mercredi, novembre 20, 2019

SYMBOLE. LE WIPHALA, EMBLÈME SACRÉ DES PEUPLES INDIGÈNES EN BOLIVIE

 [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] 
DES SUPPORTERS DU PRÉSIDENT DÉCHU EVO MORALES
ARBORENT LE WHIPALA, LE 15 OCTOBRE À SANTA CRUZ.
PHOTO / REUTERS / DAVID MERCADO
Ces jours-ci, dans les rues agitées des villes boliviennes, l’emblème multicolore des peuples indigènes est brandi à la fois pour protester et pour se protéger des violences, constate Página Siete, qui revient sur ce symbole de l’identité bolivienne.
   « EN BOLIVIE, LE "WIPHALA", DRAPEAU DES INDIGÈNES
 EST ATTAQUÉ APRÈS LE DÉPART D'EVO MORALES »
[ Cliquez sur la flèche pour voir la vidéo ] 
LE WIPHALA
DESSIN AMORIN
Le wiphala et son petit air d’arlequin avec ses couleurs vives est partout dans les rues de la capitale administrative, La Paz, ou d’El Alto, non loin de là. Ce drapeau, “l’un des emblèmes patriotiques de la Bolivie, est devenu un symbole à la fois pacifique et guerrier”, note Página Siete.

Il y a ceux qui le brandissent ou s’en drapent en défilant dans la rue, et ce sont les partisans d’Evo Morales, qui réclament le retour de leur président, exilé depuis sa démission, le 10 novembre. Des cocaleros – cultivateurs de feuilles de coca – et des citoyens sympathisants du MAS, le parti d’Evo Morales.

Et il y a ceux qui ne veulent surtout pas être la cible d’agressions contre leur commerce, leur maison, leur voiture et arborent désormais le wiphala sur leur façade ou en couvrent leur véhicule.

C’est pour qu’on sache que je ne suis pas contre eux, témoigne une commerçante d’un marché de La Paz. Je veux seulement travailler.

Un symbole sacré


Le drapeau wiphala est devenu en l’espace de quelques jours un symbole honni par les adversaires d’Evo Morales les plus extrémistes, un étendard de protestation contre son départ, et une “amulette pour se protéger”, explique le journal.

Le 11 novembre dernier, après le départ du président Evo Morales, le wiphala a été retiré du siège du gouvernement et brûlé devant les caméras par des opposants échauffés, provoquant la colère de nombreux Boliviens, quelle que soit leur posture dans le conflit. Aussitôt, les réseaux sociaux se sont emplis de messages demandant de respecter le wiphala, alors que dans le même temps, d’autres images circulaient, montrant des policiers qui retiraient le ruban aux couleurs du wiphala de leur uniforme.

Depuis 2009 et la nouvelle Constitution bolivienne promulguée par Evo Morales, le wiphala est devenu l’emblème national aux sept couleurs des peuples indigènes. Du vert pour l’agriculture, du rouge pour la Terre mère, du jaune pour la force et l’énergie… Issu de mots aymaras, son nom signifie “le triomphe qui ondule sous le vent”. Et selon l’article 28 de la Constitution qui l’évoque, le wiphala est “un symbole sacré du système communautaire fondé sur l’équité, l’égalité, l’harmonie, la solidarité et la réciprocité”.