dimanche, mai 15, 2022

DES CRIMINELS S’INTRODUISENT DANS LA MAISON DE LA MINISTRE DE LA DÉFENSE DU CHILI

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DES CRIMINELS S’INTRODUISENT DANS
LA MAISON DE LA MINISTRE DE LA DÉFENSE DU CHILI

Dans la nuit de vendredi à samedi, un groupe d’au moins trois délinquants armés a fait irruption au domicile de la ministre chilienne de la Défense, Maya Fernández, puis a battu son fils et ligoté son mari, a indiqué le ministère dans un communiqué samedi.

Bénin Actu

PHOTO LEONARDO RUBILAR CHANDIA

Les agresseurs, qui portaient un couteau et une arme à feu, ont volé des objets technologiques qui se trouvaient dans la maison, ainsi qu’une voiture, qui a déjà été retrouvée par le département des recherches et saisies de personnes et de véhicules de la police chilienne, selon « BioBioChile ».

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Au moment de l’incident – à 20 heures, heure locale – la ministre de la défense n’était pas dans la maison, mais son mari et son fils y étaient, selon le journal chilien « La Tercera ».

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« Ils ont d’abord accosté le fils du ministre, puis ils ont ligoté son mari et se sont ensuite enfuis dans le véhicule appartenant à la famille du ministre. L’un des sujets porterait un couteau et un autre ce qui serait une arme à feu, un revolver », a détaillé le procureur en charge de l’affaire, Francisco Lara, dans des propos rapportés par le journal précité.

La ministre et sa famille sont en bonne santé, bien que le fils souffre de blessures mineures causées par le coup que les voleurs lui ont infligé lors de l’agression, indique le ministère dans son communiqué.

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Le procureur, en collaboration avec les carabiniers et la police d’investigation, mène une enquête sur ce qui s’est passé, bien que pour l’instant personne n’ait été arrêté, selon « La Tercera ».

LE SECRET DES PLANTES DU DÉSERT D'ATACAMA AU CHILI

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LE DÉSERT D'ATACAMA, AU CHILI.
PHOTO CC0 PIXABAY/SEBASTIAN BASZCZYJ
Une étude scientifique prometteuse a été publiée quelques semaines avant la Cop 15 d'Abidjan consacrée à la lutte contre la désertification. Une équipe franco-chilienne a isolé les molécules responsables de la résistance à la sécheresse d'une vingtaine de plantes du désert d'Atacama, la région la plus aride au monde.
 
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RFI - RADIO FRANCE INTERNATIONALE,  
 «LE SECRET DES PLANTES DU DÉSERT D'ATACAMA AU CHILI» FLORENT GUIGNARD,
DIFFUSION DIMANCHE 15 MAI 2022

Par Florent Guignard

PHOTO GERHARD HÜDEPOHL

Les paysages sont martiens, frappés par un soleil de plomb, où la Nasa teste des appareils. Ici la terre est ocre, « triste comme du cuivre », écrivait le poète français Louis Aragon. Elle abrite la moitié des réserves mondiales de lithium.

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Pas une âme humaine, pas d'arbre, pas d'oiseau sur des centaines de kilomètres entre le Pacifique et la Cordillère des Andes. Entre 2 000 et 4 500 mètres d'altitude. La nature est forcément hostile. Pas une goutte d'eau ou presque. 0,1 millimètre de pluie par an en moyenne. Il pleut 250 fois plus au Sahara.

Le plus inhospitalier des déserts 

C'est l'endroit le plus aride au monde (si on excepte les « vallées sèches » de l'Antarctique où il n'y a pas eu de précipitations depuis 2 millions d'années !)

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Et pourtant, quelques plantes vivent dans le désert d'Atacama, qui pourraient être utiles à l'avenir de l'humanité, comme vient de le montrer une étude réalisée par l'Université pontificale catholique du Chili et l'université de Bordeaux, et publiée quelques semaines avant la Cop-15 d'Abidjan, le sommet mondial consacrée à la lutte contre la désertification qui s'achève ce vendredi 20 mai.

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« Le désert d'Atacama est un environnement particulièrement intéressant pour les scientifiques, décrit Pierre Pétriacq, enseignant-chercheur à l'université de Bordeaux et à l'Inrae, l'institut national de la recherche agro-alimentaire et environnementale. Il présente des facteurs de stress extrême : une forte teneur en sel dans les sols, un ensoleillement très élevé, une quantité d'eau dans le sol très pauvre - 50 fois plus sec que la Vallée de la mort en Californie. C'est le plus inhospitalier des déserts. »

Des plantes résilientes

Mais, dans ce désert d'apocalypse, il suffit parfois d’un miracle : un peu de pluie, et des graines en berne depuis des années se mettent à germer. Le désert se couvre de fleurs - mais c’est exceptionnel. La pluie peut d'ailleurs être mortelle, comme l'avait constaté des chercheurs américains après une forte averse, très inhabituelle, qui avait provoqué l'extinction massive des espèces microbiennes présentes dans le désert.

Les plantes, elles, ont besoin d'eau. Mais quand l'eau manque, comment s'adaptent-elles ? Malgré tout, et malgré des températures négatives la nuit, quelques espèces végétales s'accommodent de cet environnement extrême. Les scientifiques franco-chiliens ont ainsi étudié 24 plantes d'Atacama, pour en isoler, grâce à un programme d'intelligence artificielle, les molécules responsables de leur résilience.

Boîte à outil métabolique 

« C'est l'intérêt de notre étude : on a pu mettre en évidence un certain nombre de marqueurs qui sont communs à toutes les espèces de plantes qu'on a pu étudier dans le désert, explique Pierre Pétriacq. Chose encore plus surprenante : ces marqueurs sont également présents dans des plantes cultivées en France, comme du blé, du maïs, de la tomate, etc. Cela signifie que les végétaux possèdent une boîte à outil métabolique qui leur permet de s'adapter à des conditions extrêmes. »

Et c’est cette boite à outil qui devrait permettre à l'Inrae, d’ici quelques années, après un travail de sélection, de mettre au point des tomates ou des céréales davantage résistantes à la sécheresse.

PHOTO GERHARD HÜDEPOHL

LA QUESTION DE LA SEMAINE

« Le grand condor est-il si grand que ça ? »

Le vautour emblématique de la Cordillère des Andes, plumage noir et collerette blanche, est l'oiseau de tous les records : l'oiseau volant le plus lourd au monde (plus de 12 kilos en moyenne pour le mâle), celui qui possède en moyenne la plus grande envergure d'ailes, plus de 3 mètres. Il est aussi l'oiseau le plus haut dans le ciel, jusqu'à 6 000 mètres. Le grand condor possède enfin la plus grande longévité du règne avicole : un demi-siècle en moyenne à l'état naturel, davantage encore en captivité. Même s'il ne vit pas dans le désert d'Atacama, il a parfois très chaud. Pour refroidir son corps, il urine sur ses pattes. Il se soulage et ça soulage.


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jeudi, mai 12, 2022

CHILI: DÉCÈS D'UNE JOURNALISTE BLESSÉE PAR BALLE LORS DES MANIFESTATIONS DU 1ER MAI

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Une photo de Francisca Sandoval à l’extérieur de l’hôpital
de Santiago où elle est décédée, le 12 mai 2022. AFP

Une journaliste blessée par balle lors de violences survenues en marge des manifestations du 1er mai à Santiago du Chili est décédée jeudi, a indiqué dans un communiqué l'hôpital où elle était soignée depuis 12 jours.

Notre temps avec l'AFP

CAPTURE D'ÉCRAN

"Francisca ne nous a pas quittés. Ils l'ont tuée. Par ces mots, nous confirmons le décès de notre chère Fran. Tu nous manqueras et on fera tout notre possible pour dire la vérité", a confirmé dans un autre communiqué le média communautaire en ligne "Señal 3 de La Victoria" avec lequel Francisca Sandoval, 30 ans, collaborait.

Lors d'échauffourées entre des personnes présentes en marge du rassemblement et des commerçants de rue, trois personnes, deux femmes et un homme, avaient été blessées par arme à feu.

La jeune journaliste avait reçu une balle dans la tête provoquant une hémorragie cérébrale, a expliqué le docteur Daniel Rodriguez, chef de l'unité de soins intensifs de l'hôpital public de Santiago, dans le communiqué de l'établissement.

La semaine dernière, trois auteurs présumés de la fusillade ont été arrêtés et celui suspecté d'avoir tiré sur la journaliste a été placé en détention provisoire pour homicide involontaire et possession illégale d'arme à feu.

Suspects arrêtés

La semaine dernière, trois auteurs présumés de la fusillade ont été arrêtés et celui suspecté d’avoir tiré sur la journaliste a été placé en détention provisoire pour homicide involontaire et possession illégale d’arme à feu.

Le président de gauche Gabriel Boric a exprimé ses condoléances à la famille de la défunte. «Nous ne permettrons pas l’impunité» dans cette affaire, a aussi tweeté le nouveau chef d’État.

La nouvelle du décès a poussé des personnes à se réunir pour des veillées avec bougies et photos de Sandoval dans plusieurs points de la capitale. Des groupes de personnes, la tête couverte d’une capuche, ont aussi dressé des barricades et coupé la circulation sur la place d’Italie, l’épicentre du mouvement social depuis 2019, au cœur de Santiago.


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mercredi, mai 11, 2022

CHILI : DÉCOUVERTE D'UN DINOSAURE MARIN FOSSILISÉ AVEC DES BÉBÉS DANS LE VENTRE

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Exceptionnelle découverte faite au Chili par des scientifiques de l'université de Manchester, nous rapporte le Daily Mail. Les chercheurs ont mis au jour un dinosaure marin fossilisé qui avait encore ses bébés dans le ventre. Il s'agit précisément de restes d'un ichtyosaure, un vertébré diapside marin qui ressemble aujourd'hui à nos dauphins. / « Quand il se réveilla, le dinosaure était encore là. » - #Augusto #Monterroso

par XAVIER MARTINAGE

LA DR JUDITH PARDO PÉREZ
PHOTO DU 17 JUIN 2020

L'animal de 3,96 mètres de long était fossilisé dans la glace. Fiona, le nom qu'on lui a donné ensuite, était enceinte au moment de sa mort et portait plusieurs embryons dans son ventre. Un des paléontologues travaillant sur ce dossier a qualifié d'"incroyable" ce type de découverte, et surtout son état de préservation.

Zone difficile d'accès

PHOTO UNIVERSITÉ DE MANCHESTER

La découverte a été possible à cause de la fonte du glacier Tyndall en Patagonie. "Le nombre considérable d’ichtyosaures trouvés dans cette région, y compris des squelettes complets d’adultes, d'enfants et de nouveau-nés, nous offre une fenêtre unique sur le passé, a déclaré Dean Lomax. Situé à dix heures de marche ou de cheval, le glacier est difficilement accessible, ce qui a rendu le rapatriement du spécimen trouvé compliqué." Selon le Daily Mail, l'expédition, qui a duré 31 jours, a même été décrite par les scientifiques comme "titanesque".

PHOTO REUTERS

Fiona est en tout cas la première femelle ichtyosaure enceinte trouvée à ce jour. Cela devrait fournir de nouvelles informations sur son espèce et la manière dont elle vivait à cette époque précise. Mais également sur "la paléobiologie du développement embryonnaire et sur une maladie qui l’a affectée au cours de sa vie", précise une des directrices de l'étude, la docteure Judith Pardo-Perez de l’université de Magallanes. À côté de Fiona, 23 autres nouveaux spécimens ont été découverts, ce qui fait de ce glacier le cimetière d'ichtyosaures le plus grand au monde.

Les autres ichtyosaures restent sur place

PHOTO REUTERS

Pour sortir le reptile fossilisé, les chercheurs ont dû construire une sorte de hangar au-dessus de ses restes, pour faire face à la pluie et au vent. Ils ont dû aussi utiliser des matériaux bien spécifiques pour creuser la roche. D'autant qu'ils n'étaient que deux à être sur place et sont parvenus à l'extraire grâce à deux vols en hélicoptère.

PHOTO REUTERS

Si Fiona a été extraite du glacier et sera ensuite préparée par une équipe de paléontologues avant d'être exposée au musée de Punta Arenas (Chili), les autres sont restés sur place à cause de la difficulté d'accès et du manque de fonds. Ils seront en revanche protégés à cause de l'érosion croissante dans la zone. Mais les chercheurs espèrent tout de même comparer ces restes avec d'autres trouvés en Europe.

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PHOTO ILLUSTRATION

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mardi, mai 10, 2022

L’EAU, UNE RESSOURCE MENACÉE AU CHILI

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PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP

C’est un manque d’eau qui s’installe depuis plus de 10 ans, de plus en plus sensible dans le centre et le nord du Chili. Les zones rurales sont les plus affectées, avec des coupures récurrentes et des camions citernes qui approvisionnent les villages. Aujourd’hui, cette réalité menace aussi les grandes villes, comme la capitale Santiago et ses 8 millions d’habitants. S’il ne pleut pas suffisamment cet hiver, plusieurs communes pourraient être soumises à des rationnements dans les mois qui viennent.

 

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RFI - RADIO FRANCE INTERNATIONALE,  
 «L’EAU, UNE RESSOURCE MENACÉE AU CHILI» NAÏLA DERROISNÉ,
DIFFUSION MERCREDI 09 MAI 2022

PHOTO MARTIN BERNETTI
Grand reportage de Naïla Derroisné

En cause, le réchauffement climatique mais pas seulement, l’ultralibéralisme aussi et le système d’acquisition de droits sur l’eau.

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L’eau, une ressource menacée au Chili, c’est un grand reportage de Naïla Derroisné.

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PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP

mercredi, mai 04, 2022

AU CHILI, LA FRÉNÉSIE CONSUMÉRISTE D’UNE POPULATION ACCRO À LA DETTE

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PHOTO CRISTOBAL OLIVARES

DÉCRYPTAGES Au Chili, les centres commerciaux, très fréquentés par la population, reflètent une économie axée sur la consommation et l’endettement. Le « Costanera Center », véritable phare de la capitale Santiago, a comptabilisé à lui seul 38 millions de visites en 2019.

Flora Genoux Santiago, envoyée spéciale

FLORA GENOUX

C’est une boussole, dont la cime, inratable, dépasse la silhouette urbaine de Santiago, avec la cordillère des Andes en toile de fond. Depuis 2012, l’ensemble immobilier Costanera Center, avec son centre commercial, surplombe la ville de ses 300 mètres, le propulsant, jusqu’à il y a peu, comme le gratte-ciel le plus haut d’Amérique latine. A l’intérieur, les mêmes superlatifs à tous les étages – quatre, pour la partie commerciale, couronnée par le « patio gastronomique » et ses 60 restaurants –, où les clients se pressent aux escalators pour accéder aux plus de 350 enseignes ou à l’une des douze salles de cinéma. « Un lieu où tout est réuni. On y va ! », revendique le mall (« centre commercial »).

PHOTO CRISTOBAL OLIVARES
Au Chili, ce lieu vers lequel convergent sans cesse les habitants est désigné en anglais, signe du modèle de société néolibéral qu’il incarne, le regard tourné vers ses origines, les États-Unis. Le Costanera Center – ou « centre côtier », car situé sur les rives du fleuve Mapocho –, le plus emblématique de tous, raconte ainsi les choix d’un pays et donne la température de son économie, récemment parcourue par une poussée de fièvre consommatrice. « Si le Chili a été le berceau du néolibéralisme, ce sera aussi son tombeau », prophétisait en juillet 2021 le futur président Gabriel Boric, alors qu’il emportait les primaires de la gauche en amont de l’élection présidentielle.

PHOTO CRISTOBAL OLIVARES

Le plus jeune président de l’histoire chilienne, qui a pris ses fonctions le 11 mars, a depuis lissé son discours. Mais son arrivée au pouvoir préfigure-t-elle la fin d’un mode de vie symbolisé par le mall ? « La relation du Chili avec les centres commerciaux est unique en Amérique du Sud, c’est le pays qui en possède le plus grand nombre en mètres carrés par habitant. Le premier a ouvert en 1982 », raconte Liliana de Simone, urbaniste spécialiste des malls et directrice de l’Observatoire de la consommation, de la culture et de la société à l’université pontificale catholique du Chili.

« Héritage de la dictature »

Le pays vit alors en pleine dictature (1973-1990), celle qui pose, sous l’influence des « Chicago Boys », formés à la pensée de l’économiste américain Milton Friedman, le socle néolibéral du pays, gravé jusque dans sa Constitution, approuvée en 1980. « Les centres commerciaux s’étendent dans les années 1990. Au lieu d’effacer l’héritage de la dictature, l’idée est alors de démocratiser les centres, pour qu’ils deviennent accessibles à tous. Ils commencent à s’installer au sein même des villes », poursuit Mme de Simone.

Barricades en feu, affrontements avec la police. Trente ans plus tard, l’historique révolte sociale de 2019 arrive symboliquement jusqu’aux portes du Costanera Center, le temple d’un modèle économique accusé de scléroser les inégalités. Si 1 % de la population détient encore plus d’un quart des richesses, la pauvreté a fortement chuté depuis le retour à la démocratie. « Et il y a même des manifestations pour réclamer l’arrivée d’un centre commercial dans une ville, car ce sont des lieux où les gens se retrouvent », explique Liliana de Simone.

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« Le crédit manque de régulation au Chili, et cela représente une bombe à retardement », Lorena Pérez-Roa, anthropologue

Et où l’on fait tout : on peut naître dans un centre commercial (le Mallplaza Vespucio, à Santiago, a sa clinique), y réaliser des démarches administratives (des bureaux de l’état civil peuvent s’y loger), s’y soigner, y flâner de longues heures… Résultat, à contre-courant de leur fermeture aux Etats-Unis, les malls continuent de fleurir – la chambre des centres commerciaux relève 21 projets en cours –, et leur affluence ne se tarit pas. L’emblématique Costanera Center a ainsi comptabilisé 38 millions de visites en 2019.

PHOTO CRISTOBAL OLIVARES

Écran de surveillance au Costanera Center mall à Santiago du Chili, le 18 décembre 2021.

Pour alimenter la machine, l’usage du crédit à la consommation est la règle. Parmi les personnes endettées, 96 % en ont souscrit un, d’après le dernier rapport de la Commission pour le marché financier, contre un peu moins d’un quart pour un prêt immobilier. « Il est très facile d’avoir accès au crédit au Chili, notamment avec les cartes offertes par la grande distribution. C’est un marché qui manque de régulation, et cela représente une bombe à retardement », estime Lorena Pérez-Roa, anthropologue spécialiste de l’économie des foyers à l’université du Chili.

Croissance en trompe-l’œil

Selon le dernier rapport de l’université San Sebastian et de la société Equifax, 4 millions de personnes – dans un pays de 19 millions d’habitants – ne sont pas parvenues à honorer au moins une partie de leur dette en 2021. « Si tout le monde peut accéder au crédit, les conditions restent inégalitaires, avec des taux d’intérêt bien plus élevés pour les moins favorisés », souligne Mme Pérez-Roa.

Au dernier étage du Costanera Center, Tamara, une ouvrière de 29 ans, reprend souffle à la table d’un glacier. Elle a posé à ses pieds six sacs de vêtements, tous achetés à crédit, en trois versements. « Ce bas de jogging Nike, c’est pour moi. J’aime les marques. Il m’a coûté 45 000 pesos [50 euros] », décrit-elle en déballant son achat. Le taux d’intérêt ? Elle hésite. « Je crois qu’il y a un pourcentage et un coût fixe. Ils l’ajoutent directement sur la carte », s’emmêle-t-elle.

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L’immeuble accueillant le Costanera Center mall à Santiago du Chili, le 18 décembre 2021.

« Le taux d’intérêt, ça passe au second plan, j’entre dans le magasin et j’achète. Je sais que s’il n’y avait pas tous ces crédits, je serais plus organisée avec mon argent. Mais c’est comme ça, le Chilien est consumériste », devise celle qui perçoit 370 000 pesos, un peu plus que le salaire minimum – revalorisé à 350 000 pesos en début d’année, et qui devrait atteindre 400 000 pesos en 2022, dans le cadre du programme économique du nouveau président. Plus de la moitié de ses revenus sont dévolus au remboursement de ses crédits, répartis sur quatre cartes.

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La jeune femme a notamment utilisé le revenu familial universel d’urgence, distribué à 15 millions de personnes par le gouvernement, dans le cadre de la pandémie de Covid-19, entre juin et septembre 2021 (l’équivalent de 189 euros pour une personne seule, à l’époque), pour éponger ses dettes. Le gouvernement a aussi débloqué différentes aides exceptionnelles en 2021, afin de permettre aux Chiliens d’honorer leurs échéances. Ces aides et la possibilité de piocher dans les fonds de retraite ont largement alimenté la croissance, de 11, 7 % en 2021. Un essor en trompe-l’œil qui va largement retomber cette année, avec une croissance qui devrait s’établir entre 1 % et 2 %.

PHOTO CRISTOBAL OLIVARES

Des clients déjeunent dans l’un des restaurants de la terrasse du Costanera Center mall à Santiago du Chili, le 18 décembre 2021.

À 66 ans, Magarita, ouvrière textile, continue de travailler pour compléter sa faible retraite. « Je n’ai jamais l’argent suffisant », lâche la sexagénaire, qui termine une côte de porc-frites en haut du Costanera Center. Elle et son amie ont réalisé tous leurs achats à crédit, sans étudier les taux d’intérêt. « Il faut bien s’endetter », complète Veronica, 56 ans, à la tête d’une petite entreprise textile. En attendant de rembourser leurs prêts, les deux amies passent, ravies, tout leur samedi après-midi au mall, « parce que ça change les idées ».

Flora Genoux Santiago, envoyée spéciale


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CHILI : JOURNÉE DE LA MÉMOIRE ET DU SOUVENIR DES VICTIMES DE LA « RUE CONFERENCIA »

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DÉTENUS DISPARUS LES JOURS 4,5 ET 6 MAI 1976
« RUE CONFERENCIA »
L'affaire «Rue Conferencia» désigne une des opérations secrètes de captures massives menées en mai 1976 par la DINA envers les communistes, dans le cadre d’une vaste offensive d’extermination lancée contre ses militants, mis hors la loi et hargneusement persécutés par Pinochet.
 
FLYER PCCh
  
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#Hommage aux disparus #Chili #« RUE CONFERENCIA »

dimanche, mai 01, 2022

COVID-19: LE CHILI ROUVRE SES FRONTIÈRES TERRESTRES APRÈS TROIS ANS

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MISE À JOUR LE  02 04 2022 

Le Chili a annoncé la réouverture dimanche de 22 postes-frontière terrestres fermés depuis le 17 mars 2020 avec l’Argentine, la Bolivie et le Pérou, en raison de l’épidémie de coronavirus. / 
Après le Covid, c'est encore le Covid : le virus insidieux

Le Journal de Québec

DESSIN LAUZAN

Seules les marchandises pouvaient passer par ces points de passage, fermés à la circulation des personnes. 

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«Ce dimanche 1er mai, le trafic à la frontière sera normalisé», a indiqué le compte Twitter du service aux frontières du ministère chilien de l’Intérieur. 

L’épidémie s’est stabilisée au Chili, même si des mesures sanitaires continuent de s’appliquer, principalement aux étrangers non résidents. 

Trois niveaux d’alerte sont mis en place et ce dimanche, les frontières doivent fonctionner selon le niveau 1 signifiant qu’il n’y a aucune restriction sur les voyages à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. 

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Le test PCR avant le voyage est seulement recommandé, mais à leur arrivée au Chili, les voyageurs peuvent être testés au hasard. Un formulaire de santé doit être rempli et les étrangers non résidents doivent également avoir une assurance de santé pour le cas où ils se font soignés pour la COVID-19.

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Si l’alerte repasse au niveau maximum 3, ce sera le retour aux restrictions. 

En novembre, l’aéroport de Santiago avait été rouvert, suivi des terminaux des villes d’Antofagasta et d’Iquique (nord) et de Punta Arenas (sud) puis de cinq postes-frontière avec l’Argentine le 22 décembre.

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Le Chili, pays de plus de 19 millions d’habitants, a enregistré 3,5 millions de cas de coronavirus et 57 539 décès depuis le 8 mars 2020.