dimanche, octobre 09, 2022

PORTFOLIO. DANS LE DÉSERT CHILIEN D’ATACAMA, UN AVENIR À SEC

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PHOTO GASPAR ABRILOT ET JORGE ROWLANDS
Gladys Suárez, 104 ans. Dernière survivante des anciennes usines de salpêtre de Pedro de Valdivia, elle a passé ses dernières années à Quillagua.  

CULTURE CHILI PHOTOGRAPHIE

Portfolio. Dans le désert chilien d’Atacama, un avenir à sec

Dans le nord du Chili, l’industrie minière a contaminé le fleuve Loa et fait disparaître les moyens de subsistance. Les peuples autochtones rencontrés par le photographe Gaspar Abrilot et l’anthropologue Jorge Rowlands n’ont d’autre choix que de partir.

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Deux membres de la communauté likanantai font une offrande à la terre dans une installation d’eaux usées. Ils promettent qu’ils récupéreront l’eau de l’ancien étang d’Ojos de San Pedro, accaparée par l’industrie minière.

Autour de Quillagua, des ravines asséchées lézardent le désert d’Atacama. Cette ancienne oasis du nord du Chili, dans la province de Tocopilla, est désormais considérée comme le village le plus aride du monde. Ignorée par la pluie, elle avait la chance d’être parcourue par le Loa, qui se jette dans le Pacifique. Mais ce fleuve long de 440 kilomètres s’est resserré avec le temps, et ses berges fauves découvrent aujourd’hui des carcasses d’animaux. Quelques tuyaux à nu et des grappes d’arbres bien chétifs complètent le paysage désolé.

Un composant chimique a contaminé le cours d’eau en 1997, puis en 2000”, se lamente le photographe Gaspar Abrilot. Ce polluant provenait des exploitations de cuivre de la région, dont le Chili est le plus grand producteur au monde. Gourmandes en eau, celles-ci ont aussi contribué à assécher le fleuve.

Une source de vie qui s’est tarie

Quillagua dépend de María Elena, une municipalité privée qui appartient à l’entreprise minière SQM. “ 

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Un couple de paysans de San Francisco de Chiu-Chiu, sur les bords du Loa. Ils puisent dans le fleuve pour irriguer leurs cultures. 
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À l’été 2020, après quatre semaines sans eau. Réclamé à coups de manifestations et de barrages routiers, un camion-citerne vient approvisionner Quillagua.  
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« Nos racines sont ici », fait valoir Liliana Silva. « Je ne partirai pas car mes parents reposent ici, dans les montagnes. »  

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Deux membres de la communauté likanantai font une offrande à la terre dans une installation d’eaux usées. Ils promettent qu’ils récupéreront l’eau de l’ancien étang d’Ojos de San Pedro, accaparée par l’industrie minière.  
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Mariela Castro se souvient d’une réunion avec le maire de María Elena, en 1983. « Ça me coûterait moins cher d’acheter une boîte de munitions que d’investir [à Quillagua] », avait lancé l’édile, alors que le village faisait déjà face à une pénurie d’eau et d’électricité.  
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En amont du fleuve Loa, l’ancien étang d’Ojos de San Pedro a été asséché par l’industrie minière. Un réseau de canalisations alimente en priorité les mines du secteur.  
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Ce polaroïd date d’une époque où il était encore possible, à Quillagua, de plonger et se baigner dans le Loa.  
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Claudio Hernández devant les étangs d’approvisionnement en eau. Faute de travail, il pense quitter Quillagua et aller tenter sa chance à Santiago du Chili, la capitale. 
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Guillermo Velazquez, à ​​Calate, une ancienne zone de repos pour les peuples andins. Aujourd’hui, c’est une route dangereuse où prospère le trafic de cigarettes et de drogue.  

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Le “pont du diable” permet de franchir la rivière Salado, un affluent du fleuve Loa. Des légendes circulent à son endroit. 
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Restes d’un animal. La sécheresse du désert permet la conservation des ossements.  
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