mardi, décembre 26, 2006

Il a vraiment fait ça, Freud ?

C’est l’un des plus anciens et des plus opiniâtres serpents de mer de l’histoire de la psychanalyse qui n’en manque pas. Il semble pourtant qu’on ne se soit jamais autant rapprochés de la résolution de l’énigme, sans que pour autant cela bouleverse notre approche de la théorie de l’inconscient : oui et non, Sigmund Freud s’est-il tapé sa jeune belle-soeur ? Pardonnez mon langage quelque peu grivois mais c’est bien de cela qu’il s’agit dans ce que les experts considéraient avec une telle importance qu’ils l’appelait l”‘affaire Minna” -non que Mrs Bernays fut spécialement une affaire mais il semble que sa proximité avec le maître ne fut pas sans influence sur sa biographie intellectuelle (mais laquelle ? là, je m’y perds…). Jusqu’à présent, les plus éminents historiens de la psychanalyse s’accordaient sur le fait qu’une réelle attirance réciproque les liait, en tout cas au-delà des limites généralement admises par la bellefamilliarité.

Il est vrai que depuis longtemps certains assuraient qu’elle avait même dû avorter, mais toutes les sources remontaient toujours à Carl Gustav Jung, considéré par bien des gardiens du temple comme une langue de pute pour tout ce qui touche à Freud. En fait, on leur supposait une longue liaison mais rien ne permettait de l’imaginer autre que platonique puisque Freud lui-même le laissait entendre. Or un chercheur vient de découvrir un document attestant que Sigmund et Minna Bernays ont séjourné au même moment et dans la même chambre d’hôtel. Ca s’est passé le 13 août 1898 au cours de vacances dans les Alpes. Chambre 11 du Schweizerhaus (Maloja). Il avait 42 ans et elle 33. La preuve? Une page jaunie du registre sur laquelle on peut lire : fredu.jpg“Dr Sigm Freud u frau”, ce qui signifie qu’en plus, il la faisait passer pour sa femme légitime ! On savait qu’il y avait été en villégiature, ainsi que sa belle-soeur, mais on ignorait qu’ils y avaient été si proches. Celui qui a découvert le pot aux rosses est un sociologue mâtiné de psy du nom de Franz Maciejewski. Sa révélation peut jeter un trouble dans certaines chapelles de la psychanalyse en ce que la personne de Freud y est souvent idéalisée au-delà du raisonnable. Parfois, la vénération y est telle qu’elle prête un comportement irréprochable au théoricien de la sexualité lequel, rappelons-le, reconnût lui-même avoir cessé de faire l’amour après 45 ans. Bref, tout cela est très freudien. Et si l’on découvrait qu’il s’agissait d’une chambre à deux lits séparés par une table de nuit, choix résultant d’un lapsus de Sigmund au moment de la réservation ?
La république des livres Blog de Pierre Assouline