jeudi, septembre 03, 2020

L'OBÉSITÉ, CETTE AUTRE PANDÉMIE

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Mona Lisa  de Leonardo De Vinci. Sa ré-adaptation fut nommé Mona Lisa à l'âge de douze ans et date de 1959.
« MONA LISA »  DE FERNANDO BOTERO
 

 LE PROPOS

Chaque année, plus de 4 millions d'humains meurent de maladies liées au surpoids et à l'obésité. De 710 millions actuellement, le nombre de personnes affectées par ce que les Nations unies ont qualifié de « fléau mondial » en 2012 devrait passer à 1,250 milliard dont 250 millions d'enfants. Le phénomène a surgi aux Etats-Unis dans les années 70 avec la mutation du système agricole du pays, à l'origine de nouveaux modes de consommation - take-aways, fast-food, plats préparés - issus de la « surtransformation » croissante des aliments. Accords commerciaux aidant, le modèle s'est répandu à toute l'Amérique du Nord, puis celle du Sud, l'Europe, l'Asie, l'Océanie et l'Afrique. Aujourd'hui, cette « pandémie » de la malbouffe, comme la qualifie l'auteur de l'ouvrage, n'épargne plus guère que le Japon et les deux Corées, tandis qu'il se met à faire des ravages dans les pays pauvres et s'enracine en Chine. Les politiques et actions mises en oeuvre par les gouvernements pour arrêter les dégâts sont, sauf très rares exceptions, comme au Chili, encore sans effet.

Par Joël Cossardeaux

L'INTERET

Ce document à charge contre l'industrie agroalimentaire livre une moisson impressionnante de chiffres et de références sur les impacts - économiques, sanitaires, environnementaux - de cette obésité envahissante, fabriquée de toutes pièces. En 2018, elle a amputé de 3,3 % la croissance du PIB mondial. Elle coûte 22 milliards d'euros à la France qui n'est pourtant pas le pays le plus exposé. La surcharge pondérale est aussi un accélérateur de risque de pathologies graves, comme le diabète et l'hypertension. Sans oublier le coronavirus dont les victimes se sont avérées être majoritairement obèses. Enfin, l'impact écologique des personnes en surpoids est considérable. Chacune émettrait 20 % d'émissions carbonées de plus que la normale. Globalement, la contribution de l'obésité au changement climatique correspondrait à 1,6 % des émissions dues à l'homme.

« La fabrique de l'obésité. Enquête sur un fléau planétaire »  Yves Leers

Editions Buchet-Chastel. 304 pages. 19 euros (en librairie le 10 septembre).

Joël Cossardeaux