connaissaient pas la ville, ont d’abord aidé à décharger les bagages de l’avion, car l’aéroport était encore fermé, puis sont entrés dans la ville à bord d’un camion à benne », témoigne-t-il. « Les soldats et les policiers étaient partout, sans aucun sentiment de bienvenue, sans aucun sourire. Il était évident que la situation était grave », ajoute le photographe devant ses photos. 

    PHOTO RAYMOND DEPARDON
    (MAGNUM PHOTOS) 1971

    L’incertitude de la situation oblige à la plus grande prudence. « Dès que je faisais une bonne image, je mettais la pellicule dans la poche et j’allais le plus vite possible à l’hôtel pour cacher le film dans ma chambre. » Les rues sont vides. À l’angle des carrefours, les mitrailleuses montent la garde, les patrouilles contrôlent les passants dans les rues, des militaires brûlent les livres considérés comme idéologiquement déviants. 

    Le 21 septembre 1973, Burnett immortalise le visage de la dictature en place. Le général Augusto Ramon Pinochet Ugarte, commandant en chef de l’armée sort de sa première conférence de presse. Casquette militaire et lunette de soleil, il fixe derrière la vitre de sa voiture une caméra braquée sur son visage. « Au départ je n’étais pas content que la caméra soit dans le cadre mais finalement elle symbolise la confrontation entre la junte et la presse mondiale », raconte Burnett qui va être témoin le même jour de la violente répression du régime. 

    Accompagné de son camarade de chambrée et ami, Bob Sherman, un photographe de Miami, il se retrouve devant le stade de la ville où sont enfermés les opposants politiques. « Mon espagnol n’était pas très bon, j’ai demandé à un soldat si nous pouvions rentrer prendre des photos. Ils nous a indiqué une entrée », raconte-t-il.

    « Les soldats nous ont ordonné de nous taire et de ne pas bouger. On entendait le cri des gens battus, torturés, sans vraiment comprendre ce qu’il se passait. »
    David Burnett

    À peine arrivés à l’intérieur de l’enceinte, les deux photographes sont dépouillés de leurs appareils et plaqués contre le mur. « Les soldats nous ont ordonné de nous taire et de ne pas bouger. On entendait le cri des gens battus, torturés, sans vraiment comprendre ce qu’il se passait. C’est un son que je n’oublierai jamais », décrit Burnett. Les deux photographes resteront ainsi deux heures avant d’être finalement relâchés, eux et leurs appareils. « C’est certainement le moment où j’ai eu le plus peur durant mon séjour au Chili. » Ironie du sort, une visite officielle du stade est organisée le lendemain pour la presse internationale. Nous sommes le 22 septembre 1973. Le gouvernement désormais en place veut montrer comment il traite bien ses prisonniers. 

    Des journalistes tentent vainement de recueillir des témoignages en criant leurs questions aux prisonniers parqués sur les gradins derrière des grilles. La visite prend fin. Mais Burnett veut aller là où il avait entendu les cris la veille. « Je leur répétais : “Je veux aller là-bas, je veux aller voir !”» Les soldats hésitent. Au même instant arrive un nouveau groupe de prisonniers. Burnett brandit son Leica et pointe l’objectif vers le regard d’un des prisonniers qui le fixe. Il a le temps de déclencher plusieurs fois avant que la presse ne soit raccompagnée dans la hâte vers la sortie. Ce jeune homme aux yeux écarquillés et intenses se nomme Daniel Cespedes. La photo deviendra célèbre. Lui ne sera identifié que 30 ans plus tard. 

    DANIEL CESPEDES, SUSPECT DE SYMPATHIES DE GAUCHE,
    EST ARRÊTÉ DANS LES SOUS-SOLS DU STADE NATIONAL,
    SANTIAGO, 22 SEPTEMBRE 1973
    PHOTO DAVID BURNETT (CONTACT PRESS IMAGES)

    Trois jours après, Burnett couvrira les funérailles du poète et prix Nobel 1971 de littérature, Pablo Neruda, décédé deux jours plus tôt. « Les funérailles ont eu lieu en raison de la présence de la presse internationale, sinon il n’y aurait rien eu », assure le photographe. Sur les photos, les larmes coulent devant la longue procession du cortège funéraire. Ce sera pour beaucoup le premier acte de résistance contre la dictature militaire de Pinochet. « C’était très émouvant », se souvient Burnett. Dans le cimetière général de la ville, Burnett prend en photos ces croix dont celles au premier plan portent la même date, “18 septembre 1973”, preuve de la violente répression d’un régime qui perdura jusqu’en 1990. 

    ► À lire aussi :      L'HOMME DE SANTIAGO

    «David et sa mémoire incorruptible sont devenus nôtres», salue le photographe Luis Poirot. « Il a photographié tout cela pour nous, pour les photographes chiliens qui ne pouvaient pas être les témoins de notre histoire. » Ces deux témoignages précieux de deux grands photographes nous racontent comment en trois années le Chili est passé de l’espoir d’une société plus juste et démocratique aux larmes d’une dictature qui fera plus de 3 200 morts et « disparus », environ 38 000 torturés et plusieurs centaines de milliers d’exilés.


    Exposition : « Raymond Depardon – David Burnett, Septembre au Chili,1971/1973 », jusqu’au 7 janvier, galerie du Château d’Eau, Toulouse. 

    Livre : Septembre au Chili 1971-1973, Raymond Depardon, David Burnett, atelier EXB, 192 pages, 49 euros.


    Michaël Naulin est journaliste et coordinateur éditorial de Blind. Contributeur pour le Figaro Culture, ses articles sont publiés dans la presse magazine spécialisée.
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    DESSIN PATRICIO PALOMO

    FRANCE /  LA VISITE
    D'IRACÍ HASSLER

     

    lundi, octobre 09, 2023

    FRANCE / RENCONTRE AVEC IRACÍ HASSLER JACOB

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    FRANCE /  LA VISITE
    D'IRACÍ HASSLER
    Irací Hassler Jacob en France / La jeune et dynamique maire de Santiago du Chili, Irací Hassler Jacob, a visité la ville de Montreuil, commune française de la Métropole du Grand Paris, où elle a rencontré des membres de la communauté chilienne et des amis français.
    PATRICE BESSAC, IRACÍ HASSLER ET
    ANTONIO VALDIVIA DANS LE BUREAU
     DU MAIRE DE MONTREUIL

    Irací Hassler a été reçue par ses collègues Patrice Bessac, maire de Montreuil, et Philippe Rio maire de Grigny (Essonne). Ce dernier a été  élu meilleur maire du monde par la City Mayors Foundation, une association à but non lucratif. Il préside aussi la branche française du réseau international des Maires pour la Paix.

    Propagande électorale 

    Référendum constitutionnel chilien de 2023 

    [ -Ñ- Cliquez sur la flèche pour visionner la vidéo ]

    _______________


    Madame la maire Irací Hassler a fourni des informations sur la situation politique, les transformations et des avancées de la commune de Santiago du Chili, ainsi que sur la situation du Conseil Constitutionnel, qui rédige actuellement la nouvelle constitution.

    PHOTO DE GROUPE DEVANT LA MAIRIE DE MONTREUIL

    La séance plénière du Conseil constitutionnel, composée de 50 conseillers – dont la droite est majoritaire, avec 33 sièges – a achevé de voter les amendements mercredi 4 octobre. Le texte est revenu à la Commission d'experts samedi 7 octobre, où commence, de l'avis des spécialistes, la période la plus importante des négociations. Dans cinq jours seulement, cette Commission, composée de 24 personnes désignées par les partis politiques représentés au Congrès, devra travailler sur un rapport contenant des observations sur le texte des conseillers élus par les citoyens en mai.

    Telles sont les clés pour comprendre les prochaines étapes, avant le référendum avec vote obligatoire qui définira le sort final de la nouvelle Constitution proposée, dont la date devra être confirmée par la Commission d'experts.

    La rencontre s'est terminée par un vin d'honneur d'honneur offert par le maire de Montreuil.

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    DESSIN PATRICIO PALOMO

    EXPOSITIONS DE PHOTOGRAPHIE TOULOUSE / RAYMOND DEPARDON – DAVID BURNETT

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    PHOTO RAYMOND DEPARDON (MAGNUM PHOTOS) 1971

    50 ans après le coup d’État au Chili : un retour historique, avec Raymond Depardon et David Burnett/  La Galerie du Château d’Eau fait sa rentrée avec une exposition d’envergure : « Septembre au Chili, 1971/1973 ». Les photographies de Raymond Depardon et David Burnett sont ici rassemblées pour donner un aperçu du Chili à deux moments clés de son histoire : le premier anniversaire de l’élection du président socialiste Allende en 1971, et le coup d’État militaire de Pinochet en 1973.

     par Baptiste Thery-Guilbert

    ·Evénements et expos·9 octobre 2023·

    2 min de lecture

    En 1971, Raymond Depardon se rend au Chili et photographie le pays un an après la victoire du président Allende. À Santiago, les effets du gouvernement socialiste se font déjà ressentir (et donc transparaissent dans les images de Depardon) : les rues sont investies et habitées par paysans et ouvriers, et il y règne un esprit de liberté tant attendu.

    DANIEL CESPEDES, SUSPECT DE SYMPATHIES DE GAUCHE,
    EST ARRÊTÉ DANS LES SOUS-SOLS DU STADE NATIONAL
    – SANTIAGO, 22 SEPTEMBRE 1973
    PHOTO DAVID BURNETT (CONTACT PRESS IMAGES)

    ► À lire aussi :      L'HOMME DE SANTIAGO

    Deux ans plus tard lors du coup d’État de Pinochet, David Burnett, alors reporter à Gamma New York, photographie les premiers jours de la dictature en place. Dans la grande lignée des photojournalistes humanistes américains, il photographie l’histoire du côté de ceux qu’on veut faire taire ; et, comme souvent dans le travail des plus grands artistes, il est question d’un regard. Ainsi, pas de hasard si l’exposition a commencé le 11 septembre 2023 : une manière de marquer les cinquante ans du coup d’État de Pinochet.

    À la suite du coup d’Etat, des soldats brûlent dans les rues les livres interdits par la junte – Santiago, 19 septembre 1973 © David Burnett (Contact Press Images)

    C’est bien ce contraste – cette immense contradiction – entre le pays photographié par Depardon en 1971 et le même pays photographié par Burnett en 1973 que l’exposition donne à voir. Les photographies noir et blanc des deux photographes semblent se répondre autant qu’elles se complètent, pour nous offrir une vision personnelle de ce qu’a été le Chili, avant et pendant la dictature.

    À noter que les éditions de l’Atelier EXB publient un ouvrage qui réunit également les photographies de Raymond Depardon et David Burnett : Septembre au Chili, 1971/1973.

    Informations pratiques :

    Raymond Depardon – David Burnett Septembre au Chili,1971/1973

    Galerie le Château d’Eau

    Du 11 septembre 2023 au 7 janvier 2024

    1, place Laganne, 31300 Toulouse

    Du mardi au dimanche de 12h à 18h

    Tarifs : 4 € / réduit 2,5 €

    ÉTIQUETTES ALLENDE CHILI

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    DESSIN PATRICIO PALOMO

    FRANCE /  LA VISITE
    D'IRACÍ HASSLER

     

    vendredi, octobre 06, 2023

    LE PRÉSIDENT CHILIEN « REGRETTE » QUE SON PAYS NE SOIT PAS ASSOCIÉ AU MONDIAL 2030

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    GABRIEL BORIC (AU CENTRE) EST FURIEUX CONTRE LES CHOIX
    DE LA FIFA AU SUJET DES PAYS HÔTES DU MONDIAL 2030.

    Lors d'une conférence de presse, le président du Chili Gabriel Boric a exprimé sa déception à propos du fait que son pays n'a pas été retenu par les pays hôtes du Mondial 2030, à la différence de ses voisins argentins et uruguayens et paraguayens. 
    [« On s'en foot !» ]

    L'Équipe

    Le président du Chili, Gabriel Boric, n'a pas digéré la décision de la FIFA d'accorder l'organisation de la Coupe du monde 2030 au Maroc, à l'Espagne et au Portugal, mais aussi à l'Uruguay, l'Argentine et le Paraguay, qui accueilleront 3 des 104 rencontres du tournoi, et qui à ce titre sont qualifiés d'office. Or ces trois derniers pays avaient candidaté, au côté du Chili, pour accueillir tous les matches du Mondial, en février dernier.

    DES REPRÉSENTANTS DE L’ARGENTINE, DE L’URUGUAY, DU
    PARAGUAY ET DU CHILI, EN ARGENTINE, LE 7 FÉVRIER 2023.
    LES QUATRE PAYS PRÉSENTAIENT UNE CANDIDATURE
    COMMUNE POUR LE MONDIAL 2030. MAIS LA FIFA
     N’A PAS PRIS EN COMPTE CELLE DU CHILI.
     PHOTO MARCELO ENDELLI 

    Mercredi, lors d'une conférence de presse, Gabriel Boric a indiqué à ce sujet : « Je regrette qu'il y ait des institutions qui opèrent d'une manière aussi peu sérieuse, et surprenante ». Le chef d'État chilien a indiqué avoir échangé avec ses homologues argentins et paraguayens, qui lui ont confié qu'ils n'étaient pas au courant de la décision de la FIFA, avant son officialisation. « On va faire en sorte que le Chili puisse bénéficier de tout ce dont il mérite, car on ne joue pas avec l'intégrité nationale chilienne ».

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    FRANCE /  LA VISITE
    D'IRACÍ HASSLER

    INVITATION - RÉUNION PUBLIQUE AVEC IRACÍ HASSLER

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    FRANCE /  LA VISITE
    D'IRACÍ HASSLER

     Réunion publique avec Irací Hassler
    Maire de la ville de Santiago du Chili

    Nous vous invitons à participer à une réunion d'information et d'échange avec Madame la Maire de Santiago du Chili, Irací Hassler, qui aura lieu le lundi 9 octobre 2023 à partir de 15h00 à l'Hôtel de Ville de Montreuil, suivi d’un vin d’honneur.


    Hôtel de Ville de Montreuil
    Salle du conseil
    Métro 9, Arrêt Mairie de Montreuil


    Antonio Valdivia
    Représentant du Parti communiste du Chili en France (PCCH)




    PS : Inscrivez-vous dès maintenant a l'adresse avaldiviater@gmail.com car les places sont limitées 


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    DESSIN PATRICIO PALOMO



    jeudi, octobre 05, 2023

    ORGANISATION DU MONDIAL 2030 : LE PRÉSIDENT DU CHILI S’ATTAQUE À LA FIFA

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    PHOTO EFE

    Un oubli regrettable. / 
    Alors que la FIFA a annoncé officiellement mercredi que la Coupe du monde 2030 allait se dérouler dans six nations, un candidat a été laissé de côté par l’instance : le Chili. Le pays de la côte ouest de l’Amérique du Sud avait en effet déposé une candidature commune avec le Paraguay, l’Uruguay et l’Argentine, mais n’accueillera pas les matchs du Centenaire de la Coupe du monde.
    [« On s'en foot !»]

    So Foot

    Le président du Chili, Gabriel Boric, est revenu ce jeudi sur cette décision, assurant que ce choix n’était pas dû à « une négligence du gouvernement ». Il a aussi ajouté qu’il « regrettait qu’il y ait des institutions qui travaillent de manière peu sérieuse et surprenante ».

    Pour le président de la Fédération chilienne de football, Pablo Milad, c’est un « coup dur » pour « tout un pays ». Selon les dires de Boric, les présidents du Paraguay et d’Argentine ont appris la nouvelle en même temps que lui, lorsque l’information a été officialisée mercredi. Il a prévu de « faire valoir tous les droits que possède le Chili, car on ne joue pas avec l’intégrité nationale et le nom du Chili ».

    Ambiance au sommet du football mondial.