vendredi, août 14, 2020

UN ANCIEN ARCHEVÊQUE CHILIEN DÉCÈDE AVANT D’AVOIR ÉTÉ JUGÉ POUR ABUS SEXUEL

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FRANCISCO JOSE COX HUNEEUS
 

Deux ans après avoir été renvoyé de l’état clérical par le pape, Francisco Jose Cox Huneeus, soupçonné d’agressions sexuelles sur mineurs, est mort à 86 ans, mercredi 12 août au Chili.

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C’est par un communiqué du mouvement de Schoenstatt, dont il était membre, que l’on a appris le décès de Francisco Jose Cox Huneeus à 86 ans, au Chili, mercredi 12 août. Il est décédé des suites d’une « insuffisance respiratoire et multisystémique » et a été enterré le jour même, en présence de seulement quatre religieux de Schoenstatt.

→ CONTEXTE. Le fondateur du Mouvement de Schoenstatt accusé d’abus sexuels

Cet ancien archevêque chilien, qui fut le premier évêque de Chillan (1975-1981) puis l’archevêque de La Serena (1990-1997), avait été renvoyé de l’état clérical par le pape argentin en février 2018, après une enquête menée par la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF).

Des allégations d’abus sexuels sur mineurs avaient été portées contre lui dans les deux diocèses chiliens où il avait été évêque, ainsi qu’en Allemagne, où il avait vécu entre 2002 et 2019. Mais il ne pourra plus jamais être jugé pour ces allégations.

Visite de Jean-Paul II au Chili

Francisco Cox avait travaillé, entre 1981 et 1990, à l’ancien Conseil pontifical pour la famille et avait été sollicité, en 1987, pour organiser la visite de Jean-Paul II au Chili, ce qui lui avait permis de devenir un proche du cardinal Angelo Sodano lorsque celui-ci était nonce au Chili (1977-1988).

De nombreux observateurs et victimes d’abus au Chili accusent le cardinal Sodano d’avoir été à l’origine de la « culture de la dissimulation » mise en cause par François dans sa lettre aux catholiques chiliens de mai 2018. Il aurait également longtemps protégé le fondateur des Légionnaires du Christ, Marcial Maciel, après être devenu secrétaire d’État du Vatican pendant les dernières années du pontificat de Jean-Paul II.

Le communiqué de Schoenstatt-Chili rappelle que «Francisco Cox a fait l’objet d’une enquête à caractère pénal à propos des abus sexuels qu’il aurait commis. C’est dans ce contexte que nous partageons intensément et profondément la douleur des victimes. Nous affirmons, déclare encore de communiqué, que toute situation d’abus va à l’encontre de notre mission et nous réitérons notre entière coopération avec la justice ».

Démission en 1997

Ce communiqué rappelle aussi que le pape François avait autorisé l’ancien archevêque, en raison de son âge, à rester un membre laïc de Schoenstatt afin que l’institut séculier continue de s’occuper de lui.

En fait, dès 1997, la démission de l’archevêque de La Serena, à 63 ans, avait été discrètement acceptée par le Vatican. Soit cinq ans après qu’un prêtre avait déposé plainte auprès de la Conférence épiscopale du Chili (CECH) en affirmant que Mgr Cox avait des relations sexuelles avec un jeune homme.

→ À LIRE. Abus sexuels au Chili, le pape renvoie deux évêques de l’état clérical

Il continua pourtant d’assumer des tâches pour le Conseil épiscopal latino-américain (Celam) et pour le Vatican jusqu’en 2002, date à laquelle, à la demande de la Congrégation pour les évêques du Vatican, il commença à vivre « une vie de pénitence et de prière », d’abord en Suisse puis en Allemagne, dans le cadre du mouvement de Schoenstatt.

En 2002, le cardinal Francisco Javier Errazuriz, archevêque de Santiago du Chili et membre de Schoenstatt, avait qualifié les allégations contre Mgr Cox de « rumeurs ». Toutefois, quelques jours plus tard, il avait demandé pardon, dans une déclaration, à « ceux qui avaient été blessés par les actes de l’archevêque à la retraite ». Le cardinal Errazuriz fait aujourd’hui l’objet d’une enquête par les procureurs chiliens pour avoir couvert des prêtres prédateurs.

jeudi, août 13, 2020

CHILI : LE NOMBRE D'INFECTIONS AU CORONAVIRUS DÉPASSE LA BARRE DES 380.000 DONT 10.299 CAS MORTELS

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DESSIN ALEN LAUZÁN
SANTIAGO, 13 août 2020. Le Chili a enregistré à la date de jeudi 380.034 cas positifs au coronavirus et 10.299 décès liés au COVID-19 depuis le début de la pandémie.

Xinhua

MISE À JOUR LE  14 08 2020

Au cours des dernières 24 heures, les tests de dépistage ont permis de détecter 1.852 nouveaux cas, et 94 décès supplémentaires ont été signalés, selon le ministère de la Santé.

Parmi les nouvelles infections, 1.343 personnes présentent des symptômes.

Un total de 1.259 patients sont hospitalisés dans des unités de soins intensifs, dont 203 se trouvent dans un état critique.

Selon les autorités sanitaires chiliennes, 353.131 anciens patients se sont rétablis de la maladie, tandis que 16.604 cas sont actuellement considérés comme actifs.

Le Chili a déclaré l'état de catastrophe nationale il y a plusieurs mois afin de mieux faire appliquer les mesures de confinement et de distanciation sociale avec l'aide de l'armée et de la police. Ces mesures comprennent également un couvre-feu. 

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PABLO DELCAN

« Grâce aux données collectées par les chercheurs de 
l'université américaine Johns-Hopkins, (JHU) qui recensent les cas et les décès confirmés, il est possible de suivre jour après jour l’évolution de l’épidémie au Chili. »
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lundi, août 10, 2020

CONDAMNATION D’ANCIENS MILITAIRES AU CHILI POUR CRIMES DE LA DICTATURE

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CHILI, SEPTEMBRE 1973, PAR KOEN WESSING.
PHOTO KOEN WESSING/NEDERLANDS FOTOMUSEUM,
ROTTERDAM, PAYS-BAS

 

Santiago du Chili, 10 août 2020 (Prensa Latina) La Cour d’appel de Santiago a condamné un général à la retraite et trois autres anciens militaires pour l´assassinat de 12 personnes lors de ce qui a été appelé la Caravane de la Mort, en octobre 1973, après 46 ans d’impunité.

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Le jugement, rendu samedi, établit pour le général Santiago Sinclair cinq ans et un jour de prison, comme auteur d’homicides qualifiés; et trois ans pour Robert de la Mahotiere, comme complice de l’exécution, et a ainsi annulé le jugement de première instance qui avait acquitté les deux militaires à la retraite.

Il a également confirmé les condamnations de Juan Viterbo Chiminelli Fullerton, comme auteur des crimes à cinq ans et un jour de prison, et de Pedro Espinoza Bravo, à dix ans de prison.

Parmi les 12 victimes figurait le dirigeant du Mouvement de gauche révolutionnaire et leader paysan Gregorio José Liendo Vera, et tous étaient des travailleurs du bois de Panguipilli.

L’avocat Francisco Ugás a déclaré aux médias qu’après plus de 46 ans d’impunité totale, ce jugement condamne pour la première fois celui qui est devenu lieutenant général de l’armée, Commandant en chef de cette institution et représentant de celle-ci auprès de la junte militaire, ainsi que sénateur désigné.

Il a ajouté que bien que Santiago Sinclair ait fait l’objet d’une enquête dans d’autres affaires, dont celle de cinq personnes disparues en 1987, et celle de Carmen Gloria Quintana et Rodrigo Rojas De Negri, qui ont été brûlés vifs, n’a jamais été condamné pour sa participation à des crimes contre l’humanité pendant la dictature.

Malgré les condamnations, le juriste a considéré qu’il était erroné d’appliquer la prescription moyenne de l’infraction pour fixer la durée des peines, car cela ne peut être appliqué à des crimes contre l’humanité, et a noté qu’il établirait un recours pour que les peines soient élevées à l’encontre des condamnés, pour qu’elles soient 'justes, proportionnées et appropriées'.

peo/agp/rc

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#TODALAVERDADTODALAJUSTICIA
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dimanche, août 09, 2020

ABUS SEXUELS : DES LETTRES ALIMENTENT LA CONTROVERSE SUR LE FONDATEUR DU MOUVEMENT DE SCHOENSTATT

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PHOTO PATER KENTENICH

Les faits Après la révélation de documents expliquant la mise à l’écart du P. Josef Kentenich, fondateur du Mouvement de Schoenstatt, par des abus sexuels sur des religieuses, d’autres lettres datant des années 1980 indiquent que le cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, était au courant.
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Début juillet, l’historienne allemande Alexandra von Teuffenbach, ancienne professeur à l’Université pontificale du Latran, avait retrouvé, dans les archives du pontificat de Pie XII ouvertes depuis mars dernier, un rapport prouvant des abus sexuels commis sur des religieuses par le père Josef Kentenich (1885-1968) et expliquant ainsi la mise à l’écart par le Vatican, de 1951 à 1965, du fondateur du Mouvement de Schoenstatt.

Jusqu’ici, les biographies officielles de ce prêtre allemand pallotin, fondateur en 1914 au lieu-dit de Schoenstatt, près de Coblence (Allemagne), du qui compte aujourd’hui 100 000 membres dans 42 pays dont 20 000 en Allemagne, ne mentionnaient pas ces informations. Elles insistaient surtout sur son opposition au nazisme et sa déportation à Dachau, et expliquaient que l’« exil » du père Kentenich (dans un couvent pallottin du Milwaukee, aux États-Unis) était dû à des «oppositions » contre un mouvement « dont la solidité et l’extension » engendraient « des jalousies».

« Protéger Schoenstatt dans son ensemble »


PHOTO HEMANAS DE MARIA DE SCHOENSTATT 
D’autres lettres datant des années 1980 et récemment découvertes montrent que le cardinal chilien Javier Errazuriz, président de l’Œuvre Schoenstatt de l’époque, et le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), ont souvent échangé à propos du père Kentenich.


Selon l’agence de presse catholique allemande KNA, dans une lettre du 11 juillet 1983, le cardinal Errazuriz, archevêque émérite de Santiago du Chili depuis 2010, soutenait que le Vatican avait décidé, en octobre 1965, d’autoriser le fondateur de Schoenstatt à rentrer en Allemagne, ce qui, aux yeux de certains, avait été interprété comme une réhabilitation de facto.

Dans sa réponse du 15 novembre 1983, le cardinal Ratzinger traitait principalement du développement de Schoenstatt et mentionnait à peine le père Kentenich, si ce n’est pour préciser que les mesures prises à son encontre par Rome et son exil forcé avaient pour but « de protéger les idées religieuses du père Kentenich, de les appliquer au bien spirituel de l’Église et de protéger l’Œuvre dans son ensemble ainsi que les membres individuels de dangers possibles ».

Enquête interne


Le cardinal Ratzinger, qui deviendra plus tard le pape Benoît XVI, n’ayant pas donné de précisions quant à la décision du Vatican d’octobre 1965 de réhabiliter, ou non, le père Kentenich, il restait difficile de savoir si les accusations contre le fondateur de Schoenstatt ont été abandonnées à son retour en Allemagne. Cependant, une précédente lettre du cardinal Ratzinger de 1982, retrouvée il y a quelques jours, indique que le Vatican n’avait levé aucune décision antérieure sur « l’enseignement, les activités et la personne » du père Kentenich.

Mais il reste certain que le fondateur de Schoenstatt a été contraint de quitter l’Allemagne en 1951, à la suite d’une enquête menée, à la demande du Vatican, par le jésuite hollandais Sebastiaan Tromp. Celui-ci avait décrit un « environnement très sexualisé » autour du fondateur de Schoenstatt et avait alerté Rome du «grave abus de pouvoir de la part du fondateur au détriment des sœurs ». Le jésuite avait également retranscrit une lettre d’une sœur allemande, à l’époque au Chili, qui rapportait un abus sexuel commis par le père Kentenich.

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samedi, août 08, 2020

CORONAVIRUS: LE CHILI FRANCHIT LE CAP DES 10 000 MORTS

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DESSIN ALEN LAUZÁN

 

Le Chili a franchi samedi le cap des 10 000 morts dus au nouveau coronavirus, cinq mois après l’apparition du premier cas dans ce pays latino-américain, l’un des plus touchés dans la région, a annoncé le ministre de la Santé. 

Le Journal de Montréal avec l'AFP

MISE À JOUR LE  08 08 2020

au cours des dernières 24 heures, il y a eu 53 nouveaux décès, portant le bilan total des morts à 10 011. Au cours de la même période, les autorités ont recensé 2201 nouveaux cas de contamination, portant le total à plus de 370 000, a déclaré au cours d'une conférence de presse le ministre Enrique Páris.

Mais le bilan des morts du virus au Chili atteint 13 426 si on inclut les morts suspectes, selon les critères de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Dans ce cas de figure, le Chili, qui compte 18 millions d'habitants, atteint un taux de 523,7 morts par millions d'habitants, un chiffre supérieur aux 468,4 morts pour un million du Brésil.

Celui-ci, qui compte 212 millions d'habitants est le pays d'Amérique latine le plus endeuillé par la pandémie, avec près de 100 000 morts, et le deuxième dans le monde pour le nombre de cas de contamination (près de trois millions) derrière les États-Unis (4,8 millions de cas), selon les statistiques de l'université américaine Johns Hopkins.

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ILLUSTRATION 
PABLO DELCAN

« Grâce aux données collectées par les chercheurs de 
l'université américaine Johns-Hopkins, (JHU) qui recensent les cas et les décès confirmés, il est possible de suivre jour après jour l’évolution de l’épidémie au Chili. »
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BRAS DE FER AUTOUR DE LA REMUNICIPALISATION DE L’EAU AU CHILI

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PHOTO FRANCISCO JAVIER CORNEJOS C

En juin, le groupe Suez a menacé de porter plainte contre le Chili s’il remunicipalise la gestion de l’eau dans la ville d’Osorno.  Un mois plus tard, quatre ONG lui ont demandé de modifier son plan de vigilance, sur la base de la loi adoptée en France en 2017. Celle-ci oblige les multinationales françaises à respecter les droits humains et l’environnement partout dans le monde.

Par Isolda Agazzi

LA LUTTE CONTRE LA
PRIVATISATION DE L’EAU

Après un an de contestation sociale parfois violente, arrêtée temporairement par la crise du coronavirus, le Chili devrait voter le 25 octobre sur le lancement d’un processus en vue de rédiger une nouvelle constitution. C’est dans le cadre de ces consultations citoyennes que les habitants de Osorno, une ville de 150’000 habitants dans le sud du pays, se sont exprimés à 90% en faveur de la remunicipalisation de l’eau, dont la gestion est actuellement confiée à ESSAL, une filiale de  la multinationale française Suez – qui détient plus de 43% du marché de la distribution de l’eau dans le pays.


En cause : une coupure d’eau de plus de dix jours advenue en juillet de l’année passée, après que 2’000 litres de pétrole avaient été déversés dans l’usine d’eau potable gérée par ESSAL, suite à une série de négligences dans l’entretien et le contrôle. Le manque d’eau a affecté les ménages, les hôpitaux et les maisons de retraite, menaçant le droit à l’eau et à la santé des habitants, selon la FIDH, la Red Ambiental Ciudadana de Osorno, l’Observatorio ciudadano et la Ligue française des droits de l’homme. Le 9 juillet 2020, ces quatre ONG ont écrit à Bertrand Camuz, directeur général de Suez, pour lui demander de détailler son plan de vigilance pour ses activités au Chili.


Cinq mises en demeure et deux assignations devant les tribunaux français


Sans réponse satisfaisante dans les trois mois, elles vont assigner la multinationale en justice devant les tribunaux français, demandant qu’il lui soit enjoint, le cas échéant sous astreinte, de mettre en place des mesures pour éviter que de tels incidents se reproduisent. Elles peuvent faire cela en vertu de la loi sur le devoir de vigilance du 27 mars 2017, qui oblige les entreprises françaises d’une certaine taille, leurs filiales et sous-traitants, à prévenir les risques d’atteinte aux droits humains et à l’environnement par la mise en œuvre effective du devoir de vigilance. Concrètement, elles doivent montrer qu’elles ont pris toutes les mesures nécessaires pour prévenir les atteintes aux droits humains et à l’environnement le long de leur chaîne de production, partout dans le monde.


Sur la base de cette loi, on dénombre actuellement en France cinq mises en demeure et deux assignations devant les tribunaux.


Menace de plainte devant les tribunaux arbitraux


Cette action intervient alors qu’un mois plus tôt, le 16 juin, Suez a menacé de porter plainte contre le Chili en raison de la volonté de la ville de Osorno de mettre fin à son contrat avec ESSAL, sur la base du traité de protection des investissements entre le Chili et l’Espagne.


Suez est largement familière de ces procédures devant les tribunaux privés, ayant porté plusieurs plaintes contre l’Argentine suite à la vague de remunicipalisation de l’eau du début des années 2000. Un tribunal arbitral avait condamné l’Argentine à verser 400 millions d’euros de compensation à Suez pour la renationalisation de la fourniture de l’eau à Buenos Aires en 2006. Suez avait aussi menacé de porter plainte contre l’Indonésie pour la même raison.


Test majeur de la primauté des droits humains sur le profit – ou l’inverse


La remunicipalisation de l’eau à Osorno ouvrirait une brèche dans la renationalisation des services publics au Chili, largement privatisés pendant la dictature d’Augusto Pinochet et, sous la pression du FMI et de la Banque mondiale, depuis le début des années 1990. Les quatre ONG détaillent que pour les clients d’Osorno, les tarifs de l’eau ont augmenté de 343% en 20 ans, alors que Suez a tiré largement profit des 159 millions d’euros du résultat opérationnel de sa filiale Aguas Andinas, par laquelle elle contrôle ESSAL et d’autres filiales dans le pays.


La privatisation des services publics est remise en question par les manifestants chilien qui réclament davantage de justice sociale, non seulement à cause de la hausse des prix, mais aussi de la fréquence des incidents et des graves coupures d’eau. Le Chili est particulièrement à risque de manquer d’eau en raison du changement climatique, de la fonte des glaciers et de la baisse des précipitations.


Les batailles judiciaires qui s’annoncent, devant les tribunaux français et/ou devant un tribunal arbitral, vont être un test majeur de la primauté des droits humains sur le profit – ou l’inverse – dans le respect de la volonté populaire et de la souveraineté des Etats.

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jeudi, août 06, 2020

L’ONU APPELLE À ENQUÊTER SUR LA VIOLENCE CONTRE LE PEUPLE MAPUCHE AU CHILI

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M. JAN JARAB
PHOTO ONU

Santiago du Chili, 6 août 2020. Le responsable régional du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU, Jan Jarab, a demandé mardi au gouvernement du Chili d’encourager le dialogue avec le peuple mapuche et d’enquêter sur les événements violents de ces derniers jours.

Prensa Latina

«LA CRIMINALISATION DU CONFLIT MAPUCHE »
DESSIN LAUZAN 

Nous demandons instamment qu’une enquête rapide,indépendante et approfondie soit menée sur les faits, en particulier sur les allégations d’usage excessif de la force de police et les propos discriminatoires à l’encontre du peuple mapuche, a déclaré Jarab, qui a appelé le gouvernement à renforcer le dialogue avec ce peuple originaire.

Le fonctionnaire a fait ces signalements en référence aux violences qui se sont produites le week-end dernier dans la région de l’Araucanie, où des civils armés se sont heurtés à des membres du peuple originaire qui avaient pris possession des bureaux de certaines municipalités.

Jarab a insisté sur le fait que la solution au conflit mapuche ne pouvait se concentrer uniquement sur l´intervention de la police, car à son avis, cela aggraverait ce qu’il a qualifié de 'processus chronique de tension, de méfiance et de conflit, non exempt de violations des droits de l’Homme'.

Il s’est également déclaré préoccupé par l’état de santé des prisonniers mapuches qui font une grève de la faim depuis plus de deux mois et qui demandent à purger leur peine dans leurs communautés.

Il a exprimé l’espoir que des accords pourraient être conclus dans le respect du droit international, notamment de la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail relative au traitement spécial des peuples autochtones, et dont l’État du Chili est signataire.

Pendant ce temps, la tension continue en Araucanie, où des forces spéciales de carabiniers ont attaqué avec des gaz et des jets d’eau une marche de mapuches dans le centre de Temuco, capitale de cette région.

Des rapports provenant de cette ville indiquent qu’environ 500 personnes se sont rassemblées mardi sur la place Dagoberto Godoy et que plusieurs manifestants ont finalement été arrêtés.

On a également appris que les femmes et les hommes mapuches qui ont été agressés par des civils armés samedi dernier déposeront dans les prochains jours une accusation pénale pour ces crimes graves.

L’avocat Jaime Madariaga, représentant des intéressés, a déclaré qu’une enquête sérieuse du ministère public serait nécessaire, parce que l’image des carabiniers laissant les criminels agir contre des citoyens mapuches donne l’impression que l’État n’est pas là pour les protéger mais pour les persécuter. peo/agp/rc


CHILI: L'AVORTEMENT RENDU PLUS DIFFICILE ET PLUS DANGEREUX PAR LA PANDÉMIE DE COVID-19

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PHOTO ELVIS GONZALEZ. EFE. ABACAPRESS
 
Au Chili, l'interruption de grossesse n'est autorisée que dans trois cas : viol, danger pour la vie de la mère ou quand le fœtus n'est pas viable. Hors de ces cas de figure, les femmes qui y ont recours risquent jusqu'à cinq ans de prison. On compte entre 60 000 et 200 000 avortements clandestins par an au Chili, selon les associations. Mais avec la pandémie de Covid-19 et la fermeture des frontières chiliennes depuis mars, ces avortements sont encore plus dangereux qu'avant.
PHOTO CLAUDIO REYES / AFP
« Contraception pour ne pas avorter », « Avortement légal pour ne pas mourir », ou encore « Avortement légal et à l'hôpital », voici quelques-uns des slogans entendus ces dernières années dans les gigantesques manifestations féministes qui ont secoué le Chili. Dans ce pays de tradition catholique, l'avortement, qui était complètement interdit jusqu'en 2017, n'est possible aujourd'hui qu'en cas de viol, de danger pour la vie de la mère ou si le fœtus n'a aucune chance de survivre.

Trinidad, trente ans, est mère célibataire. Quand elle est tombée enceinte il y a quelques semaines, elle a décidé d'avorter. « Ce qui s'est passé dans mon cas, c'est que je n'avais pas assez d'argent pour acheter ma pilule contraceptive, explique-t-elle. Je n'ai pas de travail stable. Je vis chez ma mère, qui est dépressive et je m'occupe d'elle. Et puis j'ai déjà une fille. Ce n'était pas le moment de m'accorder ce luxe ».

Elle n'a pas le droit d'interrompre sa grossesse légalement. Alors, elle a cherché sur Internet des médicaments pour avorter clandestinement, chez elle. « Cela a été très difficile. Je me suis fait arnaquer une fois, poursuit Trinidad. Il y a quelques années, il était beaucoup plus facile de trouver ces comprimés, et beaucoup moins cher. Mais aujourd'hui, dans le contexte de la pandémie de Covid-19, tout est plus compliqué, et les prix sont extrêmement élevés ».

Les frontières étant fermées depuis mars, les personnes qui se fournissaient à l'étranger ont beaucoup plus de mal à obtenir les médicaments utilisés pour les avortements clandestins, ce qui a entraîné par moments des pénuries sur le marché noir. Pour douze comprimés de misoprostol, le médicament considéré au Chili le plus sûr pour avorter chez soi, il faut maintenant débourser jusqu'à 300 000 pesos, pas loin de 400 dollars, soit presque un salaire minimum au Chili, environ trois fois plus qu'avant la pandémie.

« La mortalité pourrait augmenter »


Tamara, 28 ans, a avorté clandestinement le mois dernier. Mais pour elle, il était impossible de payer une somme aussi élevée. « La dose devrait être de douze comprimés pour être sûre que l'avortement se produise correctement, raconte-t-elle. Mais les douze comprimés étaient très chers. Je n'avais pas cet argent donc j'ai dû le faire avec huit seulement ».

Trinidad et Tamara ont avorté seules, chez elles, sans le dire à leurs proches. Toutes deux ont eu peur d'avoir des complications et de devoir aller à l'hôpital, d'être dénoncées si quelqu'un se rendait compte qu'elles avaient essayé d'avorter illégalement.

Maria Ignacia Veas coordonne le département de santé psycho-sociale de la fondation Miles, qui propose notamment des informations sur la santé sexuelle, et un accompagnement psychologique aux femmes. Elle voit depuis le début de la pandémie davantage de personnes se rapprocher de l'association car elles n'ont pas eu accès à leur contraception ni à l'avortement légal, mais souhaitent interrompre leur grossesse. « La majorité des femmes sont sûres de leur décision et elles vont chercher un moyen d'arriver à leur but, explique-t-elle. Et en ce sens, elles peuvent en arriver à des méthodes qui peuvent mettre en danger leur vie, ou provoquer des infections par exemple. Il y a de nombreux risques différents. Et donc la mortalité due à des avortements pourrait augmenter ».

Elle souligne que les difficultés d'accès à des avortements sûrs risquent aussi d'avoir des conséquences psychologiques, sociales, et économiques pour les femmes concernées. L'association milite par ailleurs pour la légalisation de l'IVG au Chili. En Amérique latine, l'avortement n'est autorisé qu'en Uruguay, à Cuba et au Guyana.



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PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP
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mardi, août 04, 2020

LE SUD DU CHILI TOMBE DANS LE CONFLIT RACIAL ENTRE GROUPUSCULES ET INDIGÈNES MAPUCHES

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PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP
Des épisodes de violence raciale, deux mairies incendiées : la région de l'Araucanie, dans le sud du Chili, a vécu un week-end sous haute tension avec des faits d'une gravité jamais vue depuis des années dans cette région berceau des Mapuches, principal peuple autochtone du pays. Dans la nuit de samedi 1er août, des affrontements ont éclaté dans cinq communes de la région entre des membres de cette communauté, la police et des groupuscules « anti-indigènes».
[ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]

Juan Ignacio Latorre, président la Commission des droits de l'Homme du Sénat chilien, 

demande l'ouverture d'un un dialogue politique entre l’État chilien et les 
communautés Mapuche» pour apaiser le climat  Paula Estanol
ÉMISSION «DIRECT MONDE»,  / AMÉRIQUES
 PAR JUSTINE FONTAINE, 
DIFFUSION LUNDI 03 AOÛT 2020
    DESSIN LAUZAN
    après deux mairies en flammes, en pleine nuit et en plein couvre-feu, des groupes racistes armés de bâtons sont venus en découdre avec des militants mapuches. Au total, des affrontements ont eu lieu dans cinq mairies de la région, qui étaient occupées depuis près d'une semaine par des militants indigènes. Des occupations en soutien à des prisonniers de cette communauté en grève de la faim, notamment un « machi » (un « shaman »), avec qui le gouvernement refuse pour l'instant de dialoguer.

    Vendredi 31 juillet, le tout nouveau et très à droite ministre de l'Intérieur s'était rendu dans la région et avait appelé les maires des communes concernées à faire évacuer les bâtiments occupés. Dès le lendemain, des groupes racistes ont précédé ou accompagné les évacuations, en frappant les militants indigènes expulsés des bâtiments. Deux mairies ont été en grande partie brûlées en marge des affrontements.

    Une quinzaine de prisonniers mapuches en grève de la faim


    À l’origine de ces tensions se trouve une quinzaine de prisonniers mapuches qui respectent une grève de la faim, demandant à finir leur peine dans leur communauté, comme le recommande l'ONU. Pour les soutenir, des militants pour l'autonomie de leur peuple ont alors occupé depuis deux municipalités du sud du pays, où des affrontements violents ont eu lieu lorsque la police a tenté de les déloger samedi 1er août.

    Pour apaiser ces tensions en Araucanie, il faudrait non seulement « mettre un terme » à la « grève de faim des prisonniers mapuches », mais aussi « mettre en place un dialogue politique entre l’État chilien et les communautés mapuches sur les questions des droits politiques, collectifs, des revendications territoriales et de l’autonome : autant de sujets que l’État chilien n’a jamais voulu aborder », opine Juan Ignacio Latorre, sénateur d'opposition et président la Commission des droits de l'Homme du Sénat chilien.

    Les Mapuches demandent notamment la restitution des terres de leurs ancêtres. Si certains groupuscules ont revendiqué ces dernières années des attaques contre des entreprises forestières, la police a aussi parfois monté de fausses accusations contre des membres de cette communauté, et Amnesty International a dénoncé plusieurs procès injustes contre des membres de ce peuple.

    Le Chili est le seul ou l'un des seuls pays en Amérique latine à ne pas reconnaître l'existence des peuples indigènes dans sa Constitution. Or, nous entrons bientôt dans un processus de renouvellement constitutionnel. En ce moment, nous légiférons sur l'attribution de sièges réservés aux peuples indigènes dans la future assemblée constituante, je crois que nous tenons là un bon point de départ pour le dialogue, mais nous sommes vraiment en retard et nous avons besoin de ce dialogue permanent. Car au Chili, tous les politiques se sont trompés de chemin—: ils ont fait le choix de la répression contre les revendications territoriales Mapuche, ils ont opté pour la persécution, la criminalisation et l'emprisonnement politique.