jeudi, juillet 09, 2020

LE CHILI ENVISAGE UNE SORTIE EXTRÊMEMENT PRUDENTE DU CONFINEMENT

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«...ET QUE DIEU BÉNISSE LE CHILI »
DESSIN LAUZAN 
Le pays est l'un des pays les plus durement frappés au monde. La barre des 300.000 cas et 10.000 décès dus au coronavirus a été franchie. Le gouvernement envisage timidement un début de levée des contraintes dans la capitale.
MISE À JOUR LE  09 07 2020
equipé d'un masque jetable se gonflant au gré des annonces, le ministre chilien de la Santé Enrique Páris a fait part de chiffres « porteurs d'espoir » lors d'une conférence de presse qui a fait état d'une décélération des contaminations depuis 23 jours, mardi 7 juillet.

Le ministre a annoncé « un plan pour commencer très progressivement, peu à peu et étape par étape, à avancer vers une future stratégie de déconfinement». D'abord réticent à l'instauration d'un isolement obligatoire, le Chili avait fini par déclarer, le 15 mai, une quarantaine stricte dans la capitale et sa région où vit plus d'un tiers de la population et où se concentrent 80 % des cas. Dans ce pays, l'un des plus touchés au monde par le virus en nombre de contaminations ramenées au nombre d'habitants, la barre des 300.000 cas et des 10.000 morts a été franchie.


L´ARGENTINE REND HONNEUR À MERCEDES SOSA POUR SES 85 ANS

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Buenos Aires, 9 juillet (Prensa Latina) La grande voix folklorique d’Argentine, Mercedes Sosa, aurait eu aujourd’hui 85 ans. La Negra, comme on l’appelait, est née à une date très particulière pour le pays.
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POCHETTES DU 33T
«CANCIONES CON 
FUNDAMENTO»
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«EL COSECHERO», 

AUTEUR RAMÓN GUMERCINDO CIDADE DIT  « RAMÓN AYALA », 
PARU DANS LE VINYL, LP, «CANCIONES CON FUNDAMENTO» 1965
LABEL: EL GRILLO ‎– 002
Prensa Latina
MERCEDES SOSA 
Dès les premières heures, les hommages se succèdent notamment sur Twitter pour lui rendre hommage, mais le moment le plus symbolique a été l´acte central présidé par le mandataire Alberto Fernández pour le 204ème anniversaire de l’indépendance argentine et lors duquel il lui a également rendu hommage.
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mercredi, juillet 08, 2020

CHILI: LES SECOURISTES DES MANIFESTATIONS D’OCTOBRE EN PREMIÈRE LIGNE CONTRE LE COVID-19

DU PERSONNEL HOSPITALIER AUTOUR D'UN MALADE DU COVID-19 À SANTIAGO DU CHILI, À L'HOPITAL POSTA CENTRAL, L'UN DES ÉTABLISSEMENTS HOSPITALIERS LES PLUS IMPORTANTS DE LA CAPITALE CHILIENNE, LE 27 JUIN 2020 (PHOTO D'ILLUSTRATION).
PHOTO IVAN ALVARADO /
 REUTERS
Au Chili, gros plan sur ces soignants qui étaient secouristes pendant les manifestations lancées en octobre dernier contre les inégalités dans le pays. Alors en première ligne pour soigner les manifestants blessés, lors des rassemblements qui ont souvent été réprimés, ils sont nombreux aujourd'hui à travailler dans les hôpitaux, en pleine pandémie de Covid-19 dans le pays. Le nouveau coronavirus a déjà fait près de 9 000 morts au Chili (au 1er juillet selon méthodologie OMS), qui compte aussi le plus grand nombre de cas au monde par rapport à sa population, derrière le Qatar. Notre correspondante au Chili a recueilli les témoignages d'anciens secouristes bénévoles, aujourd'hui en première ligne pour prendre en charge les patients atteints du coronavirus.
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ÉMISSION « REPORTAGE INTERNATIONAL»,
«LES SECOURISTES DES MANIFESTATIONS D’OCTOBRE 
EN PREMIÈRE LIGNE CONTRE LE COVID-19 »
PAR JUSTINE FONTAINE, DIFFUSION DU MERCREDI 08 JUILLET 2020
Sebastian n'a pas encore fini ses études d'infirmier, et pourtant, il travaille déjà depuis début juin dans une clinique privée de Santiago : «À cause de la pandémie, les établissements de santé embauchent des étudiants en soins infirmiers, aides-soignants, étudiants en kiné, pour pouvoir satisfaire leurs besoins actuels en personnel. »

lundi, juillet 06, 2020

EN MARCHE FORCÉE

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« ON SE RETROUVE EN 2022 ... »

AU CHILI, LE VIRUS FREINE LES AVORTEMENTS

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 DES MILITANTS POUR LA DÉPÉNALISATION DE L'AVORTEMENT
LORS D'UNE MANIFESTATION À SANTIAGO AU CHILI

PHOTO MARTIN BERNETTI. AFP 
Pandémie rime avec pénurie de pilule abortive. Le prix du médicament, très utilisé par les Chiliennes, flambe sur le marché noir.
L’angoisse de Clara a pris fin il y a deux semaines. L’enseignante de 27 ans a avorté chez elle, au milieu de la nuit, après avoir déposé sous sa langue douze pilules de Misoprostol. J’ai eu beaucoup de mal à me procurer le médicament, raconte-t-elle. Depuis mai, le Chili fait face à une pénurie de cet antiulcéreux, utilisé depuis des décennies pour des avortements médicamenteux autoadministrés.
MISE À JOUR LE  07 07 2020
Partiellement dépénalisée en 2017, l’Interruption volontaire de grossesses (IVG) reste limitée au Chili aux cas de risque vital pour la mère, de non-viabilité du fœtus ou de viol, soit 500 par ans. À comparer à quelque 120 000 avortements « clandestins », la plupart à l’aide de Misoprostol. Sauf que son commerce, illégal, a été rendu encore plus compliqué avec la fermeture des frontières, le 18 mars, pour cause de Covid-19.

J’ai acheté du “Miso” sur Internet, reprend Clara, mais le colis a été saisi par la douane. L’institutrice s’est tournée vers Facebook. Dans le maquis des annonces parfois douteuses, elle a réussi à s’en procurer in extremis. J’étais enceinte de presque treize semaines, la limite pour avorter…

Le Misoprostol a flambé sur le marché noir, passant de 80 000 pesos (86 €) la boîte à plus de 300 000 (325 €), soit le revenu mensuel moyen… Cette pénurie affecte d’abord les femmes sans emploi ou à faibles revenus, explique Dominique Truan, gynécologue et directrice de l’ONG Miles. Elles ont des difficultés d’accès aux contraceptifs et, une fois enceinte, elles ne peuvent pas débourser ces sommes délirantes. Miles craint une hausse de la mortalité maternelle.

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PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP
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CORONAVIRUS: LE CHILI FRANCHIT LE SEUIL DES 10.000 MORTS

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PHOTO ARCHIVE AFP
Le Chili a franchi le seuil des 10.000 morts dues au Covid-19, en additionnant les cas avérés et les cas probables comme le préconise l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), ont annoncé dimanche les autorités sanitaires du pays. Selon le bilan hebdomadaire du ministère chilien de la Santé, l'épidémie a fait 10.159 morts dans le pays, dont 7.057 ont le coronavirus pour cause confirmée et 3.102 pour cause «probable».
Un autre bilan officiel, publié quotidiennement et qui ne prend en compte que les cas confirmés, recense pour sa part dimanche 6.308 décès pour 295.532 cas confirmés de contamination au coronavirus. Ce bilan quotidien est toutefois jugé moins fiable que le bilan hebdomadaire par les autorités sanitaires chiliennes elles-mêmes.

samedi, juillet 04, 2020

AU CHILI, IZKIA SICHES, LA JEUNE DOCTORESSE QUI CRÈVE L'ÉCRAN ET BOUSCULE LE GOUVERNEMENT

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IZKIA SICHES, AVANT UNE RÉUNION AU PALAIS
PRÉSIDENTIEL À SANTIAGO, LE 24 MARS 2020. -

DRAGOMIR YANKOVIC - AFP

 

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À 34 ans, Izkia Siches n'a pas encore l'âge légal pour être présidente. Et cela tombe bien. Car si nombre de Chiliens lui prédisent un destin politique, l'énergique doctoresse, qui crève l'écran depuis le début de la pandémie, ne pense, pour l'instant, qu'à sortir son pays de la crise sanitaire.
MISE À JOUR LE  04 07 2020
Dans un Chili secoué depuis octobre par une profonde crise sociale, qui a mis à mal la crédibilité des institutions et des politiciens de carrière, la jeune présidente de l'Ordre des médecins, avec son franc-parler, son omniprésence sur les réseaux sociaux et les médias, et sa façon de tancer le gouvernement, est rapidement devenue la voix la plus écoutée du pays.
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L'ANCIEN MINISTRE DE LA SANTÉ 
SE DISPUTE SUR TWITTER 
AVEC IZKIA SICHES
DESSIN LAUZAN

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vendredi, juillet 03, 2020

CORONAVIRUS: LE CHILI FRAPPÉ AU COEUR DANS SES MINES DE CUIVRE

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LA MINE DE CUIVRE À CIEL OUVERT DE CHUQUICAMATA, AU CHILI.
 PHOTO IVAN ALVARADO / REUTERS
Le Chili s'inquiète du nombre de cas de coronavirus dans les mines de cuivre. Le métal rouge est la principale richesse du pays, et représente 50% de ses exportations. Les activités n'ont jamais cessé dans les mines, et les mesures de sécurité sanitaire mises en place dans le secteur n'ont visiblement pas été suffisantes. Les hôpitaux de la principale région minière du pays, Antofagasta, frôlent la saturation. Et plusieurs importantes mines de cuivre ont été forcées des derniers jours de réduire leurs activités.
MISE À JOUR LE  03 07 2020
Quarante cinq pour cent de travailleurs en moins dans la mine de Chuquicamata, la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert au monde, c'est ce qu'a décidé le géant public Codelco pour deux semaines. Car la région minière d'Antofagasta est en ce moment la plus touchée par le coronavirus au Chili, après la capitale.

Et la situation est particulièrement dramatique à Calama, comme en témoigne le maire de la ville, Daniel Agusto. « Calama se meurt. Le ministère de la Santé a décrété le confinement beaucoup trop tard, alors que la contagion, les nouveaux cas, étaient déjà hors de contrôle. »

Le cimetière est plein et en ce moment le taux d'examens positifs au Covid-19 atteint même 80% dans les centres de santé municipaux de la ville. Le maire accuse le secteur minier d'avoir voulu faire passer les profits avant la santé des salariés.

Hugo Benitez, le président de l'ordre des médecins de la région d'Antofagasta, appelle les mines à la responsabilité. « Elles ont provoqué la contagion de 1500 employés au moins. Nous comprenons que l'activité minière soit extrêmement importante pour le pays et pour cette région, mais pour protéger le secteur il faut protéger aussi les personnes qui y travaillent ! »

Il propose en vain, depuis fin mars, d'imposer une quatorzaine préalable aux salariés qui viennent chaque semaine ou toutes les deux semaines remplacer l'équipe précédente dans les mines.

AU CHILI, HOMMAGE À ANGELA JERIA, LA MÈRE DE MICHELLE BACHELET

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 PORTRAIT D'ÁNGELA JERIA
PHOTO ARCHIVE CIPER
La presse chilienne rend un hommage poignant à Angela Jeria, la mère de l’ex-présidente Michelle Bachelet, qui s’est éteinte jeudi à l’âge de 93 ans. «Une femme sage et vaillante », titre El Mostrador qui relaye les hommages que le monde politique chilien, quasi unanime, a rendus à cette figure de la démocratie et des droits de l’Homme en Amérique latine. Jeudi 2 juillet, le Parlement chilien a observé une minute de silence. Le journal Ciper publie un portrait émouvant d’Angela Jeria. Anthropologue, professeure à l’Université de Chile, elle avait épousé le général Bachelet, un proche de Salvador Allende arrivé au pouvoir en 1970. 
FAMILLE BACHELET - JERIA EN 1961
Elle connaissait personnellement le président de l’Unité populaire avant qu’en 1973, Allende ne soit renversé par un coup d’État militaire orchestré par Augusto Pinochet. Son mari meurt derrière les barreaux et Angelica est faite prisonnière avec sa fille, Michelle Bachelet. Toutes deux sont torturées par des hommes de la junte militaire. En 1975, Angela et sa fille s’exilent en direction de l’Australie. Il lui est interdit de retourner au Chili jusqu’en 1979. 


LA PRÉSIDENTE MICHELLE BACHELET (DROITE)
 AVEC SA MÈRE ANGELA JERIA.
PHOTO LA TERCERA
Angela Jeria y rentrera dans les années 1980 pour y défendre les droits de l’Homme. Elle sera de nouveau arrêtée à plusieurs reprises, puis relâchée. Le journal La Tercera consacre un article à la filiation politique entre Angela et sa fille, Michelle Bachelet, présidente du Chili entre 2006 et 2014 et actuellement Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme.

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FLYER DU PCCh

mercredi, juillet 01, 2020

EN MARCHE FORCÉE

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« VERDISSEMENT D'IMAGE »


LE POÈTE CHILIEN EFRAÍN BARQUERO EST MORT

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PORTRAIT D'EFRAÍN BARQUERO
PHOTO JAIME PIÑA
Efraín Barquero, nom de plume du célèbre poète chilien Sergio Efraín Barahona Jofré, est décédé ce dimanche 29 juin à Santiago du Chili, à l’âge de 89 ans.
Cet auteur de recueils de poésie, passeur de cultures, amoureux de sa liberté s’était installé à Marseille en 1975 après le coup d'État du 11 septembre 1973 au Chili.

Ce sont les Éditions Lastarria qui ont annoncé la triste nouvelle, à travers leurs réseaux sociaux, et ont communiqué que le décès de l’écrivain de Arbre Marin (1950) et Le poème noir du Chili (1974).

Efraín Barquero fait partie de la génération littéraire dite de 1950, et au cours de sa longue carrière, il a remporté plusieurs prix, dont le Prix National de Littérature en 2008.

Comme beaucoup de poètes nationaux, Sergio Barahona passa par la carrière diplomatique, en tant qu’attaché culturel en Colombie sous le gouvernement de Salvador Allende.


mardi, juin 30, 2020

LA PANDÉMIE RÉVÈLE LA SITUATION RÉELLE DU CHILI

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 LES EFFETS DE LA PANDÉMIE SONT BIEN VISIBLES
DANS LES RUES DE SANTIAGO DU CHILI.
PHOTO KEYSTONE / ALBERTO VALDES
La Covid-19 frappe durement l’Amérique du Sud. Le Chili a désormais dépassé l’Italie et l’Espagne en nombre d’infections. Le pays a franchi le seuil des 270'000 cas, ce qui remet en question sa capacité sanitaire. Deux Suissesses expatriées au Chili, racontent comment elles font face à la crise et parlent de leurs craintes, de leurs familles et de leurs espoirs en cette époque de coronavirus.
MISE À JOUR LE 30 06 2020
Les dernières données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indiquent que le Brésil, le Pérou, le Chili et le Mexique sont – dans l’ordre – les pays comptant le plus grand nombre d’infections confirmées. Dans le même temps, le CSSE de l’Université Johns Hopkins place le Chili devant l’Espagne et l’Italie. Cette crise sanitaire aggrave encore la crise sociale qui a explosé en octobre 2019 en raison des inégalités qui règnent dans le pays.
Les Suisses en Amérique du Sud
Les statistiques officielles suisses (2019) indiquent que 46'418 citoyens helvétiques sont enregistrés en Amérique du Sud. Parmi eux, 5490 vivent au Chili. Il s’agit de la troisième communauté suisse dans la région, après celles du Brésil et de l’Argentine. 

«Je ressemble à une nonne cloîtrée»


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Les témoignages de Brigitte Ackermann, 72 ans, et de Regula Ochsenbein, 71 ans, concordent sur plusieurs points. Peut-être est-ce dû à la sagesse de l’âge ou à leurs expériences d’expatriées: les deux femmes donnent une vision claire et précise de la situation dans leur pays d’accueil.

Originaire du canton du Jura, Brigitte Ackermann vit à Viña del Mar avec son mari chilien. Née à Lucerne et élevée entre Bâle et Berne, Regula Ochsenbein vit seule à Santiago du Chili, depuis que sa fille est partie au Canada l’an dernier.

Les deux expatriées respectent toutes les indications du gouvernement chilien. De plus, elles avouent écouter les recommandations venant de Suisse, ce qui les a aidées à être prêtes lorsque le virus a atterri au Chili. Bien que sa commune n’ait décrété le confinement qu’il y a une semaine, Brigitte Ackermann s’est mise volontairement en quarantaine en mars, parce qu’elle savait qu’elle devait être suffisamment en forme pour prendre soin de son mari de 90 ans.

Regula Ochsenbein a pris les mêmes précautions. «Je suis en quarantaine volontaire depuis la mi-mars, raconte-t-elle. J’avais alors assisté à la veillée mortuaire d’un prêtre-ouvrier et nous avons ensuite appris que plusieurs religieuses présentes avaient été infectées. Depuis lors, je n’ai jamais pris les transports publics et je ne sors de la maison que pour balayer le passage ou acheter du pain au coin de la rue. Je ressemble à une nonne cloîtrée! Dans ma commune (Gran Santiago), la quarantaine obligatoire dure environ 7 semaines.»

La Suisse, la famille et les craintes


PHOTO FACEBOOK
Le fait d’être loin de sa famille et de ses amis lorsqu’on vit dans des situations extrêmes peut réveiller des craintes et des inquiétudes qui ne sont pas perçues dans des conditions «normales». Un autre point commun de ces deux femmes est leur courage.

«J’ai ma famille en Suisse: mes deux enfants et mes deux petits-enfants sont répartis entre Lausanne et Neuchâtel», raconte Brigitte Ackermann, qui assure qu’à aucun moment elle n’a pensé à rentrer dans son pays lorsque la crise a éclaté, non seulement parce que la pandémie n’y est pas encore terminée, mais aussi parce qu’elle vit au Chili avec son mari depuis une décennie.

«Je n’ai pas eu peur pour les miens, car ils prenaient soin d’eux et parce que la Suisse avait des mesures strictes qui étaient bien respectées. Ma fille avait plus peur pour nous. Je ne suis pas peureuse de nature. Je suis positive et confiante dans la vie. Je crois en mon intuition», confie Brigitte Ackermann, qui est par ailleurs la représentante du Chili au Conseil des Suisses de l’étranger.

Regula Ochsenbein, qui a travaillé à l’ambassade de Suisse au Chili pendant de nombreuses années, a également laissé de la famille dans son pays d’origine. Sa sœur cadette, ses petites-nièces et petits-neveux, ainsi que de nombreux amis de l’école et de l’université. Pourtant, il ne lui est jamais venu à l’idée de revenir en raison de la pandémie.

«Je n’ai pas peur de ne plus les revoir, car les Suisses sont plus disciplinés pour respecter les restrictions imposées par les autorités, et le système de santé est excellent. Ici, j’ai une maison avec six chiens, et 40 ans de ma vie au Chili avec des amis chiliens. Je me sens en sécurité, parce que je ne sors pas. Je parle de porte à porte avec mes voisins et par WhatsApp avec mes amis. J’achète ce dont j’ai besoin en ligne et je n’ai jamais été paranoïaque. Je me lave toujours les mains et je mange bien pour maintenir mes défenses élevées, car personne n’est immunisé», déclare-t-elle.

«Ils ont oublié d’aider les pauvres»


 « SOUPES POPUBER »
DESSIN LAUZAN
Lorsque la pandémie est arrivée au Chili, le 3 mars, les blessures de l’explosion sociale déclenchée en octobre 2019 à cause des inégalités et la pauvreté croissantes n’étaient pas encore cicatrisées. Cela a encore mis en lumière la vulnérabilité du gouvernement.

«Je ne peux pas nier que j’ai ressenti de la peur et que je souffre parfois d’insomnie, confie, angoissée, Regula Ochsenbein. Pas tant pour moi que pour ceux qui ne peuvent pas prendre les mêmes précautions, qui doivent choisir entre aller travailler au risque d’être infecté ou s’enfermer dans des logements sociaux surpeuplés ou des constructions précaires et mourir de faim.»

Brigitte Ackermann partage cette inquiétude. Elle juge la situation «catastrophique», surtout à Santiago. «La pandémie montre la situation réelle du pays, dit-elle. Il est très difficile de mettre en œuvre les mesures sanitaires que le gouvernement a édictées sans aider les pauvres. La situation économique de nombreuses personnes ne leur permet pas de s’y conformer sans être accompagnées.»

Les deux expatriées estiment que le gouvernement a réagi tardivement et que la situation économique de nombreuses personnes ne permet pas de mettre en œuvre ces mesures sans une aide suffisante de l’État.  Les politiques de santé ne peuvent pas réussir si elles ne vont pas de pair avec une politique sociale et économique. Ceux qui sont descendus dans la rue pour protester, puisqu’ils n’avaient rien à perdre sauf leur vie, sont les mêmes qui organisent les soupes populaires dans les quartiers périphériques des grandes villes, explique Regula Ochsenbein.

«Au niveau de la santé, la collaboration entre le secteur public et le secteur privé ne fonctionne pas bien, alors que ce serait nécessaire dans des moments aussi difficiles que ceux que nous vivons», s’inquiète Brigitte Ackermann.

Sans perdre espoir, les Suissesses pensent qu’après cette crise mondiale sans précédent qu’est la pandémie de Covid-19, rien ne changera véritablement...


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